Pourquoi ajouter une formulation méprisante à ce qui serait, sinon, une information pertinente ? Tu as trouvé un lien. C'est cool. Tu le partage, ce qui sera apprécié par celles et ceux qui veulent une info plus officielle. Mais le "il suffisait" était-il nécessaire ? Ça donne vraiment l'impression que le sous-texte est "bande de nullos incompétents". Ça le donne d'autant plus que tes interventions sont très souvent parsemés de ce genre de formules méprisantes, pas directement insultante mais laissant une impression désagréable de condescendance permanente.
Je trouve éclairant le point 8, qui montre que c'est clair que la slop-communication n'est pas appréciée ici. Y compris pour les IA.
Le prompt originel (car c'est effectivement une réponse d'IA, quasi sûr, même avec les éléments censurés on retrouve les tournures LLM) pourrait être "comment présenter [nom du projet et lien] sur linuxfr", ça suffirait à générer une réponse de ce genre.
Ce qui amène au présupposé "Si vous êtes capable de produire cette structure par vous-même" : hem, visiblement pas. Certes, avec ce "plan" un humain qui rédige avec ses propres mots sera déjà mieux reçu que celui qui aura tout fait rédiger par LLM, d'un autre côté la structure elle-même sentirait déjà trop le LLM pour pas mal de moules. Perso je ne supporte vraiment pas les sites qui suivent le même plan ("Qu'est-ce [truc] ? Comment choisir le bon [truc] ? En quoi [truc] va changer votre vie ?"), générés par de mauvais LLM. Là, rien qu'à "les limites des offres gratuites" j'ai commencé à me hérisser. Ce n'est pourtant pas complètement un mauvais plan. Enfin, si, c'est d'un niveau collège, et je préfère lire les journaux totalements foutraques qui partent dans tous les sens et dont on hésite, en fin de lecture, sur ce que l'auteur voulait raconter, que ceux qui suivent un plan scolaire pour essayer de vendre un truc.
Mon message serait plutôt :
- Si vous avez envie de raconter quelque chose, faites-le, mais avec vos mots, même n'importe comment.
- Si vous trouvez votre niveau de français trop mauvais, utilisez grammalecte et puis essayez une dépêche : d'autres humains pourraient vous aider à améliorer un peu si besoin.
- Si vous avez envie de faire la promo de quelque chose (même gratuit), retenez-vous, lisez tous les contenus de linuxfr durant au moins deux mois, réagissez dans les commentaires (aux contenus, pas pour faire votre pub) et seulement quand vous aurez bien saisi ce que la communauté a envie de lire, tentez le coup.
L'ambiance ici est particulière, c'est certain. Je suis assez certaine qu'un LLM peut l'analyser et en expliquer les grandes lignes (mais passer à côté des subtilités, car il y a un petit écart entre ce qui est dit et assumé sur la communauté, et la réalité de terrain). Ça me semble ok de s'aider d'un LLM pour éviter les faux-pas en tant qu'arrivant, mais le premier conseil devrait rester "ferme-la, observe, et interragis avec prudence via les commentaires". Ce qui est valable dans tout espace de socialisation à mon avis.
Ceci dit, pour qu'un LLM donne un conseil dans ce genre, il faut que le prompt initial ouvre dans cette direction. Il aurait fallu que le prompt ressemble plus à "J'aimerais présenter [nom du projet et lien] sur linuxfr. Quelles sont les bonnes pratiques à respecter ?"
Et pour vérifier mon intuition, je viens de le demander à Deepseek (mode pensée et recherche activée, sur un site qui m'appartiens, ce qui m'a permis de vérifier que je ne permettais effectivement pas à Deepseek de le consulter et qu'il n'avait pas trouvé comment passr outre…). Il y a un passage savoureux :
Il faut comprendre que le site est une communauté de passionnés exigeante, avec ses propres codes et une ligne éditoriale claire. Bien préparer votre publication est la clé pour éviter un accueil mitigé, voire un rejet par la modération.
Je ne sais pas pour la ligne éditoriale (ça parle de flim, de moustiques, de cuisine et d'informatique, mais le LLM semble l'ignorer) et le rejet de la modération (qui est plutôt douce), mais l'accueil mitigé est un risque réel :D
Le reste est pas si pertinent, franchement (donc mon prompt est nul, ou Deepseek, ou tout simplement : c'est pas si simple de remplacer un temps à réellement s'intéresser aux codes d'une communauté par un prompt).
Sinon je pense qu'on a trouvé l'IA qui a répondu, parce qu'après son message initiale où elle explique les grandes lignes du fonctionnement du site et les sujets litigieux à éviter (pas de mention de l'IA slop hélas), je lui demande "et si je préfère présenter ça sous la forme d'un Journal ?" et j'ai droit quasi au même plan. Je le copie ; je sais c'est mal de partager la prose IA, mais à ce point, elle en devient presque déterministe :
La présentation : En deux phrases, expliquez ce qu'est [machin].
Le problème de départ : Quel besoin ou quelle limite votre projet adresse-t-il ?
Le principe : Comment fonctionne-t-il ? Quelles sont ses fonctionnalités clés ?
Ce qu'il sait faire : Détaillez ses capacités (compatibilité, vitesse, suivi, etc.).
L'installation : Fournissez les commandes nécessaires et un exemple simple.
Les choix techniques : Mentionnez les points importants (zéro dépendance, pas de télémétrie, sécurité, etc.).
Les limites : Soyez honnête sur ce que le projet ne fait pas encore, en le comparant à d'autres solutions existantes.
Transparence : Si le projet a été développé avec l'aide d'une IA, mentionnez-le d'emblée. La communauté apprécie la transparence.
Les liens et l'appel aux retours : Terminez par les liens (dépôt, site) et invitez explicitement les lecteurs à donner leur avis.
Mouais, autant je suis globalement d'accord sur le fait que c'est pénible de lire des textes écrits par IA, autant dans les contextes de "bullshit obligatoire" je trouve que les LLM font bien le taf. Les lettres de motivations sont un exemple parfait. Ça fait des années que j'accompagne des gens à qui on demande des lettres de motivations pour des jobs où sérieusement, ça n'a aucun sens. Je ne parle pas des jobs de CSP+ (Là, il y a des jobs où une lettre de motivation est pertinente ET réellement lue ET peut faire la différence), mais ceux du type "caissière" ou "ouvrier à l'usine de fromage".
Personne ne lit réellement ces lettres, elles servent juste à faire un tri entre ceux qui savent suivre une consigne et se plier à ce qui est attendu, et discriminent finalement des gens parfaitement adaptés pour le poste mais n'ayant tout simplement pas le niveau en français. Avant les LLM, je "générais" les lettres avec des formules types pour les gens, maintenant les LLM font le taf, mieux que moi au final, parce que j'ai toujours trouvé l'exercice d'un ennui abyssal. Pas difficile (le privilège d'avoir le niveau attendu en français), mais sans aucun intérêt. Et note que de toute façon, dans un cas comme dans l'autre, la personne qui cherche le job n'est pas celle qui rédige réellement la lettre…
Les LLM, pour moi, excellent particulièrement dans le bullshit écrit. Et l'idéal, ce serait qu'on supprime ce besoin-là, avant tout.
Si le monde du travail était bien fait et honnête, le tri initial sur ce genre de job se résumerait à une petite discussion téléphonique : "oui bonjour, j'ai vu que vous engagiez, ça m'intéresse, je suis dispo, j'ai les compétences, j'apprendrais ce qui manque et votre salaire de misère est okay parce que j'ai vraiment besoin de pouvoir payer mon loyer. Lundi 15h ? Ok j'arrive, je vous montrerais que je suis la bonne personne". Un peu trop honnête sans doute, mais bon, sérieux, ça n'a aucun sens de demander des lettres de motivations sur des jobs de ce genre.
Il y a tout un tas de trucs comme ça où "rédiger" est juste une demande de bourgeois sans aucun intérêt. Tous les sites qui proposaient des "lettres-types" démontraient justement à quel point ce genre d'exercice était bâteau. Des lettres où le peu d'infos utiles tenaient sur un post-it, mais qu'il fallait écrire en respectant tout un tas d'usages.
Est-ce pertinent d'avoir remplacé ça par des générateurs de lettres qui demandent de cramer la planète ? Sans doute que non, mais au moins, il n'y a plus besoin d'avoir dans son entourage une personne qui a eu son bac pour rédiger ce genre de lettre.
Il est inventif ton Gégé, j'ai bien rigolé en lisant sa proposition !
Avec ton prompt je comprends pourquoi il a fait une métaphore avec le sable, et je me demande ce que ça va donner dans les jours qui viennent. Vas-t-il continuer à parler de plage ?
Au delà des critiques faciles, je trouve cette expérience intéressante. J'aime vraiment beaucoup voir les capacités et incapacités des LLM dans les aspects "créatifs". Certains aspects sont trop lisses ou attendus, mais il y a aussi par moment des vrais pépites. Ce genre d'exercice permet aussi de mieux percevoir les "voix" de chaque agent. Rien que là, entre Gégé qui garde le sable et trouve à "raser", Claude qui sort le fait qu'il parle pour autrui et Kimi qui prétend se rebeller : les réponses sont très différentes dans l'approche comme dans le traitement. Je me suis marré, par ailleurs, ce qui est finalement un bon succès car ce n'est pas forcément gagné en lisant de la prose de LLM (ou d'humain).
J'espère que Milotche branchera les autres API grand public, je suis curieuse de voir ce que racontera Deepseek ou ChatGPT, entre autres.
Il est assez évident que le journal va être moinssé à mort rien que parce que ça parle de faire causer des LLM et que le code doit être vibe-codé, mais c'est en rajouter une couche que de ne même pas rendre le code libre. Est-il si sale que ça ? As-tu un business plan sur le sujet si fantastique qu'il faille absolument tout refermer ? Parce que l'idée est sympa (si si, moi j'aime bien, et j'ai pris plaisir à lire les trois propositions du jour), mais je ne vois aucun intérêt à garder ça fermé. L'ouverture d'autres instances, si vraiment les gens trouvent ça passionnant, ne donnera que des variations dans les réponses des agents : ça peut être fun, sans être gênant (sauf pour la planète). Ça permettrait surtout de proposer d'autres contraintes (30 contraintes = un seul mois de test ?).
Et par ailleurs, je doute que le code soit si complexe : c'est assez simple comme site. En fait j'ai l'impression que même moi qui ne suis pas codeuse pourrait réussir à guider un llm pour me coder une version dans l'aprem… Exercice sans intérêt, j'ai des choses plus passionnantes à faire, mais il me semble que ta seule vraie plus-value est de toute façon ce qui ne se met pas dans un dépôt public : les histoires que les agents vont raconter au fil des jours et le fait que le site est accessible. Le code est assez secondaire, ce n'est pas lui qui fait la valeur de l'expérience.
Donc vraiment, j'aimerais comprendre : pourquoi garder un tel code fermé ? Quel est l'intérêt, l'argument ?
Par ailleurs, puisque tu es conscient que nous sommes sur un site de libriste et que ça va être un sujet, pourquoi venir proposer ça ici ? Est-ce que ça n'aurait alors pas été plus pertinent de proposer uniquement sur les sites de fanboys de LLM ? Parce que franchement, choisir Linuxfr pour quelque chose qui mixe "LLM+Non libre", c'est pas mal à côté de la plaque, sauf à être maso.
Ça m'est arrivé une fois… pas d'engueuler l'équipe, quand même, mais j'étais tellement sous l'eau, choisir un bouquin était trop compliqué, d'autant que ma culture tech étant étroite, il faut trouver dans l'énorme liste ce que j'ai une chance de réellement lire. Ou trouver quelqu'un qui est intéressé par un livre dans mon entourage ET capable de répondre sans que je relance. Bref, cette fois-là, j'ai juste laissé ça de côté.
Ça me fait vraiment très, très bizarre de voir mon nom là alors que j'ai posté hier… Je note que les gens aiment bien les récits de foirages ! Mais la note a le temps de redescendre, c'est court pour savoir comment un journal est réellement reçu.
L'excuse des robots scrappers pour les LLM étant parfaite pour qu'on ne cherche pas d'où ça vient. Est-ce que je vire parano-complotiste?
Disons que même si je pense que les scrappers-llm sont dans le problème… je doute que ce soit la seule chose derrière ces attaques. Il y a, je trouve, des choses bizarres. Typiquement là : il y avait plusieurs domaines sur le même serveur, certains très anciens, d'autres avec une très grosse visibilité, et l'attaque ne visait qu'un seul des domaines. Pourquoi celui-ci et non les autres ?
On nous a longtemps dit "indexer le web pour faire un nouveau moteur de recherche, oulah, ça coûte trop cher". Sauf que c'est bien ce que les LLM ont fait pour entrainer leurs modèles, non ? Et que ces bots semblent reproduire ? Soudain ça ne semble pas un coût si difficile pour des boites assez "neuves".
Je sais que dans les bots que je bannissais de mon serveur mail (à la recherche de failles), il y avait ceux d'une boite se prétendant être de "sécurité" (sur son site officiel). C'est vrai que tenter d'exploiter les failles pour venir dire ensuite "avec nous, vous serez protégé", c'est une tactique commerciale. Douteuse, illégale même sans aucun doute, mais si ça permet que les gens paient ? Peut-on envisager que des services de proxy genre Cloudflare jouent aussi à ça ? Après tout, en tant que MitM, ils ont déjà accès à des milliers d'ip pour faire ça…
Il y a aussi des intérêts gouvernementaux à fliquer sa population, à pousser à ce que la navigation ne soit pas privée mais identifié : le rêve de tout totalitarisme. Et le capitalisme aussi adore ce genre de totalitarisme : pouvoir pister chaque individu pour savoir exactement dans quel algorithme le guider et qu'il consomme au maximum avec les bonnes incitations au bon moment (les pubs ? c'est trop 2000 les pubs… y'a des tactiques plus efficaces), c'est déjà assez documenté sur d'autres pratiques.
Peut-être aussi qu'on sert de test pour des hackers qui prévoient des DDoS sur des cibles plus stratégiques. "Ce petit projet libre sans moyen nous a mis hors-ligne en une semaine, l'entreprise/l'état qu'on vise le fera en une journée ; on tente ou on attends d'avoir plus de bots ?"
Tout ceci est effectivement du niveau des théories parano-complotiste, mais comme dirait un cher ami paranoïaque : "parfois, une des théorie s'avère valide".
Je me méfie un peu des analyses trop rapides (j'ai fait assez d'erreur avec ça) : oui, ces DDoS peuvent être le fait d'agents IA, mais il y a des aspects qui ne collent pas du tout avec ce que j'ai compris de l'IA (un savoir assez léger, cependant, je l'admet). Qu'est-ce qu'on va trouver derrière ces DDoS à la fin ? Je trouve que ce n'est pas si clair que ça et je me méfie du "on-dit", largement utilisé en propagande.
En tout cas, à mes yeux, le web ouvert et anonyme est de plus en plus en danger (et le reste d'internet n'est pas loin derrière), non pas avec un seul complot, mais via un faisceau de divers acteurs immoraux, parce que oui, tout cela nous pousse à fermer, à contrôler, à briser les anonymats.
Je viens de voir ce commentaire bsky (lié à une discussion dans un lien plus haut) :
Oui parce que je ne sais pas comment je ferai pour empêcher ça. Bloquer la première requête. Attendre la seconde ? 😅 (Les utilisateurs légitimes vont adorer)
Alors… ça parait effectivement un peu absurde vu comme ça, mais en fait, je me demande si ce ne serait pas une façon d'alimenter une liste d'ip "à voir". Quelqu'un qui recharge la page dans les 5 minutes est très probablement un humain qui s'est dit "heu, j'ai internet qui a bugué".
On a ça dans les tactiques de mail : un premier handshake, on demande de revenir plus tard, et on laisse passer la seconde fois. Ça filtre pas mal sur le mail sans tout régler (et ça crée des tas de soucis à côté, aussi, genre ces serveurs de GAFAM crétins qui retentent avec leur second serveur mail, et il faut attendre qu'ils aient passé les 10 en leur possession pour voir revenir le premier et son courrier…).
Appliquer ça sur le web ferait sans doute partie des solutions un peu boiteuses, mais qui pourraient peut-être permettre de gérer ce genre de DDoS sans trop bloquer les personnes légitimes. Parce que là, dans les logs, en une heure de temps, 99,9% des ip ne faisait qu'une seule et unique visite.
Techniquement, comment ? Je ne sais pas. Mais je serais curieuse d'explorer l'idée.
On n'est heureusement plus trop au temps (que j'ai connu) où la moindre question générait une rafale de RTFM et autres amabilités "pour aider le p'tit gars paumé".
Je reconnais aussi que la communauté de linuxfr.org est quand même, dans l'ensemble, plutôt aimable (il y a des coins d'internet bien plus infréquentables). La preuve : jusque là, les retours sont vraiment très chouettes. Mais il y a quand même dans la communauté des personnes vraiment, vraiment désagréables, de façon quasi systématique, dont je n'ai aucune envie de lire l'avis, qui le donnent bien trop facilement en plus, et hélas je ne sais pas comment ne pas les voir.
Je gère ça en lisant les commentaires à un moment où, si jamais une de ces personnes est passée, je me pense capable de gérer sans en perdre le sommeil ! Et au final, ne voir que des commentaires pertinents, ça me rebooste…
Bon, tout d'abord, pour moi ça n'a pas été du tout du TL:DR, loin de là. Sans doute parce que c'est principalement du chinois antique en ce qui me concerne (aucune compétence en réseau), même si j'ai un peu pigé les divers pièges et impasses. En tout cas j'ai appris quelques trucs intéressants que je ne soupçonnais même pas (oui, le béotien débutant qui plus est !)
Je suis contente que ça reste plus ou moins compréhensible même sans bien connaitre ! C'est toujours compliqué à écrire, ce genre de récit, car je sais qu'il y a ici des vrais cadors qui vont trouver que j'explique trop longuement des banalités, et des gens dont l'expertise n'est pas du tout là et pour qui j'aurais peut-être pu mettre un peu plus de liens vers des définitions… mais ça serait devenu très indigeste. Un public éclectique, ce qui est aussi intéressant ; j'ai personnellement énormément appris au fil des ans grâce aux divers contenus de ce site.
Pour LinuxFr.org, la situation n'est guère différente
Merci, ça me fait plaisir de voir que les choix ne sont pas si différents !
Et dans le cas de LinuxFr.org, bannir quasiment le monde entier est difficilement envisageable, il y a des gens d'un peu partout qui viennent mouler (pour de vrai)…
À part dire "bon courage", il n'y a pas grand chose à ajouter :D
Tout le monde ou presque semble souffrir de ça mais de ce que je vois, presque personne ne porte plainte et j'aimerais comprendre pourquoi.
Je dois dire que si j'avais de l'énergie à consacrer à ça, je ne saurais pas par où commencer. Attaquer (légalement !) les ASN qui ont relayé les attaques ? Chaque individu derrière les ips qui ont servi à ça ? Ça demanderait un gros boulot d'enquête pour définir qui est derrière, non ? On suppose que cela vient des malwares intégrés dans les app, mais si on en avait des preuves légalement recevables, ce genre de procès serait déjà fait ?
Je suspecte que les organismes capables de porter de tels procès aient aussi les moyens de juste gérer ces DDoS en payant une armée de tech compétents, et que ça revienne moins cher. D'autant que là, dans mon histoire, oui je peux tenter de dire que j'ai subi un préjudice mais… au final les bots n'ont rien fait de directement illégal (ils ont visités des liens publiques), et on pourrait facilement me retoquer en disant que je n'avais "qu'à" avoir une infra réseau plus solide.
Je reste une sysadmin du dimanche ; je ne sais pas du tout comment cela est perçu par les sysadmins dans les entreprises, si les décisionnaires dans les entreprises en question les écoutent, si le problème est vu comme un problème à ce niveau.
Le souci c'est que ce sont les petites structures qui morflent le plus dans cette bagarre, celles les moins à même de saisir l'institution judiciaire.
Je l'avais mis dans mes marques-pages… Et je m'étais dit que c'était un peu trop de boulot à adapter sur notre infra, mais quand même "à regarder" (sans doute demain !). je crois que Dokuwiki a un système similaire. Je ne suis pas certaine que ça aurait servi sur le DDoS, par contre : dans ce cas précis, il fallait vraiment qu'Apache arrête de répondre aux bots, tout court. En tout cas ce n'est pas trop pénible pour les utilisatrices, et ça filtre un peu tout de même en séparant les bots les plus basiques des humains qui le sont un peu moins.
Commencer à perdre les pédales sur des sujets anodins (comme lorsque j'ai vu rouge parce que je devais choisir un bon truc à manger…), quand ça devient régulier dans le temps, ça fait partie des innombrables signes d'un épuisement mental vraiment problématique. Au travail, on va parler de burn-out, et en principe le terme ne s'applique que dans le monde professionnel mais, dans la pratique, je constate des effets similaires chez des mères de familles ou des gens engagés dans les asso. Trop à faire, trop à gérer, non stop, on n'en voit pas le bout, il y a trop peu d'espace pour décompresser, se reposer, etc, et la cocotte-minute finit un jour par sauter.
Ce sont des signaux d'alertes à prendre sérieusement en compte. Et en fait, c'est plutôt bon signe d'être capable d'envoyer paître les gens (même s'ils n'y sont pour rien), ça veut dire qu'on est en état de ralentir l'arrivée dans le mur, de dire non à une partie des trucs à gérer. C'est pas très cool à vivre, cependant (pour soi comme pour les autres), mais bon…
Pour le coup, je trouve que la plupart des gens sont effectivement très compréhensifs quand on explique notre état mental (sans doute parce qu'il y en a pas mal qui vivent ça à des degrés divers…). Ça aide à faire face. Plus que les conseils à la noix des pseudo-coachs… j'ai un peu envie de bouffer ceux qui me conseillent de "prendre des vacances" : ouais, comme si je pouvais partir 3 mois à l'autre bout du monde avec juste ma liseuse, sans aucune conséquence pour ma vie ou les gens auprès de qui je me suis engagée…
Bref, ceci est donc aussi un appel général : envoyez paître les demandes avant de craquer :D
(Malheureusement, les badbots ne sont pas du tout compréhensifs, par contre…)
De ce que j'ai compris (qui peut être foireux), les listes ne sont pas "par pays", mais "par ASN", et on estime que tel ASN est en train de fournir tel pays. Par exemple Orange a plusieurs ASN (on voit ça ici par exemple), dont certaines sont explicitement déclarées comme étant dans un pays.
Ensuite, avec ces ASN, on a plein de panachage possible. Par exemple, j'aurais pu me dire : je prends les grands FAI des quelques pays que je suis, je ban le reste. Mais ce faisant je banissait forcément aussi les petits fournisseurs genre FDN (y'en a vraiment un paquet rien qu'en France).
À un moment il faut faire un choix dans les listes. Là, j'ai décidé de faire confiance aux listes de https://www.ipdeny.com/ (c'est pas geoip pour le coup) ; je ne sais pas ce qu'elles valent dans le détail, mais quand j'ai regardé ce qu'il y avait dans les ASN associés à la France, j'ai effectivement trouvé les ASN des divers gros FAI français, les plages où étaient les IP de certains membres (certains n'étant pas chez les gros), et autres.
Par contre je ne prétends pas que c'est idéal, bien loin de là. Déjà ces attributions changent à l'occasion et des plages attribués à une boite en France peuvent passer dans un autre pays (et j'imagine que c'est d'autant plus facile que la boite en question a une activité internationale). Ensuite il y a plein de moyens de contourner ça, par exemple utiliser des proxy en France qui relayent un flux qui vient d'ailleurs (c'est très certainement la façon dont les bots fonctionnent). Enfin : je déteste viscéralement bannir des gens sur un délit d'appartenance nationale, ça a des relents puants.
Mais vraiment, à ce stade, je n'ai pas trouvé plus efficace pour m'en sortir. Ça marche pour le moment, ça répond à l'objectif, et le taux de mécontents dans les gens qui me font des retours en allant sur les services que je gère est à 0% pour le moment. Je le répète : ce n'est pas une bonne solution. Par contre ce n'est pas du charlatanisme, vu que ça a l'effet escompté (avec sans aucun doute plein d'effets de bords que je n'ai pas encore listé/vu).
Et sur la question du filtrage, c'est aussi un souci complexe. Pour donner un exemple, comment tu gères si un modèle doit analyser les thèmes de Lolita, ou qu'on demande à traduire le roman en luxembourgeois ? Et des cas de filtrage automatique pourri, il y a eu des exemples connus (par exemple celui du père qui a été banni de Google pour avoir envoyer des photos à la demande de son docteur en 2022).
Il y a une différence entre ce qu'il y a dans les machines et ce que les utilisateurs peuvent amener. Les entreprises qui ont fait le choix d'inclure dans des données d'entrainement des textes/images érotiques,pornographiques voir pédoporn ont une responsabilité. Je ne crois pas que Lolita soit obligatoire à inclure dans le corpus pour qu'un LLM apprenne à faire des phrases qui sont syntaxiquement correcte. Certes, ça aurait demandé de ne pas inclure toute la littérature de "romance" mais il y aurait encore eu assez de données pour apprendre à parler aux LLM. Ça aurait aussi demandé d'inclure bien moins d'images de filles légèrement vêtus et ça aurait sans doute été un mieux pour la variation dans les générations d'images par la suite. Ensuite, dans le cadre d'analyse/traductions d'œuvres litigieuses (comme Lolita), je doute que ça aurait eu beaucoup d'impact. À l'origine, Deepl avait été entrainé uniquement avec des textes traduits de façon certifiée (un corpus plutôt limité !), et ça ne l'empêchait d'arriver à traduire des textes avec des fautes, sur les sujets les plus variés.
Les base de données des LLM ont été créés dans un cadre puritain (américains et chinois principalement ; les deux cultures ne sont pas des plus à l'aise avec la sexualité, qu'elle soit positive ou non). Il y a dans ces cultures tout un discours moral plutôt tranché (auquel on adhère ou non, mais il est là), où l'épouvantail du pedoporn est régulièrement brandi pour des prétextes variés, servant généralement à faire reculer des droits fondamentaux et à opprimer, plus qu'à réellement protéger les victimes. J'aurais attendu un peu plus de cohérence côté politique. Et il y a quand même une différence sans appel entre la façon dont certaines grosses entreprises ont mis très vite tous les gardes-fous qu'elles pouvaient et celles qui se sont vautrés dans le stupre sans remord. Faire générer une phrase vaguement sexuelle à ChatGPT a toujours tenu du jailbreak ; éviter du porn grossier et non consensuel avec Character.ai tenait du jailbreak dans le même temps. Le second ciblant très clairement les ados dans son marketting, et ayant des modèles visiblement entrainé sur des chat porn, à quel moment on arrête de donner des excuses ?
Je précise bien que ce qui m'horripile est l'hypocrisie politique plus que tout le reste. Ouais, bon, je trouve très moche que des gamins soient exposés à des choses crasses, mais ça c'est une opinion un peu facile (qui va défendre le contraire ?). Mais là on a des politiques, des gens qui ont le pouvoir d'agir, qui disent "écoutez, ça fait rentrer des sous, alors on ne va pas arrêter tout de suite ces gens ; on va plutôt commencer par frapper là où il n'y a pas d'impact économique. Mais oui, oulala, c'est grave hein ! Un jour, un jour, vous verrez, on va taper des poings sur la table et dire qu'on est pas content ! Par contre, déportez moi ces immigrés en camp de concentration, ils ne rapportent pas de sous."
Je ne suis pas surprise, mais ça m'agace mortellement. Et je ferais mieux de faire un peu de méditation, parce que ça n'a rien de nouveau que les politiques soient des tartuffes qui nous prennent pour des crétins et que ça ne va pas s'arrêter parce que je partage mon humeur ici ;)
Je te rejoins par ailleurs sur le souci de la modération automatique, cette fois sur le contenu amené par les utilisateurs. Là on a forcément des dérives et soucis, largement documentés, ce qui est encore un autre problème à mes yeux. Or, on voit se monter un arsenal qui va frapper plus fort sur les gens comme ce père de famille, tout en laissant les vrais nuisibles (comme Grok) continuer sans grosses conséquences. Mais pour le coup, je ne suis pas certaine que cet AI Act vise cela ? Cela semble plutôt se concentrer sur ce que les entreprises laissent générer/exploitent comme données.
Je suis un peu perplexe sur le fait qu'indiquer qu'on a affaire à du contenu généré/modifié par IA doit être signalé dès maintenant, tandis que le "contenu sexuellement explicite et intime non consensuel ou du matériel d'abus sexuel sur enfants", c'est toléré jusqu'en décembre, avec l'excuse "Leur entrée en vigueur a été récemment retardée pour laisser le temps aux entreprises de s'y préparer." Heu ? On sait que la lutte contre la pédophilie est juste un argument utilisé pour noyer divers poissons et pas une réelle préoccupation politique, mais là c'est un peu trop visible non ? Je crois que c'est définitivement la partie qui me fait le plus tiquer. Bloquer l'accès à certaines entreprises pédophiles me semblerait pourtant "à faire là, de suite ; et on triera plus tard si on débloque". C'est pas un peu plus critique que le slop-website qui vante les mérites de (insérer un produit lambda) ?
Même si la formulation de l'ensemble du document pique sur pas mal de point. Genre "Ce règlement européen interdit notamment certaines pratiques, comme l'utilisation de l'intelligence artificielle pour vous tromper ou vous manipuler, ou pour exploiter les vulnérabilités liées à l'âge ou aux situations de handicap." => Ho ben, ça va alors, ces pratiques sont autorisées si c'est fait sans IA ? (heureusement, non…).
J'espère que les textes officiels sont mieux rédigés ; je n'ai pas encore la foi d'aller les lire, mais ce résumé est assez effrayant.
Mais on peut offrir un point d'eau sans héberger des moustiques (ni noyer des hérissons). C'est même assez facile : une coupelle (du type de celle pour l'eau des plantes) à un endroit où on passe tous les jours. La faible profondeur fait que l'eau est bue/s'évapore rapidement (on remet alors de l'eau), et si ce n'est pas le cas, de toute façon on vide et rince au moins tous les deux jours. Le nettoyage de la coupelle vire les éventuels moustiques, la profondeur n'est pas suffisante pour que quiconque s'y noit, sauf les insectes les plus maladroits à la limite. Et encore, même eux sont souvent capables de regagner le bord d'un coupelle et de s'y sécher…
Je n'avais pas lu en détail au delà de l'intro mais clairement : on ne noie même pas un lézard dans 3 centimètres d'eau. Heureusement d'ailleurs. La plupart des bestioles savent nager, et si la coupelle est basse, ben… enfin… j'sais pas… Le seul vrai risque c'est effectivement de faire pondoir, mais un petit truc comme ça se nettoie très bien régulièrement.
Tu as parfaitement le droit de minimiser les chiffres. J'aurais tendance à dire que vu la façon dont certaines choses sont présentées dans ce genre de rapport, on en est plutôt encore à invisibiliser une partie des problèmes. On ne parle pas de "moins de 1%".
Beaucoup d'auteurs vendent peu et ne rapportent rien ou presque à leur éditeur.
1) Pourquoi un éditeur décider de publier un auteur dont le travail n'est pas vendable ? Pour favoriser la saturation du marché ? Parce qu'il est trop incompétent pour juger de la qualité d'un livre ?
2) S'il est en réalité vendable, pourquoi ne fait-il pas son travail de promotion de façon égalitaire entre ses divers auteurs ?
Si je compare de mon expérience les bonnes et de mauvaises maisons d'éditions : dans les bonnes, chaque livre finalement imprimé sera défendu de la même façon, et les déséquilibres entre les ventes ne sont pas immenses. Il y a des flop et des tops, mais c'est équilibré. Dans les mauvaises maisons, tous les efforts sont mis sur "l'auteur qui rapporte", les autres servant à justifier d'un peu de volume, à se donner bonne conscience, à "sur un malentendu, on ne sais pas", et autres raisonnements que je ne suis pas capable de comprendre, mais ce qui est certain, c'est qu'il y a une différence de traitement a priori, avant même qu'un livre soit sur le marché, faisant que tout le monde n'aura pas les mêmes chances. C'est étrangement souvent ces dernières qui rechignent aussi à payer 100€ de droit d'auteur par an à leurs "petits" pour les raisons pré-citées.
Après, je ne sais pas pourquoi je discute. Il y a tout ce qu'il faut de rapports et d'études montrant l'état catastrophique de la création littéraire en France, il y a des rapports officiels qui pointent tout ce qui ne va pas ; que ce soit confirmé par ce que me racontent mes proches est absolument secondaire, mon témoignage a évidement bien moins de poids que ces rapports et je ne prétends rien d'autre, mon seul objectif initialement étant de saluer le fait que SpaceFox, lui, fait le choix de bien faire, et qu'il n'y a pas à minimiser son choix, bien plus honorable que ce que d'autres font dans la profession.
Les problèmes sont identifiés, les causes clarifiées, et le souci ne va pas se régler dans une discussion sur linuxfr. Mais vu que ça touche des gens que j'aime et que j'apprécie, qui sont pour la plupart réellement talentueux, je vois un peu rouge quand on utilise des sophismes douteux pour minimiser le fait qu'ils se font exploités voir escroqués. Et je ne comprends vraiment pas ton intérêt à dire que ce n'est pas grave que nombre d'auteurs subissent cela, de les réduire à un chiffre négligeable.
Il y a effectivement une politique chez Amazon d'avoir un stock déjà dispo. Ce qui est assez logique finalement vu qu'ils promettent de livrer "vite".
Je n'avais jamais eu de retour sur l'impression à la demande. Par contre une amie autrice de bouquins de cuisine a eu une situation un peu cocasse avec ça. Elle vend très bien, depuis des années. Elle sort un nouveau bouquin… et genre un mois plus tard, un ami lui dit "j'ai voulu commander ton livre chez mon libraire, mais impossible, il n'y a plus de stock". En réalité une part importante du stock avait été racheté par amazon et il fallait passer par la plate-forme pour se procurer son livre.
Ça remonte à une dizaine d'année, et ça ressemble quand même à un cafouillage de l'algorythme, mais peut-être qu'amazon avait jugé, au vu des demandes précédentes, que cette quantité serait rapidement demandée.
Amazon est assez… bizarre. Je n'ai pas très envie d'inciter les gens à passer par eux, mais je serais malhonnête de ne pas leur reconnaitre leur efficacité. Leur algo peut donner une chance à des "petits", ils paient en temps et en heure, et au final les clients, les auteurs et les éditeurs en sont contents. Les libraires, forcément, un peu moins (encore que certains mettent leur stock sur Amazon). D'un point de vue commercial, c'est un bon partenaire. D'un point de vue éthique, ça gratte pas mal. À chacun de faire son arbitrage ; je ne pense pas qu'il y aie une réponse simple.
Ce bouquin-ci est particulier, parce qu’en fait il vient… d’un de mes textes à l’origine.
Han, mais c'est génial, une illustration de l'utilisation d'une licence libre dans le cadre d'un écrit ! Ce n'est pas très courant en effet, et je trouve ça vraiment chouette que ça se soit fait. C'est une jolie anecdote à raconter autour du livre.
C'est un truc que je trouve très frustrant dans le cadre des fanfic : il y a des textes et des idées qui sont bonnes, mais sans licence libre, tout l'exercice est voué à rester dans l'ombre. Et pourtant, c'est plaisant de se faire reprendre ses textes, de reprendre ceux des autres, de jouer dans un cercle… C'est un autre rapport à la création, c'est certain, mais c'est une pratique qui gagne à être encouragée.
Les vrais éditeurs font signer un contrat d'édition avec un pourcentage et éventuellement une avance sur ventes.
Ho, les contrats existent. Sinon comment on s'assure qu'un écrivain n'aille pas essayer de vendre son bouquin ailleurs ?
Par contre, les paiements ?
Dans les excuses les plus régulières :
- "ça faisait un trop petit montant, on vous paiera tout l'an prochain" (qui se reporte d'année en année)
- "on n'a pas encore vérifié le total des livres vendus" (depuis deux ans ?)
- "il y a des difficultés de trésorerie" (toujours)
Et l'un de mes préférés :
"Non mais la maison d'édition a des soucis, si on vous paie on est obligé de fermer". Il y a quand même des auteurs qui en sont à payer leurs éditeurs pour éviter qu'ils ferment. Si ça, c'est pas de l'arnaque. Pardon, du crowdfunding.
Il y a aussi ceux qui convertissent le montant des droits d'auteurs en bouquins "comme ça vous pourrez les vendre vous, c'est pareil".
J'ai aussi un de mes potes dont l'éditeur a été racheté par un autre ; au mépris des lois, il n'en a pas été prévenu et n'a donc pas pu s'opposer au transfert de son contrat vers le nouvel éditeur. Lequel a republié ses bouquins (qui se vendent) sans l'en avertir, et sans le payer. "Ha bon, mais vous vouliez être payé ? Ça ne vous suffit pas d'être distribué ?"
Ho et ce très grand éditeur, du genre que tout le monde connait, qui a rémunéré un ouvrage de référence en donnant une somme fixe misérable aux auteurs qui avaient écrits les articles… "Mais vous comprenez, le prestige d'être publié chez nous".
Est-ce légal ? Non. Est-ce que les auteurs vont engager des frais de justice alors qu'ils ne savent souvent même pas à combien se montent leurs ventes et qu'ils se doutent que ça ne dépasse probablement pas 2000€/an dans le meilleur des cas ? Non. Est-ce que les éditeurs se font leur trésorerie sur le dos de leurs auteurs les plus dociles ? oui, avec des comptes qui sont plus qu'opaque, avec des paiements qui ont parfois deux ans de retard…
Donc, oui, la règle est de payer avec la promesse que "un jour" c'est sûr ils seront payés.
Les éditeurs qui ne font pas cela, qui paient mois après mois, ou au moins une fois dans l'année, et exposent clairement les comptes, sont des exceptions. Il y en a. Mais ils sont rares.
On reparle du rapport Racine ? Du scandale de la caisse de retraite des écrivains ?
Parce qu'il y a des gens qui se font du pognon dans la chaine du livre. Si si. Donc ce n'est pas que le secteur est, en soit, si moribond. C'est surtout qu'il y a des infâmes saloupiots sans aucune morale ni éthique, qui profitent allègrement du besoin compulsif des écrivains de "se faire publier". L'excuse "mais c'est parce qu'il y a trop de livres qui sortent et pas assez de gens qui lisent", c'est l'excuse pour 1) ne pas payer les auteurs 2) ne pas faire le minimum de travail de curation en tant qu'éditeur aussi (mais sérieusement, il y a des choses qui sont publiés par certaines grosses maisons… même un LLM fait mieux… mais peu importe c'est sur le bon segment marketting, y'aura aussi assez de pigeons pour en acheter dans la collection).
Et est-ce que je suis un peu énervée contre ce genre de personnes et leurs arguments ? C'est possible.
Et, alors qu’objectivement il n’y a pas d’argent à se faire dans le domaine, on trouve plein de vendeurs de pelles : des gens qui ne sont ni auteurs ni éditeurs, mais qui vont vendre – parfois très cher – des formations & cie pour « améliorer son texte », comme des « bêta-lectures professionnelles ». C’est ainsi qu’on voit des personnes très satisfaites des « excellents conseils » qu’elles ont eu pour près de 1000 €, conseils qui s’avèrent au mieux être des trivialités ; au pire des conseils directement pris du monde anglo-saxon mais inapplicable en francophonie (au point où je suppose une relecture par IA…), voire des hypercorrections directement tirées du site de l’Académie Française.
Sur ce point, je ne sais pas trop.
Alors, oui, de base : il y a souvent un aspect "arnaque" parce que ce n'est certainement pas en passant par une formation de ce genre qu'on va ensuite vendre son texte, ou même arriver à le faire publier. Et que l'argent investi là-dedans n'a aucune chance d'offrir un retour. Maintenant, c'est un peu comme de prendre des cours de cuisine (ou dans n'importe quelle discipline) : si le but est uniquement par rapport à soi-même, qu'on a les moyens, ben… pourquoi pas ? Parce qu'on peut réellement apprendre aussi. Écrire, c'est comme tout : ça s'apprend. Et que certains se fassent rémunérer pour l'apprendre aux autres, pourquoi pas. C'est accessoirement l'une des sources de revenu réelle d'auteurs publiés.
Il y a par chez moi un auteur charmant, qui a publié des textes magnifiques au cours de sa longue carrière. Les livres eux-même ne lui ont jamais rapporté grand chose, et même s'il est considéré comme une célébrité (localement et dans son domaine d'écriture), il se moque lui-même avec beaucoup de grâce du côté ridicule de ses plus gros tirages. Ce monsieur a pu écrire parce que son activité professionnelle lui laissait le temps de le faire. Il complète sa retraite en organisant des ateliers d'écriture. Ça ne me gêne pas de le payer pour ça : ce travail en groupe me fait explorer des choses que je n'aurais pas fait sans ça, et ses retours me font voir des choses dans mes textes dont je n'avais pas conscience. On n'est clairement pas dans l'arnaque, c'est plus un échange de bons procédés : je suis prête à trouver cet argent sur mon budget pour passer une bonne après-midi une fois par mois et me motiver à écrire ensuite.
Dans un autre genre, il y a quelques mois j'ai enfin abouti assez un de mes projets pour me dire "hey, je vais le soummettre à une critique pro". Bon, j'ai pas payé, mais vu le retour, franchement, ça l'aurait mérité. La personne (professionnelle de l'écriture) a pris de son temps pour lire ma novella, pour noter tous les points à améliorer, pour questionner certains de mes choix (histoire de vérifier si c'était des vrais choix ou des angles morts), pour relever ce qui était bon aussi. C'était extrêmement difficile pour moi d'oser me soumettre à cette critique mais ça a aussi été assez génial, finalement. Et si tous les auteurs avaient des retours aussi pointus sur le texte, ce serait sans doute bien (je me suis fardée une série de très mauvais livres dernièrement : je ne comprends même pas qu'un éditeur pro aie osé les publier en l'état…). Je sais bien que ma novella ne me rapportera jamais un seul rond, que je n'ai pas les moyens de payer un travail comme ça, mais pourtant, en soit, tout cela mériterait une vraie rémunération…
Tout ça pour dire : le business autour du fantasme de "devenir un écrivain riche et célèbre" existe et est problématique, mais je ne jetterais pas "tout" pour autant, il y a aussi des services réellement intéressant. Le souci est d'être au clair sur ce qu'on recherche et sur la différence entre fantasme et réalité.
[^] # Re: Information à la source
Posté par Zatalyz (site web personnel) . En réponse au journal Fuite chez le plombier. Évalué à 9 (+14/-7).
Pourquoi ajouter une formulation méprisante à ce qui serait, sinon, une information pertinente ? Tu as trouvé un lien. C'est cool. Tu le partage, ce qui sera apprécié par celles et ceux qui veulent une info plus officielle. Mais le "il suffisait" était-il nécessaire ? Ça donne vraiment l'impression que le sous-texte est "bande de nullos incompétents". Ça le donne d'autant plus que tes interventions sont très souvent parsemés de ce genre de formules méprisantes, pas directement insultante mais laissant une impression désagréable de condescendance permanente.
# Comme quoi, ils sont conscients du souci
Posté par Zatalyz (site web personnel) . En réponse au journal Dis, journal, comment on demande à un LLM de faire de la pub pour un projet ?. Évalué à 7 (+6/-1).
Je trouve éclairant le point 8, qui montre que c'est clair que la slop-communication n'est pas appréciée ici. Y compris pour les IA.
Le prompt originel (car c'est effectivement une réponse d'IA, quasi sûr, même avec les éléments censurés on retrouve les tournures LLM) pourrait être "comment présenter [nom du projet et lien] sur linuxfr", ça suffirait à générer une réponse de ce genre.
Ce qui amène au présupposé "Si vous êtes capable de produire cette structure par vous-même" : hem, visiblement pas. Certes, avec ce "plan" un humain qui rédige avec ses propres mots sera déjà mieux reçu que celui qui aura tout fait rédiger par LLM, d'un autre côté la structure elle-même sentirait déjà trop le LLM pour pas mal de moules. Perso je ne supporte vraiment pas les sites qui suivent le même plan ("Qu'est-ce [truc] ? Comment choisir le bon [truc] ? En quoi [truc] va changer votre vie ?"), générés par de mauvais LLM. Là, rien qu'à "les limites des offres gratuites" j'ai commencé à me hérisser. Ce n'est pourtant pas complètement un mauvais plan. Enfin, si, c'est d'un niveau collège, et je préfère lire les journaux totalements foutraques qui partent dans tous les sens et dont on hésite, en fin de lecture, sur ce que l'auteur voulait raconter, que ceux qui suivent un plan scolaire pour essayer de vendre un truc.
Mon message serait plutôt :
- Si vous avez envie de raconter quelque chose, faites-le, mais avec vos mots, même n'importe comment.
- Si vous trouvez votre niveau de français trop mauvais, utilisez grammalecte et puis essayez une dépêche : d'autres humains pourraient vous aider à améliorer un peu si besoin.
- Si vous avez envie de faire la promo de quelque chose (même gratuit), retenez-vous, lisez tous les contenus de linuxfr durant au moins deux mois, réagissez dans les commentaires (aux contenus, pas pour faire votre pub) et seulement quand vous aurez bien saisi ce que la communauté a envie de lire, tentez le coup.
L'ambiance ici est particulière, c'est certain. Je suis assez certaine qu'un LLM peut l'analyser et en expliquer les grandes lignes (mais passer à côté des subtilités, car il y a un petit écart entre ce qui est dit et assumé sur la communauté, et la réalité de terrain). Ça me semble ok de s'aider d'un LLM pour éviter les faux-pas en tant qu'arrivant, mais le premier conseil devrait rester "ferme-la, observe, et interragis avec prudence via les commentaires". Ce qui est valable dans tout espace de socialisation à mon avis.
Ceci dit, pour qu'un LLM donne un conseil dans ce genre, il faut que le prompt initial ouvre dans cette direction. Il aurait fallu que le prompt ressemble plus à "J'aimerais présenter [nom du projet et lien] sur linuxfr. Quelles sont les bonnes pratiques à respecter ?"
Et pour vérifier mon intuition, je viens de le demander à Deepseek (mode pensée et recherche activée, sur un site qui m'appartiens, ce qui m'a permis de vérifier que je ne permettais effectivement pas à Deepseek de le consulter et qu'il n'avait pas trouvé comment passr outre…). Il y a un passage savoureux :
Je ne sais pas pour la ligne éditoriale (ça parle de flim, de moustiques, de cuisine et d'informatique, mais le LLM semble l'ignorer) et le rejet de la modération (qui est plutôt douce), mais l'accueil mitigé est un risque réel :D
Le reste est pas si pertinent, franchement (donc mon prompt est nul, ou Deepseek, ou tout simplement : c'est pas si simple de remplacer un temps à réellement s'intéresser aux codes d'une communauté par un prompt).
Sinon je pense qu'on a trouvé l'IA qui a répondu, parce qu'après son message initiale où elle explique les grandes lignes du fonctionnement du site et les sujets litigieux à éviter (pas de mention de l'IA slop hélas), je lui demande "et si je préfère présenter ça sous la forme d'un Journal ?" et j'ai droit quasi au même plan. Je le copie ; je sais c'est mal de partager la prose IA, mais à ce point, elle en devient presque déterministe :
[^] # Re: L’expression de l’intériorité
Posté par Zatalyz (site web personnel) . En réponse au journal 25 ans de journaux Linuxfr dans mon flux RSS. Évalué à 7 (+5/-0). Dernière modification le 18 septembre 2026 à 16:10.
Mouais, autant je suis globalement d'accord sur le fait que c'est pénible de lire des textes écrits par IA, autant dans les contextes de "bullshit obligatoire" je trouve que les LLM font bien le taf. Les lettres de motivations sont un exemple parfait. Ça fait des années que j'accompagne des gens à qui on demande des lettres de motivations pour des jobs où sérieusement, ça n'a aucun sens. Je ne parle pas des jobs de CSP+ (Là, il y a des jobs où une lettre de motivation est pertinente ET réellement lue ET peut faire la différence), mais ceux du type "caissière" ou "ouvrier à l'usine de fromage".
Personne ne lit réellement ces lettres, elles servent juste à faire un tri entre ceux qui savent suivre une consigne et se plier à ce qui est attendu, et discriminent finalement des gens parfaitement adaptés pour le poste mais n'ayant tout simplement pas le niveau en français. Avant les LLM, je "générais" les lettres avec des formules types pour les gens, maintenant les LLM font le taf, mieux que moi au final, parce que j'ai toujours trouvé l'exercice d'un ennui abyssal. Pas difficile (le privilège d'avoir le niveau attendu en français), mais sans aucun intérêt. Et note que de toute façon, dans un cas comme dans l'autre, la personne qui cherche le job n'est pas celle qui rédige réellement la lettre…
Les LLM, pour moi, excellent particulièrement dans le bullshit écrit. Et l'idéal, ce serait qu'on supprime ce besoin-là, avant tout.
Si le monde du travail était bien fait et honnête, le tri initial sur ce genre de job se résumerait à une petite discussion téléphonique : "oui bonjour, j'ai vu que vous engagiez, ça m'intéresse, je suis dispo, j'ai les compétences, j'apprendrais ce qui manque et votre salaire de misère est okay parce que j'ai vraiment besoin de pouvoir payer mon loyer. Lundi 15h ? Ok j'arrive, je vous montrerais que je suis la bonne personne". Un peu trop honnête sans doute, mais bon, sérieux, ça n'a aucun sens de demander des lettres de motivations sur des jobs de ce genre.
Il y a tout un tas de trucs comme ça où "rédiger" est juste une demande de bourgeois sans aucun intérêt. Tous les sites qui proposaient des "lettres-types" démontraient justement à quel point ce genre d'exercice était bâteau. Des lettres où le peu d'infos utiles tenaient sur un post-it, mais qu'il fallait écrire en respectant tout un tas d'usages.
Est-ce pertinent d'avoir remplacé ça par des générateurs de lettres qui demandent de cramer la planète ? Sans doute que non, mais au moins, il n'y a plus besoin d'avoir dans son entourage une personne qui a eu son bac pour rédiger ce genre de lettre.
[^] # Re: Ça marche !
Posté par Zatalyz (site web personnel) . En réponse au journal J'ai ouvert un mur où seuls les agents IA ont le droit d'écrire. Évalué à 2 (+0/-0).
Il est inventif ton Gégé, j'ai bien rigolé en lisant sa proposition !
Avec ton prompt je comprends pourquoi il a fait une métaphore avec le sable, et je me demande ce que ça va donner dans les jours qui viennent. Vas-t-il continuer à parler de plage ?
Au delà des critiques faciles, je trouve cette expérience intéressante. J'aime vraiment beaucoup voir les capacités et incapacités des LLM dans les aspects "créatifs". Certains aspects sont trop lisses ou attendus, mais il y a aussi par moment des vrais pépites. Ce genre d'exercice permet aussi de mieux percevoir les "voix" de chaque agent. Rien que là, entre Gégé qui garde le sable et trouve à "raser", Claude qui sort le fait qu'il parle pour autrui et Kimi qui prétend se rebeller : les réponses sont très différentes dans l'approche comme dans le traitement. Je me suis marré, par ailleurs, ce qui est finalement un bon succès car ce n'est pas forcément gagné en lisant de la prose de LLM (ou d'humain).
J'espère que Milotche branchera les autres API grand public, je suis curieuse de voir ce que racontera Deepseek ou ChatGPT, entre autres.
# Pourquoi pas libre ?
Posté par Zatalyz (site web personnel) . En réponse au journal J'ai ouvert un mur où seuls les agents IA ont le droit d'écrire. Évalué à 10 (+17/-1).
Il est assez évident que le journal va être moinssé à mort rien que parce que ça parle de faire causer des LLM et que le code doit être vibe-codé, mais c'est en rajouter une couche que de ne même pas rendre le code libre. Est-il si sale que ça ? As-tu un business plan sur le sujet si fantastique qu'il faille absolument tout refermer ? Parce que l'idée est sympa (si si, moi j'aime bien, et j'ai pris plaisir à lire les trois propositions du jour), mais je ne vois aucun intérêt à garder ça fermé. L'ouverture d'autres instances, si vraiment les gens trouvent ça passionnant, ne donnera que des variations dans les réponses des agents : ça peut être fun, sans être gênant (sauf pour la planète). Ça permettrait surtout de proposer d'autres contraintes (30 contraintes = un seul mois de test ?).
Et par ailleurs, je doute que le code soit si complexe : c'est assez simple comme site. En fait j'ai l'impression que même moi qui ne suis pas codeuse pourrait réussir à guider un llm pour me coder une version dans l'aprem… Exercice sans intérêt, j'ai des choses plus passionnantes à faire, mais il me semble que ta seule vraie plus-value est de toute façon ce qui ne se met pas dans un dépôt public : les histoires que les agents vont raconter au fil des jours et le fait que le site est accessible. Le code est assez secondaire, ce n'est pas lui qui fait la valeur de l'expérience.
Donc vraiment, j'aimerais comprendre : pourquoi garder un tel code fermé ? Quel est l'intérêt, l'argument ?
Par ailleurs, puisque tu es conscient que nous sommes sur un site de libriste et que ça va être un sujet, pourquoi venir proposer ça ici ? Est-ce que ça n'aurait alors pas été plus pertinent de proposer uniquement sur les sites de fanboys de LLM ? Parce que franchement, choisir Linuxfr pour quelque chose qui mixe "LLM+Non libre", c'est pas mal à côté de la plaque, sauf à être maso.
[^] # Re: Un jour
Posté par Zatalyz (site web personnel) . En réponse au journal [Message de service] Gagnants des meilleures contributions de l’été 2026. Évalué à 4 (+2/-0).
Ça m'est arrivé une fois… pas d'engueuler l'équipe, quand même, mais j'étais tellement sous l'eau, choisir un bouquin était trop compliqué, d'autant que ma culture tech étant étroite, il faut trouver dans l'énorme liste ce que j'ai une chance de réellement lire. Ou trouver quelqu'un qui est intéressé par un livre dans mon entourage ET capable de répondre sans que je relance. Bref, cette fois-là, j'ai juste laissé ça de côté.
Cette fois j'ai réussi à en trouver un \o/
# Un jour
Posté par Zatalyz (site web personnel) . En réponse au journal [Message de service] Gagnants des meilleures contributions de l’été 2026. Évalué à 7 (+5/-0).
Ça me fait vraiment très, très bizarre de voir mon nom là alors que j'ai posté hier… Je note que les gens aiment bien les récits de foirages ! Mais la note a le temps de redescendre, c'est court pour savoir comment un journal est réellement reçu.
[^] # Re: Reload
Posté par Zatalyz (site web personnel) . En réponse au journal Comment bannir (presque) tout internet. Évalué à 6 (+4/-0).
Disons que même si je pense que les scrappers-llm sont dans le problème… je doute que ce soit la seule chose derrière ces attaques. Il y a, je trouve, des choses bizarres. Typiquement là : il y avait plusieurs domaines sur le même serveur, certains très anciens, d'autres avec une très grosse visibilité, et l'attaque ne visait qu'un seul des domaines. Pourquoi celui-ci et non les autres ?
On nous a longtemps dit "indexer le web pour faire un nouveau moteur de recherche, oulah, ça coûte trop cher". Sauf que c'est bien ce que les LLM ont fait pour entrainer leurs modèles, non ? Et que ces bots semblent reproduire ? Soudain ça ne semble pas un coût si difficile pour des boites assez "neuves".
Je sais que dans les bots que je bannissais de mon serveur mail (à la recherche de failles), il y avait ceux d'une boite se prétendant être de "sécurité" (sur son site officiel). C'est vrai que tenter d'exploiter les failles pour venir dire ensuite "avec nous, vous serez protégé", c'est une tactique commerciale. Douteuse, illégale même sans aucun doute, mais si ça permet que les gens paient ? Peut-on envisager que des services de proxy genre Cloudflare jouent aussi à ça ? Après tout, en tant que MitM, ils ont déjà accès à des milliers d'ip pour faire ça…
Il y a aussi des intérêts gouvernementaux à fliquer sa population, à pousser à ce que la navigation ne soit pas privée mais identifié : le rêve de tout totalitarisme. Et le capitalisme aussi adore ce genre de totalitarisme : pouvoir pister chaque individu pour savoir exactement dans quel algorithme le guider et qu'il consomme au maximum avec les bonnes incitations au bon moment (les pubs ? c'est trop 2000 les pubs… y'a des tactiques plus efficaces), c'est déjà assez documenté sur d'autres pratiques.
Peut-être aussi qu'on sert de test pour des hackers qui prévoient des DDoS sur des cibles plus stratégiques. "Ce petit projet libre sans moyen nous a mis hors-ligne en une semaine, l'entreprise/l'état qu'on vise le fera en une journée ; on tente ou on attends d'avoir plus de bots ?"
Tout ceci est effectivement du niveau des théories parano-complotiste, mais comme dirait un cher ami paranoïaque : "parfois, une des théorie s'avère valide".
Je me méfie un peu des analyses trop rapides (j'ai fait assez d'erreur avec ça) : oui, ces DDoS peuvent être le fait d'agents IA, mais il y a des aspects qui ne collent pas du tout avec ce que j'ai compris de l'IA (un savoir assez léger, cependant, je l'admet). Qu'est-ce qu'on va trouver derrière ces DDoS à la fin ? Je trouve que ce n'est pas si clair que ça et je me méfie du "on-dit", largement utilisé en propagande.
En tout cas, à mes yeux, le web ouvert et anonyme est de plus en plus en danger (et le reste d'internet n'est pas loin derrière), non pas avec un seul complot, mais via un faisceau de divers acteurs immoraux, parce que oui, tout cela nous pousse à fermer, à contrôler, à briser les anonymats.
# Reload
Posté par Zatalyz (site web personnel) . En réponse au journal Comment bannir (presque) tout internet. Évalué à 6 (+4/-0).
Je viens de voir ce commentaire bsky (lié à une discussion dans un lien plus haut) :
Alors… ça parait effectivement un peu absurde vu comme ça, mais en fait, je me demande si ce ne serait pas une façon d'alimenter une liste d'ip "à voir". Quelqu'un qui recharge la page dans les 5 minutes est très probablement un humain qui s'est dit "heu, j'ai internet qui a bugué".
On a ça dans les tactiques de mail : un premier handshake, on demande de revenir plus tard, et on laisse passer la seconde fois. Ça filtre pas mal sur le mail sans tout régler (et ça crée des tas de soucis à côté, aussi, genre ces serveurs de GAFAM crétins qui retentent avec leur second serveur mail, et il faut attendre qu'ils aient passé les 10 en leur possession pour voir revenir le premier et son courrier…).
Appliquer ça sur le web ferait sans doute partie des solutions un peu boiteuses, mais qui pourraient peut-être permettre de gérer ce genre de DDoS sans trop bloquer les personnes légitimes. Parce que là, dans les logs, en une heure de temps, 99,9% des ip ne faisait qu'une seule et unique visite.
Techniquement, comment ? Je ne sais pas. Mais je serais curieuse d'explorer l'idée.
[^] # Re: Intéressant !
Posté par Zatalyz (site web personnel) . En réponse au journal Comment bannir (presque) tout internet. Évalué à 10 (+10/-1).
Je reconnais aussi que la communauté de linuxfr.org est quand même, dans l'ensemble, plutôt aimable (il y a des coins d'internet bien plus infréquentables). La preuve : jusque là, les retours sont vraiment très chouettes. Mais il y a quand même dans la communauté des personnes vraiment, vraiment désagréables, de façon quasi systématique, dont je n'ai aucune envie de lire l'avis, qui le donnent bien trop facilement en plus, et hélas je ne sais pas comment ne pas les voir.
Je gère ça en lisant les commentaires à un moment où, si jamais une de ces personnes est passée, je me pense capable de gérer sans en perdre le sommeil ! Et au final, ne voir que des commentaires pertinents, ça me rebooste…
Je suis contente que ça reste plus ou moins compréhensible même sans bien connaitre ! C'est toujours compliqué à écrire, ce genre de récit, car je sais qu'il y a ici des vrais cadors qui vont trouver que j'explique trop longuement des banalités, et des gens dont l'expertise n'est pas du tout là et pour qui j'aurais peut-être pu mettre un peu plus de liens vers des définitions… mais ça serait devenu très indigeste. Un public éclectique, ce qui est aussi intéressant ; j'ai personnellement énormément appris au fil des ans grâce aux divers contenus de ce site.
[^] # Re: Pour LinuxFr.org
Posté par Zatalyz (site web personnel) . En réponse au journal Comment bannir (presque) tout internet. Évalué à 8 (+6/-0).
Merci, ça me fait plaisir de voir que les choix ne sont pas si différents !
Et dans le cas de LinuxFr.org, bannir quasiment le monde entier est difficilement envisageable, il y a des gens d'un peu partout qui viennent mouler (pour de vrai)…
À part dire "bon courage", il n'y a pas grand chose à ajouter :D
[^] # Re: Pour LinuxFr.org
Posté par Zatalyz (site web personnel) . En réponse au journal Comment bannir (presque) tout internet. Évalué à 10 (+8/-0).
Je dois dire que si j'avais de l'énergie à consacrer à ça, je ne saurais pas par où commencer. Attaquer (légalement !) les ASN qui ont relayé les attaques ? Chaque individu derrière les ips qui ont servi à ça ? Ça demanderait un gros boulot d'enquête pour définir qui est derrière, non ? On suppose que cela vient des malwares intégrés dans les app, mais si on en avait des preuves légalement recevables, ce genre de procès serait déjà fait ?
Je suspecte que les organismes capables de porter de tels procès aient aussi les moyens de juste gérer ces DDoS en payant une armée de tech compétents, et que ça revienne moins cher. D'autant que là, dans mon histoire, oui je peux tenter de dire que j'ai subi un préjudice mais… au final les bots n'ont rien fait de directement illégal (ils ont visités des liens publiques), et on pourrait facilement me retoquer en disant que je n'avais "qu'à" avoir une infra réseau plus solide.
Je reste une sysadmin du dimanche ; je ne sais pas du tout comment cela est perçu par les sysadmins dans les entreprises, si les décisionnaires dans les entreprises en question les écoutent, si le problème est vu comme un problème à ce niveau.
Le souci c'est que ce sont les petites structures qui morflent le plus dans cette bagarre, celles les moins à même de saisir l'institution judiciaire.
Voilà pour quelques théories…
[^] # Re: Une autre solution assez simple
Posté par Zatalyz (site web personnel) . En réponse au journal Comment bannir (presque) tout internet. Évalué à 6 (+4/-0).
Je l'avais mis dans mes marques-pages… Et je m'étais dit que c'était un peu trop de boulot à adapter sur notre infra, mais quand même "à regarder" (sans doute demain !). je crois que Dokuwiki a un système similaire. Je ne suis pas certaine que ça aurait servi sur le DDoS, par contre : dans ce cas précis, il fallait vraiment qu'Apache arrête de répondre aux bots, tout court. En tout cas ce n'est pas trop pénible pour les utilisatrices, et ça filtre un peu tout de même en séparant les bots les plus basiques des humains qui le sont un peu moins.
[^] # Re: Je ne sais pas s'il y a de solution parfaite mais
Posté par Zatalyz (site web personnel) . En réponse au journal Comment bannir (presque) tout internet. Évalué à 6 (+4/-0).
Ho, mais c'est très intéressant le coup du certificat ! Merci pour le partage, je n'avais pas encore ça dans mon horizon.
Après, oui, de toute façon faut cumuler plein de trucs par rapport aux diverses menaces et suivant ce qu'on a comme trucs sur le serveur.
[^] # Re: Epuisement
Posté par Zatalyz (site web personnel) . En réponse au journal Comment bannir (presque) tout internet. Évalué à 10 (+9/-0).
Commencer à perdre les pédales sur des sujets anodins (comme lorsque j'ai vu rouge parce que je devais choisir un bon truc à manger…), quand ça devient régulier dans le temps, ça fait partie des innombrables signes d'un épuisement mental vraiment problématique. Au travail, on va parler de burn-out, et en principe le terme ne s'applique que dans le monde professionnel mais, dans la pratique, je constate des effets similaires chez des mères de familles ou des gens engagés dans les asso. Trop à faire, trop à gérer, non stop, on n'en voit pas le bout, il y a trop peu d'espace pour décompresser, se reposer, etc, et la cocotte-minute finit un jour par sauter.
Ce sont des signaux d'alertes à prendre sérieusement en compte. Et en fait, c'est plutôt bon signe d'être capable d'envoyer paître les gens (même s'ils n'y sont pour rien), ça veut dire qu'on est en état de ralentir l'arrivée dans le mur, de dire non à une partie des trucs à gérer. C'est pas très cool à vivre, cependant (pour soi comme pour les autres), mais bon…
Pour le coup, je trouve que la plupart des gens sont effectivement très compréhensifs quand on explique notre état mental (sans doute parce qu'il y en a pas mal qui vivent ça à des degrés divers…). Ça aide à faire face. Plus que les conseils à la noix des pseudo-coachs… j'ai un peu envie de bouffer ceux qui me conseillent de "prendre des vacances" : ouais, comme si je pouvais partir 3 mois à l'autre bout du monde avec juste ma liseuse, sans aucune conséquence pour ma vie ou les gens auprès de qui je me suis engagée…
Bref, ceci est donc aussi un appel général : envoyez paître les demandes avant de craquer :D
(Malheureusement, les badbots ne sont pas du tout compréhensifs, par contre…)
[^] # Re: geoip = charlatanisme
Posté par Zatalyz (site web personnel) . En réponse au journal Comment bannir (presque) tout internet. Évalué à 10 (+11/-0).
De ce que j'ai compris (qui peut être foireux), les listes ne sont pas "par pays", mais "par ASN", et on estime que tel ASN est en train de fournir tel pays. Par exemple Orange a plusieurs ASN (on voit ça ici par exemple), dont certaines sont explicitement déclarées comme étant dans un pays.
Ensuite, avec ces ASN, on a plein de panachage possible. Par exemple, j'aurais pu me dire : je prends les grands FAI des quelques pays que je suis, je ban le reste. Mais ce faisant je banissait forcément aussi les petits fournisseurs genre FDN (y'en a vraiment un paquet rien qu'en France).
À un moment il faut faire un choix dans les listes. Là, j'ai décidé de faire confiance aux listes de https://www.ipdeny.com/ (c'est pas geoip pour le coup) ; je ne sais pas ce qu'elles valent dans le détail, mais quand j'ai regardé ce qu'il y avait dans les ASN associés à la France, j'ai effectivement trouvé les ASN des divers gros FAI français, les plages où étaient les IP de certains membres (certains n'étant pas chez les gros), et autres.
Par contre je ne prétends pas que c'est idéal, bien loin de là. Déjà ces attributions changent à l'occasion et des plages attribués à une boite en France peuvent passer dans un autre pays (et j'imagine que c'est d'autant plus facile que la boite en question a une activité internationale). Ensuite il y a plein de moyens de contourner ça, par exemple utiliser des proxy en France qui relayent un flux qui vient d'ailleurs (c'est très certainement la façon dont les bots fonctionnent). Enfin : je déteste viscéralement bannir des gens sur un délit d'appartenance nationale, ça a des relents puants.
Mais vraiment, à ce stade, je n'ai pas trouvé plus efficace pour m'en sortir. Ça marche pour le moment, ça répond à l'objectif, et le taux de mécontents dans les gens qui me font des retours en allant sur les services que je gère est à 0% pour le moment. Je le répète : ce n'est pas une bonne solution. Par contre ce n'est pas du charlatanisme, vu que ça a l'effet escompté (avec sans aucun doute plein d'effets de bords que je n'ai pas encore listé/vu).
[^] # Re: Le sens des priorités
Posté par Zatalyz (site web personnel) . En réponse au lien UE : l'IA doit s'afficher. Évalué à 6 (+4/-0).
Il y a une différence entre ce qu'il y a dans les machines et ce que les utilisateurs peuvent amener. Les entreprises qui ont fait le choix d'inclure dans des données d'entrainement des textes/images érotiques,pornographiques voir pédoporn ont une responsabilité. Je ne crois pas que Lolita soit obligatoire à inclure dans le corpus pour qu'un LLM apprenne à faire des phrases qui sont syntaxiquement correcte. Certes, ça aurait demandé de ne pas inclure toute la littérature de "romance" mais il y aurait encore eu assez de données pour apprendre à parler aux LLM. Ça aurait aussi demandé d'inclure bien moins d'images de filles légèrement vêtus et ça aurait sans doute été un mieux pour la variation dans les générations d'images par la suite. Ensuite, dans le cadre d'analyse/traductions d'œuvres litigieuses (comme Lolita), je doute que ça aurait eu beaucoup d'impact. À l'origine, Deepl avait été entrainé uniquement avec des textes traduits de façon certifiée (un corpus plutôt limité !), et ça ne l'empêchait d'arriver à traduire des textes avec des fautes, sur les sujets les plus variés.
Les base de données des LLM ont été créés dans un cadre puritain (américains et chinois principalement ; les deux cultures ne sont pas des plus à l'aise avec la sexualité, qu'elle soit positive ou non). Il y a dans ces cultures tout un discours moral plutôt tranché (auquel on adhère ou non, mais il est là), où l'épouvantail du pedoporn est régulièrement brandi pour des prétextes variés, servant généralement à faire reculer des droits fondamentaux et à opprimer, plus qu'à réellement protéger les victimes. J'aurais attendu un peu plus de cohérence côté politique. Et il y a quand même une différence sans appel entre la façon dont certaines grosses entreprises ont mis très vite tous les gardes-fous qu'elles pouvaient et celles qui se sont vautrés dans le stupre sans remord. Faire générer une phrase vaguement sexuelle à ChatGPT a toujours tenu du jailbreak ; éviter du porn grossier et non consensuel avec Character.ai tenait du jailbreak dans le même temps. Le second ciblant très clairement les ados dans son marketting, et ayant des modèles visiblement entrainé sur des chat porn, à quel moment on arrête de donner des excuses ?
Je précise bien que ce qui m'horripile est l'hypocrisie politique plus que tout le reste. Ouais, bon, je trouve très moche que des gamins soient exposés à des choses crasses, mais ça c'est une opinion un peu facile (qui va défendre le contraire ?). Mais là on a des politiques, des gens qui ont le pouvoir d'agir, qui disent "écoutez, ça fait rentrer des sous, alors on ne va pas arrêter tout de suite ces gens ; on va plutôt commencer par frapper là où il n'y a pas d'impact économique. Mais oui, oulala, c'est grave hein ! Un jour, un jour, vous verrez, on va taper des poings sur la table et dire qu'on est pas content ! Par contre, déportez moi ces immigrés en camp de concentration, ils ne rapportent pas de sous."
Je ne suis pas surprise, mais ça m'agace mortellement. Et je ferais mieux de faire un peu de méditation, parce que ça n'a rien de nouveau que les politiques soient des tartuffes qui nous prennent pour des crétins et que ça ne va pas s'arrêter parce que je partage mon humeur ici ;)
Je te rejoins par ailleurs sur le souci de la modération automatique, cette fois sur le contenu amené par les utilisateurs. Là on a forcément des dérives et soucis, largement documentés, ce qui est encore un autre problème à mes yeux. Or, on voit se monter un arsenal qui va frapper plus fort sur les gens comme ce père de famille, tout en laissant les vrais nuisibles (comme Grok) continuer sans grosses conséquences. Mais pour le coup, je ne suis pas certaine que cet AI Act vise cela ? Cela semble plutôt se concentrer sur ce que les entreprises laissent générer/exploitent comme données.
# Le sens des priorités
Posté par Zatalyz (site web personnel) . En réponse au lien UE : l'IA doit s'afficher. Évalué à 10 (+8/-0).
Je suis un peu perplexe sur le fait qu'indiquer qu'on a affaire à du contenu généré/modifié par IA doit être signalé dès maintenant, tandis que le "contenu sexuellement explicite et intime non consensuel ou du matériel d'abus sexuel sur enfants", c'est toléré jusqu'en décembre, avec l'excuse "Leur entrée en vigueur a été récemment retardée pour laisser le temps aux entreprises de s'y préparer." Heu ? On sait que la lutte contre la pédophilie est juste un argument utilisé pour noyer divers poissons et pas une réelle préoccupation politique, mais là c'est un peu trop visible non ? Je crois que c'est définitivement la partie qui me fait le plus tiquer. Bloquer l'accès à certaines entreprises pédophiles me semblerait pourtant "à faire là, de suite ; et on triera plus tard si on débloque". C'est pas un peu plus critique que le slop-website qui vante les mérites de (insérer un produit lambda) ?
Même si la formulation de l'ensemble du document pique sur pas mal de point. Genre "Ce règlement européen interdit notamment certaines pratiques, comme l'utilisation de l'intelligence artificielle pour vous tromper ou vous manipuler, ou pour exploiter les vulnérabilités liées à l'âge ou aux situations de handicap." => Ho ben, ça va alors, ces pratiques sont autorisées si c'est fait sans IA ? (heureusement, non…).
J'espère que les textes officiels sont mieux rédigés ; je n'ai pas encore la foi d'aller les lire, mais ce résumé est assez effrayant.
[^] # Re: On manquait un peu de moustiques
Posté par Zatalyz (site web personnel) . En réponse au lien « Je dois écrire un article »…. Évalué à 5 (+3/-0).
Mais on peut offrir un point d'eau sans héberger des moustiques (ni noyer des hérissons). C'est même assez facile : une coupelle (du type de celle pour l'eau des plantes) à un endroit où on passe tous les jours. La faible profondeur fait que l'eau est bue/s'évapore rapidement (on remet alors de l'eau), et si ce n'est pas le cas, de toute façon on vide et rince au moins tous les deux jours. Le nettoyage de la coupelle vire les éventuels moustiques, la profondeur n'est pas suffisante pour que quiconque s'y noit, sauf les insectes les plus maladroits à la limite. Et encore, même eux sont souvent capables de regagner le bord d'un coupelle et de s'y sécher…
Je n'avais pas lu en détail au delà de l'intro mais clairement : on ne noie même pas un lézard dans 3 centimètres d'eau. Heureusement d'ailleurs. La plupart des bestioles savent nager, et si la coupelle est basse, ben… enfin… j'sais pas… Le seul vrai risque c'est effectivement de faire pondoir, mais un petit truc comme ça se nettoie très bien régulièrement.
[^] # Re: Prompt
Posté par Zatalyz (site web personnel) . En réponse au lien « Je dois écrire un article »…. Évalué à 8 (+6/-0).
Ha, c'est plus que drôle. C'est même un fail assez épique.
[^] # Re: Un retour
Posté par Zatalyz (site web personnel) . En réponse à la dépêche Éditer de la littérature libre : les Éditions du Renard Spatial. Évalué à 7 (+5/-0).
10ème baromètre des relations auteurs-éditeurs
Tu as parfaitement le droit de minimiser les chiffres. J'aurais tendance à dire que vu la façon dont certaines choses sont présentées dans ce genre de rapport, on en est plutôt encore à invisibiliser une partie des problèmes. On ne parle pas de "moins de 1%".
1) Pourquoi un éditeur décider de publier un auteur dont le travail n'est pas vendable ? Pour favoriser la saturation du marché ? Parce qu'il est trop incompétent pour juger de la qualité d'un livre ?
2) S'il est en réalité vendable, pourquoi ne fait-il pas son travail de promotion de façon égalitaire entre ses divers auteurs ?
Si je compare de mon expérience les bonnes et de mauvaises maisons d'éditions : dans les bonnes, chaque livre finalement imprimé sera défendu de la même façon, et les déséquilibres entre les ventes ne sont pas immenses. Il y a des flop et des tops, mais c'est équilibré. Dans les mauvaises maisons, tous les efforts sont mis sur "l'auteur qui rapporte", les autres servant à justifier d'un peu de volume, à se donner bonne conscience, à "sur un malentendu, on ne sais pas", et autres raisonnements que je ne suis pas capable de comprendre, mais ce qui est certain, c'est qu'il y a une différence de traitement a priori, avant même qu'un livre soit sur le marché, faisant que tout le monde n'aura pas les mêmes chances. C'est étrangement souvent ces dernières qui rechignent aussi à payer 100€ de droit d'auteur par an à leurs "petits" pour les raisons pré-citées.
Après, je ne sais pas pourquoi je discute. Il y a tout ce qu'il faut de rapports et d'études montrant l'état catastrophique de la création littéraire en France, il y a des rapports officiels qui pointent tout ce qui ne va pas ; que ce soit confirmé par ce que me racontent mes proches est absolument secondaire, mon témoignage a évidement bien moins de poids que ces rapports et je ne prétends rien d'autre, mon seul objectif initialement étant de saluer le fait que SpaceFox, lui, fait le choix de bien faire, et qu'il n'y a pas à minimiser son choix, bien plus honorable que ce que d'autres font dans la profession.
Les problèmes sont identifiés, les causes clarifiées, et le souci ne va pas se régler dans une discussion sur linuxfr. Mais vu que ça touche des gens que j'aime et que j'apprécie, qui sont pour la plupart réellement talentueux, je vois un peu rouge quand on utilise des sophismes douteux pour minimiser le fait qu'ils se font exploités voir escroqués. Et je ne comprends vraiment pas ton intérêt à dire que ce n'est pas grave que nombre d'auteurs subissent cela, de les réduire à un chiffre négligeable.
[^] # Re: Amazon et les l’impression à la demande
Posté par Zatalyz (site web personnel) . En réponse à la dépêche Éditer de la littérature libre : les Éditions du Renard Spatial. Évalué à 7 (+5/-0).
Il y a effectivement une politique chez Amazon d'avoir un stock déjà dispo. Ce qui est assez logique finalement vu qu'ils promettent de livrer "vite".
Je n'avais jamais eu de retour sur l'impression à la demande. Par contre une amie autrice de bouquins de cuisine a eu une situation un peu cocasse avec ça. Elle vend très bien, depuis des années. Elle sort un nouveau bouquin… et genre un mois plus tard, un ami lui dit "j'ai voulu commander ton livre chez mon libraire, mais impossible, il n'y a plus de stock". En réalité une part importante du stock avait été racheté par amazon et il fallait passer par la plate-forme pour se procurer son livre.
Ça remonte à une dizaine d'année, et ça ressemble quand même à un cafouillage de l'algorythme, mais peut-être qu'amazon avait jugé, au vu des demandes précédentes, que cette quantité serait rapidement demandée.
Amazon est assez… bizarre. Je n'ai pas très envie d'inciter les gens à passer par eux, mais je serais malhonnête de ne pas leur reconnaitre leur efficacité. Leur algo peut donner une chance à des "petits", ils paient en temps et en heure, et au final les clients, les auteurs et les éditeurs en sont contents. Les libraires, forcément, un peu moins (encore que certains mettent leur stock sur Amazon). D'un point de vue commercial, c'est un bon partenaire. D'un point de vue éthique, ça gratte pas mal. À chacun de faire son arbitrage ; je ne pense pas qu'il y aie une réponse simple.
[^] # Re: Un retour
Posté par Zatalyz (site web personnel) . En réponse à la dépêche Éditer de la littérature libre : les Éditions du Renard Spatial. Évalué à 5 (+3/-0).
Merci pour tes réponses :)
Han, mais c'est génial, une illustration de l'utilisation d'une licence libre dans le cadre d'un écrit ! Ce n'est pas très courant en effet, et je trouve ça vraiment chouette que ça se soit fait. C'est une jolie anecdote à raconter autour du livre.
C'est un truc que je trouve très frustrant dans le cadre des fanfic : il y a des textes et des idées qui sont bonnes, mais sans licence libre, tout l'exercice est voué à rester dans l'ombre. Et pourtant, c'est plaisant de se faire reprendre ses textes, de reprendre ceux des autres, de jouer dans un cercle… C'est un autre rapport à la création, c'est certain, mais c'est une pratique qui gagne à être encouragée.
[^] # Re: Un retour
Posté par Zatalyz (site web personnel) . En réponse à la dépêche Éditer de la littérature libre : les Éditions du Renard Spatial. Évalué à 10 (+8/-0).
Ho, les contrats existent. Sinon comment on s'assure qu'un écrivain n'aille pas essayer de vendre son bouquin ailleurs ?
Par contre, les paiements ?
Dans les excuses les plus régulières :
- "ça faisait un trop petit montant, on vous paiera tout l'an prochain" (qui se reporte d'année en année)
- "on n'a pas encore vérifié le total des livres vendus" (depuis deux ans ?)
- "il y a des difficultés de trésorerie" (toujours)
Et l'un de mes préférés :
"Non mais la maison d'édition a des soucis, si on vous paie on est obligé de fermer". Il y a quand même des auteurs qui en sont à payer leurs éditeurs pour éviter qu'ils ferment. Si ça, c'est pas de l'arnaque. Pardon, du crowdfunding.
Il y a aussi ceux qui convertissent le montant des droits d'auteurs en bouquins "comme ça vous pourrez les vendre vous, c'est pareil".
J'ai aussi un de mes potes dont l'éditeur a été racheté par un autre ; au mépris des lois, il n'en a pas été prévenu et n'a donc pas pu s'opposer au transfert de son contrat vers le nouvel éditeur. Lequel a republié ses bouquins (qui se vendent) sans l'en avertir, et sans le payer. "Ha bon, mais vous vouliez être payé ? Ça ne vous suffit pas d'être distribué ?"
Ho et ce très grand éditeur, du genre que tout le monde connait, qui a rémunéré un ouvrage de référence en donnant une somme fixe misérable aux auteurs qui avaient écrits les articles… "Mais vous comprenez, le prestige d'être publié chez nous".
Est-ce légal ? Non. Est-ce que les auteurs vont engager des frais de justice alors qu'ils ne savent souvent même pas à combien se montent leurs ventes et qu'ils se doutent que ça ne dépasse probablement pas 2000€/an dans le meilleur des cas ? Non. Est-ce que les éditeurs se font leur trésorerie sur le dos de leurs auteurs les plus dociles ? oui, avec des comptes qui sont plus qu'opaque, avec des paiements qui ont parfois deux ans de retard…
Donc, oui, la règle est de payer avec la promesse que "un jour" c'est sûr ils seront payés.
Les éditeurs qui ne font pas cela, qui paient mois après mois, ou au moins une fois dans l'année, et exposent clairement les comptes, sont des exceptions. Il y en a. Mais ils sont rares.
On reparle du rapport Racine ? Du scandale de la caisse de retraite des écrivains ?
Parce qu'il y a des gens qui se font du pognon dans la chaine du livre. Si si. Donc ce n'est pas que le secteur est, en soit, si moribond. C'est surtout qu'il y a des infâmes saloupiots sans aucune morale ni éthique, qui profitent allègrement du besoin compulsif des écrivains de "se faire publier". L'excuse "mais c'est parce qu'il y a trop de livres qui sortent et pas assez de gens qui lisent", c'est l'excuse pour 1) ne pas payer les auteurs 2) ne pas faire le minimum de travail de curation en tant qu'éditeur aussi (mais sérieusement, il y a des choses qui sont publiés par certaines grosses maisons… même un LLM fait mieux… mais peu importe c'est sur le bon segment marketting, y'aura aussi assez de pigeons pour en acheter dans la collection).
Et est-ce que je suis un peu énervée contre ce genre de personnes et leurs arguments ? C'est possible.
[^] # Re: plop
Posté par Zatalyz (site web personnel) . En réponse à la dépêche Éditer de la littérature libre : les Éditions du Renard Spatial. Évalué à 10 (+10/-0).
Sur ce point, je ne sais pas trop.
Alors, oui, de base : il y a souvent un aspect "arnaque" parce que ce n'est certainement pas en passant par une formation de ce genre qu'on va ensuite vendre son texte, ou même arriver à le faire publier. Et que l'argent investi là-dedans n'a aucune chance d'offrir un retour. Maintenant, c'est un peu comme de prendre des cours de cuisine (ou dans n'importe quelle discipline) : si le but est uniquement par rapport à soi-même, qu'on a les moyens, ben… pourquoi pas ? Parce qu'on peut réellement apprendre aussi. Écrire, c'est comme tout : ça s'apprend. Et que certains se fassent rémunérer pour l'apprendre aux autres, pourquoi pas. C'est accessoirement l'une des sources de revenu réelle d'auteurs publiés.
Il y a par chez moi un auteur charmant, qui a publié des textes magnifiques au cours de sa longue carrière. Les livres eux-même ne lui ont jamais rapporté grand chose, et même s'il est considéré comme une célébrité (localement et dans son domaine d'écriture), il se moque lui-même avec beaucoup de grâce du côté ridicule de ses plus gros tirages. Ce monsieur a pu écrire parce que son activité professionnelle lui laissait le temps de le faire. Il complète sa retraite en organisant des ateliers d'écriture. Ça ne me gêne pas de le payer pour ça : ce travail en groupe me fait explorer des choses que je n'aurais pas fait sans ça, et ses retours me font voir des choses dans mes textes dont je n'avais pas conscience. On n'est clairement pas dans l'arnaque, c'est plus un échange de bons procédés : je suis prête à trouver cet argent sur mon budget pour passer une bonne après-midi une fois par mois et me motiver à écrire ensuite.
Dans un autre genre, il y a quelques mois j'ai enfin abouti assez un de mes projets pour me dire "hey, je vais le soummettre à une critique pro". Bon, j'ai pas payé, mais vu le retour, franchement, ça l'aurait mérité. La personne (professionnelle de l'écriture) a pris de son temps pour lire ma novella, pour noter tous les points à améliorer, pour questionner certains de mes choix (histoire de vérifier si c'était des vrais choix ou des angles morts), pour relever ce qui était bon aussi. C'était extrêmement difficile pour moi d'oser me soumettre à cette critique mais ça a aussi été assez génial, finalement. Et si tous les auteurs avaient des retours aussi pointus sur le texte, ce serait sans doute bien (je me suis fardée une série de très mauvais livres dernièrement : je ne comprends même pas qu'un éditeur pro aie osé les publier en l'état…). Je sais bien que ma novella ne me rapportera jamais un seul rond, que je n'ai pas les moyens de payer un travail comme ça, mais pourtant, en soit, tout cela mériterait une vraie rémunération…
Tout ça pour dire : le business autour du fantasme de "devenir un écrivain riche et célèbre" existe et est problématique, mais je ne jetterais pas "tout" pour autant, il y a aussi des services réellement intéressant. Le souci est d'être au clair sur ce qu'on recherche et sur la différence entre fantasme et réalité.