Certes, mais cela ne change pas la règle. Il peut effectivement y avoir des alliances qui, au regard de la situation politique actuelle, ne sont pas à exclure. Il n'empêche que la majorité à l'Assemblée Nationale ne permet pas de changer la constitution. C'est si compliqué que cela d'être intellectuellement honnête ?
Sapere aude ! Aie le courage de te servir de ton propre entendement. Voilà la devise des Lumières.
À moins que les règles aient changés récemment, ils n'auraient pas grand pouvoir. Pour modifier la constitution, il faut recourir au référendum ou posséder deux tiers du corps législatif (assemblée et sénat).
Sapere aude ! Aie le courage de te servir de ton propre entendement. Voilà la devise des Lumières.
Et ce serait quoi une action qui servirait la cause du féminisme ?
Formulée ainsi, la question est trop générique et je n'ai aucune idée de la réponse. Cela m'apparaît plus comme une question en faux fuyant.
En revanche, il y a un point sur lequel je ne transige pas : le manque de probité et la malhonnêteté intellectuelle ne peuvent servir aucune cause, quelle qu'elle soit. Je n'ai pas accès à tout l'article, il est derrière un paywall, mais j'ai au moins accès à ce passage :
Vous ignorez pourtant que le masculin et le neutre ont des rôles différents, et que le neutre n’est pas fait – sauf exceptions – pour parler des personnes. Lorsque le masculin est employé pour parler des femmes, c’est bien plutôt parce qu’il « fait l’homme », le dominant, ce qu’on l’a encouragé à faire, en France, depuis le XVIIe siècle
Propager des thèses au fondement douteux lorsque l'on est universitaire, c'est une faute morale et une insulte à son statut. L'humanité a peu changé en 2500 ans, Aristote disait déjà d'elle :
l'ignorant affirme, le savant doute et le sage réfléchit.
Se comporter comme un ignorant à la tribune d'un journal à destination du grand public n'est pas digne d'un universitaire. Cela ne vaut guère mieux que le comportement d'un certain professeur marseillais au moment de la crise du Covid.
Linuxfr ou la science à géométrie variable.
Sapere aude ! Aie le courage de te servir de ton propre entendement. Voilà la devise des Lumières.
D'ailleurs, l'on ne parlera jamais assez des problèmes du sexisme
Il y a parler et parler. C'est une question de point de vue. Selon le mien, loin de servir la cause du féminisme, ce genre de message à tendance à lui nuire. Je commence vraiment à en avoir marre des néo-pharisiens
Sapere aude ! Aie le courage de te servir de ton propre entendement. Voilà la devise des Lumières.
Tu n'aurais pas du. Tu es passé totalement à côté du sujet de l'article.
On est parti d'un commentaire qui raille Macron :
« Dans cette langue, le masculin fait le neutre » —Emmanuel Macron
S'ensuit une réponse qui invoque la science que Macron semble prendre un plaisir à ignorer :
Y'en a marre, de la Science!!
Et je réponds par un article scientifique d'une linguiste qui prend le parti de Macron, tout en tordant le coup, par une étude statistique sur un corpus de moyen français, à cette légende urbaine que l'accord de proximité était fortement usité avant que des grammairiens misogynes, patriarcales et phallocrates ne signent son arrêt de mort (s'il était effectivement utilisé, il restait fortement minoritaire). La théorisation déscriptive de la grammaire du français (c'est-à-dire telle qu'utilisé par ses locuteurs) amène à la description d'un genre non marqué qui s'identifie à celui que l'on nomme aussi, peut être improprement, masculin.
Sapere aude ! Aie le courage de te servir de ton propre entendement. Voilà la devise des Lumières.
Ton argument principal c'est « non mais bon, la page wikipedia défini mal le bidule », on va pas aller loin comme ça.
Non ! Mon point a été de renvoyer à un article publié par un enseignant-chercheur sur la question de la subsidiarité; article que tu n'as pas pris la peine de lire.
En marine, depuis à peu près toujours, le capitaine est dictateur local, parce que au final, sans ça, les navires meurent. […]
À terre ils n'ont plus de chef et sont libres, en mer ils font partie du navire, et la survie du groupe se fait avec un dictateur local. […]
L'anarchie est une alternative envisageable au capitalisme libéral.
Quelle est la différence entre le capitaine pirate et le patron toxique connard, sujet de l'article du lien sous lequel nous débattons ? Je doute fort que les patrons actuels s'occupent de ce que font leurs salariés une fois leur travail fait. Du moins, ce n'est pas mon cas, ni celui de mes proches.
Sapere aude ! Aie le courage de te servir de ton propre entendement. Voilà la devise des Lumières.
Sur la subsidiarité j'ai lu […]
Qui implique une hiérarchie et la délégation de compétence depuis l'entité la plus basse et la plus proche à l'entité au dessus si le besoin s'en fait sentir.
C'est bien pour cela que j'avais écrit un autre commentaire, me rendant compte que la présentation qu'en fait wikipédia est quelque peu erronée et prête à confusion. Ce que tu cites étant une interprétation erronée du principe de subsidiarité (cf l'article de mon autre commentaire).
L'autre définition est très religieuse et j'ai rien pigé, je suppose qu'il faut lire tout le contexte autour de ta citation.
L'autre définition n'est pas très religieuse, mais elle trouve ses racines dans la doctrine sociale de l'Église catholique romaine via des influences du protestantisme. L'article se préoccupe de l'origine de la notion et de la manière dont elle est arrivée et fût interprété dans la construction du projet européen. C'est comme la Croix Rouge française qui fut fondé par un protestant et qui, à l'origine, se résumait à être un corps médical neutre sur les champs de bataille.
L'anarchie c'est de manière générale une absence de commandement.
C'est là une définition très singulière de l'anarchie, qui s'écarte grandement de celle communément admise en philosophie politique. Et prendre la piraterie comme exemple de système anarchique, avec un telle définition, c'est à mourir de rire.
À ce compte là, une immense proportion de la population ferait l'expérience locale de l'anarchie via les clubs amateurs de n'importe quelle fédération sportive. ;-)
Parce que l'anarchie ce n'est pas le chaos, c'est structuré, organisé. Ce n'est pas intrinsèquement terroriste ni révolutionnaire
Je n'ai à aucun moment soutenu une telle chose. Pourquoi en parles-tu ?
Enfin, si tu veux voir de l'anarchie là où elle n'est pas, grand bien te fasse mais, pour un individu extérieur, ce n'est pas très convaincant.
Sapere aude ! Aie le courage de te servir de ton propre entendement. Voilà la devise des Lumières.
Alors j'ai pas tout pigé de la subsidiarité, mais ça a pas l'air d'être ça.
Tu devrais alors lire mon autre commentaire et l'article que j'y lie.
Mais globalement, et de façon un peu crue, tout le monde se fout pas mal de ce que chaque antenne fait.
Ce qui relève bien de la subsidiarité.
Mais il n'y a pas de subsidiarité entre l'obédience et les loges, ça n'a rien à voir, et aucune loge ne fait le travail de l'obédience, les loges font leur propre travail dans leur coin sans rien avoir à demander à personne.
J'ai demandé à deux-trois personnes ce qu'ils feraient si leur Grand Maître demandait à leur loge de faire un truc spécifique, et leurs réponses ont été des variations sur le thème de « si ça me va, ma foi, ok, sinon, il peut se brosser ».
Ce qui relève toujours de la subsidiarité.
Dans la subsidiarité, je peux me tromper, mais je vois une délégation de compétence à l'entité la plus proche et la plus à même de répondre à la demande.
Là est ta mauvaise compréhension. Voir mon autre commentaire.
Pour moi, d'un côté comme de l'autre, c'est de la pure anarchie : pas de gouvernement, personne pour dire quoi faire à qui, un respect général de règles générales, et des organes là pour gérer les conflits quand ils se présentent, ou les infractions aux règles (principes de la croix rouge, ou constitution), mais jamais pour aller regarder ce qu'il se passe chez les gens.
Ce que tu décris là n'est pas et ne peut être de l'anarchie : l'anarchie c'est l'abolition de l'État et la communauté qui se résume à la société civile. Or la question de l'État ne se pose qu'au sein d'une communauté juridique. Mais s'il existe une instance qui gèrent les conflits juridiques, elle doit nécessairement :
définir ce qui est de droit (pouvoir législatif)
déterminer ce qui est de droit dans les conflits (pouvoir judiciaire)
appliquer ce qui est de droit (pouvoir exécutif)
Autrement dit, l'application de ton analogie à une communauté juridique donnera nécessairement naissance à un État, ce qui est contradictoire avec la philosophie anarchiste.
Pour moi, d'un côté comme de l'autre, c'est de la pure anarchie : pas de gouvernement, personne pour dire quoi faire à qui
Tu ne décris pas là la notion d'État de manière générale, mais celle d'un État totalitaire, ce à quoi s'oppose la subsidiarité. ;-)
Sapere aude ! Aie le courage de te servir de ton propre entendement. Voilà la devise des Lumières.
Je trouve la page wikipédia un peu légère pour expliquer la subsidiarité. Je lui préfère cet article écrit par un enseignant à Sciences Po Lyon (et qui se trouve dans les références de l'article Wikipiédia). En particulier ce passage (le graissage est de moi) à mettre en relief avec ta description de l'organisation de la Croix Rouge :
On confond souvent subsidiarité, fédéralisme et décentralisation ; confusion qui a tendance à réduire la subsidiarité à une simple présomption de compétence en faveur de la plus « petite » entité. Nous avons posé ce postulat pour commencer et voyons désormais en quoi il s’avère insuffisant. D’un point de vue théorique, cette interprétation est doublement contestable. La décentralisation suppose un centre qui, selon une logique descendante, consent à la délégation de certaines compétences à des échelons inférieurs. La subsidiarité s’inscrit, elle, dans un autre paradigme – ascendant plus que descendant –, qui gagne à être interprétée à la lumière de la notion théologique d’immanence réciproque (présence des trois personnes divines l’une dans l’autre, ou présence de l’Eglise locale dans l’Eglise universelle et vice versa). En l’espèce, la compénétration fait plus que remettre en cause la hiérarchie, elle tend pour ainsi dire à la remplacer : à partir du moment où il n’y a pas d’extériorité entre la personne et la communauté, aucune hiérarchie n’est possible, qui suppose une distinction entre un supérieur et un inférieur, entre un haut et un bas. Avec la subsidiarité, la communauté n’absorbe pas la personne, de même que la personne ne prime pas la communauté. D’où la coloration très particulière que le schéma subsidiariste donne au fédéralisme traditionnel.
Mais je le répète, sur le plan de la théorie politique le subsidiarisme n'est pas l'anarchisme : il ne vise pas à abolir l'État pour l'absorber dans la société civile, mais à limiter le pouvoir politique et restreindre l'intervention de l'État.
Sapere aude ! Aie le courage de te servir de ton propre entendement. Voilà la devise des Lumières.
Bref il fait le travail que tu estime être du domaine du compilateur
J'avais bien compris qu'il voulait gérer sa pile tout seul mais, de ce que je comprends, il s'y prend n'importe comment. Tel était mon reproche. ;-)
C'est comme pour son calcul de complexité, on ne sait pas trop quel algorithme il a en tête. Par exemple, le type des ensembles, en OCaml, est implémenté par des arbres binaires équilibrés. Certaines fonctions de parcours, qui sont toutes récursives (on ne peut faire autrement dans le langage), ne sont pas terminales et n'ont pas besoin de l'être. Elles occupent sur la pile un espace linéaire par rapport à la hauteur de l'arbre, hauteur qui est en log (n) (et non n log (n)) où n est la taille de l'ensemble : le risque de débordement est quasi nul. On pourrait les écrire en CPS (continuation passing style) pour occuper un espace constant avec des récursives terminales, ce qui reviendrait à réifier la pile sur le tas (un peu comme greendev), mais ce serait moins efficaces et cela sans réelles raisons.
Sapere aude ! Aie le courage de te servir de ton propre entendement. Voilà la devise des Lumières.
Justement si, une optimisation sur la pile d'appel car il estime qu'on risque de partir en stack overflow, ou qu'on perd trop de temps en changement de contexte.
Je ne vois pas trop cela dans son pseudo-code : il teste si l'appel est récursif et il empile, puis ne dépile que dans le cas contraire. On risque le débordement de pile. Mais c'est peut être moi qui ne comprend pas ce qu'il veut faire, je trouve qu'il ne s'exprime pas clairement.
Après ce n'est pas tant une question d'optimisation, contrairement à ton exemple. Pour moi, une fonction récursive terminale doit être compilée en consommant un espace constant sur la pile, sinon le compilateur est buggé. Je ne considère pas cela comme une optimisation mais comme une obligation sur le schème de compilation à utiliser.
Ton exemple est simple à écrire comme il faut, sans compter sur une optimisation du compilateur. Je le fais en OCaml :
letcountn=letshowi=ifimod10_000=0then(print_inti;print_newline())inletrecloopacc=function|0->acc(* ici l'appel récursif est terminal *)|i->showi;loop(acc+1)(i-1)inloop0n;;
Le code récursif, correctement compilé, est équivalent à celui-ci avec un boucle for :
Quelque soit le code choisi, il n'y a aucun risque de saturer la pile.
Je ne dis pas qu'il faut faire du récursif, souvent on peur remplacer par de l'itératif sans que ça alourdisse le code, mais remplacer tout appel récursif, juste par principe, avant même qu'un problème ait été levé, le tout via des solutions lourdes et compliqué rends rapidement le code visé difficile à maintenir.
Comme dit par uso dans le fil, cela dépend du langage utilisé et de ses idiomes. L'écriture de code récursif est tout un art. En OCaml, la plupart du temps on ne peut écrire du code que de manière récursive. Par exemple, la fonction qui itère une autre fonction (par effet de bords) sur les listes ne peut être écrite qu'ainsi :
letreciterf=function|[]->()|hd::tl->fhd;iterftl;;
Exemple d'usage :
List.iterprint_int[1;2;3];;(* retour de l'appel *)123
La fonction est terminale récursive et aura un code compilé équivalent à celui avec une boucle for ou while d'un langage impératif.
Sapere aude ! Aie le courage de te servir de ton propre entendement. Voilà la devise des Lumières.
Elles sont hyper agressives les optimisations de gcc ! Même sans récursion terminale, il s'en sort. Si je fais ça en OCaml, je me paye systématiquement un stackoverflow sur de grandes entrées.
D'ailleurs, sur ta réponse précédente tu lui reprochais de faire de l'optimisation prématurée, mais il n'y avait aucune optimisation, et c'est bien là le problème : à chaque appel récursif, il empile et ne dépile qu'à la fin de la récursion, et donc il y a stackoverflow à tous les coups. ;-)
Sapere aude ! Aie le courage de te servir de ton propre entendement. Voilà la devise des Lumières.
Ce qui fait réagir, c'est de pas l'avoir dit dans le contexte d'un langage particulier.
Moi qui n'écris pratiquement presque que du OCaml, j'aurais pu écrire ton inversion de demande de légitimité. Si on prend le vénérable taptempo en OCaml, le premier qui vient me demander de justifier ma boucle loop récursive par rapport à une immonde boucle while risque de regretter sa demande de justification. ;-)
Les fonctions récursives c'est le pendant calculatoire des constructions par récurrence et du raisonnement par récurrence. Le plus simple d'entre eux étant le raisonnement par récurrence sur les nombres entiers (représentés de manière unaire) :
si une propriété est vraie de 0 ;
si elle est vraie de n alors elle est vraie de n + 1 ;
alors elle est vraie de tout entier.
Il existe une autre version de l'hypothèse de récurrence qui devient :
si elle est vraie de tout entier ≤ n alors est vraie de n + 1
Dans la première formulation la taille de l'hypothèse est constante (le cas n), dans la seconde elle croît linéairement avec n (la conjonction de tous les cas jusqu'à n).
Dans le premier cas, on a une récursion terminale qui utilise un espace constant sur la pile; dans le second l'espace consommé croît linéairement avec la taille de l'entrée, on risque le débordement de pile.
Les entiers unaires n'étant rien d'autres que des listes chaînées, le module des listes de la bibliothèque standard de OCaml contient une grande quantité de fonctions récursives (dont certaines ne sont pas terminales récursives).
Sapere aude ! Aie le courage de te servir de ton propre entendement. Voilà la devise des Lumières.
Je serai curieux de recueillir ton ressenti sur la partie concernant la machine de Turing mais il me semble que c'est du même acabit.
Oui, il y a du grand n'importe quoi. Ce matin j'avais juste relevé une formulation erronée du résultat d'incomplétude, ce qui peut encore passer, mais la suite est bien pire quand il interprète cela par le fait que « tout programme est voué à l'incomplétude : il finira par planter ». Ça n'a absolument rien à voir et ce genre d'interprétation est typique de l'école de pensée que critique Bouveresse dans sa conférence. Un bug ou un plantage, c'est plutôt le signe d'une preuve mathématique fausse ou d'une preuve d'un mauvais théorème (on prouve bien quelque chose, mais pas le théorème dont on souhaite faire usage). Mais pour voir cela, il faut passer par la correspondance de Curry-Howard, magnifiquement décrite par Jean-Louis Krivine dans sa conférence À propos de la théorie des démonstrations (du programme de Hilbert aux programmes tout court).
Cependant, l'auteur n'est pas informaticien ni mathématicien (il me semble que le travail sur ce genre d'objets ne concerne qu'une petite part des informaticiens) mais théoricien en design.
Cette partie semble là pour cerner le numérique depuis ces débuts et ne constitue pas le cœur du travail de l'auteur, qui se déploie dans les parties suivantes où il analyse les manifestations plus récentes et palpables de la chose numérique.
Certes mais il utilise un style d'une école de pensée que je rejette totalement, et même s'il peut s'y trouver des choses intéressantes, c'est noyé dans un tissu d'absurdité. Le chapitre suivant sur le memex est du même ordre, où l'on y trouve du n'importe quoi philosphique quand il emploie totalement à contresens des notions issues de la morale kantienne. De plus sa vision du memex rejoint ce que dit Bouveressse :
Il est vrai que, si on pense, comme c'est souvent le cas, que dans le domaine littéraire et philosophique, la pensée procède essentiellement sur le mode de l'association d'idées et que celle-ci est par essence créatrice et peut créer tout ce qu'on veut, sauf, bien entendu, de l'obscurité et de la confusion, il est difficile de trouver encore quelque chose à critiquer et de comprendre ce qui, dans le discours de nos intellectuels, a pu choquer des lecteurs comme Sokal et Bricmont.
Franchement, je suis allé jusqu'au chapitre sur la genèse du Web, mais j'ai vraiment pas envie d'aller plus loin.
Sapere aude ! Aie le courage de te servir de ton propre entendement. Voilà la devise des Lumières.
Je n'ai pas compris ta démonstration, trop technique pour moi.
Elle fait implicitement usage d'un autre théorème de Gödel, qui a moins fait parler de lui que l'incomplétude, mais tout aussi important et que Bouveresse mentionne dans sa conférence : le théorème de complétude du calcul des prédicats, qui exprime qu'une théorie est cohérente si et seulement si elle a un modèle.
Ainsi, si la théorie T des corps algébriquement clos n'est pas complète alors elle possède un énoncé E indécidable tel que les théories T + E et T + non E soient cohérentes. Par le théorème de complétude elles ont chacune un modèle dénombrable, qui ne peut être que la clôture algébrique du corps des rationnels (c'est le seul corps algébriquement clos et dénombrable); corps qui devraient alors satisfaire à la fois les énoncés E et non E, ce qui est contradictoire. Donc T est complète.
C'était très amusant par ailleurs, et tout à fait accessible au profane.
Écrire clairement dans une langue acccessible aux communs des mortels n'est pas du goût d'une certaine intelligentsia française. :-P
Sapere aude ! Aie le courage de te servir de ton propre entendement. Voilà la devise des Lumières.
Cette thèse est un travail de six ans et 550 pages (!). Je pense que la réduire à trois citations et en profiter pour tirer une généralité ouvertement provocatrice sur son contenu n'est pas très honnête, mais ce n'est que mon avis.
Je dois avouer avoir eu la même réaction que patrick_g, mais j'ai coutinué jusqu'à l'introduction et le début de la première partie historique. Les références à Dérida et Deleuze ont allumé mes warnings (éveillant le spectre des Impostures intellectuelles et de l'affaire Sokal), après lecture de l'introduction on ne sait toujours pas de quoi va traiter cette thèse et, qui plus est, elle n'a pas de plan ni de structure, ce qui est parfaitement assumé. Puis vient la première partie avec Gödel et Turing, et là c'est le drame !
Non Gödel n'a jamais prouvé que « tout système formel comporte au moins une thèse qui n’est pas démontrable dans ce système (à l’exception des axiomes qui sont là par principe) », il a prouvé que certains systèmes formels avaient cette propriété. Pour qu'un système formel soit essentiellement incomplet et impossible à compléter (chacune de ses extensions seront aussi incomplètes), il faut et il suffit que sa capacité d'expression permette de réfléchir en lui-même sa propre méta-théorie (c'est l'utilité de toute la première partie de la preuve de Gödel avec son codage des preuves comme énoncés arithmétiques).
En revanche, il existe des systèmes axiomatiques incomplets ayant des extensions complètes, par exemple la théorie des corps. Ainsi, dans l'axiomatique des corps, la question « tout polynôme admet-il une racine ? » est indécidable. Néanmoins, la théorie des corps algébriquement clos est une extension de la première, récursivement énumérable et complète (elle n'admet qu'un seul modèle dénombrable, à isomorphisme près, à savoir la clotûre algébrique du corps des rationnels) !
Tout ce que je viens de dire ne représente qu'un semestre d'étude pour un étudiant en master, ce qui est peu par rapport aux 6 ans de travaux qu'ont demandé la thèse. Il serait peut être tant que les adeptes de Dérida et Deleuze cessent toute référence à Gödel, ou qu'ils se décident enfin à le comprendre : voir la conférence de Jacques Bouveresse Qu'appellent-ils "penser" ?.
Je dois avouer avoir arrêté ma lecture à cet endroit de la thèse, peut-être la reprendrai-je quand j'aurai du temps à tuer.
Sapere aude ! Aie le courage de te servir de ton propre entendement. Voilà la devise des Lumières.
Que vient faire Jean-Louis Krivine dans votre discussion ? J'ai énormément de respect pour cet homme, il fut mon maître et m'initia aux arcanes du lambda-calcul typé et à la correspondance de Curry-Howard (qui était le sujet central de sa recherche à la fin de sa carrière), mais je ne vois absolument pas ce qu'il vient faire dans votre discussion.
Sapere aude ! Aie le courage de te servir de ton propre entendement. Voilà la devise des Lumières.
c'est d'ailleurs la méthode standard pour obtenir l'écriture de la forme a/b à partir d'un développement décimal.
Une précision pour ajouter que cela marche à tous les coups pour les rationnels car leur développement décimal est cyclique : il s'obtient par une série de divisions euclidiennes dont le diviseur est le dénominateur de la fraction (ici b), divisions qui n'ont qu'un nombre fini de reste possible, et donc on finit nécessairement dans un cycle. Autrement dit, si il y a un cycle, c'est un rationnel.
Sapere aude ! Aie le courage de te servir de ton propre entendement. Voilà la devise des Lumières.
Je vois dans son texte différents exemple où il remet en cause l'État. Il ne me semble pas dire que l'État ne devrais s'occuper que de certains sujets régaliens comme l'affirme le courant de pensé qu'on appel aujourd'hui les libéraux.
Si c'est un libéral classique tant en politique qu'en économie. Voir son texte L'État :
Quant à nous, nous pensons que l’État, ce n’est ou ce ne devrait être autre chose que la force commune instituée, non pour être entre tous les citoyens un instrument d’oppression et de spoliation réciproque, mais, au contraire, pour garantir à chacun le sien, et faire régner la justice et la sécurité.
Autrement dit l'État doit se résumer à ses fonctions régaliennes.
C'est pour cela que j'avais mis son intervention à l'Assemblée, non pour dire qui il était, mais pour illustrer qu'un libertarien acclamé par des socialistes eut été cocasse. ;-)
Pour le reste tu interprètes de travers son introduction : elle ne contient aucune argumentation, ce n'est pas leur place, et sa référence à Dieu n'a aucune valeur argumentative au sein de l'ouvrage (tel Laplace, il aurait pu s'en dispenser).
Il considère tout cela comme parfaitement objectif. Il considère qu'il y a une unique solution, qu'elle est atteignable, qu'elle est universelle,… Alors que tout cela est culturel.
Oui, tout comme moi, il est rationaliste et donc jusnaturaliste. Le relativisme culturel et le positivisme juridique est antinomique avec le courant rationaliste de pensée.
Sapere aude ! Aie le courage de te servir de ton propre entendement. Voilà la devise des Lumières.
# Mourir pour des idées
Posté par kantien . En réponse au lien Faut-il faire peur pour sauver la planète ?. Évalué à 2.
Mourir pour de idées, d'accord, mais de mort lente.
Sapere aude ! Aie le courage de te servir de ton propre entendement. Voilà la devise des Lumières.
[^] # Re: Tribune de 130 féministes en réponse à Emmanuel Macron
Posté par kantien . En réponse au lien «En français, le masculin fait l’homme, le dominant, il ne “fait pas le neutre”» (article partiel). Évalué à -4.
Certes, mais cela ne change pas la règle. Il peut effectivement y avoir des alliances qui, au regard de la situation politique actuelle, ne sont pas à exclure. Il n'empêche que la majorité à l'Assemblée Nationale ne permet pas de changer la constitution. C'est si compliqué que cela d'être intellectuellement honnête ?
Sapere aude ! Aie le courage de te servir de ton propre entendement. Voilà la devise des Lumières.
[^] # Re: Tribune de 130 féministes en réponse à Emmanuel Macron
Posté par kantien . En réponse au lien «En français, le masculin fait l’homme, le dominant, il ne “fait pas le neutre”» (article partiel). Évalué à 4.
À moins que les règles aient changés récemment, ils n'auraient pas grand pouvoir. Pour modifier la constitution, il faut recourir au référendum ou posséder deux tiers du corps législatif (assemblée et sénat).
Sapere aude ! Aie le courage de te servir de ton propre entendement. Voilà la devise des Lumières.
[^] # Re: Tribune de 130 féministes en réponse à Emmanuel Macron
Posté par kantien . En réponse au lien «En français, le masculin fait l’homme, le dominant, il ne “fait pas le neutre”» (article partiel). Évalué à 10.
Formulée ainsi, la question est trop générique et je n'ai aucune idée de la réponse. Cela m'apparaît plus comme une question en faux fuyant.
En revanche, il y a un point sur lequel je ne transige pas : le manque de probité et la malhonnêteté intellectuelle ne peuvent servir aucune cause, quelle qu'elle soit. Je n'ai pas accès à tout l'article, il est derrière un paywall, mais j'ai au moins accès à ce passage :
Propager des thèses au fondement douteux lorsque l'on est universitaire, c'est une faute morale et une insulte à son statut. L'humanité a peu changé en 2500 ans, Aristote disait déjà d'elle :
Se comporter comme un ignorant à la tribune d'un journal à destination du grand public n'est pas digne d'un universitaire. Cela ne vaut guère mieux que le comportement d'un certain professeur marseillais au moment de la crise du Covid.
Linuxfr ou la science à géométrie variable.
Sapere aude ! Aie le courage de te servir de ton propre entendement. Voilà la devise des Lumières.
[^] # Re: Tribune de 130 féministes en réponse à Emmanuel Macron
Posté par kantien . En réponse au lien «En français, le masculin fait l’homme, le dominant, il ne “fait pas le neutre”» (article partiel). Évalué à 6.
Il y a parler et parler. C'est une question de point de vue. Selon le mien, loin de servir la cause du féminisme, ce genre de message à tendance à lui nuire. Je commence vraiment à en avoir marre des néo-pharisiens
Sapere aude ! Aie le courage de te servir de ton propre entendement. Voilà la devise des Lumières.
[^] # Re: À bas le CNRS, Vive notre Président
Posté par kantien . En réponse au lien Langage inclusif, pour le cerveau le neutre n'est pas neutre. Évalué à 5.
Tu n'aurais pas du. Tu es passé totalement à côté du sujet de l'article.
On est parti d'un commentaire qui raille Macron :
S'ensuit une réponse qui invoque la science que Macron semble prendre un plaisir à ignorer :
Et je réponds par un article scientifique d'une linguiste qui prend le parti de Macron, tout en tordant le coup, par une étude statistique sur un corpus de moyen français, à cette légende urbaine que l'accord de proximité était fortement usité avant que des grammairiens misogynes, patriarcales et phallocrates ne signent son arrêt de mort (s'il était effectivement utilisé, il restait fortement minoritaire). La théorisation déscriptive de la grammaire du français (c'est-à-dire telle qu'utilisé par ses locuteurs) amène à la description d'un genre non marqué qui s'identifie à celui que l'on nomme aussi, peut être improprement, masculin.
Sapere aude ! Aie le courage de te servir de ton propre entendement. Voilà la devise des Lumières.
[^] # Re: À bas le CNRS, Vive notre Président
Posté par kantien . En réponse au lien Langage inclusif, pour le cerveau le neutre n'est pas neutre. Évalué à 7.
Ah la linguistique ! Encore une de ces sciences où le consensus et l'accord absolu entre tous les pairs n'est pas de mise. ;-)
L'accord de proximité dans l'écriture inclusive. Peut-on utiliser n'importe quel argument ? par la sociolinguiste Marie-Louise Moreau.
Sapere aude ! Aie le courage de te servir de ton propre entendement. Voilà la devise des Lumières.
[^] # Re: Première
Posté par kantien . En réponse au lien Déboguer … les maths. . Évalué à 6.
Ce genre d'étourderie arrive aux meilleurs,
57 (3*19)étant connu comme le nombre premier de Grothendieck.Sapere aude ! Aie le courage de te servir de ton propre entendement. Voilà la devise des Lumières.
[^] # Re: Comportement toxique ou personne toxique ?
Posté par kantien . En réponse au lien Travail - Patrons toxiques : il faut en finir avec la “culture des connards”. Évalué à 2. Dernière modification le 24 septembre 2023 à 01:38.
Non ! Mon point a été de renvoyer à un article publié par un enseignant-chercheur sur la question de la subsidiarité; article que tu n'as pas pris la peine de lire.
Quelle est la différence entre le capitaine pirate et le patron toxique connard, sujet de l'article du lien sous lequel nous débattons ? Je doute fort que les patrons actuels s'occupent de ce que font leurs salariés une fois leur travail fait. Du moins, ce n'est pas mon cas, ni celui de mes proches.
Sapere aude ! Aie le courage de te servir de ton propre entendement. Voilà la devise des Lumières.
[^] # Re: Santé et discrimination : balec ?
Posté par kantien . En réponse au lien Le Haut-Commissaire de l'ONU aux droits humains recommande de dépénaliser la consommation de drogue. Évalué à 3.
Où est le crime ?
Sapere aude ! Aie le courage de te servir de ton propre entendement. Voilà la devise des Lumières.
[^] # Re: Comportement toxique ou personne toxique ?
Posté par kantien . En réponse au lien Travail - Patrons toxiques : il faut en finir avec la “culture des connards”. Évalué à 3. Dernière modification le 18 septembre 2023 à 17:20.
C'est bien pour cela que j'avais écrit un autre commentaire, me rendant compte que la présentation qu'en fait wikipédia est quelque peu erronée et prête à confusion. Ce que tu cites étant une interprétation erronée du principe de subsidiarité (cf l'article de mon autre commentaire).
L'autre définition n'est pas très religieuse, mais elle trouve ses racines dans la doctrine sociale de l'Église catholique romaine via des influences du protestantisme. L'article se préoccupe de l'origine de la notion et de la manière dont elle est arrivée et fût interprété dans la construction du projet européen. C'est comme la Croix Rouge française qui fut fondé par un protestant et qui, à l'origine, se résumait à être un corps médical neutre sur les champs de bataille.
C'est là une définition très singulière de l'anarchie, qui s'écarte grandement de celle communément admise en philosophie politique. Et prendre la piraterie comme exemple de système anarchique, avec un telle définition, c'est à mourir de rire.
À ce compte là, une immense proportion de la population ferait l'expérience locale de l'anarchie via les clubs amateurs de n'importe quelle fédération sportive. ;-)
Je n'ai à aucun moment soutenu une telle chose. Pourquoi en parles-tu ?
Enfin, si tu veux voir de l'anarchie là où elle n'est pas, grand bien te fasse mais, pour un individu extérieur, ce n'est pas très convaincant.
Sapere aude ! Aie le courage de te servir de ton propre entendement. Voilà la devise des Lumières.
[^] # Re: Comportement toxique ou personne toxique ?
Posté par kantien . En réponse au lien Travail - Patrons toxiques : il faut en finir avec la “culture des connards”. Évalué à 2.
Tu devrais alors lire mon autre commentaire et l'article que j'y lie.
Ce qui relève bien de la subsidiarité.
Ce qui relève toujours de la subsidiarité.
Là est ta mauvaise compréhension. Voir mon autre commentaire.
Ce que tu décris là n'est pas et ne peut être de l'anarchie : l'anarchie c'est l'abolition de l'État et la communauté qui se résume à la société civile. Or la question de l'État ne se pose qu'au sein d'une communauté juridique. Mais s'il existe une instance qui gèrent les conflits juridiques, elle doit nécessairement :
Autrement dit, l'application de ton analogie à une communauté juridique donnera nécessairement naissance à un État, ce qui est contradictoire avec la philosophie anarchiste.
Tu ne décris pas là la notion d'État de manière générale, mais celle d'un État totalitaire, ce à quoi s'oppose la subsidiarité. ;-)
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[^] # Re: Titre obsolète et sexiste
Posté par kantien . En réponse au lien Le Haut-Commissaire de l'ONU aux droits humains recommande de dépénaliser la consommation de drogue. Évalué à 2.
J'ai effectivement observé que cette expression a du mal à rentrer dans la population générale qui la tient pour une ridicule préciosité. ;-)
Sapere aude ! Aie le courage de te servir de ton propre entendement. Voilà la devise des Lumières.
[^] # Re: Comportement toxique ou personne toxique ?
Posté par kantien . En réponse au lien Travail - Patrons toxiques : il faut en finir avec la “culture des connards”. Évalué à 3. Dernière modification le 16 septembre 2023 à 10:17.
Je trouve la page wikipédia un peu légère pour expliquer la subsidiarité. Je lui préfère cet article écrit par un enseignant à Sciences Po Lyon (et qui se trouve dans les références de l'article Wikipiédia). En particulier ce passage (le graissage est de moi) à mettre en relief avec ta description de l'organisation de la Croix Rouge :
Mais je le répète, sur le plan de la théorie politique le subsidiarisme n'est pas l'anarchisme : il ne vise pas à abolir l'État pour l'absorber dans la société civile, mais à limiter le pouvoir politique et restreindre l'intervention de l'État.
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[^] # Re: Comportement toxique ou personne toxique ?
Posté par kantien . En réponse au lien Travail - Patrons toxiques : il faut en finir avec la “culture des connards”. Évalué à 3.
Ce que tu décris ressemble plus à une application du principe de subsidiarité dans une structure fédérale qu'à une organisation anarchiste.
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[^] # Re: Loupé
Posté par kantien . En réponse au lien La récursivité sur linuxfr. Évalué à 3.
J'avais bien compris qu'il voulait gérer sa pile tout seul mais, de ce que je comprends, il s'y prend n'importe comment. Tel était mon reproche. ;-)
C'est comme pour son calcul de complexité, on ne sait pas trop quel algorithme il a en tête. Par exemple, le type des ensembles, en OCaml, est implémenté par des arbres binaires équilibrés. Certaines fonctions de parcours, qui sont toutes récursives (on ne peut faire autrement dans le langage), ne sont pas terminales et n'ont pas besoin de l'être. Elles occupent sur la pile un espace linéaire par rapport à la hauteur de l'arbre, hauteur qui est en
log (n)(et nonn log (n)) oùnest la taille de l'ensemble : le risque de débordement est quasi nul. On pourrait les écrire en CPS (continuation passing style) pour occuper un espace constant avec des récursives terminales, ce qui reviendrait à réifier la pile sur le tas (un peu comme greendev), mais ce serait moins efficaces et cela sans réelles raisons.Sapere aude ! Aie le courage de te servir de ton propre entendement. Voilà la devise des Lumières.
[^] # Re: Loupé
Posté par kantien . En réponse au lien La récursivité sur linuxfr. Évalué à 3.
Je ne vois pas trop cela dans son pseudo-code : il teste si l'appel est récursif et il empile, puis ne dépile que dans le cas contraire. On risque le débordement de pile. Mais c'est peut être moi qui ne comprend pas ce qu'il veut faire, je trouve qu'il ne s'exprime pas clairement.
Après ce n'est pas tant une question d'optimisation, contrairement à ton exemple. Pour moi, une fonction récursive terminale doit être compilée en consommant un espace constant sur la pile, sinon le compilateur est buggé. Je ne considère pas cela comme une optimisation mais comme une obligation sur le schème de compilation à utiliser.
Ton exemple est simple à écrire comme il faut, sans compter sur une optimisation du compilateur. Je le fais en OCaml :
Le code récursif, correctement compilé, est équivalent à celui-ci avec un boucle
for:Quelque soit le code choisi, il n'y a aucun risque de saturer la pile.
Comme dit par uso dans le fil, cela dépend du langage utilisé et de ses idiomes. L'écriture de code récursif est tout un art. En OCaml, la plupart du temps on ne peut écrire du code que de manière récursive. Par exemple, la fonction qui itère une autre fonction (par effet de bords) sur les listes ne peut être écrite qu'ainsi :
Exemple d'usage :
La fonction est terminale récursive et aura un code compilé équivalent à celui avec une boucle
forouwhiled'un langage impératif.Sapere aude ! Aie le courage de te servir de ton propre entendement. Voilà la devise des Lumières.
[^] # Re: Loupé
Posté par kantien . En réponse au lien La récursivité sur linuxfr. Évalué à 3.
Elles sont hyper agressives les optimisations de
gcc! Même sans récursion terminale, il s'en sort. Si je fais ça en OCaml, je me paye systématiquement un stackoverflow sur de grandes entrées.D'ailleurs, sur ta réponse précédente tu lui reprochais de faire de l'optimisation prématurée, mais il n'y avait aucune optimisation, et c'est bien là le problème : à chaque appel récursif, il empile et ne dépile qu'à la fin de la récursion, et donc il y a stackoverflow à tous les coups. ;-)
Sapere aude ! Aie le courage de te servir de ton propre entendement. Voilà la devise des Lumières.
[^] # Re: Loupé
Posté par kantien . En réponse au lien La récursivité sur linuxfr. Évalué à 3.
Moi qui n'écris pratiquement presque que du OCaml, j'aurais pu écrire ton inversion de demande de légitimité. Si on prend le vénérable taptempo en OCaml, le premier qui vient me demander de justifier ma boucle
looprécursive par rapport à une immonde bouclewhilerisque de regretter sa demande de justification. ;-)Les fonctions récursives c'est le pendant calculatoire des constructions par récurrence et du raisonnement par récurrence. Le plus simple d'entre eux étant le raisonnement par récurrence sur les nombres entiers (représentés de manière unaire) :
nalors elle est vraie den + 1;Il existe une autre version de l'hypothèse de récurrence qui devient :
≤ nalors est vraie den + 1Dans la première formulation la taille de l'hypothèse est constante (le cas
n), dans la seconde elle croît linéairement avecn(la conjonction de tous les cas jusqu'àn).Dans le premier cas, on a une récursion terminale qui utilise un espace constant sur la pile; dans le second l'espace consommé croît linéairement avec la taille de l'entrée, on risque le débordement de pile.
Les entiers unaires n'étant rien d'autres que des listes chaînées, le module des listes de la bibliothèque standard de OCaml contient une grande quantité de fonctions récursives (dont certaines ne sont pas terminales récursives).
Sapere aude ! Aie le courage de te servir de ton propre entendement. Voilà la devise des Lumières.
[^] # Re: Bullshit Bingo !
Posté par kantien . En réponse au lien Le design des programmes - Des façons de faire du numérique. Évalué à 3.
Oui, il y a du grand n'importe quoi. Ce matin j'avais juste relevé une formulation erronée du résultat d'incomplétude, ce qui peut encore passer, mais la suite est bien pire quand il interprète cela par le fait que « tout programme est voué à l'incomplétude : il finira par planter ». Ça n'a absolument rien à voir et ce genre d'interprétation est typique de l'école de pensée que critique Bouveresse dans sa conférence. Un bug ou un plantage, c'est plutôt le signe d'une preuve mathématique fausse ou d'une preuve d'un mauvais théorème (on prouve bien quelque chose, mais pas le théorème dont on souhaite faire usage). Mais pour voir cela, il faut passer par la correspondance de Curry-Howard, magnifiquement décrite par Jean-Louis Krivine dans sa conférence À propos de la théorie des démonstrations (du programme de Hilbert aux programmes tout court).
Certes mais il utilise un style d'une école de pensée que je rejette totalement, et même s'il peut s'y trouver des choses intéressantes, c'est noyé dans un tissu d'absurdité. Le chapitre suivant sur le memex est du même ordre, où l'on y trouve du n'importe quoi philosphique quand il emploie totalement à contresens des notions issues de la morale kantienne. De plus sa vision du memex rejoint ce que dit Bouveressse :
Franchement, je suis allé jusqu'au chapitre sur la genèse du Web, mais j'ai vraiment pas envie d'aller plus loin.
Sapere aude ! Aie le courage de te servir de ton propre entendement. Voilà la devise des Lumières.
[^] # Re: Bullshit Bingo !
Posté par kantien . En réponse au lien Le design des programmes - Des façons de faire du numérique. Évalué à 3.
Elle fait implicitement usage d'un autre théorème de Gödel, qui a moins fait parler de lui que l'incomplétude, mais tout aussi important et que Bouveresse mentionne dans sa conférence : le théorème de complétude du calcul des prédicats, qui exprime qu'une théorie est cohérente si et seulement si elle a un modèle.
Ainsi, si la théorie
Tdes corps algébriquement clos n'est pas complète alors elle possède un énoncéEindécidable tel que les théoriesT + EetT + non Esoient cohérentes. Par le théorème de complétude elles ont chacune un modèle dénombrable, qui ne peut être que la clôture algébrique du corps des rationnels (c'est le seul corps algébriquement clos et dénombrable); corps qui devraient alors satisfaire à la fois les énoncésEetnon E, ce qui est contradictoire. Donc T est complète.Écrire clairement dans une langue acccessible aux communs des mortels n'est pas du goût d'une certaine intelligentsia française. :-P
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[^] # Re: Bullshit Bingo !
Posté par kantien . En réponse au lien Le design des programmes - Des façons de faire du numérique. Évalué à 6. Dernière modification le 27 juillet 2023 à 08:56.
Je dois avouer avoir eu la même réaction que patrick_g, mais j'ai coutinué jusqu'à l'introduction et le début de la première partie historique. Les références à Dérida et Deleuze ont allumé mes warnings (éveillant le spectre des Impostures intellectuelles et de l'affaire Sokal), après lecture de l'introduction on ne sait toujours pas de quoi va traiter cette thèse et, qui plus est, elle n'a pas de plan ni de structure, ce qui est parfaitement assumé. Puis vient la première partie avec Gödel et Turing, et là c'est le drame !
Non Gödel n'a jamais prouvé que « tout système formel comporte au moins une thèse qui n’est pas démontrable dans ce système (à l’exception des axiomes qui sont là par principe) », il a prouvé que certains systèmes formels avaient cette propriété. Pour qu'un système formel soit essentiellement incomplet et impossible à compléter (chacune de ses extensions seront aussi incomplètes), il faut et il suffit que sa capacité d'expression permette de réfléchir en lui-même sa propre méta-théorie (c'est l'utilité de toute la première partie de la preuve de Gödel avec son codage des preuves comme énoncés arithmétiques).
En revanche, il existe des systèmes axiomatiques incomplets ayant des extensions complètes, par exemple la théorie des corps. Ainsi, dans l'axiomatique des corps, la question « tout polynôme admet-il une racine ? » est indécidable. Néanmoins, la théorie des corps algébriquement clos est une extension de la première, récursivement énumérable et complète (elle n'admet qu'un seul modèle dénombrable, à isomorphisme près, à savoir la clotûre algébrique du corps des rationnels) !
Tout ce que je viens de dire ne représente qu'un semestre d'étude pour un étudiant en master, ce qui est peu par rapport aux 6 ans de travaux qu'ont demandé la thèse. Il serait peut être tant que les adeptes de Dérida et Deleuze cessent toute référence à Gödel, ou qu'ils se décident enfin à le comprendre : voir la conférence de Jacques Bouveresse Qu'appellent-ils "penser" ?.
Je dois avouer avoir arrêté ma lecture à cet endroit de la thèse, peut-être la reprendrai-je quand j'aurai du temps à tuer.
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[^] # Re: pas si simple
Posté par kantien . En réponse au lien FUN : L’intelligence artificielle n’existe pas, par Luc Julia. Évalué à 2. Dernière modification le 22 juillet 2023 à 21:48.
Que vient faire Jean-Louis Krivine dans votre discussion ? J'ai énormément de respect pour cet homme, il fut mon maître et m'initia aux arcanes du lambda-calcul typé et à la correspondance de Curry-Howard (qui était le sujet central de sa recherche à la fin de sa carrière), mais je ne vois absolument pas ce qu'il vient faire dans votre discussion.
Sapere aude ! Aie le courage de te servir de ton propre entendement. Voilà la devise des Lumières.
[^] # Re: Les devoirs sont 2x plus chers les jours fériés
Posté par kantien . En réponse au journal [HS] combien fait 0,12 à l'infini ?. Évalué à 5. Dernière modification le 15 juillet 2023 à 14:44.
Une précision pour ajouter que cela marche à tous les coups pour les rationnels car leur développement décimal est cyclique : il s'obtient par une série de divisions euclidiennes dont le diviseur est le dénominateur de la fraction (ici
b), divisions qui n'ont qu'un nombre fini de reste possible, et donc on finit nécessairement dans un cycle. Autrement dit, si il y a un cycle, c'est un rationnel.Sapere aude ! Aie le courage de te servir de ton propre entendement. Voilà la devise des Lumières.
[^] # Re: Tirs mortels
Posté par kantien . En réponse au lien Tirs mortels en France: un problème systémique (vidéo, 3min). Évalué à 2.
Si c'est un libéral classique tant en politique qu'en économie. Voir son texte L'État :
Autrement dit l'État doit se résumer à ses fonctions régaliennes.
C'est pour cela que j'avais mis son intervention à l'Assemblée, non pour dire qui il était, mais pour illustrer qu'un libertarien acclamé par des socialistes eut été cocasse. ;-)
Pour le reste tu interprètes de travers son introduction : elle ne contient aucune argumentation, ce n'est pas leur place, et sa référence à Dieu n'a aucune valeur argumentative au sein de l'ouvrage (tel Laplace, il aurait pu s'en dispenser).
Oui, tout comme moi, il est rationaliste et donc jusnaturaliste. Le relativisme culturel et le positivisme juridique est antinomique avec le courant rationaliste de pensée.
Sapere aude ! Aie le courage de te servir de ton propre entendement. Voilà la devise des Lumières.