arnaudus a écrit 5604 commentaires

  • [^] # Re: Volonté

    Posté par  . En réponse au lien Canon poursuivi pour la désactivation du scanner quand leurs imprimantes manquent d'encre. Évalué à 6.

    Il y a les associations de consommateurs, en France, qui peuvent jouer ce rôle.

    C'est clair qu'on ne peut pas rentrer dans ses frais avec les dommages qu'on peut obtenir en France, puisqu'au mieux, on peut espérer se faire rembourser le produit.

    Après, il ne faut pas se leurrer : l'espace qui est laissé aux entreprises en France et en Europe pour faire de la micro-arnaque (pratiques commerciales trompeuses, abus de faiblesse sur les personnes agées, clauses manifestement illégales dans les contrats, vente liée, etc) est dans une certaine mesure volontaire : les moyens de la répression des fraudes sont très faibles et concentrés sur les domaines où un préjudice corporel est possible (typiquement, dans l'industrie agro-alimentaire). Le business model de certaines entreprises est malheureusement basé sur la non-rentabilité des actions en justice, j'imagine que pour certains c'est un coût à payer pour maintenir l'activité économique dans les domaines où la marge est faible.

    Il y a aussi de nombreux cas où la justice est incapable de produire une jurisprudence cohérente, ce qui arrange beaucoup de monde. Un bon exemble par exemple est l'utilisation abusive du code de la propriété intellectuelle pour protéger des oeuvres qui ne sont pas éligibles à la protection. Typiquement, les livres de photos de tableaux du domaine public vendus par les musées, et tous les produits dérivés (cartes postales, etc). Un autre exemple est la vente liée OS-ordinateur, avec des procédures qui se terminent par un résultat aléatoire sans aucune raison (peut-être en raison de la familiarité du juge avec l'outil informatique?). Ces cas seraient faciles à résoudre en clarifiant la loi, sauf que tellement d'intérêts économiques sont en jeu que tout est fait pour rester dans cette situation, au détriment bien sûr du consommateur. D'ailleurs, toutes ces situations sont toujours au détriment du consommateur, et c'est ça qui montre que c'est bien une volonté politique (quand il existe une incertitude qui pourrait être au détriment d'une entreprise, le problème est en général très vite réglé).

  • [^] # Re: email, maildir, offline, etc.

    Posté par  . En réponse au journal Un réseau offline "delay-tolerant" avec NNCP. Évalué à 5.

    Et les serveurs mails gèrent bien l'accès discontinu avec une tolérance de base de 4h il me semble, avant de te renvoyer un message d'indiquant que pour le moment ça rate, et jusque 7j avant abandon.
    C’est utile pour gérer le cas de déconnexion intempestive mais cela suppose une connexion au moins régulière. La déconnexion est vue comme une exception.

    Euh… Je ne vois pas trop ce que tu voudrais. Tu ne pourras jamais faire la différence entre un serveur qui se connecte une fois tous les 36 du mois et un serveur qui ne se connectera plus jamais. Du coup, tu fais quoi avec tes mails quand le serveur de destination n'est pas joignable? Il faut bien à un moment prévenir l'expéditeur que le mail n'est pas arrivé.

    De toutes manières, autant je peux comprendre qu'il soit prévu qu'un client mail ne soit pas connecté 100% du temps, autant un serveur mail… Ça sert vraiment à quelque chose de mettre en place un serveur mail pour un seul utilisateur? Du genre, tu héberges ton serveur sur ton ordinateur portable, et paf, il arrive en ligne quand tu démarres la machine? Dès que tu as un deuxième utilisateur du serveur sur une autre machine, il ne va jamais réussir à relever ses mails, c'est infernal.

    Du coup, ce qui est important, c'est de gérer la déconnexion des clients, pas des serveurs. Un serveur déconnecté, c'est une panne.

  • [^] # Re: Vive les paywalls et autres conneries

    Posté par  . En réponse au lien It’s Time to Stop Paying for a VPN. Évalué à 10.

    Non, mais ça pose problème de balancer un lien vers un paywall dans la section "liens", sans aucune commentaire. On ne sait pas de quoi ça parle, donc pour la discussion ça va être compliqué.

    Je trouve qu'il faudrait quand même donner un minimum de contexte pour les liens. Si ça oblige à cliquer pour savoir si le sujet est intéressant ou non, c'est contre-productif.

  • [^] # Re: Gros flou?

    Posté par  . En réponse au message Les citoyens européens sont-ils assujettis aux lois restrictives américaines ?. Évalué à 4.

    Je ne suis pas du tout de la partie, mais j'imagine que ça dépend des conséquences de l'annulation de la clause. Par exemple, sur un contrat de prêt, si une clause impose un remboursement en bitcoin, c'est illégal. Quand cette clause saute, il n'y a plus de conditions de remboursement, ça serait absurde de considérer que le prêt ne doit plus être remboursé.

    Mais je crois bien que le cas général, c'est que la clause est réputée 'non-écrite'. C'est un équilibre juste : un contrat peut contenir des centaines de clauses, il y a forcément quelques unes dans le tas qui sont problématiques. S'il suffisait d'en trouver une seule à contester pour faire tomber la totalité du contrat, ça serait assez facile de casser des contrats qu'on trouve désavantageux a posteriori.

    Ça veut aussi dire qu'il n'y a pas toujours besoin d'aller au tribunal, et c'est une bonne chose. Si tu penses qu'une clause est illégale, tu ne la respectes pas, l'autre partie peut aussi après analyse penser que ça ne vaut pas le coup de te l'imposer et en rester là. Le reste du contrat engage toujours les deux parties.

  • # Gros flou?

    Posté par  . En réponse au message Les citoyens européens sont-ils assujettis aux lois restrictives américaines ?. Évalué à 4.

    J'imagine que seul un juriste spécialisé pourrait te renseigner, parce que j'ai l'impression que la question est très technique.

    Ce qui me surprend le plus, c'est que certains de ces éléments semblent faire partie de la licence (par exemple "Vous ne pourrez pas fournir le logiciel Fedora ou ses informations techniques à des individus ou des entités qui se situent dans ces pays ou sujettes à ces restrictions", qui règlemente la distribution du logiciel—même s'il est douteux que cette clause soit légale; ma compréhension serait par exemple que si on distribue une version modifiée du logiciel, il est nécessaire de filtrer les IP d'un certain nombre de pays, ce qui en pratique me semble infaisable, surtout si on n'a pas le contrôle du serveur). Par contre, d'autre éléments ne font pas partie de la licence; il s'agit plus généralement de rappels à la loi US.

    Après, le droit américain est assez étrange parfois, et beaucoup de licences semblent devoir rappeler des choses élémentaires, peut-être simplement comme une protection juridique des développeurs (du style "il est interdit d'utiliser ce logiciel pour espionner sa voisine sous sa douche"). En Europe, je n'ai jamais vu ça (quand on achète un couteau, il n'y a pas de notice "interdit de tuer quelqu'un avec"), il semble assez logique que l'utilisateur est l'unique responsable de ce qu'il fait avec le logiciel.

    Naïvement, je partirais du principe qu'un citoyen Européen ne peut pas être contraint par le droit US. Ce qui n'est pas clair, c'est si ces clauses qui font partie de la licence n'engagent quand même pas l'utilisateur. En France en tout cas, une clause illicite dans un contrat est réputée caduque : si dans ton contrat EDF il est écrit "le courant sera coupé les soirs de pleine lune si le client ne fournit pas un certificat de non-loup-garou", le client n'a pas à fournir le certificat et peut attaquer le fournisseur en cas de coupure puisque cette clause illicite (discrimination, j'imagine) "disparait" du contrat (les autres clauses s'appliquent).

    Je ne sais pas si une clause engageant un citoyen à respecter les lois d'un autre État est illégale ou non. Peut-être pas.

  • [^] # Re: La disposition la plus courante dans ton pays

    Posté par  . En réponse au message Retour d'expérience sur les dispositions de claviers ?. Évalué à 3.

    Après, il est probable que les desiderata soient incompatibles. Pour les raccourcis clavier, on cherche plutôt la cohérence entre les environnements et l'accessibilité des combinaisons, pour taper vite on cherche l'efficacité (lettres fréquentes au centre du clavier, alternance droite-gauche, etc), pour programmer on veut les caractères spéciaux en accès direct…

    Le problème, c'est qu'en fonction de son boulot et de son organisation, on peut être amené à travailler sur de nombreuses machines. Si on prend quelqu'un qui fait de la maintenance, il va aller bricoler des postes client à longueur de journée, s'il n'est à l'aise que sur du Bépo ça va être un enfer.

    En fait, ce qui me surprend par exemple, c'est que tu parles de "revenir à l'Azerty", comme si tu arrivais à travailler uniquement sur du Bépo. J'ai l'impression qu'il y a peu d'environnements où c'est vraiment possible; dès que tu vas devoir montrer quelque chose à un collègue, utiliser un ordinateur public, taper un email urgent sur l'ordinateur de l'hôtel quand tu es en déplacement, ça va être une torture. En tout cas, moi j'ai appris sur de l'Azerty, je me suis mis au qwerty à l'étranger, et j'ai essayé de m'en tenir au qwerty après être revenu en France, et c'est juste une lutte de tous les jours dans un environnement Azerty.

    Attention hein, je ne parle pas de ne pas utiliser d'Azerty amélioré avec les œ et les É disponibles plus ou moins directement; ça me semble normal de personnaliser le ou les ordinateurs qu'on utilise le plus régulièrement. C'est juste qu'en ce qui me concerne, je préfèrerais largement qu'on se décide une bonne fois pour toute à placer les touches à un endroit donné, même si cet endroit est sous-optimal, plutôt que de remélanger tous les caractères spéciaux à chaque nouveau modèle de laptop. C'est comme la langue, je me fous complètement d'écrire Nénuphar ou Nénufar, mais on en prend un au pif et on s'y tient, même si c'est le "mauvais" pour plein de raisons.

  • # La disposition la plus courante dans ton pays

    Posté par  . En réponse au message Retour d'expérience sur les dispositions de claviers ?. Évalué à 8.

    C'est con, mais il y a probablement très peu de jobs pour lesquels une vitesse de frappe supérieure te fait gagner du temps. Même pour taper un commentaire dans ce site, on doit réfléchir à ce qu'on va écrire, relire le commentaire précédent, revenir en arrière… Au final, malgré une activité de rédaction, on va passer relativement peu de temps à taper, donc gagner 10% ou 20% de vitesse va avoir un effet marginal.

    Bien sûr, la question est différente si on recopier des textes ou on prend des notes à l'oral toute la journée (travail de saisie, et pas de rédaction). Mais est-ce que ce genre de boulot existe vraiment?

    Si c'est pour du code, il suffit probablement d'enregistrer une séance de deux heures de travail pour avoir une idée de la quantité de caractères tapés à la minute. Je pense que pour la plupart des gens, ça peut descendre à quelques caractères par minute, grand max. Du coup, faire des Ctrl-Alt pour accéder à quelques caractères spéciaux, on doit pouvoir gérer.

    Au contraire, changer de layout entre le boulot, le fixe, le portable, etc, c'est infernal. Déja c'est très agaçant de ne pas retrouver ses caractères spéciaux sur les claviers des portables… Si on ne retrouve même plus les lettres…

    J'ai fait pendant un moment Qwerty au boulot et Azerty à la maison, c'est possible, mais c'est pénible. Quand on est un peu fatigué, on se trompe; pour les mots de passe on se trompe, et au final il faut regarder le clavier, ce qui est quand même contre-productif.

    Donc voila, conseil de Boomer : les claviers grand public sont sous-optimaux, le clavier Azerty est mal conçu, mais quand on l'utilise tous les jours on va vite quand même. Si vous avez dans votre vie d'autres objectifs que de maitriser plusieurs layouts de claviers, choisir le plus courant permet quand même de minimiser ses efforts et maximiser sa productivité.

  • [^] # Re: Bon, bah c'est rassurant

    Posté par  . En réponse au lien Jurisprudence : retrait d’un article publié sur un site d’information (non). Évalué à 3.

    toute publicité (affichée ou non) est par nature un avis biaisé et crée des inégalités entre ceux qui disposent des moyens

    C'est peut-être là qu'il y a quelque chose à creuser. Toute publicité (publication d'informations sur un produit ou service commercial) devrait être associée à un auteur (personne physique ou juridique), et à une nomenclature stricte des liens d'intérêt (fabriquant, vendeur, client, concurrent, conflit avec l'entreprise, etc). Et ce, que ce soit pour une affiche 4x3 dans le métro ou dans un commentaire sur Internet. Ça permettrait par exemple de poursuivre des concurrents postant de faux avis pour publicité trompeuse, et sortir des problématiques de liberté d'expression/diffamation.

    Il pourrait être également obligatoire de fournir plusieurs sources d'avis sur les produits. Le même produit est souvent vendu par de nombreux distributeurs, pas de raison de ne voir que les avis émis sur le site du vendeur.

    Mais sur le fond, c'est vrai que le problème est difficile à résoudre. Les vendeurs et les commerciaux ont des moyens très simples d'empêcher ou de biaiser les avis publiés…

  • [^] # Re: Bon, bah c'est rassurant

    Posté par  . En réponse au lien Jurisprudence : retrait d’un article publié sur un site d’information (non). Évalué à 2.

    Tu ne peux pas comparer le résultat d'une enquête poussée, et un avis anonyme sur le restaurant du coin.

    Le problème des avis anonymes, c'est qu'ils sont 1) largement manipulés (par les vendeurs et/ou les concurrents), 2) extrêmement soumis aux fluctuations d'échantillonnage (Google maps fournit des notes pour les commerces de proximité dès le premier avis), 3) ils sont biaisés par les utilisateurs mécontents, 4) ils avantagent les gros acteurs sur les petits commerces (quand on dispose d'un service clientèle et de community managers, c'est plus facile que quand on ne sait même pas que de tels avis négatifs existent).

    Personne n'a suggéré d'interdire l'expression des consommateurs sur une entreprise. Ce qu'on peut exiger, c'est que les plate-formes soient beaucoup plus transparentes, et pondèrent les notes de manière à pourrir la vie des tricheurs, afin d'améliorer la fiabilité des informations. Quand la plate-forme elle-même est dans une situation de conflit d'intérêt (par exemple, quand Amazon fournit les notes sur les produits qu'elle vend, avec forcément des marges différentes sur les différents produits), qui peut évaluer la fiabilité et l'honnêteté des informations?

    Dans l'affaire dont on parle, le point qui pose problème n'est pas l'avis en question, que la justice a considéré conforme à la liberté d'expression, mais le poids de cet avis sur les ventes de l'entreprise. J'imagine que même l'auteur de la critique ne pouvait imaginer qu'il ferait perdre des dizaines de milliers d'euros à une boîte, son but n'était pas de nuire à cette boîte mais plutôt d'informer les consommateurs, et de les rediriger vers d'autres produits de meilleure qualité. Mais dans tous les cas, le préjudice est avéré, et la relaxe ne repose que sur un fragile équilibre—la liberté d'expression n'est pas absolue. Il ne fait aucun doute qu'un petit détail (par exemple s'il existait un conflit préalable, même mineur, entre l'auteur de la critique et l'entreprise en question) aurait très bien pu faire basculer la décision.

  • # Bon, bah c'est rassurant

    Posté par  . En réponse au lien Jurisprudence : retrait d’un article publié sur un site d’information (non). Évalué à 3.

    Du coup, la justice fonctionne.

    C'est quand même un peu dommage qu'il soit si difficile de faire condamner une boîte pour procédure abusive. Il est quasiment impossible de prouver que la procédure a été intentée à des fins d'intimidation—il faudrait avoir des témoignages internes etc, c'est disproportionné. La justice considère (assez logiquement) qu'une procédure judiciaire, même sans réel fondement, n'est pas en elle-même un préjudice. Pourtant, la quantité de stress que ça peut procurer, surtout quand c'est un particulier qui est visé, reste très importante.

    C'est aussi un peu surprenant qu'une boîte sérieuse puisse mettre ses avocats sur une telle affaire, perdue d'avance.

    Il faudra peut-être un jour que la loi mette son nez dans ces histoires d'avis. Le problème, c'est que ça peut prendre des proportions énormes pour les entreprises, et il y a une disproportion entre la simplicité de poster un avis "2 étoiles, nul" et les conséquences financières pour la boîte. Un tel système n'a aucune fiabilité, vu les enjeux financiers, il semble évident que toutes les grosses boîtes influencent autant qu'elles peuvent les avis et les notes sur leurs produits, voire dénigrent les autres. Les plateformes ne font que peu d'efforts pour contrôler ça; c'est vraiment le far West.

  • [^] # Re: Diapason

    Posté par  . En réponse au journal "Corps Célestes", musique libre pseudo-classique. Évalué à 4.

    Alors la bombarde ne sonne pas faux en soi. Un exemple, les bagadou arrivent a faire sonner des dizaines de bombardes en même temps, tout en étant parfaitement nickel sur la justesse.

    Mouais, c'est une histoire de définition, en somme : c'est pas que ça joue faux, c'est que ça joue juste dans un tempérament spécifique à l'instrument, qui n'est pas le même dans les deux registres :-)

    En l’occurrence, sur l'enregistrement en question, c'est exactement ça, les deux instruments ont un tempérament non égal, et pas le même.

    Il y a des battements terribles à l'unison avec le biniou sur certaines notes de la gamme et pas sur d'autres, et j'ai l'impression que le registre aigü est trop grave sur la bombarde. Comme tu dis, quand on n'a pas l'habitude, on dirait que ça joue faux, mais ça m'étonnerait qu'on puisse de bonne foi affirmer que ça joue juste même quand on a l'habitude :)

    Après, la justesse sur les instruments à vent, c'est toujours compliqué, la géométrie des tubes et des trous fait qu'il est très difficile d'avoir une justesse parfaite et un timbre régulier dans tous les registres et dans toutes les dynamiques (remarque, la dynamique sur la bombarde, c'est ff ou fff :-) ), l'instrumentiste doit de toutes manières compenser. Ça n'est pas un hasard s'il a fallu ajouter des dizaines de clés au hautbois pour avoir un instrument qui puisse jouer avec un orchestre dans toutes les tonalités…

  • [^] # Re: Scénario d'exploitation malveillante

    Posté par  . En réponse au journal Détection d'inactivité dans Google Chrome. Évalué à 3.

    Je sais quand mon chef passe et ce qu'il a vu

    Bah non. Si tu fermes en 4e vitesse ta fenêtre de PrOn quand le chef passe, tu ne sais pas s'il l'a vu ou non. Tu ne sais pas s'il va le dire à son chef, s'il va essayer de te faire chanter, s'il va te conseiller un autre site.

    Au contraire, un système automatique conforme au droit du travail est documenté, et tu es officiellement prévenu de son fonctionnement. Il y a beaucoup moins d'inconnues avec un système automatique.

    Il y a des endroits où malgré les pires conditions du monde et le non respect flagrant du code du travail, rien ne se passera.

    Et du coup? Quand on sort de l'état de droit, tout est possible. Qu'est-ce qui se passe si on te force à te mettre à poil au travail, si on n'embauche que des femmes capables de montrer un certificat de stérilité, si l'informaticien lit les mails personnels, si le patron ne paye pas les cotisations sociales afichées sur la fiche de paye? Je ne vois pas ce que l'informatique change là-dessus. Des gains de productivité sur le harcèlement? Je ne pense pas que le coût du harcèlement par l'employeur soit réellement un facteur pris en compte; quand on en arrive là, il n'y a plus grand chose de rationnel.

  • [^] # Re: Scénario d'exploitation malveillante

    Posté par  . En réponse au journal Détection d'inactivité dans Google Chrome. Évalué à 4.

    Mouais. Pas convaincu : non seulement, tu ne sais jamais quand le chef va débarquer (qu'est-ce qui te fait dire qu'il passe exactement toutes les 5 minutes?), mais on ne parle que d'un vague tracker d'activité, qui a le même genre de granularité (s'il se déclenche après 5 minutes d'inactivité, alors c'est exactement la même chose).

    C'est une discussion qu'on a souvent ici, et je n'ai plus l'intention de convaincre personne, mais je trouve qu'il y a une différence fondamentale entre être surveillé (par quelqu'un) et être enregistré (par un système automatique ou une caméra). L'ordinateur ou le système automatique n'en a rien à faire de ta vie privée, c'est comme si ton chat te regardait changer de slip. Je ne vois sincèrement pas ce que ça pourrait être comparable avec un mec planqué dans un van avec des jumelles qui te regarde changer de slip. Honnêtement, je ne comprends pas pourquoi tant de gens préfèrent être surveillés par un être humain que par un système automatique, alors que j'ai exactement l'intuition inverse.

    Ce qui est éventuellement intrusif, c'est la manière dont les données du système automatique peuvent être accessibles à un être humain. Si l'ordinateur mouline et rapporte au patron à la fin du mois la durée moyenne de tes pauses, il n'y a aucune intrusion dans ta vie privée. Si par contre il croise le fait que tu as pris 1h de pause vendredi dernier et que ça correspond à l'anniversaire de ta femme, alors il rentre dans ta vie privée. Bien sûr, tu ne peux jamais être sûr de rien, mais il reste bien plus probable que ton patron se fout complètement de ta vie privée, et que s'il y accède, c'est seulement par accident , négligence, ou malveillance, et ça tombe bien, parce que c'est ça qui est puni par la loi.

    Le truc un peu paradoxal peut-être, c'est que c'est probablement pour des raisons légales que les informations les plus détaillées sont enregistrées. Si un patron veut licencier un salarié pour retards répétés par exemple, et si l'affaire va aux prud'hommes, l'employeur va devoir justifier sa position par des faits : X a été en retard de 37 minutes à telle date, de 43 minutes à telle autre date, etc. S'il ne fournit que des informations résumées (du style, 12 jours de retard par mois en moyenne sur les 3 derniers mois), le dossier semble mal parti : "Comment? Vous n'êtes même pas capable de dire quand Mr X a été en retard?". Les statistiques, ça peut servir en interne, quand on fixe des objectifs au salarié par exemple, mais quand ça passe sur le plan légal, il y a intérêt à ce que tous les détails soient documentés.

  • [^] # Re: dans un roulement à billes pardi

    Posté par  . En réponse au message récupération de billes de roulement. Évalué à 4.

    En tout cas, il ne faut surtout pas essayer de sortir les billes en écrasant le roulement avec un étau. C'est super dangereux, les billes partent très vite, et il ne vaut mieux pas s'en prendre dans les yeux.

  • [^] # Re: Diapason

    Posté par  . En réponse au journal "Corps Célestes", musique libre pseudo-classique. Évalué à 4.

    Bah, ça sonne bizarre parce que la bombarde est un instrument traditionnel, et que ça joue quand même très très faux :-)—la dernière note me semble un bon quart de ton trop basse, par exemple. Il y a des battements très audibles avec le biniou (qui ne doit pas être très juste non plus, mais j'ai les oreilles trop pourries pour déterminer qui est plus ou moins faux), c'est ça qui donne un caractère assez spécial à la musique.

  • [^] # Re: Diapason

    Posté par  . En réponse au journal "Corps Célestes", musique libre pseudo-classique. Évalué à 2.

    Au passage, pour ceux qui ont un bon système audio et qui veulent savoir à quoi ressemble un accord de La majeur juste, je conseille https://youtu.be/pzlw6fUux4o?t=87 . La qualité de l'enregistrement est vraiment extra, et c'est très perceptible que les accords sont plus justes que ce qu'on a l'habitude d'entendre.

  • [^] # Re: Scénario d'exploitation malveillante

    Posté par  . En réponse au journal Détection d'inactivité dans Google Chrome. Évalué à 4.

    Tu oublies un peu la relation de confiance entre employeur et employé qui devrait être naturelle

    Oui, elle devrait, mais elle ne l'est pas forcément, ça dépend de la culture locale, et surtout ça dépend des deux côtés. Je vois mal une boîte mettre en place des mesures de micro-pointage (parce que c'est ça dont on parle) si elle n'a pas été confrontée à des situations de fraude sur le temps de travail effectif.

    Sur le fond, bien sûr que je suis content de ne pas avoir un employeur qui minute mes pauses, je suis content d'être évalué sur ma production et pas mon temps de travail, et que la relation avec la productivité soit basée sur la confiance. Mais il n'y a pas d'obligation légale pour ça, il existe des entreprises où les salariés truandent leur employeur; je ne dis pas que la surveillance est nécessairement la bonne solution, mais ça n'a rien d'illégal quand le code du travail est respecté, et encore moins malveillant. Et si ça sert à accumuler des données sur les salariés qui glandent, bah est-ce que c'est mal en soi? Je veux dire, si ces salariés sont effectivement en train de glander alors qu'ils sont payés, ils doivent l'expliquer, blamer la méthode qui a servi à établir le glandage ne résoud pas le problème. Et personnellement, je crois que je préfèrerais me faire surveiller par un serveur que par un contremaitre qui passerait toutes les 5 minutes dans le couloir pour regarder mine de rien si je suis en train de faire la sieste. Question intrusion, quelqu'un qui vient en personne vérifier que je bosse, je trouverais ça bien plus flippant qu'un log des périodes de veille de l'ordinateur.

    En parlant de ça, je ferais peut-être mieux de retourner au taf que de glander sur Linuxfr. Remarquez, ça n'aurait pas déclenché le détecteur de veille du navigateur :-)

  • [^] # Re: Scénario d'exploitation malveillante

    Posté par  . En réponse au journal Détection d'inactivité dans Google Chrome. Évalué à 4.

    C'est très encadré, et souvent illégal.

    Il y a tout un tas de conditions à respecter (respect de la vie privée, information du salarié, etc), mais dans le cas présent, je ne pense pas que le principe soit illégal.

    Par exemple, tu as plein de postes de travail (machines dans une usine, etc) qui includent un dispositif demdandant à l'opérateur de confirmer sa présence toutes les x minutes. Ça peut être bien sûr pour des questions de sécurité, mais accessoirement ça impose au gusse de ne pas faire une pause café ou pipi quand il veut.

    Être là, à la pause café, et siffler la fin de la récré.

    Bah déja, siffler la fin de la récré, un peu bof quand même pour l'ambiance; ça suppose aussi que tout le monde commence et termine en même temps, et puis ça ne s'applique pas au télétravail.

  • [^] # Re: Scénario d'exploitation malveillante

    Posté par  . En réponse au journal Détection d'inactivité dans Google Chrome. Évalué à -9.

    Tu as une définition bien extrême de la "malveillance". Quand on est payé à l'heure de travail, la durée des pauses est normalisée; ça n'est pas malveillant de vérifier que les termes d'un contrat sont respectés. Tu peux considérer ça comme impoli, ou comme un signe d'un manque de confiance si tu veux, mais ça n'est pas malveillant (c'est motivé par des considérations financières, pas par le plaisir qu'on peut avoir à nuire à quelqu'un).

  • [^] # Re: Diapason

    Posté par  . En réponse au journal "Corps Célestes", musique libre pseudo-classique. Évalué à 4.

    "À part les octaves, tous les intervalles sont, acoustiquement parlant, légèrement faux

    Seulement pour les instruments accordés selon un tempérament égal (ce qui est aussi assez récent). Pendant longtemps, les claviers ont été accordés afin que certains intervalles soient justes (et donc, d'autres faux, mais on faisait en sorte qu'ils correspondent à des tonalités peu usitées). Maintenant, on est tous habitués aux tierces fausses du tempérament égal (pianos, guitares, etc. sont accordés en tempérament égal), mais les musiciens classiques savent jouer des intervalles justes (même sur les instruments à vent, il est possible de faire varier la hauteur des notes pour jouer juste). Évidemment, il faut être capable d'ajuster légèrement la note selon sa fonction dans l'harmonie, mais les musiciens pro font ça à l'instinct.

  • [^] # Re: Diapason

    Posté par  . En réponse au journal "Corps Célestes", musique libre pseudo-classique. Évalué à 5.

    Les instruments transpositeurs ne sont pas réellement une anomalie du solfège. Les instruments à vent sont contraints par les règles de la physique, comme la fréquence du son est liée à la longueur de la colonne d'air, les longs instruments sont graves et les courts sont aigus. Pour les instruments à corde, on peut tricher sur la tension des cordes, leur matière, leur diamètre etc, ce qui permet par exemple de faire des instruments de voyage ou pour les enfants qui jouent les mêmes notes que les grands. Pour les instruments à vent, c'est impossible. La transposition, ça permet aux instrumentistes de jouer toute une gamme d'instruments de la même famille qui ont des tailles différentes, sans pour autant transposer mentalement, ce qui serait compliqué. Quand on joue sur une clarinette en la, en si bémol, ou en mi bémol, les mêmes doigtés correspondent aux mêmes notes lues, ça facilite grandement le déchiffrage et la lecture en direct. À une époque, la hauteur des instruments n'était pas normalisée, donc chaque facteur produisait un instrument de longueur arbitraire, la transposition facilitait donc grandement la vie des instrumentistes. Ça a d'autres inconvénients (quand on décide de jouer la partie d'un autre instrument, il faut transposer mentalement); ce n'est peut-être pas le système optimal, mais c'est quand même pas arbitraire.

    Il ne faut pas oublier que la normalisation du diapason est récente. Le nom des notes correspond à une fonction, pas à une hauteur. Un La à 400 Hz reste un La, il a la même fonction qu'un La à 440 Hz.

  • # Diapason

    Posté par  . En réponse au journal "Corps Célestes", musique libre pseudo-classique. Évalué à 4.

    Fait notable, et qui fera peut-être jaser, l'accordage est sur une base 432 Hz (au lieu de 440 Hz). Cela n'a pas une signification spirituelle (quoique…), en tout cas pas dans le sens new age du terme, mais c'est avant tout un parti pris esthétique.

    L'oreille absolue concernant (en fonction des définitions) 1% à 0.01% des gens, il ne va pas y avoir grand monde pour jaser :-) Je ne suis pas certain que la différence soit perceptible sauf si on écoute les deux notes à la suite.

  • # Raffinement suprême

    Posté par  . En réponse au journal Préparation de figures avec R : automatiser l'ajout d'annotations manuelles. Évalué à 7.

    Dans la série des trucs reproductibles avec R, mon préféré, ça reste les tables en Latex avec le package xtable. On peut les inclure directement dans le document Latex; il y a plein d'options qui font que les tables peuvent souvent être directement publiables. Non seulement c'est classe, mais en plus même les options arbitraires (nombre de décimales des arrondis…) sont clairement documentés.

  • [^] # Re: Reproductibilité

    Posté par  . En réponse au journal Préparation de figures avec R : automatiser l'ajout d'annotations manuelles. Évalué à 7. Dernière modification le 19 septembre 2021 à 17:29.

    Il y a pas mal de discussions dans les milieux scientifiques pour savoir ce que "reproductible" veut dire. Tout le monde est d'accord pour dire que c'est super d'avoir des analyses reproductibles, mais comme les gens n'entendent pas la même chose…

    Les gens avec une formation forte en informatique cherchent plutôt une reproductibilité informatique (au sens d'une compilation reproductible, par exemple : même binaire généré). Les solutions s'orientent alors vers la puliblication de l'environnement de travail complet (container Docker, machine virtuelle, etc).

    Mais j'ai l'impression que la plupart des scientifiques entendent plutôt la capacité à reproduire l'analyse (dans le sens, être capable de la faire tourner nativement sur leur système), avec leurs propres versions de leurs logiciels. Y compris, avec une version récente (avec des corrections de bugs ou des nouvelles fonctionnalités) des paquets statistiques, par exemple. C'est bien l'analyse qui doit être reproductible (pour pouvoir en refaire une un peu différente), pas les résultats (ou du moins, pas à la dixième décimale près…).

    Le plus gros problème auquel j'ai été confronté, c'est la gestion des caches. En réalité, c'est assez rare d'avoir des analyses de gros jeux de données instantanées; et c'est très désagréable de devoir attendre 20 minutes (ou 20 heures) pour refaire une figure. Il faut donc stocker les calculs intermédiaires (c'est assez facile avec R, puisque les objets sont facilement séralisés), mais il faut gérer quand il faut refaire l'analyse ou non, avec le risque d'avoir un cache désynchronisé (changement dans les données ou dans le script d'analyse).

  • [^] # Re: Politisation de l'outil

    Posté par  . En réponse au lien L’automatisation, une idéologie ? (InternetActu Par Hubert Guillaud). Évalué à 6. Dernière modification le 14 septembre 2021 à 09:53.

    C'est à cela que je ne crois pas. Pourquoi vouloir trouver des emplois à tout le monde alors que l'automatisation peut permettre à certains de se libérer de l'emploi ?

    Ah, mais je pense que c'est très simple : en grande majorité, les gens cherchent à augmenter leur pouvoir d'achat. Bien sûr, il existe beaucoup de gens qui sont à peu près contents avec ce qu'ils ont et souhaiteraient travailler un peu moins pour gagner autant, mais ce n'est pas l'aspiration de la société en général. Le pouvoir d'achat, ce n'est pas que le nouvel iTruc ou 5 abonnements de streaming, c'est aussi pouvoir manger bio, pouvoir voyager sans contrainte et rendre plus souvent visite à sa famille, changer sa voiture thermique pour une électrique… Trouver que tout va bien avec son niveau de vie actuel, ça reste un truc de riche.

    Du coup, les gains de productivité sont redirigés en partie vers un gain de pouvoir d'achat. Je ne dis pas que ça n'est dû qu'aux "gens", c'est bien sûr aussi aux entreprises ou aux choix politiques, mais disons que tout ça est cohérent. Sur le principe, quelqu'un qui travaille bien va aller demander une augmentation à son patron, pas de passer à 80%. Et le patron, il préfère augmenter un bon emloyé plutôt que de dimuiuer son temps de travail, ce impose d'embaucher quelqu'un d'autre qui, a priori, travaillera probablement moins bien.

    Bien sûr, une partie des gains de productivité tombe dans la poche des actionnaires, parce que c'est aussi comme ça que fonctionne l'économie. Et ce n'est pas un scandale à proprement parler, puisqu'il faut quand même réaliser que le fait que beaucoup d'investissements partent dans des trucs bidons et spéculatifs (bulles immobilières, marché de l'art, cryptomonnaies, trading à haute fréquence…) est une conséquence du manque de rentabilité de l'économie réelle.

    Bien sûr, il est tentant de se dire qu'avec un monde automatisé, tout le monde pourrait travailler 10h par semaine et vivre avec le même confort qu'aujourd'hui. Mais ça n'est pas comme ça que les choses fonctionnent. On va bien sûr avoir une baisse relative des prix, mais le travail ne va pas être partagé (notamment parce que ça n'est pas le même travail : quand on automatise une usine, le boulot des ouvriers disparait, mais on ne va pas promouvoir tous les ouvriers cadres à mi-temps). Et le travail non-qualifié qui reste va être en concurrence avec les automates, ça ne va pas faire progresser les salaires (dans le style "si tu réclames plus, on va être amenés à te remplacer par un robot").

    La seule voie crédible à mon avis pour sortir du système actuel, c'est le revenu universel. Déconnecter en partie le travail et l'emploi; donc permettre aux gens de vivre en réalisant un travail, plus ou moins utile à la société, mais pas rentable économiquement. Malheureusement, je n'ai jamais trouvé une proposition correcte et économiquement équilibrée de revenu universel parmi les programmes politiques. Je ne suis pas certain que ça soit vraiment possible, et ça serait un bouleversement profond, mais si ça se faisait, ça serait probablement équivalent à l'invention des démocraties modernes au XIXe siècle.