arnaudus a écrit 5542 commentaires

  • [^] # Re: Bulle ou pas bulle

    Posté par  . En réponse au lien Faible rentabilité, valorisations record… Le spectre d’une bulle plane sur l’IA. Évalué à 4.

    le jour où les investisseurs s'en rendront compte, la bulle va éclater.

    Le narratif qu'on voit fleurir partout, c'est "les investisseurs sont des gros débiles qui croient naïvement aux scénarios irréalistes promis par les startups", mais j'y vois deux failles: 1) c'est le métier des investisseurs que d'investir, donc ils sont mieux placés a priori pour évaluer les risques que le quidam moyen devant son clavier, et 2) ce n'est pas parce qu'ils acceptent d'investir qu'ils croient aux histoires qu'on leur raconte.

    Comme tu le montres avec l'exemple de Tesla, Musk a raconté n'importe quoi, mais Tesla est restée rentable. Tu ne peux pas exclure que les investisseurs avaient bien compris que Musk leur jouait du pipeau, mais qu'ils ont investi quand même pour d'autres raisons—disons que ça n'est peut-être pas les investisseurs qui sont les cibles du cinoche de Musk, plutôt les gouvernements, les consommateurs, les banques, etc.

    Par exemple, pour les agents IA, ce qui compte, ça n'est pas que les investisseurs pensent que ça va permettre de virer des milliers de personnes—ils s'en foutent les investisseurs, ils ne veulent virer personne. Ce qui compte, c'est que les clients des boîtes d'IA le croient; ils vont signer des gros contrats, ils vont probablement virer des gens, et le temps qu'ils s'aperçoivent qu'ils en ont viré trop, que l'IA ne marche pas aussi bien que prévu, que les économies sont moindres qu'anticipé, etc., l'argent a circulé vers les boîtes d'IA.

    Bref, ceux qui prédisent l'éclatement de la bulle IA sont probablement un peu les mêmes qui ont prédit le crash du BitCoin et se sont moqué des gogos qui ont acheté des Bt à 1$, puis à 100$, puis à 1000$, puis à 10,000$, etc—je sais bien, j'en suis (pas de ceux qui ont acheté, mais de ceux qui se sont moqué). Disons qu'à choisir entre les prédictions de gusses random devant leur clavier dont l'expérience d'investissement s'arrête à leur livret A et les prédictions des investisseurs qui mettent leur propre pognon en jeu, ça ne me semble pas si évident. Tant qu'il existe un futur possible où l'IA est réellement capable de générer de gros gains de productivité, alors c'est difficile d'asséner avec certitude que les investisseurs sont des débiles.

  • # Bulle ou pas bulle

    Posté par  . En réponse au lien Faible rentabilité, valorisations record… Le spectre d’une bulle plane sur l’IA. Évalué à -2. Dernière modification le 23 octobre 2025 à 15:16.

    Juste une petite remarque : c'est en effet trop facile de crier à la bulle en constatant que les investissements semblent supérieurs au chiffre d'affaire espéré, parce que certains acteurs vont nécessairement disparaitre. Imaginons qu'on estime le marché futur de l'IA à 1000 milliards de $ de bénéfices, 10 grosses entreprises d'IA lèvent des capitaux pour 200 milliards chacune, on va dire "ohlala, les investisseurs nourrissent une bulle, il n'y aura jamais de retour sur investissement. Sauf que 8 de ces entreprises couleront, et seulement 2 survivront et se partageront le marché; ceux qui auront misé sur le bon cheval vont ramasser 500 milliards pour 200 milliards d'investissement, l'investissement est donc rentable (et donc, pas une bulle). Évidemment, les autres auront perdu de l'argent, mais c'est le jeu de l'investissement.

    Pour info, OpenAI fait environ 12 milliards de CA (c'est à peu près autant que Renault!), principalement sur les abonnements à ChatGPT. C'est loin des 500 milliards de valorisation pour l'entreprise, mais ils savent faire rentrer de l'argent (et sans pub!).

  • [^] # Re: Pénurie ?

    Posté par  . En réponse au journal Des robots Terminator dans les usines chinoises.... Évalué à -1.

    là le PA n'augmente pas, mais les dividendes, oui.

    Les deux augmentent.

    PA en France: https://ses.ens-lyon.fr/images/eco-fr-2023-pouvoir-acgat-graph1.jpg

    qui sont répartis de façon très inégalitaire dans la population.

    Tu peux penser que moralement, il faudrait que la répartition soit plus égalitaire entre les deux, mais un "vrai" libéral te dira qu'il s'en fout de la répartition (tu veux que ton ton PA augmente, tu te fous du PA des autres). Si tout le monde s'appauvrit, les inégalités reculent, mais ça ne satisfait personne.

    Mais tout ça ne tient que parce qu'on martèle le monde de pubs.

    La pub a bon dos quand la réalité contredit tes espérances théoriques. Dans une société de consommation, les besoins sont virtuellement illimités, peut-être pas en quantité, mais en qualité. Manger bio, c'est du pouvoir d'achat, faire réparer un appareil, c'est du pouvoir d'achat, consommer des services publics de qualité, c'est du pouvoir d'achat, etc. Le pouvoir d'achat ça va largement au-delà d'acheter des merdouilles sur Amazon.

    On voit plutôt un creusement des inégalités et un appauvrissement en bas.

    Tu as deux manières de mesurer la pauvreté : soit de manière relative (typiquement, <60% du revenu médian), qui est équivalent à mesurer les inégalités, soit de manière absolue (nombre de baguettes de pain que tu peux acheter, etc). Et évidemment, les conclusions sont opposées (https://www.melchior.fr/sites/melchior/files/actualite/brief%20eco/TAUX%20PAUVRETE.png). La pauvreté relative augmente (car les inégalités se creusent), mais la pauvreté absolue diminue de manière assez régulière. C'est d'ailleurs assez évident, tu compares le niveau de vie en France dans les années 1950 et celui d'aujourd'hui, tu es passé d'une situation de quasi-survie alimentaire à une situation où la possession d'un téléphone mobile est compatible avec l'extrême pauvreté.

    on devrait tous vivre dans l'opulence.

    Il faut définir "tous" et "opulence", mais par rapport à il y a un siècle, on a "tous" des toilettes, l'eau chaude, l'électricité, des téléphones, un accès à des moyens de transports, un accès à l'éducation, à des livres, à la télévision, à des objets électroniques, à des soins médicaux. Plus de 80% des français ont déja pris l'avion au moins une fois, tout le monde a déja lu un livre, mangé des fruits exotiques, mis du parfum, toutes ces choses qui sont du ressort de l'extrême luxe. Donc oui, raisonnablement, on vit "tous" dans l'"opulence". C'est juste que nos standards ont changé et qu'on n'a pas l'impression de vivre dans l'opulence.

    Le lien entre croissance et emploi varie significativement par pays

    Le fait est que le chômage augmente en période de récession et diminue en période de croissance, et que la croissance est (en partie) dûe aux gains de productivité. Comme les récessions sont dues à tout un tas de trucs (causes externes, guerres, spéculation boursière, dette, chocs pétroliers…) mais qu'aucun de ces trucs n'est dû à des gains de productivité, je ne vois pas comment tu peux prétendre que les gains de productivité entrainent du chômage. J'ai bien compris que ton modèle (gains de productivité -> licenciements -> chômage) le prédit, et ton modèle, a priori, ne semble pas absurde. Mais ton modèle fait des prédictions qui sont fausses, donc ce que tu en conclues ne peut pas être vrai.

    Je ne comprends pas grand chose à la macro-économie, mais en tout cas, je ne peux pas croire un modèle qui prédit l'exact contraire de la réalité.

  • [^] # Re: Question de point de vue

    Posté par  . En réponse au lien Spotify traque la musique générée par IA. Évalué à 9.

    À ma connaissance, et à moins d'un changement récent dans la jurisprudence, la plupart de ces clauses sont abusives en droit français, et sont donc réputées non-écrites. En particulier, on ne peut pas renoncer à exercer son droit moral, et toute cession de droits non-limitée dans le temps n'est pas compatible avec le droit français.

  • [^] # Re: L'IAG ce n'est pas pour demain

    Posté par  . En réponse au journal Des robots Terminator dans les usines chinoises.... Évalué à 5.

    (pour ceux qui ne le connaissent pas, il y a sur Youtube une excellente vidéo de Mr Phi sur l'expert de plateaux TV Luc Julia, c'est très intéressant)

    Il te manque quand même les modèles agent, à classer entre les prompts et ton IA générique embarquée dans un robot. Les modèles agent commencent à débarquer, et c'est eux qui "font peur" en termes d'emploi. Plutôt que de payer un sysadmin à taper des commandes dans le prompt de chatGPT et de les coller dans un terminal, ton IA générative a directement accès à ton terminal et va agir avec une autonomie plus ou moins contrôlée sur ta ou tes machines. Tu passes donc d'un LLM qui donne des conseils à un LLM qui agit; et d'un LLM qui est un outil pour un salarié spécialiste à un LLM qui prétend faire le job d'un salarié.

  • # Ah ces journalistes!

    Posté par  . En réponse au lien La NES fête son quarantième anniversaire. Évalué à 8.

    N'importe quoi, hein. Je me rappelle très bien, la NES est sortie quand j'étais à l'école primaire, si elle avait 40 ans ça voudrait dire que … euh…

    Bah du coup, si je tenais l'alcool aussi bien qu'il y a 20 ans j'irais me pochetronner pour oublier.

  • [^] # Re: Pénurie ?

    Posté par  . En réponse au journal Des robots Terminator dans les usines chinoises.... Évalué à 2.

    Mais à nombre d'emplois égaux, ça veut aussi dire une augmentation de la production

    Donc augmentation du pouvoir d'achat, ça tombe bien, c'est ce que demandent les gens.

    Même bon marché, on ne va pas acheter 12 poêles supplémentaires

    Bien sûr que non, si les poêles sont moins chères tu vas acheter plus de bidules différents, des services numériques, des abonnements à des journaux, des voyages dans les îles, des bagnoles avec options, etc.

    Les ouvriers qui ne seront plus dans la boucle seront lésés.

    Est-ce que les ouvriers qui ne produisent plus de chandelles depuis l'éclairage électrique sont "lésés"? Il y a un argument que je n'ai jamais compris par exemple, c'est l'idée de conserver un emploi automatisable pour le principe de le préserver. Est-ce qu'un ouvrier est censé se sentir fier de faire un travail automatisable et de conserver ce travail uniquement par un jeu de subventions? Par exemple, interdire les tronçonneuses et payer les ouvriers à couper à la scie? Quel peut être le sens d'un tel métier? Ne vaudrait-il pas mieux utiliser les subventions pour payer les gens à rester cher eux ou à faire du bénévolat plutôt que de les faire trimer pour la parade?

    Et pour revenir à la discussion de départ, les gains de productivité favorisent la croissance qui génère des emplois. Le chômage n'augmente pas après les innovations productives, le chômage augmente pendant les crises économiques.

  • [^] # Re: Respect de la licence Apache 2.0 / GPL 2.0 ?

    Posté par  . En réponse au lien L’âge d’or des ROM Android est mort, mais la communauté refuse d’abandonner. Évalué à 3. Dernière modification le 20 octobre 2025 à 11:33.

    Merci pour l'info. C'est trop technique et trop spécifique du droit US pour que je puisse me faire un avis sur la question, mais c'est intéressant.

    De ce que je crois comprendre du droit français dans une situation analogue, je me demande si ça n'est pas beaucoup dépendant des termes de la vente. Si tu achètes un smartphone explicitement "Android", alors tu es en droit d'attendre qu'il fasse tourner Android et que le revendeur respecte la licence d'Android. Par contre, si tu achètes une télé connectée sans aucune indication, et que tu t'aperçois grace à divers indices qu'elle fait tourner Linux, j'ai du mal à voir comment tu peux demander au constructeur de respecter la licence de Linux. En particulier, cette connaissance n'a pas pu influencer ton choix d'acheter cet équipement (ce n'est pas un vice caché), et que tu n'as aucun moyen de connaitre les termes d'un éventuel accord entre les auteurs du logiciel et le distributeur (bon, pour Linux, ça n'est pas très mystérieux, mais pour un logiciel libre quelconque, les auteurs ont très bien pu le relicencier sous d'autres termes que la GPL). J'imagine que si c'était le cas, les poursuites seraient même abusives et tu vas te retrouver à payer des frais de justice. Du coup, j'ai du mal à voir comment une telle action serait possible sans que le détenteur des droits d'auteur ne soit impliqué.

    La confirmation par quelqu'un qui s'y connait serait bien sûr indispensable.

  • [^] # Re: Pénurie ?

    Posté par  . En réponse au journal Des robots Terminator dans les usines chinoises.... Évalué à 3.

    j'ai du mal à croire à l'intérêt d'un robot humanoïde dans une usine à quelque titre que ce soit.

    L'avantage des robots humanoïdes est qu'ils peuvent utiliser les équipements conçus pour les humains. Donc tout dépend de l'usine, du coût des machines, de la nécessité de pouvoir remplacer un robot par un humain en cas de panne de l'un ou de l'autre, etc.

    Pour le reste… les économistes ne sont toujours pas d'accord sur la réalité de la destruction d'emploi par l'automatisation, l'économie n'est pas un univers constant qui disposerait d'un nombre d'emplois fixe. Quand on imagine le nombre d'ouvriers qu'il faut pour construire les millions de m2 de datacenters et les millions de serveurs pour satisfaire les investisseurs de l'IA, on voit bien à quel point ces histoires d'emplois détruits sont compliqués—d'ailleurs, le chômage de masse arrive lors de crises économiques, pas lors de périodes de croissance dopées à l'investissement dans les gains de productivité.

  • [^] # Re: Respect de la licence Apache 2.0 / GPL 2.0 ?

    Posté par  . En réponse au lien L’âge d’or des ROM Android est mort, mais la communauté refuse d’abandonner. Évalué à 4.

    Ah mais en plus j'ai complètement oublié un truc trivial: si le code source n'est pas transmis à un utilisateur, c'est une violation de la licence, et seul l'ayant droit (l'auteur du code) peut attaquer en justice, et pas l'utilisateur. Il suffit de réaliser que l'auteur du code peut très bien relicencier le code autant qu'il le souhaite, donc l'utilisateur final ne peut pas savoir si le binaire qu'il a reçu est sous licence GPL ou non. Pour faire respecter la GPL, il faut donc que l'auteur du code soit le consommateur qui demande le code (ou alors que les deux communiquent), mais dans tous les cas c'est bien l'auteur qui est victime de contrefaçon; l'utilisateur n'est victime de rien du tout sur le plan légal, à moins d'aller prétendre que de disposer du code source était un élément prépondérant dans l'achat du logiciel—pas certain que les juges soient très sensibles à ça.

  • [^] # Re: Respect de la licence Apache 2.0 / GPL 2.0 ?

    Posté par  . En réponse au lien L’âge d’or des ROM Android est mort, mais la communauté refuse d’abandonner. Évalué à 7. Dernière modification le 16 octobre 2025 à 13:08.

    en admettant que c'est le cas, si un utilisateur final demande les sources à un partenaire, ce dernier devrait les lui fournir, non ?

    J'imagine que oui, mais la GPL ne donne pas de délai. Donc si on parle de la disponibilité des sources entre 1 mois et 3 mois, j'imagine que le distributeur du partenaire peut très bien te fournir les sources 3 mois après, le temps du traitement administratif de la demande, comme par hasard pile lors de leur diffusion publique. Pas très dans l'esprit de la licence, mais c'est difficile d'exiger une réponse instantanée à ce genre de demande (le temps que le service juridique vérifie si la demande est légitime, quel code de quel logiciel est sous quelle licence, quel bout de code est disponible et quel bout il faut demander à Google, s'il n'y a pas moyen de prétendre que c'est du firmware ou que le chien du petit neveu du chef de la maintenance a malencontreusement mangé un bout du code, tes trois mois sont largement écoulés). Et les actions en justice, n'en parlons pas; tu vas poursuivre en demandant le code du patch de mai 2025; tu auras une audience en septembre 2026, et 2 jours avant l'audience paf, on t'envoie le code demandé, ça annule la procédure.

  • [^] # Re: Comme pour les pc ?

    Posté par  . En réponse au lien L’âge d’or des ROM Android est mort, mais la communauté refuse d’abandonner. Évalué à 8.

    À l’époque c’était l’axe du mal sous l’avatar de Bill Gates qui imposait ça loi au monde. Est-ce qu’aujourd’hui les causes seraient les mêmes, le bras de Satan s’étant juste réincarné en Google/Alphabet ? Ou bien au contraire, les problématiques sont-elles totalement décorrélées ?

    J'ai l'impression que c'est un peu les deux. Le fond du problème est le même—des acteurs dominants qui cherchent à renforcer leur position dominante, des clients captifs et demandeurs d'un OS qu'ils connaissent, un écosystème de développeurs pour lequel la portabilité a un coût. Tout ça génère une chaine d'acteurs, de l'assembleur du matériel jusqu'à l'utilisateur final, qui sont très satisfaits de cette situation.

    La différence reste que sur PC, il a toujours été possible d'avoir la liberté d'utiliser Linux, parce que 1) il y avait un gros écosystème de distributions, dont certaines étaient orientées "débutants" avec des installeurs assez fonctionnels qui rendaient l'expérience assez faisable, 2) l'architecture des PC est bien plus permissive et accessible, 3) les smartphones récents intègrent des fonctions qui sont très critiques en terme de sécurité (carte de payement, biométrie, NFC, etc), et le smartphone (l'objet physique) est souvent intégré dans une chaine de sécurité (2FA, etc). Les développeurs d'applications qui font usage de ces fonctions réclament un contrôle total du hardware et du software, et c'est même entendandable (à mon avis) quand les fournisseurs d'application sont légalement responsables des fraudes (comme c'est le cas pour les banques par exemple). Cette utilisation des smartphones pour remplacer les objets physiques traditionnellement fournis par des entreprises (cartes de payement, badges, lecteurs biométriques) ne permet pas à un tiers non certifié de remplacer une brique de la chaine logicielle, et on a là toute une série de fonctionalités qui ne seront probablement jamais capables d'être disponibles sous un OS libre (ou du moins sous un OS patchable).

  • [^] # Re: Un conservateur ne fait pas l'autre

    Posté par  . En réponse au journal Les conservateurs allemands bloquent Chat Control. Évalué à 1.

    On peut plutôt le rapprocher de la gauche libertaire.

    Bof, la gauche libertaire s'est rarement égarée autant que lui (en tout cas pas dans les 50 dernières années) dans des prises de positions sordides sur le viol, la pédophilie, ou la zoophilie… À part une foi inébranlable dans le libertarianisme (et une dose d'autisme), je ne vois aucune explication à ça.

    Après, ça montre aussi à quel point il est difficile de classer les gens.

  • [^] # Re: Un conservateur ne fait pas l'autre

    Posté par  . En réponse au journal Les conservateurs allemands bloquent Chat Control. Évalué à 1.

    Ne suis-je pas libre d'aller ramasser dans un champs et prendre ce qu'il me plaît? Je peux donc partir 6 mois, "suffit" juste d'aller se servir.

    Je ne crois pas que les libertariens soient opposés à la propriété privée (ils sont opposés à la propriété intellectuelle par contre). Je ne crois pas que les libertariens sont favorables à la liberté de tuer quelqu'un, etc., donc ton argument ressemble à un homme de paille.

    C'est justement toute leur hypocrisie, car c'est, de fait, un rapport de force. Par forcément exprimé en muscle, mais ça n'en reste pas moins un rapport de force.

    Si c'était aussi évident que ça, il n'y aurait pas eu à inventer le concept de lutte des classes. Dans un univers libéral, un employé peut changer d'employeur s'il trouve mieux ailleurs, ou bien monter sa propre entreprise s'il pense faire mieux que son patron; il peut démissionner et se marier avec une riche héritière, ou bien même devenir un clochard. Le fait d'avoir des contraintes biologiques et sociales (manger, se loger, etc) n'est pas assimilable à un rapport de forces. Pour imaginer que deux personnes qui ne se connaissent pas (par exemple un patron d'une entreprise automobile et un ouvrier du bâtiment) soient impliqués dans un rapport de force, il faut admettre l'existence de classes sociales qui sont en conflit, ce qui reste un modèle théorique. D'ailleurs, l'idéologie conservatrice admet souvent l'existence de classes, mais propose une relation mutualiste, avec l'idée que la coopération entre les classes amène le plus de bénéfices réciproques. Les libéraux, avec une idéologie centrée sur la responsabilité de l'individu, refusent plutôt le concept. Du coup, si tu penses qu'il est évident qu'il existe des classes qui luttent les unes contre les autres, tu dis juste que tu n'es pas libéral, mais ce n'est pas un argument.

    De vrai libertariens, j'en ai encore jamais croisés,

    Comme invoqué plus haut, quelqu'un comme Richard Stallmann est ce que je connais le plus proche d'un vrai libertarien: norme sociale basée uniquement sur les libertés personnelles et pas sur une morale collective, refus de la propriété intellectuelle en tant que concept, etc. De toutes manières, les définitions sont suffisament floues pour qu'il soit difficile de distinguer les vrais libertariens des faux libertariens…

  • [^] # Re: Un conservateur ne fait pas l'autre

    Posté par  . En réponse au journal Les conservateurs allemands bloquent Chat Control. Évalué à 3.

    si tu laisse la totale liberté à tout un chacun tu vas avoir une sorte de loi du plus fort qui va s'installer

    Oui oui, je pense que tout le monde en est conscient, c'est juste une question d'idéologie. Chacun peut être libre de partir en vacances 6 mois de l'année, mais si tu es pauvre tu ne peux pas. Le libertarien ne verra pas de rapport de forces là-dedans, simplement une différence de moyens d'exercer ta liberté—tu n'es pas physiquement empêché d'aller où tu veux, et personne ne te menace physiquement si tu pars en vacances, c'est juste que tu n'en n'as pas les moyens.

    je n'ai encore jamais croisé de libertarien qui curieusement n'est pas pour abolir les trucs qui l'arrange.

    Un "vrai" libertarien ne souhaite interdire que les choses qui nuisent à l'expression des libertés individuelles. On en a déja parlé ici, RMS tient un discours proche de celui d'un vrai libertarien sur le plan sociétal (avec par exemple l'idée bizarroïde que rien ne devrait être interdit s'il n'y a pas de victime qui s'en plaint).

    Normalement, les libertariens sont plutôt des anarchistes, donc on est loin du social-libéralisme (comme aux USA, où les libéraux sont plutôt à gauche).

    Un peu comme ces chantres de la liberté d'expression outre atlantique

    Le Trumpiste est plus ou moins au libéralisme ce que le National-Socialisme est au socialisme, hein… Si ton argument c'est qu'il n'y a pas beaucoup de libéraux parmi ceux qui se prétendent du libéralisme, on est bien d'accord. Ça vaut aussi en France où le libéralisme est souvent invoqué par des gens qui sont juste conservateurs et pas des masses libéraux (ils ne sont libéraux que vis à vis de l'économie, et encore, ils ne prennent que ce qui les arrange). Par exemple, surtaxer le foncier est une idée très compatible avec le libéralisme (puisqu'il est légitime de taxer ce dont on prive le collectif), mais pourtant je n'ai pas l'impression que c'est une idée très répandue parmi ceux qui se prétendent libéraux…

  • [^] # Re: Un conservateur ne fait pas l'autre

    Posté par  . En réponse au journal Les conservateurs allemands bloquent Chat Control. Évalué à 5.

    Je trouve au contraire qu'il n'y a pas d'ambiguité: quand tu cites "c’est la liberté qui opprime et la loi qui affranchit", c'est clairement un plaidoyer contre les libertés en tant qu'objectif. Les libertariens considèrent que la liberté est un objectif, et interprètent toute privation de liberté comme une oppression; il existe plein d'autres positions, mais partir du principe que c'est la gauche qui porte par défaut les libertés individuelles, c'est bizarre. C'est peut-être ce qu'on aimerait bien croire quand on discute entre militants de gauche, mais ça ne veut pas dire que c'est vrai.

  • [^] # Re: Un conservateur ne fait pas l'autre

    Posté par  . En réponse au journal Les conservateurs allemands bloquent Chat Control. Évalué à 4. Dernière modification le 14 octobre 2025 à 17:34.

    Ça n'est pas plutôt qu'associer les libertés fondamentales à un programme de gauche n'est pas forcément justifié? Marx parlait beaucoup de libertés individuelles, mais pour lui ça n'était pas un but en soi, mais un moyen d'accéder à une forme de liberté collective—c'est une vision assez particulière de la liberté individuelle. Il existe bien sûr des mouvements de gauche qui militent pour le respect des libertés, mais je n'apprends rien à personne en affirmant que les libertés individuelles ont rarement été au programme des régimes communistes (qu'on peut difficilement taxer de gauche caviar).

    Les libertés individuelles en tant qu'objectif, c'est par contre bien au centre du libéralisme. Le droit d'acheter un colt et de tirer en l'air, c'est pas ça que Marx considère comme une liberté individuelle à défendre.

  • [^] # Re: Un conservateur ne fait pas l'autre

    Posté par  . En réponse au journal Les conservateurs allemands bloquent Chat Control. Évalué à 4.

    Je ne comprends pas trop l'argument, j'ai l'impression que ce que j'entends le plus venant de gens "sérieux" c'est que le chiffrement efficace gêne l'action de la police, que ce soit pour prévenir les délits/crimes de suspects qui sont "sur écoute", ou pour constituer des preuves lors des procès.

    Je pars du principe que l'idée de surveiller les communications au hasard et de tomber magiquement sur des crimes et des délits avant qu'ils ne soient commis ne peut pas provenir de gens "sérieux"; je doute que la police demande de telles choses d'ailleurs (par contre, le renseignement, peut-être :-) ).

  • [^] # Re: Intéressant

    Posté par  . En réponse à la dépêche 40 ans pour l'informatique libre | Entretien avec Richard Stallman. Évalué à 1.

    C'est une étude assez populaire mais elle n'est pas généralisable : on parle de 1000m2 dont 40% sous serre, et des pratiques agricoles hyper-intensives avec des charges en intrants et une main d'oeuvre par m2 cultivés qui ne sont absolument pas généralisables.

    D'une manière plus générale, si l'économie libérale sait faire quelque chose, c'est bien de déterminer les pratiques rentables et les pratiques non-rentables. Quand un investisseur veut mettre de l'argent dans un resto, il choisit un petit resto gastronomique parce que c'est une activité rentable. Quand il choisit un exploitant agricole il choisir un céréalier dans la Beauce parce que c'est ça qui est rentable. Si on pouvait vraiment faire 55€ de chiffre d'affaire par m2 en cultivant des choux bio, ça fait longtemps que les champs de maïs auraient été reconvertis en exploitations bio.

    Si les surfaces bio diminuent en France, si les histoires de semis sans labour et de micro-exploitations restent anecdotiques depuis 30 ans, c'est bien parce que la rentabilité de telles pratiques est au mieux douteuse. Cette rentabilité pourrait changer avec une modification des politiques de subventions, avec une collectivisation des pertes de rendement, etc., mais avec des "si" on peut faire beaucoup de choses. L'état actuel des connaissances, c'est que les rendements de l'agriculture intensive sont supérieurs.

  • [^] # Re: Intéressant

    Posté par  . En réponse à la dépêche 40 ans pour l'informatique libre | Entretien avec Richard Stallman. Évalué à 2.

    Je m'emporte peut être

    Oui :-) En fait, les variétés vendues sont faites pour pousser dans un certain contexte compatible avec l'agriculture "industrielle", donc oui, quelque part, elles ne sont pas faites pour pousser dans d'autres contextes parce que les agriculteurs achètent les variétés qui correspondent à leurs pratiques.

    Si on parle des céréaliers par exemple, ils n'ont pas grand chose à secouer de pouvoir resemer les graines. Ils souhaitent vendre les grains récoltés, et racheter de nouvelles graines l'année suivante, qui ne sont pas les mêmes que l'année précédente pour cause de rotation des cultures ou de progrès des variétés.

  • [^] # Re: Intéressant

    Posté par  . En réponse à la dépêche 40 ans pour l'informatique libre | Entretien avec Richard Stallman. Évalué à 2. Dernière modification le 10 octobre 2025 à 11:18.

    Il existe quand même quelques cas où la stérilité des graines vendues est volontaire, auquel cas en effet, il y a de quoi discuter. En général, comme tu le décris, la non-reproductibilité est une conséquence d'une méthode d'amélioration des plantes (greffe, croisement F1, etc); il est possible que cette propriété arrange bien les semenciers mais elle découle d'une réalité biologique (par exemple, l'effet hybride). Par contre, même quand tu peux faire repousser tes semences, tu dois verser une redevance pour les resemer, c'est dans le contrat de vente.

    De manière plus générale, la question de la propriété intellectuelle sur les organismes vivants est assez compliquée. L'entreprise qui te vend une variété qu'elle a développée ne te vend que les graines, et pas l'"essence" de la variété, de même que quand tu achètes un disque, tu achètes le droit d'écouter la musique mais tu n'as pas de droits sur la chanson, tu ne peux pas la reproduire et la revendre, etc.

    De ce que je connais de l'état du droit, c'est inutile de refuser par principe la notion de propriété intellectuelle sur les variétés, comme si c'était une option parmi d'autres. Ce droit est acté par des traités internationaux, et il est justifié parce qu'une économie entière repose sur l'exclusivité des ventes, pareil que pour la musique, les films, ou les livres, et comme pour les oeuvres de l'esprit, il reste autorisé de développer tes propres variétés tant que tu ne les dérives pas des variétés protégées—aucun droit ne t'es retiré.

    L'idéologie se confronte souvent mal à la réalité. Tu peux développer des semences libres, comme tu peux développer du logiciel libre, mais développer des semences est long, hasardeux, et couteux; les variétés "libres" ont des rendements pourris, personne ne peut gagner sa vie en les faisant pousser. Ça n'est pas une impossibilité théorique, mais c'est une constatation pratique; tu ne rempliras pas le stade de France avec de la musique libre, et tu ne rentabiliseras pas ton exploitation en faisant pousser des semences libres.

  • [^] # Re: Intéressant

    Posté par  . En réponse à la dépêche 40 ans pour l'informatique libre | Entretien avec Richard Stallman. Évalué à 8.

    Les variétés proposées à la vente sont toutes de type "je ne peux pas replanter les graines l'année d'après" ?

    Pas du tout. Il y a des variétés traditionnelles dans le catalogue.

    Quelles sont les "justifications" d'une telle limitation dans ce qui peut être vendu ?

    Protection du consommateur. Une variété certifiée te garantit que les graines feront pousser des plantes conformes à ce que tu as acheté, et que les plantes qui poussent sont commestibles et commercialisables.

    Pourquoi pourrait-il le faire pour des agriculteurs ?

    Le problème a été exagéré par un certain nombre d'associations, comme la fameuse kokopelli, qui en a peut-être profité au passage pour détourner l'attention de ses problèmes internes (assez sérieux). Pour résumer le problème, les associations qui souhaitent commercialiser des semences "paysannes" ne veulent pas inscrire ces variétés au catalogue, en partie parce qu'elles ne veulent pas payer, et très probablement aussi parce que beaucoup de ces variétés n'ont pas les qualités pour y être inscrites (parce qu'elles ne sont pas stables ou pas bien définies par exemple). C'est donc plus une sorte de refus de rentrer dans un système, ce qui semble assez différent de "je n'ai pas le droit de les vendre".

    Pour prendre une analogie, c'est un peu comme les logiciels de caisse. La loi n'interdit pas du tout les logiciels de caisse libre, elle exige juste qu'ils soient certifiés. Ça n'est pas contradictoire avec le libre, mais ça exige une logistique, des compétences, et des budgets qui ne sont pas vraiment compatibles avec le monde associatif. Et donc c'est tentant de prétendre que la loi interdit les logiciels libres, mais ça n'est pas vrai.

    Sur le fond, c'est probablement à peine vrai que le lobby agro-alimentaire verrouille le commerce des variétés paysannes. Connaissant un peu le contexte, le lobby agro-alimentaire n'a rien à battre des semences paysannes, dont la compétitivité est quasi-nulle (rendements microscopiques, incompatibilité avec les parcours habituels, avec la mécanisation, etc). L'industrie a au contraire intérêt à maintenir en arrière plan des banques de variétés paysannes, parce qu'elle en recroise de temps en temps avec les variétés commerciales pour introduire de la diversité génétique (même s'il semble que les biotechnologies permettent de plus en plus de se passer de ces croisements incertains et couteux). Par contre, c'est assez évident qu'un agriculteur qui serait assez barré pour produire à grande échelle une variété paysanne non-cataloguée ne pourrait pas les vendre en coopérative (tu ne peux même pas garantir ce que tu vends), et je ne sais même pas s'il aurait droit de le faire en vente directe. L'autorisation à la vente de semences ne ferait donc que repousser le problème au niveau de la commercialisation du produit de ces semences, et je ne vois pas ce que ça apporterait.

    J'ai l'impression que kokopelli et collègues voudraient juste pouvoir mettre un peu tout et n'importe quoi dans les sachets de graines (une pratique qui semble d'ailleurs confirmés par certains anciens employés et par les clients), et que l'existence d'une tolérance quand le consommateur est consentant les arrangerait bien. Ça peut se discuter à la marge, je ne suis pas sûr que le marché des jardiniers qui sont contents de planter des graines non-conformes soit très grand.

  • [^] # Re: Le droit est opposable

    Posté par  . En réponse au journal Autorisation de captation et diffusion d'images et de voix de vos enfants. Évalué à 6.

    Alors bon, techniquement, reprocher à quelqu'un de faire valoir ses droits, c'est quand même étrange.

    La bureaucratie procédurière, c'est lié à l'état de droit. Ton gamin est refusé au périscolaire? Tu as des droits et des recours. Tu peux consulter le dossier, tu peux avoir accès aux critères de décision, tu peux faire appel de la décision. Et si la décision n'a pas été prise conformément au droit, et bien elle peut être annulée.

    La cause première, ça reste le manque de moyens. Dans quel monde est-ce que tu peux acceuillir 100 gamins à la cantine ou à la garderie alors que tu as 200 élèves à l'école? Évidemment, les services publics, ça coûte cher, mais justement, quand c'est principalement payé par l'impôt, ne pas pouvoir en bénéficier est vécu comme une injustice.

  • [^] # Re: Le droit est opposable

    Posté par  . En réponse au journal Autorisation de captation et diffusion d'images et de voix de vos enfants. Évalué à 6. Dernière modification le 07 octobre 2025 à 15:25.

    Mon exemple, un peu détourné, était celui de la biométrie pour le passage à la cantine du collège de mon fils : on a refusé, mais ils ont quand même pris son empreinte, j'imagine qu'ils n'ont pas lu la réponse…

    Sans avoir les détails, c'est difficile, mais il me semble a priori que le refus n'était pas compatible avec l'accès au service. Rien n'oblige personne à fournir de solution alternative : si tu ne veux pas que ton enfant soit photographié, il ne sera pas sur la photo de classe. Tu ne peux pas demander une photo avec ton enfant pour ton usage à toi, et une photo sans ton enfant diffusée aux autres parents, par exemple. Et ça me semble légitime, à partir du moment où l'accès à un service est conditionné à une procédure avec laquelle tu es en désaccord (par exemple, te faire filmer quand tu accèdes à la bibliothèque…), tu perds le droit d'accéder à ce service.

    J'imagine donc que la seule manière de refuser de donner son empreinte pour accéder à la cantine est de plus aller à la cantine. La biométrie a été choisie (pour de bonnes ou de mauvaises raisons, ça n'est pas la question) pour remplacer les cartes de cantine, tu dois donc fournir tes données biométriques pour continuer d'accéder à la cantine, et les responsables de la cantine sont en droit de refuser l'accès à ceux qui n'ont pas accepté la procédure. L'accès à une cantine scolaire n'est pas un droit opposable (certains établissements, certes rares, n'ont pas de cantine; d'autres ont un nombre de places limitées qui impose un tirage au sort ou une procédure de "premier arrivé - premier servi"), donc tu ne peux pas exiger d'y avoir accès sans en respecter le réglement. J'imagine par contre qu'il y a des voies de recours judiciaires, notamment parce que la procédure de la CNIL n'a probablement pas été respectée dans ce cas puisque l'accès à une cantine peut se faire par d'autres moyens, mais il n'est pas du tout automatique que tu gagnes (sauf si tu es manchot, auquel cas la prise d'empreintes semble assez clairement discriminatoire…).

  • [^] # Re: mais qui diable laisserait sa CNI à discord?

    Posté par  . En réponse au journal La vérification d'âge menace vos données personnelles. Évalué à 4.

    C'est la même chose que pour les preuves de majorité; tu as un serveur de confiance qui possède tes informations d'état civil; quand tu as besoin de prouver ton identité, ton âge, ou ta nationalité à un site tiers dont tu n'as pas confiance, tu fait chiffrer un truc par le site de confiance avec une méthode d'identification fiable (genre 2FA, clé, ou ce que tu veux), et tu fournis le certificat signé.

    Si un tiers arrive à s'identifier à ta place sur le site certifié, tu es dans la mouise évidemment, mais il reste la possibilité d'un mécanisme de révocation. Par exemple, à chaque demande de crédit, la banque vérifie que le certificat est toujours valide (ça peut aussi couvrir les départs à l'étranger, les décès, etc), donc dès que tu déclares la fraude l'usurpation s'arrête immédiatement.