J’ai vu une conférence d’une dév (j’ai plus la source désolé, du coup j’sais pas si c’est encore d’actualité) qui expliquait que l’objectif à terme était de réduire au maximum, voir supprimer, l’écart avec le noyau Linux mainstream.
C’est crédible. Ils ont su construire un éco-système suffisament fermé et verrouillé par ailleurs ; ça leur coûte cher de maintenir leur propre branche de dév, avec un risque de dérapage qui rendrait difficile le merge avec les développements mainstream. Le Libre c’est surtout un moyen de réduire les coûts de production dans le monde professionnel.
En faisant semblant de mettre de côté l'IA et de se placer du côté de la philo pure.
La position de Phi est celle d'un mécanisme (philosophie)réductionniste. Du moins dans les premières minutes, car après il se contredit parce qu'il parle d'émergence ; mais passons.
Ma position s'apparente à celle d'un réalisme (philosophie)matérialiste. Position jusqu'au-boutiste : notre esprit est une superposition d'états quantiques (très massivement amoindrie pas la décohérence quantique, bel exemple d'émergence appliquée à la physique pure), d'où ma petite digression pas si innocente sur le libre arbitre, quand bien même l'état des connaissances actuelles nous oblige à ne rien décider là-dessus. C'est une position qui au passage résout pas mal de problèmes autour de la question de l'observateur en physique quantique (c'est-à-dire sans faire appel à des considérations métaphysiques comme c'est regrettablement le cas trop souvent)…
Et je tiens surtout une position profondément épistémologique, donc je rejette en fait toute position philosophique à priori, et même je considère une immense part de la philo comme du discours oisif qui ne vaut pas mieux que la psychanalyse. Autrement dit je tiens cette position car c'est la plus plausible selon les théories scientifiques en vigueur (qui ne sont pas réductionnistes, j'ai donné l'exemple de la sélection naturelle mais cela vaut à des degrés divers pour toutes). Cette position épistémologique n'est pour autant pas scientiste : j'admets que la science n'a et ne peut avoir réponse à tout, qu'il y a d'autres sources de connaissances que la science, que la pensée spéculative (que je récupère de la démarche philosophique) a un rôle à jouer dans la recherche, etc.
Au passage et pour revenir aux sujet de la cognition humaine, les médias grand public font actuellement la part belle aux neurosciences dans une approche réductionniste. Mais ils vont ignorer, par exemple, la théorie de l'attachement, qui n'est pas réductionniste mais son exact opposé : c'est un système plus global — l'évolution des espèces — qui explique le fonctionnement d'une partie — la psychologie de l'individu. À fortiori le débat sur l'IA est truqué dès le départ dans un tel bain culturel.
C'est une position dualiste. Un vrai matérialiste se demande comment diable d'une machine aussi différente que le cerveau puisse émerger une pensée similaire.
Et ce sans confondre des algorithmes qui suivent un modèle, très grossier, de neurones avec le fonctionnement réel du cerveau. C'est du biomimétisme très classique en ingénierie et il faut toute l'arrogance de l'informaticien et la mégalomanie d'un Musk pour oser en prétendre plus.
Le problème est plus général, parce qu'à ma connaissance personne de vraiment sérieux au monde ne peut dire comment la "pensée" émerge du cerveau, ni même définir ce qu'est la pensée. Dire cela, ce n'est pas une position dualiste ; c'est une position d'ignorance et de modestie sur nos connaissances actuelles.
Inversement les notions de causalité et de déterminisme ont été pas mal remis en cause par la physique moderne. On ne peut exclure, à priori et en l'état des connaissances actuelles, un impact sur la pensée, et ce qu'on appellerait improprement le libre-arbitre. Comme le sujet est plus que délicat à traiter : j'insiste qu'il s'agit là encore d'une position d'ignorance épistémologique.
Et on pourrait encore développer, dans la nature l'apparition de l'intelligence a été progressive avec une grande continuité des processus cognitifs au cours de l'évolution et entre les espèces. Avec un phénomène d'évolution parallèle dans le cas des oiseaux. En informatique par contre on aurait une rupture inexplicable et on accèderait directement à la cognition humaine (et qui plus est ses fonctions supérieures).
Mr Phi adresse-t-il tous ces problèmes dans son livre ? Parce qu'en soi c'est passionnant. Par contre mettre tout ça sous le tapis en jouant sur un populisme de bas étage qui consiste à taper sur des figure médiatiques, c'est juste un no go en l'état.
Je préfère juste signaler que depuis Descartes il y a eu quand même une masse de connaissances acquises, absolument passionnantes, aussi bien en éthologie, anthropologie, psychologie ou sociologie, avec des allers-retours entre ces disciplines pour mieux comprendre ce que sont la cognition et le langage, animal et humain.
Non seulement ça fait belle lurette qu’on ne réduit plus la pensée et l’intelligence au langage, mais c’est une prénotion qui fait encore beaucoup de mal aux sourd-muets et aux autistes non-verbaux. C’est juste proprement infect en 2025 de continuer à propager ce genre d’ineptie.
De plus absolument rien, mais alors rien, ne permet d’affirmer qu’un ordinateur, et qui plus est les algorithmes « d'IA » actuels soient en mesure de simuler ou même reproduire ne serait-ce que de très loin la cognition humaine. Tout ce qu’on sait, à minima, c’est que le fonctionnement du cerveau n’a absolument rien à voir avec les algos mis en œuvre dans les « IA » génératives. Phi n’apporte aucun argument dessus et s’en tire en affichant des têtes de turcs (bon moyen de faire monter la sauce sur les réeaux sociaux) et en faisant un homme de paille : il prête une position dualiste à tous ces adversaires (ce qui est grotesque : c’est au contraire la vision la plus abruptement matérialiste qui permet d’affirmer qu’un ordinateur n’est pas un cerveau et donc de différentier à coup sûr une IA d’un être humain : suffit de voir comment que c’est construit à l’intérieur…).
# Le libre c'était mieux avant
Posté par Nicolas (site web personnel) . En réponse au lien Pourquoi les logiciels libres ont besoin des "jardiniers" et non pas des influenceurs. Évalué à 1 (+1/-0).
Maintenant c'est une ligne sur le CV en montant des projets factices sur Github.
[^] # Re: Livre
Posté par Nicolas (site web personnel) . En réponse au lien Suis-je une machine qui pense ?. Évalué à -1 (+0/-1).
https://m.youtube.com/watch?v=o_swEgbBhMU&t=1303s&pp=2AGXCpACAQ%3D%3D
# Sur la stratégie Google
Posté par Nicolas (site web personnel) . En réponse au journal Un Linux dans la poche : où en est-on ?. Évalué à 2 (+2/-0).
J’ai vu une conférence d’une dév (j’ai plus la source désolé, du coup j’sais pas si c’est encore d’actualité) qui expliquait que l’objectif à terme était de réduire au maximum, voir supprimer, l’écart avec le noyau Linux mainstream.
C’est crédible. Ils ont su construire un éco-système suffisament fermé et verrouillé par ailleurs ; ça leur coûte cher de maintenir leur propre branche de dév, avec un risque de dérapage qui rendrait difficile le merge avec les développements mainstream. Le Libre c’est surtout un moyen de réduire les coûts de production dans le monde professionnel.
[^] # Re: Livre
Posté par Nicolas (site web personnel) . En réponse au lien Suis-je une machine qui pense ?. Évalué à 0 (+2/-2).
En faisant semblant de mettre de côté l'IA et de se placer du côté de la philo pure.
La position de Phi est celle d'un mécanisme (philosophie) réductionniste. Du moins dans les premières minutes, car après il se contredit parce qu'il parle d'émergence ; mais passons.
Ma position s'apparente à celle d'un réalisme (philosophie) matérialiste. Position jusqu'au-boutiste : notre esprit est une superposition d'états quantiques (très massivement amoindrie pas la décohérence quantique, bel exemple d'émergence appliquée à la physique pure), d'où ma petite digression pas si innocente sur le libre arbitre, quand bien même l'état des connaissances actuelles nous oblige à ne rien décider là-dessus. C'est une position qui au passage résout pas mal de problèmes autour de la question de l'observateur en physique quantique (c'est-à-dire sans faire appel à des considérations métaphysiques comme c'est regrettablement le cas trop souvent)…
Et je tiens surtout une position profondément épistémologique, donc je rejette en fait toute position philosophique à priori, et même je considère une immense part de la philo comme du discours oisif qui ne vaut pas mieux que la psychanalyse. Autrement dit je tiens cette position car c'est la plus plausible selon les théories scientifiques en vigueur (qui ne sont pas réductionnistes, j'ai donné l'exemple de la sélection naturelle mais cela vaut à des degrés divers pour toutes). Cette position épistémologique n'est pour autant pas scientiste : j'admets que la science n'a et ne peut avoir réponse à tout, qu'il y a d'autres sources de connaissances que la science, que la pensée spéculative (que je récupère de la démarche philosophique) a un rôle à jouer dans la recherche, etc.
Au passage et pour revenir aux sujet de la cognition humaine, les médias grand public font actuellement la part belle aux neurosciences dans une approche réductionniste. Mais ils vont ignorer, par exemple, la théorie de l'attachement, qui n'est pas réductionniste mais son exact opposé : c'est un système plus global — l'évolution des espèces — qui explique le fonctionnement d'une partie — la psychologie de l'individu. À fortiori le débat sur l'IA est truqué dès le départ dans un tel bain culturel.
[^] # Re: Livre
Posté par Nicolas (site web personnel) . En réponse au lien Suis-je une machine qui pense ?. Évalué à 1 (+2/-1).
C'est une position dualiste. Un vrai matérialiste se demande comment diable d'une machine aussi différente que le cerveau puisse émerger une pensée similaire.
Et ce sans confondre des algorithmes qui suivent un modèle, très grossier, de neurones avec le fonctionnement réel du cerveau. C'est du biomimétisme très classique en ingénierie et il faut toute l'arrogance de l'informaticien et la mégalomanie d'un Musk pour oser en prétendre plus.
Le problème est plus général, parce qu'à ma connaissance personne de vraiment sérieux au monde ne peut dire comment la "pensée" émerge du cerveau, ni même définir ce qu'est la pensée. Dire cela, ce n'est pas une position dualiste ; c'est une position d'ignorance et de modestie sur nos connaissances actuelles.
Inversement les notions de causalité et de déterminisme ont été pas mal remis en cause par la physique moderne. On ne peut exclure, à priori et en l'état des connaissances actuelles, un impact sur la pensée, et ce qu'on appellerait improprement le libre-arbitre. Comme le sujet est plus que délicat à traiter : j'insiste qu'il s'agit là encore d'une position d'ignorance épistémologique.
Et on pourrait encore développer, dans la nature l'apparition de l'intelligence a été progressive avec une grande continuité des processus cognitifs au cours de l'évolution et entre les espèces. Avec un phénomène d'évolution parallèle dans le cas des oiseaux. En informatique par contre on aurait une rupture inexplicable et on accèderait directement à la cognition humaine (et qui plus est ses fonctions supérieures).
Mr Phi adresse-t-il tous ces problèmes dans son livre ? Parce qu'en soi c'est passionnant. Par contre mettre tout ça sous le tapis en jouant sur un populisme de bas étage qui consiste à taper sur des figure médiatiques, c'est juste un no go en l'état.
[^] # Re: Livre
Posté par Nicolas (site web personnel) . En réponse au lien Suis-je une machine qui pense ?. Évalué à 2 (+4/-2).
Je préfère juste signaler que depuis Descartes il y a eu quand même une masse de connaissances acquises, absolument passionnantes, aussi bien en éthologie, anthropologie, psychologie ou sociologie, avec des allers-retours entre ces disciplines pour mieux comprendre ce que sont la cognition et le langage, animal et humain.
Non seulement ça fait belle lurette qu’on ne réduit plus la pensée et l’intelligence au langage, mais c’est une prénotion qui fait encore beaucoup de mal aux sourd-muets et aux autistes non-verbaux. C’est juste proprement infect en 2025 de continuer à propager ce genre d’ineptie.
De plus absolument rien, mais alors rien, ne permet d’affirmer qu’un ordinateur, et qui plus est les algorithmes « d'IA » actuels soient en mesure de simuler ou même reproduire ne serait-ce que de très loin la cognition humaine. Tout ce qu’on sait, à minima, c’est que le fonctionnement du cerveau n’a absolument rien à voir avec les algos mis en œuvre dans les « IA » génératives. Phi n’apporte aucun argument dessus et s’en tire en affichant des têtes de turcs (bon moyen de faire monter la sauce sur les réeaux sociaux) et en faisant un homme de paille : il prête une position dualiste à tous ces adversaires (ce qui est grotesque : c’est au contraire la vision la plus abruptement matérialiste qui permet d’affirmer qu’un ordinateur n’est pas un cerveau et donc de différentier à coup sûr une IA d’un être humain : suffit de voir comment que c’est construit à l’intérieur…).
[^] # Re: Livre
Posté par Nicolas (site web personnel) . En réponse au lien Suis-je une machine qui pense ?. Évalué à -1 (+0/-1).
C'est dans la même veine que la vidéo ?