Journal Du rififi à la Document Foundation

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6
3
avr.
2026

The Document Foundation, l’association derrière LibreOffice, semble en pleine bisbrouille.

Tous les développeurs de Collabora, le plus gros contributeur, en ont été éjectés.

https://meeksfamily.uk/~michael/blog/2026-04-02-tdf-ejects-core-devs.html

D’une manière ou d’une autre, tous les fondateurs ont été éjectés ces dernières années. Les gens qui étaient les plus actifs lorsque je contribuais à TDF il y a une douzaine d’années semble partir en très mauvais termes. Il y a juste un an, c’était le départ peu sympathique d’Italo Vignoli :

https://community.documentfoundation.org/t/i-am-exhausted-this-is-my-resignation-from-the-board-of-directors-of-the-document-foundation/12950

Alors je ne sais pas ce qui se passe mais ce n’est pas de très bonne augure pour LibreOffice.

Quelqu’un connait les dessous de ce drama ?

  • # lien du lien et commentaires

    Posté par  . Évalué à 3 (+1/-0).

    https://linuxfr.org/users/alimentaire/liens/libreoffice-drama-tdf-removes-collabora-developers-in-one-sweep

    Rappel important : vos amis qui se sont retournés contre vous parce que la TV leur a dit de le faire : ils le feront encore.

    • [^] # Re: lien du lien et commentaires

      Posté par  (site web personnel, Mastodon) . Évalué à 2 (+0/-0). Dernière modification le 03 avril 2026 à 22:39.

      On peut même reprendre la discussion ici, plutôt que sur le lien où elle n'a pas vraiment démarré. J'y disais donc :

      • The Document Foundation (TDF), une organisation à but non lucratif, développe LibreOffice (LO), la suite bureautique qui fonctionne hors ligne, comme Microsoft 365. LO est gratuit.
      • TDF développait aussi LibreOffice Online (LOOL), une version en ligne de leur suite qui permet à plusieurs personnes de modifier simultanément le même document, comme Google Workspace (et Microsoft 365). LOOL était aussi gratuit.
      • Collabora, une société à but lucratif, a développé un fork de LOOL : Collabora Online (COOL), payant. Collabora propose aussi une version gratuite de COOL, nommée Collabora Online Development Edition (CODE). J'imagine que COOL a des fonctionnalités fermées qu'on ne peut pas intégrer à CODE, et que la licence à copyleft faible de LO (en l'occurrence la MPL) autorise Collabora à faire ça.
      • En 2020, TDF a mis LOOL au "grenier", autrement dit en pause. COOL et CODE deviennent la solution par défaut pour utiliser LO en ligne.
      • En novembre dernier, Collabora a sorti Collabora Office for Desktop (CODA), une version de leur suite hors ligne, comme LO, ce qui n'aurait pas plu à TDF selon The Register (qui est un peu un tabloïd quand même).
      • En février dernier, TDF a ressorti LOOL du "grenier", ce qui n'a pas plu au patron de Collabora (cf. The Register op. cit.).

      Je vous laisse rajouter ce que j'ai certainement oublié !

      Voir aussi :

      Ah, et pour votre gouverne, on s'amuse à lancer des idées pour une suite bureautique GNOME ici (bien que, depuis que Tobias Bernard a ouvert ce ticket il y a six ans, ses efforts se portent aujourd'hui sur le projet Reflection et le local-first, comme je vous en parlais ici)

  • # C'est très compliqué

    Posté par  (courriel, site web personnel, Mastodon) . Évalué à 6 (+3/-0). Dernière modification le 03 avril 2026 à 21:47.

    Italo Vignoli est revenu, c'est lui qui s'occupe du blog de TDF. Et Florian Effenberger est toujours directeur administratif.

    En gros il y a une énorme période de tourmente. Autant copier la traduction faite par Sophie Gautier assistée DeepL sur le blog de TDF (en) en réponse à Collabora :

    Commentaire à propos du billet de blog de Collabora

    Nombreuses sont les personnes qui ont demandé à The Document Foundation sa position officielle concernant l'annonce de Collabora dans un article de blog.

    Ce n'est ni la première ni la dernière annonce de ce type dans l'univers des logiciels libres. Collabora estime devoir investir dans un produit spécifique, différent des suites bureautiques complètes et traditionnelles telles que LibreOffice. Ils sont, bien entendu, libres d'adopter cette approche, conformément à la licence MPL.

    Cependant, Collabora présente cette décision comme une conséquence directe de la décision du Comité des membres d'exclure ses employés de The Document Foundation en vertu du Règlement de la Communauté (Community Bylaws) récemment approuvé.

    Le Règlement exige l'exclusion des employés des entreprises impliquées dans des litiges juridiques avec The Document Foundation, car, par le passé, des décisions ont été prises dans l'intérêt de leur employeur plutôt que dans celui de la Document Foundation.

    Nous préférons éviter toute discussion supplémentaire sur les responsabilités de chacun, car cela engendrerait des débats interminables qui ne profiteraient pas au projet dans son ensemble (i.e. The Document Foundation, les entreprises de son écosystème et ses contributeurs bénévoles).

    Malheureusement, une série de mauvaises décisions prises par le passé ont engendré un problème persistant qui a pris de l'ampleur, menaçant sérieusement le projet. The Document Foundation aurait pu perdre son statut d'organisme à but non lucratif, ce qui aurait eu des conséquences imprévues.

    Ce risque demeure, mais grâce à des règles strictes, telles que celles incluses dans le règlement de la Communauté, dont l'application est contraignante pour tous, il est considérablement réduit et, espérons-le, évité.

    Le projet accueille avec plaisir les contributions des fervents défenseurs de l'open source. Comme la majorité des membres de Collabora partagent cette conviction, nous comptons sur leur contribution continue le moment venu.

    Par ailleurs, la radiation du comité des membres n'entraîne pas l'exclusion de la communauté. Toute personne est la bienvenue pour contribuer et participer.

    De son côté, The Document Foundation recrute des développeurs et les dons sont en hausse, ce qui permettra d'accroître le nombre de développeurs et de membres de l'équipe.

    Dans le contexte actuel, le projet doit se concentrer sur l'opportunité offerte par l'intérêt croissant pour les véritables solutions FLOSS qui soutiennent la souveraineté numérique – ou, si vous préférez, la liberté de posséder et de contrôler son infrastructure, ses applications et ses documents.

    Les mauvaises décisions dans le passé ont contribué à créer une ambiance délétère tout en risquant de remettre en question la qualité d'organisme à but non lucratif de TDF avec les conséquences financières rétro-actives assorties. Apparemment ça commence à aller mieux.

    Je n’ai aucun avis sur systemd

    • [^] # Re: C'est très compliqué

      Posté par  (site web personnel) . Évalué à 2 (+0/-0).

      des entreprises impliquées dans des litiges juridiques avec The Document Foundation

      Le cœur du sujet est là et apparemment personne ne sait quel est ce litige.

      Un LUG en Lorraine : https://enunclic-cappel.fr

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