arnaudus a écrit 5604 commentaires

  • [^] # Re: Le plastique c'est pas fantastique

    Posté par  . En réponse au journal J'essaie de commander des pièces détachées pour du petit électroménager. Évalué à 3.

    Ma mère a toujours son Thermomix orange des années 1970 :-) Du coup, question recul, c'est quand même pas mal.

    Pas sûr que les pièces détachées soient disponibles ceci dit. Le problème principal est que le plastique orange des années 1970, ça cristallise avec le temps et ça devient cassant.

  • [^] # Re: Peut être un peu de colle forte

    Posté par  . En réponse au journal J'essaie de commander des pièces détachées pour du petit électroménager. Évalué à 7.

    Mouais, sauf que ce n'est pas quand même tout à fait la même colle, hein… Les colles chirurgicales ont une composition spécifique pour être mieux tolérée par l'organisme.

    La super glue sur les plaies, c'est de la médecine de guerre peut-être.

  • [^] # Re: Peut être un peu de colle forte

    Posté par  . En réponse au journal J'essaie de commander des pièces détachées pour du petit électroménager. Évalué à 10. Dernière modification le 21 novembre 2021 à 00:24.

    Bon, je 'auto-rectifie d'après l'INRS, c'est surtout toxique par inhalation. Pour faire crever les rats, il faut leur en faire ingérer plus d'un g par kilo, et c'est la polymérisation dans l'estomac qui semble problématique. Pour un adulte en bonne santé, ça ferait quand même une dose de 70g, soit 23 petits tubes de 3g. Pas d'effets cancérigères ou reprotoxiques à long terme.

    Voila que je me demande si quelqu'un dans le monde s'est déja enfilé 23 tubes de super-glue. Peut-être que ça n'est pas proportionnel par rapport au rat? Peut-être que 10 tubes suffisent? Ou peut-être qu'on peut en prendre 100 et que tout va bien?

    Bref, ne pas en prendre tous les matins au petit dej, mais pour réparer un bol de mixer, c'est un risque qu'on peut prendre.

    Par contre, c'est comme la compote, faut pas la respirer, ça fait tousser. C'est un problème réel (maladies chroniques) pour les gens qui en utilisent dans leur boulot.

  • [^] # Re: Peut être un peu de colle forte

    Posté par  . En réponse au journal J'essaie de commander des pièces détachées pour du petit électroménager. Évalué à 9.

    Euh… C'est toxique, la colle cyanoacrylate. Là, il y a quand même un contact alimentaire… Il existe des colles certifiées pour les contacts alimentaires, mais à mon avis ça va dépasser le budget réparation.

    Alors oui, il n'y a pas beaucoup de colle, et le machin va passer 15 fois au lave-vaisselles et la quantité qui va réellement passer aux aliments est très faible. Et puis c'est modérément toxique. Mais bon, c'est juste une bonne idée de ne pas manger n'importe quoi non plus. Si un industriel vendait des contenants alimentaires collés à la super-glue, tout le monde hurlerait.

  • [^] # Re: Si je me souviens bien ...

    Posté par  . En réponse au journal la monnaie libre présentée par son créateur. Évalué à 0.

    L'autre membre du couple à pu démissionner pour suivre…

    Tout ça c'est quand même lié à la fluidité du marché du travail. Devoir déménager quand on change de boîte c'est bien parce que tu n'as pas trouvé un boulot convenable dans ton bassin d'emploi.

    Le fait que l'investisseur veuille une rentabilité a 20% n'a aucun sens,

    Ça a du sens pour l'investisseur, non? Il veut maximimser son profit. En règle générale, les investisseurs veulent à la fois optimiser la rentabilité immédiate et la rentabilité à long terme, puisque le long terme conditionne aussi ce qu'il pourra éventuellement retirer de ses actions quand il les vendra.

    tout ça car la doctrine dit qu'il faut une masse salariale minimum.

    La mauvaise gestion n'a pas attendu les investisseurs gourmands, c'est partout pareil, y compris dans la fonction publique qui n'a pas d'actionnaires à satisfaire.

    les conseils de directions s'assoient sur des notions simple comme l'éthique ou l'écologie,

    L'éthique et l'écologie sont, à ton avis, des notions simples?

    D'une manière générale, tu es en train de prétendre qu'une entreprise devrait maximiser tout un tas de critères qui ne sont pas liés à son profit. On sait comment essayer d'aligner les intérêt des entreprises avec les intérêts de la société : par la loi (rendre illégal des choses qui sont contraires à l'intérêt commun) et par l'incitation (avantages fiscaux quand on fait quelque chose que la société considère comme positif).

    Après, il n'est pas impossible en effet que les entreprises aient des objetifs qui ne sont pas liés à leur profit. La plupart en ont, de tels objectifs, que tu pourrais étiqueter, selon tes critères, positifs ou négatifs. Les dirigeants et les cadres des entreprises sont des êtres humains qui ont tous des convictions, et qui peuvent (ou non) les faire coïncider avec leur boulot. Mais je n'arrive juste pas à comprendre comment tu voudrais imposer ça de l'extérieur des entreprises. Tu voudrais qu'un marchant d'armes agisse éthiquement? Genre, arrêter de vendre des armes? En pratique, ça se passerait comment?

    On peut aussi ajouter les constructeurs automobiles qui vont truquer les tests anti-pollutions au détriment de la santé globale

    Ça c'est de la fraude, c'est déja interdit. Tu voudrais que ça soit encore plus interdit?

    Déjà si on imposaient qu'une boite devait verser des primes aux salariés (répartie en fonction du nombre d'heure travaillées, et non du salaire) d'un montant au moins équivalent aux dividendes,

    Beaucoup d'entreprises le font déja, soit par des primes d'intéressement aux résultats, soit par la distribution d'actions. Mais ça fait partie du salaire (un employé qui quitte la boîte perd ces bénéfices), tout comme les divers avantages (tickets restaurants, voiture de fonction…).

    Si tu l'imposes, les boîtes arrêteraient peut-être de verser des dividendes et rachèteraient leurs actions par exemple, et tu retournerais au point de départ. Et la boîte peut dégager beaucoup d'argent mais tout réinvestir par exemple, dans ce cas tu ne verses pas de primes? De toutes manières, toute législation contraignante sur le coût du travail va entrainer une migration vers l'externalisation. Avec ton système par heure de travail, tu voudrais récompenser les bas salaires, mais le résultat va être que les gusses qui vident les poubelles vont, s'ils ne le sont pas déja, être remplacés par des intérimaires embauchés par un prestataire, et pfiout, fini la prime.

    Il y a une logique derrière le fonctionnement de l'économie; c'est une logique que tu n'aimes peut-être pas, mais tu ne peux pas affirmer que ça n'a aucun sens. Le capital est rémunéré par ce qu'il rapporte à son propriétaire, le travail est rémunéré comme un service. Comment voudrais-tu rémunérer le travail par ce qu'il rapporte? Dans une entreprise de 1000 salariés, comment savoir qui rapporte quoi? Certains services ne rapportent rien (par exemple la compta), les salariés ne devraient pas être rémunérés? Les fonctionnaires ne devraient pas être payés?

    Un des seuls avantages de vivre dans une société libérale, c'est que toi aussi tu peux monter une entreprise et décider d'être éthique, écologique, de rémunérer tes employés autant que tes actionnaires; tout ça ,tu es libre de le faire avec ton argent. Évidemment, ce que tu proposes, en fait, tu ne veux pas le faire avec ton argent, mais tu veux le faire avec l'argent des autres. Rassure-toi, j'ai aussi beaucoup d'idées de trucs à faire avec l'argent des autres! On en est tous là. Ça n'est pas une histoire de classe sociale d'ailleurs; les ouvriers ont plein d'idées sur ce que les actionnaires devraient faire avec leur argent, et les bourgeois ont plein d'idées sur ce que les ouvriers devraient faire (ou surtout ne pas faire) avec leur argent. Même au sein d'une classe sociale c'est très répandu ("tu ne devrais pas acheter chez Amazon")… Et les politiques (pourtant même supposément libéraux) ont la même attitude : il faudrait acheter Made in France, les Polonais devraient acheter des avions Français… C'est une maladie universelle. Je ne trouve pas l'économie libérale attirante éthiquement : elle est simplement amorale. En économie, il n'y a pas de bien ni de mal, il y a juste des acteurs qui font ce qui leur chante (dans les limites de la loi, qui préserve les libertés des acteurs). Je ne pense pas qu'on puisse moraliser quelque chose qui est fondamentalement amoral. S'il n'y a pas de raison de payer plus les gens, alors toute contrainte sera facilement contournée. Tu tapes trop fort sur les grosses boîtes? Tu vas Uberiser la société. Tu bureaucratises l'entreprise pour empêcher les "petits" de contourner les règles sociales? Tu vas favoriser les multinationales. Pour réformer quelque chose, il faut y aller de manière très, très précise, c'est très difficile de ne pas tout péter, et si ça déséquilibre trop le système, ça va être contourné.

  • [^] # Re: Si je me souviens bien ...

    Posté par  . En réponse au journal la monnaie libre présentée par son créateur. Évalué à 2. Dernière modification le 17 novembre 2021 à 13:47.

    Mais moins rentable que la bourse.

    Bah, c'est sûr que si l'économie réelle est moins rentable et plus hasardeuse que la spéculation, alors c'est quand même assez logique que les épargnants (sans même évoquer les gros capitalistes) aillent voir vers la spéculation…

    Quand on dit "la bourse", c'est seulement la spéculation boursière. Parce que l'achat d'actions, la participation aux conseils d'administration, les dividendes etc., ça fait partie de l'économie réelle.

    A partir du moment où la spéculation devient plus rentable que le travail

    La spéculation revient à essayer de jouer mieux que les autres spéculateurs, donc il y a des gagnants et des perdants. Ou alors, les gagnants n'ont pas vraiment gagné. Par exemple, prenons le Bt : beaucoup de spéculateurs investissent, et la valeur monte. Mais les spéculateurs n'ont pour l'instant rien gagné, il faut qu'ils revendent leurs Bt pour gagner de l'argent. Or, s'ils les vendent, le Bt va baisser. Donc quand on dit que la spéculation est rentable, c'est compliqué. Soit on parle d'un sous-ensemble des spéculateurs, soit les calculs de rentabilité sont virtuels, soit on parle d'une grande moyenne qui est due à l'augmentation du nombre d'acteurs dans le système, mais dans ce cas ça ne monte pas tant que ça.

    Ce que je ne comprends pas dans ton argument, c'est que le travail lui-même n'est pas rentable, il permet éventuellement de rendre un capital rentable en l'exploitant. Mais c'est la faute de qui si le travail ne permet pas de rentabiliser un capital?

    Dans la compréhension "moderne" de l'économie, le travailleur ne paye jamais. Il loue sa force de travail, il touche un revenu "fixe" qui correspond à cette location. Si le travail est rentable, le capitaliste gagne de l'argent, s'il ne l'est pas, le capitaliste perd de l'argent. C'est donc le capitaliste qui prend le risque, et c'est ça qui justifie que c'est lui qui encaisse les bénéfices éventuels. Le travailleur, lui, a tout intérêt à louer sa force de travail au plus offrant. S'il ne trouve pas, ou si les conditions ne sont pas suffisantes, il est libre de ne pas travailler. Évidemment, cet équilibre fonctionnerait si les gens n'avaient pas besoin de manger et de se loger, et j'imagine que c'est cette "approximation" dans le modèle qui est considérée comme scandaleuse. C'est d'ailleurs pour ça que les socio-libéraux défendent les minima sociaux ou le revenu universel, c'est pour rétablir un fonctionnement correct de l'offre et de la demande dans le monde du travail. Mais au final, ce que le travailleur perd dans l'histoire, c'est l'opportunité de travailler tout court parce que le chômage structurel est trop élevé pour que le marché du travail soit fluide. Dans un marché du travail fluide, le travailleur n'est pas plus perdant que les investisseurs.

    spéculer ne crée pas de richesses

    Certes, mais il n'en détruit pas (ou peu) non plus. Il détourne une partie du capital (mais est-ce qu'on manque de capital actuellement? Les banques centrales sont ouvertes à fond, les taux sont bas, n'importe quel acteur du monde de la finance peut emprunter ou obtenir autant d'argent qu'il le souhaite, c'est plutôt les opportunités d'investissement qui manquent). Je trouve qu'il existe de vrais arguments déontologiques contre la spéculation (de l'ordre de "c'est pas bien"), mais à part dans des cas particuliers (la spéculation sur les matières premières, qui font monter les prix et impactent l'économie réelle, ou bien les conséquences écologiques d'une activité principalement spéculative, comme le minage de Bitcoins), la spéculation n'est pas la cause des problèmes de la société. Certes, il va y avoir des gens qui vont devenir très riches sans avoir rien fait d'utile, c'est injuste et déprimant, et c'est une cible facile, mais ça n'est pas ça qui explique pourquoi les autres sont pauvres. On pourrait collectivement décider qu'il doivent rendre leur pognon à la société pour des raisons éthiques, ou alors par simple jalousie, mais il y a trop de pauvres : on peut rendre les riches moins riches, mais ça ne rendra pas les pauvres moins pauvres si on ne fait que transférer l'argent.

  • [^] # Re: Si je me souviens bien ...

    Posté par  . En réponse au journal la monnaie libre présentée par son créateur. Évalué à 3.

    Ça me fait penser que je ne connais toujours pas le nom de ce genre de systèmes spéculatifs : le jeu est de rentrer le plus tôt possible et de sortir avant que tout ne s'effondre; à un moment donné on ne sait jamais si ça va s'effondrer le lendemain (et donc, il ne faudrait pas rentrer), ou si ça va tenir encore assez pour que d'autres rentrent après nous (et donc, il faut rentrer, au moins si on est un vil spéculateur cupide). Il y a des similarités avec les systèmes de Ponzi, mais ça n'est pas ça exactement.

  • [^] # Re: Si je me souviens bien ...

    Posté par  . En réponse au journal la monnaie libre présentée par son créateur. Évalué à 3.

    Le truc c’est qu’en cas de décroissance faudrait aussi détruire de la monnaie pour que le raisonnement tienne. Ça doit pouvoir se faire techniquement.

    Je pense d'ailleurs que ça se fait automatiquement. En cas de décroissance, il y aura une baisse des investissements, donc une baisse des emprunts bancaires. Le remboursement des emprunts existants va donc détruire de la monnaie. Je ne sais pas si le processus est équilibré ou non et si ça peut être transitoirement catastrophique (style, manque de monnaie?).

    Je ne suis pas macro-économiste, mais j'ai quand même l'impression qu'il existe maintenant une sorte de consensus sur la déconnexion entre la masse monétaire et les prix. Pendant longtemps on a pensé qu'injecter de la monnaie (par exemple, par la planche à billets) faisait augmenter les prix (d'où inflation (étymologiquement, augmentation de la quantité d'argent en circulation) <=> augmentation des prix), mais depuis 20 ans la masse monétaire augmente démesurément en Europe et aux US, alors que l'augmentation des prix est très limitée. J'ai cru comprendre que c'était parce que la nouvelle monnaie allait directement dans des bulles spéculatives (l'économie réelle n'étant pas vraiment rentable) et ne rentrait pas vraiment dans le circuit.

    La mauvaise rentabilité de l'économie réelle semble être la cause des dérives délirantes de la finance, quand on a des sous à placer quelque part, mieux vaut investir dans des trucs débiles (produits spéculatifs, monnaies virtuelles, bulles immobilières…) que dans une entreprise. Paradoxalement, il y a une (juste) demande des citoyens à taxer les bénéfices des entreprises…. mais ça ne va que favoriser la spéculation, puisque ça va encore plus faire baisser la rentabilité de l'économie réelle.

  • [^] # Re: Si je me souviens bien ...

    Posté par  . En réponse au journal la monnaie libre présentée par son créateur. Évalué à 10.

    N'empêche, ceux qui ont cru en l'arnaque des crypto monnaies sont aujourd'hui riches de chez riches.

    Il n'a pas dit "arnaque", il a dit "attrappe-nigaud". Mais c'est nettement plus complexe que ça. Il s'agit de produits virtuels presque intégralement spéculatifs, leur seul lien avec l'économie réelle étant le coût du matériel et de l'énergie permettant de les "miner". Je ne pense pas qu'il existe de produit plus spéculatif, une sorte d'essence de ce que la finance fait de "pire".

    Pour l'instant, les monnaies virtuelles n'ont pas d'impact sur l'économie réelle : elles ne représentent que trop peu de la masse monétaire. Elles ont par contre un impact sur le climat et nos dépenses énergétiques, ce qui justifierait totalement leur interdiction, mais c'est un autre débat.

    Comme tout produit très spéculatif, le risque ne concerne que les gogos qui se lancent là-dedans. On peut gagner très gros, on peut perdre très gros, et plus on y va en mode "yolo", plus on a des chances de perdre (puisque ce monde est rempli de gens plus malins et plus riches qui n'y vont justement pas les mains dans les poches). Une sorte de casino géant, en gros. Évidemment, les grands gagnants sont les fondateurs du système; à mon avis, le Bt par exemple a des propriétés tellement mauvaises pour une monnaie (hyper-inflationniste et transactions non-instantanées) qu'il semble impossible qu'il ait été conçu autrement que comme un instrument spéculatif (et vendu ensuite comme une monnaie).

    Donc c'est difficile de parler formellement d'arnaque ou d'escroquerie, mais je n'arrive pas à comprendre ceux qui présentent les crypto-monnaies comme des monnaies réelles. La seule raison d'utiliser les crypto-monnaies, c'est de faire bouger de grosses sommes à l'international sans pouvoir être tracé, donc, en gros, pour des activités illégales. Comme les transactions sont payantes (rémunération des mineurs et taux de change quand on retransforme en "vrais" brouzoufs), on perd de l'argent à chaque échange, donc il faut une bonne raison pour utiliser des Bt. Peut-être qu'il y a quelques paranos ou idéalistes dans le tas, qui "payent" pour ne pas passer par le système bancaire traditionnel (qui fait aussi payer les transactions, d'ailleurs), mais j'imagine qu'en volume, ça ne doit pas représenter grand chose.

    Du coup, je n'ai pas grand chose à dire contre ceux qui essayent de jouer aux grands spéculateurs et tripatouillent des monnaies virtuelles, c'est une occupation comme une autre et ça vaut bien les jeux à gratter. Ceux qui fondent des monnaies par idéologie, on peut toujours discuter; je pense être en désaccord profond avec eux (je ne pense pas que les problèmes des systèmes économiques soient liés à la monnaie, je pense que les transactions financières doivent être traçables et réversibles, et je ne suis pas assez libéral pour penser que l'utilisation d'une monnaie non-officielle doive être légale), mais je pense qu'ils sont plus victimes (de désinformation, et parfois de la manipulation idéologique par ceux qui se servent d'eux pour faire la publicité d'outils de spéculation) que coupables. Les vrais arnaqueurs, c'est 1) les fondateurs de ces systèmes, et 2) les gros utilisateurs qui se servent de ces systèmes pour des activités criminelles ou délictuelles; les nuisibles à combattre sont aussi les intermédiaires (typiquement, ceux qui proposent de changer du vrai argent contre du faux argent) et les profiteurs (spéculateurs et mineurs).

  • [^] # Re: Millions, milliards...

    Posté par  . En réponse au lien Trop de millions fait lâcher la rampe.. Évalué à 3.

    Sur Terre ça a du sens, sur Mars beaucoup moins. Petit rappel : sur Mars il y a de la poussière partout comme sur la Lune (donc les panneaux solaires sont sales et couvertes rapidement), le Soleil envoie moins d'énergie sur Mars à cause de la distance.

    Dans le cas d'une mission habitée, ça n'est pas très difficile de nettoyer les panneaux solaires, et il n'y a pas de nuages. L'irradiance est d'environ 1360W.m-2 pour la terre, et 590W.m-2 pour mars, mais avec une atmosphère plus fine et dépourvue d'humidité, au niveau du sol, la différence n'est pas gigantesque.

    Tu as des sources sur la poussière sur les panneaux solaires sur la Lune? Sans atmosphère, je ne vois pas comment le régolithe se retrouverait sur les panneaux solaires, à moins que l'activité des astronautes à proximité suffise. Sur un rover, je comprends que les roues soulèvent de la poussière, mais pour une ferme de panneaux solaires fixes à distance d'une station habitée, le risque me semble faible.

    Par contre, pour la lune, la durée de la nuit (15 jours) me semble vraiment problématique. Il faut d'énormes batteries pour stocker l'énergie, et les batteries c'est très lourd; le choix du pôle sud pour une station éventuelle doit probablement beaucoup tenir à ça.

    C'est d'ailleurs sans doute le principal manque scientifique du film Seul sur Mars,

    Ça n'est pas le seul, mais c'est vraiment dommage de commencer par ça (sans compter un décollage dans de telles conditions).

    Une belle vidéo

    déja vue :-) Un poil pessimiste à mon avis (parce que c'est la ligne éditoriale de la vidéo). Par exemple, les conditions de voyage ressembleraient à ce que connaissent les militaires dans les sous-marins nucléaires (et eux n'ont même pas de hublots), et ils ne deviennent pas fous en quelques semaines.

  • [^] # Re: Millions, milliards...

    Posté par  . En réponse au lien Trop de millions fait lâcher la rampe.. Évalué à 3.

    Une livraison de vivres perdues/piratées/endommagées et c'est la survie de toute la colonie qui est en danger.

    Alors 1) c'est à peu près pareil pour l'ISS (il faut des mois pour préparer un cargo, on ne peut pas lancer une fusée le lendemain s'il y en a une qui merdoie), et 2) j'imagine que les planificateurs des missions ne seraient pas débiles au point de ne pas se prévoir assez de vivre pour tenir au cas où quelques cargos se perdraient. Pour une colonie Martienne, on ne peut pas envoyer des cargos régulièrement, la fenêtre c'est tous les 2 ans et demi. Il faudra donc lancer plein de cargos tous les deux ans et demi, avec assez de redondance pour se permettre d'en perdre quelques uns.

    Et s'il y a une maintenance critique à faire qui nécessite des pièces indisponibles immédiatement dans la station, on fait prier les résidents spatiaux pour leur survie ?

    La seule possibilité sur l'ISS c'est de rentrer. Autrement, en cas de panne urgente, il est strictement impossible de préparer un cargo en quelques jours.

    ça me paraît tout à fait cohérent qu'il soit nécessaire de dépenser plus d'énergie pour maintenir l'autonomie spatiale que l'autonomie terrestre

    La question, c'était qu'une colonie martienne de quelques personnes ou même de quelques dizaines de personnes ait besoin de plus d'énergie que la terre entière, et c'est assez absurde. Évidemment que vivre sur Mars nécessite de chauffer plus, probablement de dépenser de l'énergie pour créer des molécules dont on a besoin (oxygène, par exemple), etc. Mais tout ça semble assez faisable avec les moyens du bord, panneaux solaires, éoliennes, etc. Rien ne nécessite des mégawatts, je ne sais pas d'où peut venir cette idée.

    Mais encore une fois, l'autonomie ça semble totalement impossible avec les technologies actuelles. C'est sûr que si tu veux construire une usine martienne de production de puces électroniques, ça va être compliqué, mais c'est juste que c'est complètement absurde. Les martiens se feront livrer les CPU comme nous, en fait, parce qu'à moins que les choses aient changé dernièrement, les CPU de mon ordinateur ont voyagé plus loin que moi…

  • [^] # Re: Millions, milliards...

    Posté par  . En réponse au lien Trop de millions fait lâcher la rampe.. Évalué à 4.

    C'est exactement ça. La technologie pour installer une station sur Mars, sur le modèle de l'ISS mais beaucoup plus loin, est une technologie du XXIe siècle. On n'a pas besoin d'innovations de rupture, on sait envoyer des tonnes de matériel sur Mars, on sait faire vivre des astronautes en autarcie pendant des mois, etc. Bon, OK, on n'est pas sûrs par contre de savoir les faire revenir :-) Mais pour y aller et survivre là-bas pendant un temps plus ou moins long, ça devrait aller.

    Installer une colonie autonome sur Mars, c'est totalement hors de portée. Ça n'est pas en disant "il faudra installer des usines" qu'on règle le problème : une usine a besoin de matières premières complexes pour fonctionner. On pourra facilement installer les imprimantes 3D par exemple, mais faire le plastique sur place? Tout ça parait très, très complexe. Il faudrait revoir la totalité de la chaine industrielle qui produit les équipements spatiaux pour faire en sorte que toutes les technologies puissent être produites intégralement localement. Et évidemment, l'autre problème, c'est la nourriture. Il sera peut-être possible de faire pousser des patates comme dans le film, mais je ne suis pas sûr que beaucoup de gens accepteraient d'aller sur Mars s'il fallait manger des patates matin midi et soir toute sa vie. Comment produit-on de la viande sur Mars? Peut-on mettre en place un cycle de l'azote? Peut-on fixer le CO2 atmosphérique, la seule source locale de carbone?

    En fait, j'ai l'impression que plus que des usines de production de biens, il faudra une industrie chimique, capable de prélever dans l'environnement de quoi assurer les besoins de la colonie : carbone, azote, phosphore, eau, métaux, etc., et de resynthétiser toutes les molécules de base non-biologiques (polymères, alliages, etc). À l'échelle d'une petite colonie, les objets peuvent être fabriqués artisanalement, mais comment faire un ordinateur, par exemple?

  • [^] # Re: Millions, milliards...

    Posté par  . En réponse au lien Trop de millions fait lâcher la rampe.. Évalué à 2.

    L'autonomie est un autre question, qui ne peut venir que dans un deuxième temps. Dans un premier temps, tu installes un avant-poste non-autonome que tu ravitailles, et la logistique se met en place progressivement : en plus du ravitaillement de nourriture, tu vas fournir de quoi se débrouiller pour des besoins essentiels.

  • [^] # Re: Millions, milliards...

    Posté par  . En réponse au lien Trop de millions fait lâcher la rampe.. Évalué à 10.

    Ça te fait rêver son monde post-apocalyptique où tout le monde vit dans une boîte de conserve en orbite et les riches se baladent sur les bouts de terre préservés de nos bêtises?

    Je ne sais pas ce qu'il nous vend, mais c'est plus un cauchemar qu'un rêve. Heureusement que c'est complètement stupide et irréaliste, donc ça n'arrivera pas. Ça me semble plus probable que tout le monde soit mort en bas et que les milliardaires survivent un peu en orbite.

    Déporter les trucs polluants en orbite, de toutes manières, je ne vois pas trop le principe. Ça a l'air complètement débile, de toutes manières, parce que tout ce que tu émets finira par retomber (je ne vois pas comment tu vas accélérer tes déchets jusqu'à la vitesse de libération, et puis même, tu finiras par les recroiser un jour). Ça semble 1000 fois plus facile de dépolluer les process industriels (par exemple, capter le CO2 des cimenteries).

  • [^] # Re: Millions, milliards...

    Posté par  . En réponse au lien Trop de millions fait lâcher la rampe.. Évalué à 5.

    En lisant entre les lignes, je comprends que la majorité de l'humanité aura disparu à ce moment là. Les survivants seront effectivement ceux qui iront pu aller dans l'espace.

    Je veux bien qu'on parte dans tous les sens, mais ça n'est pas du tout ce que Bezos raconte. Il dit que la Terre sera un parc naturel et que 10 milliards d'habitants bosseront en orbite. C'est encore plus absurde que les autres scénarios, mais c'est ce qu'il dit. Il n'y a rien à lire entre les lignes, s'il avait voulu dire que la terre aurait été pourrie et que quelques centaines de milliardaires vivraient en orbite, il aurait dit ça.

    Je sais plus où j'avais lu que pour maintenir une station sur Mars, il faudrait plus d'énergie que ce que l'humanité consomme aujourd'hui.

    Je ne peux pas te dire où tu as lu ça, mais ça m'a l'air d'être une énorme c***. Sur Mars, il y a du soleil, de l'eau, des matières premières. Pour faire vivre à distance une colonie de quelques centaines de personnes, il faudrait envoyer quelques dizaines ou centaines de tonnes par an sur Mars, ce qu'on sait faire avec la techno actuelle. Typiquement, un rover, c'est plus d'une tonne. Donc en gros, il faudrait envoyer tous les an moins de 100 rovers. C'est pas rien, ça coûterait le budget de la Nasa, mais ça reste des millions de fois moins que l'énergie consommée par l'humanité.

    ça me paraît quand même compromis dans l'état actuel des connaissances…

    Installer une colonie martienne, c'est presque possible avec les technologies actuelles. C'est juste que ça serait tellement coûteux et tellement dangereux qu'on ne va pas le faire, vu le peu d'intérêt. Je ne comprends pas cette fixette sur l'énergie. Tu n'as pas besoin de plus d'énergie pour une station martienne que pour l'ISS. L'ISS fonctionne très bien avec des panneaux solaires; tu veux éclairer, chauffer, faire tourner les équipements scientifiques et les équipements de communication, etc. C'est à peu près tout. Pour envoyer les fusées, on sait le faire, il faut les blinder d'explosifs et d'oxygène liquide et contrôler l'explosion. Bon bah voila, à moins d'installer un synchrotron sur Mars, tu ne vas pas devoir y installer un EPR…

    Ce qui semble surtout problématique, à part le coût démentiel d'un tel projet, ça serait de s'assurer à ce que les dizaines d'étapes super-dangereuses s'enchainent de manière à ce que la probabilité de survie des zigues qu'on a envoyés soit supérieure à 1% au bout d'un an. Ça, c'est pas la technologie qui permettra de s'en assurer, parce qu'on sait déja comment faire. On n'a juste pas eu le temps de s'assurer des centaines de raisons pour lesquelles la techno qu'on connait peut foirer et tuer tout le monde.

  • # Millions, milliards...

    Posté par  . En réponse au lien Trop de millions fait lâcher la rampe.. Évalué à 10. Dernière modification le 15 novembre 2021 à 15:39.

    Avec la technologie actuelle, il faut environ 50kg de kérosène pour envoyer 1kg en orbite basse; pour envoyer un astronaute dans l'espace actuellement, il faut au moins envoyer 1 tonne de matos (la capsule Dragon fait plus de 7 tonnes pour 4 gusses, en tassant un peu on doit bien en faire rentrer 7). Du coup, pour envoyer 10 milliards d'humains en orbite, il faut lancer au moins 10000 milliards de tonnes de matériel, sans compter la masse des stations spatiales sur place. Donc 50 fois plus de kérosène, donc 500,000 milliards de tonnes. On consomme actuellement environ 15 milliards de litres de pétrole par jour, donc le projet Besos nécessite d'utiliser l'équivalent de 100 ans de notre consommation actuelle de pétrole.

    Même avec un ascenseur spatial ça semble compliqué; si on imagine que l’ascenseur a le même débit qu'un TGV (20000 passagers à l'heure), il faudrait 57 ans pour envoyer tout le monde (en faisant tourner le truc jour et nuit).

    À noter qu'on peut aussi se demander de quoi seront faites les stations orbitales. Si par exemple on assemble les capsules servant à aller en orbite, ça ferait 10 milliards de tonnes de matériel (5 ans de notre consommation de fer, 100 ans de notre consommation d'aluminium!). Ça n'a aucun sens de ravager toutes les ressources de la terre et d'émettre assez de CO2 pour pourrir le climat pour des milliers d'années pour "sauver" la terre.

    Bref, j'ai l'impression que Besos ne sait pas vraiment ce que représente un milliard. En fait, ça ne m'étonne pas du tout :-)

    Après, une fois sur place, il n'y a pas vraiment de différence pour faire vivre 10 personnes sur une petite station et 10 milliards sur un milliard de petites stations. Sauf qu'avec les technologies actuelles il faut envoyer beaucoup de choses par cargo. Des millions de livraisons en fusée par jour, peut-être un nouveau marché pour Amazon? :-)

  • [^] # Re: Un peu d'humilité ...

    Posté par  . En réponse au journal Comment je fais le “marketing” de mon projet Open Source. Évalué à 9.

    nombre de mainteneurs de projet libre gagneraient à appliquer les idées développées dans l'article publié sur medium.

    Sur le principe, pourquoi pas : documenter et communiquer autour de son projet, ça ne peut être que positif. Mais dans le libre, le bullshit fonctionne mal. La qualité du code et l'intérêt du projet reste quelque chose de majeur, faire croire que tu vas créer une communauté en pipeautant autour d'un truc mal ficelé, c'est vraiment un mauvais conseil.

    Je trouve que le meilleur exemple de "marketting" d'un projet libre est le fameux email de Linus. 1) C'est court, efficace, factuel, il connait la psychologie de sa "cible", il sait exactement qui il veut intéresser. 2) C'est posté sur le bon medium. Jamais il n'aurait créé une communauté autour de son projet s'il avait loué des 4x3 dans Paris. 3) Il ne vend rien à part son projet tel qu'il est. La modestie et l'honnêteté paye si tu veux créer une communauté constructive. 4) S'il a réussi à intéresser des développeurs (y compris des devs meilleurs que lui techniquement), c'est parce que son projet était très bon techniquement, et qu'il fonctionnait. Les buts étaient à la fois ambitieux et réalistes.

    Du coup, si communiquer autour de son projet c'est bien, le faire comme l'OP c'est n'importe quoi.

    D'ailleurs, certaines idées développées dans sa page sont de la m*, et son approche de vendre son truc sur Linuxfr est un échec critique (mal communiquer autour d'une page qui propose des conseils pour bien communiquer, c'est quand même assez cocasse).

    S'instruire/ lire / analyser (et même/surtout de ses pires ennemis) et adhérer sont deux choses tout à fait différentes.

    Honnêtement, si tu avais de l'argent à investir et que tu souhaitais créer un bot de trading, est-ce que tu utiliserais un tel logiciel? Je ne dis pas du tout qu'un logiciel propriétaire serait forcément plus fiable, mais avoir un fournisseur vers qui se retourner si un bug te fait perdre 10k€ en trois millisecondes, c'est quand même une sécurité. Jamais je n'utiliserais un tel soft avec une exclusion de garantie, comme c'est standard pour les logiciels libres.

  • [^] # Re: Raison du moinssage ?

    Posté par  . En réponse au journal Comment je fais le “marketing” de mon projet Open Source. Évalué à 10.

    Si ça n'était que ça, on pourrait conclure qu'on est des sales gauchistes et puis c'est tout. Mais là, il parle de "marketting" (en fait, je pense qu'il ne sait pas tout à fait ce que c'est), et il se plante complètement sur l'approche efficace pour attirer du clic. Déja, le medium est mal choisi (journal plutôt que lien), le texte est très confus, ça sent le bullshit, et l'approche utilisée est clivante politiquement (certains pensent que le trading est en effet nuisible) et humainement (il méprise ouvertement les conseils de ses "amis" et en joue).

    On n'est clairement pas la cible (donc aucun interêt de marketter un produit pour une "non-cible"), et en plus je ne pense pas que la cible (les gens qui cherchent à faire du trading par bot) constitue un marché pour un tel logiciel (qu'il soit libre ou non). Un bot de trading demande un haut niveau de sécurité à tous les niveaux : au niveau des particuliers parce qu'il joue du vrai pognon et qu'il ne faut pas qu'il commence à faire n'importe quoi, et au niveau des institutions parce que des cotations stoppées pour cause de bots foireux, c'est déja arrivé. C'est donc typiquement le genre de tâches qu'on ne veut pas confier à un logiciel confidentiel développé par une communauté (et tout cas, si tant est que j'aurais du pognon pour le jouer en bourse, jamais je n'utiliserais ce genre de trucs où le moindre bug peut te faire perdre ton épargne en quelques millisecondes).

    Du coup, on peut clairement se demander si cette personne comprend ce qu'elle fait, et si oui, si elle n'est pas simplement en train de troller. Sinon, il y a une grande naïveté derrière ça, que l'OP cherche peut-être à masquer derrière un rideau d'ironie au 12e degré.

    D'ailleurs, j'ai essayé de parcourir son dépôt git, et j'ai du mal à trouver le code source; il y a des hiérarchies profondes de répertoires, mais peu de fichiers contenant quelque chose de tangible. J'avoue que je ne cherche pas à comprendre comment marche ce truc, parce que je m'en fiche pas mal, mais ça donne l'impression qu'il y a 12 fois plus de doc que de code dans ce projet…

  • [^] # Re: Raison du moinssage ?

    Posté par  . En réponse au journal Comment je fais le “marketing” de mon projet Open Source. Évalué à 10.

    En tout cas, c'est un beau tirage de balle dans le pied : l'OP n'arrive pas à vendre un lien vers un texte qui parle de sa capacité à faire du marketting :-)

  • [^] # Re: WTFYPL

    Posté par  . En réponse au journal code.gouv.fr : tout le code libéré par les organismes publics français !. Évalué à 7.

    J'en doute. Seul le détenteur des droits d'auteurs peut concéder ses droits patrimoniaux. Or, pour le code (contrairement à d'autres types d'oeuvres), le droit d'auteur appartient directement à l'employeur. Je pense que l'employé qui publie le code sous une licence sans l'aval de son employeur commet donc une contrefaçon qui n'engage pas l'employeur—un peu comme si un tiers récupérait ton code et le publiait en changeant la licence : la licence est caduque. De manière générale, dans la fonction publique, très peu d'agents peuvent engager la parole de l'État. Par exemple, si un agent des impots te dit "c'est bon, ce truc là n'est pas imposable" et qu'il s'est trompé, tu auras droit à ton redressement fiscal (par contre si tu peux prouver qu'on t'a dit le contraire ça sera facile de démontrer ta bonne foi, donc pas de pénalités).

    Pour les détails, il faut probablement se taper le code de la fonction publique, parce que certains fonctionnaires ont des droits que d'autres n'ont pas, selon le poste. Par exemple, un chercheur et un ingénieur qui auraient le même employeur et qui travailleraient sur le même bouquin n'auraient pas les mêmes droits, mais sur un brevet ça doit être équivalent.

    Mais bon, dans les faits, il y a peu de raisons de s'inquiéter. Je pense que le risque le plus important c'est si l'administration du ministère en question s'aperçoit que le bout de code avait des retombées économiques potentielles; en fonction du ministère ou de l'établissement, il peut y avoir des objectifs d'auto-financement qui interfèreraient avec la publication sous licence libre.

    À un moment, je faisais exprès d'intégrer un bout de code GPL qui venait d'ailleurs pour une fonction non-trivialement remplaçable, de manière à ne pas devoir prendre de décision sur le choix de la licence—si on publie, c'est GPL, autrement on ne publie pas. J'ai laissé tomber ça, puisque visiblement tout le monde s'en fiche. Je me demande d'ailleurs si l'intégration dans le répertoire code.gouv n'est pas équivalent à une validation du code (et des licences) par les institutions, donc la question ne se poserait pas pour les projets du répertoire en question.

  • [^] # Re: WTFYPL

    Posté par  . En réponse au journal code.gouv.fr : tout le code libéré par les organismes publics français !. Évalué à 7.

    Il faut se méfier quand même de qui a mis en place la licence.

    Dans certains cas, la production d'un logiciel est un objectif affiché d'un projet gouvernemental ou d'un service, auquel cas la licence est "évidemment" décidée en accord avec les institutions.

    Dans d'autres cas, le logiciel est un sous-produit d'un projet (il était nécessaire de développer un logiciel pour faire les choses que le service est censé faire). Dans ce genre de cas, la publication du code vient d'en bas, parfois même du seul informaticien impliqué dans le projet. En fonction des pratiques dans le ministère en question, il peut ou pas impliquer sa hiérarchie dans la publication du code, et si non, il met la licence qu'il veut. Évidemment, dans ce cas, la légalité de la licence est discutable.

    Je peux témoigner par exemple que dans la recherche publique, hors projet de développement logiciel financé en tant que tel, la publication du code est souvent "olé olé". En gros, la licence est souvent choisie au pif au moment de la création du répertoire de travail par celui qui crée le répertoire, en fonction de ses connaissances et ses affinités pour les licences libres. Quand tu publies le code associé à un projet de recherche qui n'a pas donné lieu à un accord de consortium complexe sur la propriété intellectuelle (et c'est souvent le cas pour les projets modestes qui ne font pas intervenir de partenaires privés), tout le monde s'en fout, du code. Les éditeurs des journaux scientifiques demandent de plus en plus qu'il soit disponible (chez un tiers, style Github ou Zenodo, et pas sur le site du laboratoire pour ne pas casser l'anonymat de l'évaluation de l'article), et les organismes financeurs (ANR, ERC, …) exigent souvent également la pubication, sans être très clairs sur les licences. Dans ce cas, personne ne décide vraiment de la licence, faire ça officiellement demande des dizaines de pages de paperasse et tout le monde s'en fiche. J'ai l'impression que les licences WTFPL ne peuvent se retrouver là que dans ce genre de situations.

    Bref, il ne faut pas surévaluer la capacité de l'administration à gérer ce genre de choses, elle n'a ni les moyens, ni les compétences, ni la volonté de le faire. Quand il y a des enjeux potentiels (gros projet, applications commerciales…), ça doit se discuter en haut lieu, mais quand c'est un petit truc, il y a des chances pour que personne ne soit vraiment au courant que le code a été publié, c'est plus du ressort de l'initiative de l'équipe de développement.

  • [^] # Re: lien pour l'étude ?

    Posté par  . En réponse au lien Netflix et YouTube sont des usines à CO2. Évalué à 3.

    Je serai curieux de connaître tes sources.

    Par exemple : https://ravijen.fr/?p=398

    En gros, pour le CO2 anthropique, > 80% fossile, Un tout petit peu d'agriculture (qui n'est pas sur le graphe de la page que j'ai liée, mais d'autres sources citent ~ 5%), et 15% "autres" (process industriels, notamment). J'imagine que la différence sur l'agriculture repose sur si on compte la déforestation dans le fossile ou non (c'est de la matière organique qu'on brûle ou qu'on laisse se dégrader, mais techniquement ça n'est pas du fossile).

    Tu cites des répartitions par secteur, mais c'est orthogonal. Dans le CO2 émis par l'agriculture, il y a l'essence des machines par exemple. Et dans le "ciment", il y a le process industriel (2/3) et le carburant pour chauffer à 1500°C (1/3). Du coup, c'est normal que les découpages ne correspondent pas.

    Pour l'agriculture, j'ai l'impression que son impact sur l'effet de serre c'est surtout les autres gaz (méthane notamment), pas le CO2.

    Quelle technologie miracle va nous permettre de réduire de 5 % nos émissions tous les ans pendant trente ans ?

    Les transports électriques me semblent un bon candidat pour commencer. > 20% du parc neuf est électrique ou hybride actuellement, avec une électricité non-carbonée et des incitations financières, on peut arriver dans 10 ans à diminuer très fortement les 30% d'émissions liées au transport. On n'est pas à 5% par an, mais c'est déja pas mal.

  • [^] # Re: lien pour l'étude ?

    Posté par  . En réponse au lien Netflix et YouTube sont des usines à CO2. Évalué à 1.

    Et le ciment, et la déforestation, et les forêts qui crèvent, et la décarbonation des sols, et les engrais azotés (et quelques autres mauvaises pratiques azotées), etc.

    Les énergies fossiles, c'est 80% des émissions de CO2. Si on cherche à être efficace sur le changement climatique, seules les énergies fossiles doivent être la cible, le reste est du greenwashing politique.

    , il va falloir arrêter de penser qu'une solution technologique simple règle rapidement la question

    Et pourquoi pas? L'histoire des derniers siècles a accumulé des exemples de solutions technologiques qui ont réglé des problèmes qu'on pensait insurmontables (tout en en créant d'autres évidemment, parce que le monde n'est pas simple). Mais en l'occurrence, on ne parle pas réellement de technologies de rupture, on connait un certain nombre de solutions. On sait isoler les logements, on sait produire de l'électricité sans CO2, on sait recharger une batterie n'importe où. Le problème n'est pas technologique, il est économique et politique. Cramer du charbon pour faire de l'électricité coûte toujours moins cher que de construire un EPR, se chauffer au fioul est moins cher que d'isoler son logement, une voiture électrique reste 50% plus chère qu'une voiture thermique, etc.

    Alors évidemment, les batteries ça pollue, et le nucléaire génère des déchets, etc. Mais la discussion, c'est le réchauffement climatique. C'est ça l'urgence, et on sait comment régler le problème, c'est ça qui compte. La pollution du fait des batteries, c'est pas marrant, mais 1) chaque problème a des solutions, et 2) c'est de toutes manières infiniment moins grave qu'un réchauffement à 2°C.

    Et notons qu'en parallèle de ça, on a un petit soucis avec l'effondrement de la biodiversité et avec les cycles géobiochimiques de l'azote et du phosphore qui sont complètement ouverts.

    Mais c'est simplement la croissance démographique humaine qui est incompatible avec un mode de vie chasseur-cueilleur, c'est tout. On a 2 hectares de terre émergée par habitant sur terre, et moins d'un hectare de terre cultivable. Avec ça, il faut se loger, manger, extraire les ressources dont on a besoin, et fabriquer l'énergie dont on a besoin. Même en étant sobre, c'est impossible sans une optimisation technologique, et ça laisse peu de place pour la sauvegarde de la nature. Donc si le plan c'est la baisse démographique, pourquoi pas, mais 1) en terme d'atteintes aux libertés individuelles, interdire aux gens d'avoir des enfants c'est pas rien, et 2) ça n'aura pas d'effet avant 50 ans, donc autant avoir un plan B.

    Moi je préfère être réaliste : je ne pense pas qu'on puisse vivre avec un hectare sans une utilisation poussée de tout un tas de technologies agricoles et industrielles. Pour référence, 1ha/habitant, c'est la France à la renaissance; pas ou presque pas de technologie, et pas vraiment de quoi manger sainement pour tout le monde. Donc le recours massif à la technologie et à l'industrialisation de l'agriculture, c'est juste indispensable pour que les gens ne meurent pas de faim. Est-ce que s'étonner des cycles ouverts ce n'est pas pareil que de s'étonner qu'on n'arrête pas de remettre de l'eau dans un fer à repasser? Pour l'azote, il n'y a pas de problème technologique majeur, on a besoin d'hydrogène qu'on sait fabriquer avec de l'électricité (ça n'est juste pas rentable actuellement). On ne peut pas tomber en panne d'azote. Le phosphore n'est pas renouvelable, mais c'est un élément commun, et on a 50 à 300 ans devant nous avant d'en manquer. On en gâche beaucoup, certes, mais on a des problèmes plus urgents, non?

  • [^] # Re: lien pour l'étude ?

    Posté par  . En réponse au lien Netflix et YouTube sont des usines à CO2. Évalué à -2.

    Je crois qu'il est difficile voire impossible de faire une étude précise sur le sujet, donc même la meilleure étude doit se contenter d'estimations et d'approximations.

    Personne n'a dit le contraire; ça n'a juste jamais été une excuse pour balancer n'importe quoi comme chiffre.

    est compatible avec une baisse des émissions de gaz à effet de serre de 5 % par an

    J'ai l'impression qu'il n'y a que très peu de lien entre le débit et la consommation énergétique. Le lien entre la consommation et le CO2 est aussi ténu, puisqu'il dépend énormément de la source d'électricité (en France, l'électricité est peu productrice de CO2). Du coup, le lien causal entre débit et réchauffement climatique semble très, très douteux.

    Avec les avancées technologiques, les matériels sont de moins en moins gourmands en énergie. On peut regarder des films en HD sur des téléphones portables, qui consomment moins que des jouets pour enfants. Le coût énergétique du Gb en 5G est inférieur aux technologies précédentes. Bref, c'est, à mon avis, un faux procès. C'est plutôt un argument idéologique : c'est la consommation qui va nous mettre dans le mur, or la consommation de bande passante c'est de la consommation, donc c'est la consommation de bande passante qui va nous mettre dans le mur. Non seulement ça n'est pas logique, mais en plus ça détourne l'attention des "vrais" technologies émettrices de CO2.

    Pour le renouvellement des appareils, c'est un problème orthogonal. On pourrait avoir une augmentation de débit sans renouvellement du matos (par exemple, je suis passé en TV HD quand j'ai eu la fibre, et ma télé de > 10 ans supportait très bien la HD, c'est juste qu'avec l'ADSL je n'y avais pas accès), et on peut avoir un remplacement de matériel sans changement de débit. D'ailleurs, à part les box des FAI, je ne pense pas qu'on puisse avoir une causalité entre le renouvellement du matériel des particuliers et le changement de débit.

    La cause très très majoritaire du réchauffement climatique, c'est les sources d'énergie fossiles (et les vaches qui rotent). Il n'y a pas de cause logique entre le débit internet et cramer du charbon (et les vaches qui rotent). Si on veut éviter le réchauffement, il faut bannir le charbon et le pétrole (et les vaches). Ça posera d'autres problèmes probablement (pollution industrielle due aux batteries et panneaux solaires, déchets nucléaires, etc), mais ces problèmes n'ont rien à voir avec le réchauffement. Faire croire que tout est lié, c'est un programme politique, mais ça n'est pas nécessairement lié.

  • [^] # Re: Presta et service public

    Posté par  . En réponse au journal Le site gouvernemental de la Sécurité Routière force la surveillance. Évalué à 3.

    Mhhh, tu n'as pas l'air de bien connaitre le service public :-)

    Je ne sais pas comment c'est pour les sites du ministère de l'intérieur, mais dans la fonction publique, en général, le site internet est monté avec les moyens du bord et un budget de 0€ par le gars qui passe ses journées à réinstaller Windows XP (parce qu'on a besoin d'un logiciel qui a 20 ans) sur les PC pourris des différents services (350 personnes minimum), et le contenu est fourni par un responsable communication qui a touché à un ordinateur pour la première fois à 55 ans, muté du service "espaces vert" qui a fermé suite à l'externalisation.

    Du coup, avoir un site qui renvoie une information fiable mise à jour il y a moins de 6 mois, avec un rendu qui serait presque correct sur les navigateurs modernes et sur les mobiles, ça me semble déja être une situation exceptionnelle.