Le principal problème, c'est que PirateBox est un projet très vieux, plus maintenu depuis des années. Une grande partie de ce qu'on peut encore trouver date de 10 ans.
Yep et le côté "tout compris", à l'époque, avait été pour moi plus un frein qu'un avantage.
C'est pour cela que j'étais partie d'une debian pure, adaptée pour proposer un point d'accès et portail captif. À vu de nez je sais qu'il y a des trucs à adapter dans mon tuto (le nom des interfaces, peut-être que je n'utiliserais pas iptable aussi) et il doit y en avoir d'autres, mais la logique reste la même : tu installe une base ultra-légère, tu configure pour proposer le portail captif, puis tu met les logiciels web adaptés à ton usage. Peut-être que l'un des logiciel "box" encore en vie va répondre à tes besoins, mais sinon cette logique "OS+point d'accès+services sur mesure" reste pertinente et pas si complexe à mettre en place :)
Yep, faut chercher du côté des piratebox et projets similaires. Je veux dire, j'ai bien noté "pas de fichiers (ce n'est pas une piratebox)" mais la logique de base est là ; une fois le Raspberry configuré pour faire serveur et réseau local, tu décide des logiciels à mettre dessus, de ce qui est accessible, comme tout serveur web.
J'avais fait ça il y a quelques années, et documenté mon processus. C'est vieux, certains trucs sont sans doute obsolète, c'était pour un raspberry de première génération, mais c'est une base. Il y a pas mal de liens dans ma doc, avec un peu de chances ils fonctionnent encore et amènent vers d'autres ressources qui pourront t'être utile.
Pour l'alimentation : les Raspberry consomment peu, avec une simple powerbank le mien faisait le week-end sans souci. Je ne sais pas pour ton modèle, faudra vérifier, mais en théorie je dirais que ça reste valable. C'est le plus simple. Tu peux aussi envisager un panneau solaire portable en plus mais je suis beaucoup plus dubitative sur la qualité de l'électricité délivrée, ces petits machins pas très chers me semblent un peu craignos dès qu'on sort de l'alimentation de guirlandes de led.
Le chat, tu trouveras des logiciels qui ne consomment pas trop, il y a pléthore de choix. Le whiteboard je suis plus dubitative, mais les Raspberry que j'ai eu entre les mains étaient très très limités, même servir un dokuwiki était "trop". Or, pour avoir aussi testé des whiteboard sur serveur, ces logiciels demandent en général plus de ressources en ram/cpu.
Je serais curieuse d'avoir ton retour sur la mise en place de tout ça, si tu arrive au bout, de voir le détail à l'usage. Un journal à l'occasion ? ;)
De mon côté, j'ai adoré faire ce genre de projet, mais j'ai constaté que les gens ne s'en emparent pas plus que ça. Aux évènements loin des claviers, il n'y a que les geeks les plus forcenés qui testent l'expérience. Ma pibox a tourné sur des fêtes familiales (pour récupérer les photos entre autre) et quelques évènements libristes (capitole du libre, jdll), même sur ces derniers, l'usage restait hyper limité. Je crois que j'étais tombée dans le piège de la tech qui a un joujou et qui n'a pas pensé que ça ne répondait pas vraiment aux besoins des gens ;)
Si explication il y a, ce n'est pas du côté de la rationnalité ou de la légalité. Même le journaliste de BFMTV semble galérer à trouver comment présenter ça autrement que comme un festival d'absurdité, avec la petite cerise sur le gâteau de la déclaration du ministre français qui a eu besoin de dire tout haut qu'il était un idiot.
Je savourerais presque le pop-corn si ce n'était si tragique. Mais clairement, le but n'est pas de régler un problème, juste de faire n'importe quoi pour faire causer (et faire du pognon). Et ça marche.
Il y aura forcément un biais, justement parce que tu as compris que c'était politique. Le truc est de choisir ton biais et d'essayer de l'appliquer après en avoir fait des règles. Lors du filtre, ça peut être "je rejette tout ce qui vient de comptes suivis par plus de X personnes" => ça c'est pour désamorcer l'effet hit parade (et tu le fais déjà en partie si je me souviens ?). Mais ça peut aussi être "est-ce que ça vient d'un compte qui a l'air csp+ ?" (au passage, y'a-t-il vraiment autre chose sur ces réseaux ?), ce qui sera effectivement décelable par un humain au début (toi) même si peut-être qu'un filtre bayésien finit par filtrer. J'extrapole un peu sur ce que j'ai lu de tes errances, mais en fait tu as surtout une première phase d'introspection à faire : c'est quoi, ton projet politique sur ce bot ? Qu'est-ce que tu as envie qu'il relaie réellement et qu'il ne relaie pas ? Parce que ce n'est pas complètement clair dans ce que tu exprime, ce qui fait que c'est difficile à utiliser pour alimenter les filtres.
Enfin bon, tout ça pour dire : assume tes biais, forcément il y en a, quand ils sont vus c'est mieux ;)
En tout cas ta démarche essai/erreur est intéressante à lire, avec toutes les questions que ça amène.
Je vais créer un site web qui répond à tout en disant "RTFM". Efficace (il a raison), efficient (page statique), et en plus il fait bosser le cerveau :)
Attention, il risque d'avoir autant de succès que celui sur la poudre verte ou sur la méthode R.A.C.H.E. C'est comme ça qu'on révolutionne le monde de l'industrie capitalistique, avec ce genre d'idée disruptive 4.0.
Tu pourrais même prétendre avoir la première véritable AGI avec ça !
En tant que personne handicapée, ce genre d'outil me permet tout simplement de regagner un peu d'autonomie.
Parce que le ménage, c'est peut-être bon pour la forme, mais quand on n'est pas, de base, en bonne santé, et qu'assumer les tâches les plus basiques est terriblement coûteux (en énergie, en complexité, etc), toute assistance est bienvenue.
Ceci dit les miens ne sont pas connectés, parce que je ne veux pas être dépendante d'un cloud, mais bon c'est aussi parce que je connais le piège et que je peux faire autrement.
Et oui, c'est terriblement douloureux pour la dignité de se rendre compte qu'un truc "simple" comme "passer le balai" (ou faire la vaisselle, ou se faire à manger, ou se tenir debout, tous ces trucs qui vous semblent tellement évident) est en fait pas simple du tout et demande des aménagements, à la fois de l'environnement, mais aussi de ses propres attentes. En fait ma vie est en bonne partie conditionnée à faire des choix comme "je mange, ou je prends un peu d'énergie pour discuter avec un humain ?", tout en sachant que je fais partie des privilégiés (je suis encore en état de me déplacer, j'ai deux personnes qui m'aident à l'occasion, j'ai l'AAH, et j'ai donc pu m'acheter quelques robots qui réduisent la charge). D'autres meurent, littéralement, parce les solutions ne se mettent pas en place. Non, il n'y a pas toujours des humains pour prendre le relai. Alors bon, à un moment, la dignité, on s'asseoit dessus, et on accepte de reconnaitre qu'un bot qui nettoie mal le sol est préférable à un sol sale, parce que non, passer le balai n'est pas facile, pas pour tout le monde.
Les arguments validistes du type "bon pour la forme" ou "cela ne consomme aucune énergie", ils me sortent un peu par les yeux, pour tout dire.
Ce qui est facile, c'est de juger et croire qu'on sait mieux que les autres. Là dessus, tout le monde semble assez égaux (ouais, moi comprise).
Bon je vous ai fait un bon titre putaclic (quelle est la version non sexiste de cette expression malheureuse ?).
J'avais retenu "clickbait", mais il parait qu'il y avait aussi une offense, et je ne sais plus laquelle. Et Wikipédia dit "piège à clic" pour la langue locale.
Pour le coup, Infomaniak a un outil plutôt bien fichu pour récupérer l'ancienne boite. Je ne sais pas ce que ça donne en partant de Scaleway, mais côté Infomaniak il y a plein de petits outils qui facilitent la migration. J'avais transféré la gestion mail de Gandi à Infomaniak pour une de mes assos (trop de volume pour que je prenne le risque d'y gérer moi !) et ça a été super efficace.
Par ailleurs le protocole mail est hyper redondant, donc même si "tout va mal" et que tu a plusieurs heures "sans mail", ces derniers seront délivrés dès que ce sera possible. Au pire du pire quelques correspondants auront un message comme quoi le mail ne peut pas être délivré, mais… vraiment, le risque est infime.
Je plussoie et j'abonde, fais-nous un journal sur le sujet :)
Pour le moment, les DNS, ça reste un truc que je comprend "en gros", mais que je n'ai jamais pris le temps de creuser. J'ai quand même paramétré mon ordi pour passer par des DNS neutres (type FDN), mais c'est tout. Si je peux tout avoir à la maison sans complexifier trop la maintenance, c'est encore mieux.
Merci, à nouveau, pour ce bilan, qui permet de suivre les grandes lignes autour de l'IA. Je découvre des choses à chaque fois :)
Pour la partie sur Linuxfr (journaux et liens), ça donne un autre aperçu des dynamiques autour de l'IA dans la communauté. Vu les réactions aux journaux et les thématiques de certains liens, j'aurais tendance à dire qu'il y a une part assez marquée de gens qui rejettent l'IA avec plus ou moins de virulence, mais dans le même temps, qu'est-ce qu'on en cause :D Je n'avais pas pris conscience de la quantité de liens liés à ça…
bin, oui, sans les logiciels d'Adobe, ça va être compliqué […]
Est-ce qu'une solution serait de trouver quelqu'un ayant ces logiciels, donc pouvant ouvrir les fichiers et les convertir dans Adobe vers un autre format, ou est-ce que les logiciels en questions ne vont gérer que des formats fermés ? Est-ce qu'on perds trop d'infos avec les autres formats ? Ton lien cite mp4 et mov, ça en théorie on peut les manipuler avec des outils libres, mais ça serait fonctionnel ?
Je ne sais pas non plus si un logiciel moderne peut gérer ce format. Parce que ça doit être possible de trouver quelqu'un qui a la suite Adobe (sans doute plus avec un appel sur un réseau social fermé que sur Linuxfr), mais encore faut-il que ça marche. Wikihow semble laisser espérer que ça pourrait passer, mais je ne serais pas surprise d'apprendre que des vieux formats ne sont plus supportés, et que ça demande d'installer la version d'il y a 20 ans.
En tout cas, pour l'opération Steve Austin, il me semblerait assez logique de faire alliance avec un sorcier vendu aux Forces du Mal, histoire qu'il ouvre les portes de l'Enfer pour laisser s'échapper ces pauvres âmes medias. C'est moins coûteux que d'acheter le logiciel pour le faire soi-même (même s'il me semble raisonnable d'offrir une libation au sorcier qui fera le fastidieux travail "d'ouvrir-enregistre sous").
Depuis quelques années, j'annule régulièrement des déplacements parce que je n'ai aucune idée de comment me déplacer une fois sur place (à part à pied, mais c'est pas toujours gérable). Je ne met pas d'appli sur mon ordiphone (qui de toute façon est décorrelé de tout moyen de paiement, vu son âge) et je n'ai pas de "sans contact" depuis que j'ai eu un paiement non maitrisé (au moins si je rentre mon code, je suis sûre que c'est parce que j'ai donné mon accord). Les distributeurs de tickets papiers sont donc généralement la bonne solution pour une voyageuse occasionnelle comme moi, sauf qu'il faut les trouver et suivant les villes, trouver "où" acheter les billets (pas à bord du transport, pas forcément de borne à tous les arrêts, parfois il faut se rendre au service client et attendre au milieu d'usagers qui ont des soucis plus concrets à gérer). Sans parler de certaines villes dont la complexité tarifaire fait que je n'ai aucune idée de comment m'en débrouiller, de quelle solution trouver (coucou Paris).
La complexité générale de tout ça, la galère à trouver les infos à distance, sans parler du fait que de toute façon rejoindre une grande ville est une misère quand on vient d'un coin de campagne déshérité… Je renonce. Pas le courage de me battre durant des heures pour trouver la solution à un problème qui devrait être simple (aller du point A au point B), pas les moyens de payer une amende en cas de contrôle, donc je cède à la volonté politique qui est que je ne sorte plus des quelques communes autour de la mienne.
Je regrette un peu parce que ces déplacements me permettaient de croiser des gens sympas, de faire des connaissances, de papoter en direct, et c'est sympa aussi le contact humain ! Heureusement qu'il y a encore internet, sinon il me resterais à papoter logiciel libre avec les troupeaux de vaches une fois les 3 potes locaux saoulés.
Bref… c'est très cool de permettre de payer sans contact, pour ceux qui utilisent ça, mais ça a tendance à se faire au détriment de solutions encore plus simple, comme à tout hasard des transports gratuits. Ce serait tellement subversif de pouvoir se déplacer sur le territoire sans péages permanents…
Sans présupposer pour tkr (chacun a ses raisons) je constate autour de moi que plusieurs personnes refusent l'ordiphone/s'en débarrassent. Pas la majorité, mais ce n'est pas complètement anecdotique non plus. L'argument qui revient souvent est de limiter la dépendance à un outil qui est toujours connecté et auquel on recourt même quand on pourrait s'en passer. Ça aide finalement à être plus dans l'instant présent, et moins "connecté". Plus de notifications en tout genre, plus de tentation de prendre des photos de choses sans grand intérêt plutôt que de les vivre pleinement, etc.
De mon côté j'oublie l'ordiphone régulièrement, je refuse d'y installer certaines appli qui justement poussent à être trop connectées (les mails, les flux rss, les messageries en tout genre), et je dois quand même reconnaitre que l'appareil prendre parfois beaucoup de place. La tentation de regarder la carte sur le gps, plutôt que de se perdre (j'aime me perdre pourtant). Aller voir la réponse à une question sur internet, plutôt que de réfléchir un peu plus voir de vivre la frustration de ne pas savoir. S'occuper avec un jeu (libre, certes :p) en salle d'attente plutôt que de rester seule avec mes pensées.
Bref ; il y a, je pense, des bonnes raisons à avoir un ordiphone, mais aussi des bonnes raisons de se méfier de toutes ces bonnes raisons, au delà même des questions de vie privée et de rapport aux gafams. Ceci dit je vais continuer à garder mon ordinateur de poche, tant que j'arrive à ne pas en être trop esclave :D
Ce n'est pas plus simple d'arrêter à avoir un compte Facebook et assimilés (Meta, WhatsApp, Instagram, etc), définitivement ?
Dans l'absolu, tellement. Mais il arrive qu'il faille passer par ces canaux pour certaines infos. Ce qui est désespérant mais parfois on a besoin de négocier. Dans mon cas, Facebook me sert pour certaines infos d'entreprises locales. Dont un resto que j'aime bien mais qui met sa carte et ses horaires à jour uniquement sur FB, et sans compte, on est parfois bloqué dans la consultation avant d'avoir eu l'info utile.
Par ailleurs, je trouve difficile d'aider les gens à sortir des GAFAMs sans comprendre ce qu'ils vivent/pourquoi ils y sont. Je ne prétendrais pas que je fais un effort durable pour tout comprendre, mais c'était typiquement ce qui m'avait motivé à aller sur Instagram : une amie qui se servait uniquement de ce canal pour promouvoir les activités de son asso, qui rencontrait des soucis, et ça me semblait difficile de lui proposer "autre chose" alors que je n'avais jamais regardé comment fonctionnait Instagram. Ce qui a été un échec total de ma part d'ailleurs, ce truc m'a donné trop de boutons pour que j'arrive à réellement l'explorer, mais j'ai quand même essayé… Parfois c'est plus efficace, j'ai une autre asso que j'ai réussi à faire migrer vers du nextcloud à la place de leur google doc, elle a son propre site, son propre mail. Mais encore FB parce que pour le coup ce réseau leur convient réellement pour toucher leur public cible, et ça on ne le solutionnera pas (dans ce cas très précis) avec les réseaux libres.
Après, au quotidien, je me passe effectivement de ce genre de compte et je refuse systématiquement de m'en servir pour "garder le contact". C'est mieux pour mon équilibre mental !
J'ai eu des soucis de ce genre (avec Instagram, donc Meta aussi ; avec Twitter aussi y'a longtemps, quand ça s'appelait encore Twitter).
De ce que je comprends, ces petits sagouins polluent le web mais aimeraient éviter qu'on fasse de même avec eux. Donc ils ont diverses détections automatique de tout ce qui peut ressembler à un "bot" (même si on n'est pas un bot).
Sans garantie, ce que j'ai pu repérer qui compte réellement, c'est l'ip et le navigateur. Linux n'est pas forcément le souci (ouf).
L'IP là pas de doute, c'est un critère important pour certaines boites (Meta, Stripe : j'en suis certaine). Si tu as des services auto-hébergés à la maison (donc des noms de domaine associés à ton IP) ou si tu passe par un FAI qui n'a pas ses IP en "résidentiel", ça va coincer. Le plus simple consiste à utiliser la connexion d'un téléphone pour créer le compte et pour les premières interactions. Les IP données par les antennes téléphoniques sont acceptées, parce que la plupart des gens vont sur internet depuis leur téléphone.
Le navigateur ensuite… Lorsque j'ai besoin d'interragir avec les Gafams, je finis souvent par utiliser un Chrome vierge. L'horreur absolue ! Mais Chrome sera vu comme acceptable, et l'absence de bloqueurs en tout genre va aider aussi. Par contre faut évidement pas naviguer avec ce navigateur ailleurs que sur les 3 gafams avec lesquels on veut négocier.
Ensuite, il peut y avoir le mail d'inscription. J'ai gardé des mails chez les principaux opérateurs (google, microsoft), qui ne servent vraiment que lors de mes phases de tests de services à la noix de ce genre. Y'a pas à dire, ça passe mieux quand on utilise un gmail.com qu'un domaine personnalisé pour s'inscrire. Note que ça se change au besoin par la suite, sans déclencher forcément trop d'alertes. Si tu n'as pas de mail chez un gafam, bon courage : créer un compte est devenu aussi une vraie plaie avec le temps, et c'est quasi obligatoire de donner son numéro de téléphone.
Enfin, sur Facebook j'avais remarqué qu'il fallait lui donner quelque chose comme "nom prénom". Leur politique est de forcer les gens à donner leur identité autant que possible, alors forcément ils n'aiment pas les pseudos ni même les noms de personnes morales. Mais tu peux lui donner "Jean Nérienabraire" : ça lui semble assez "réel", vu que c'est géré par des automatismes qui restent assez basiques. Le compte doit ressembler à celui d'une vraie personne inculte en informatique, pas d'un geek qui ne veux pas montrer ses fesses sur la place publique.
Il est aussi possible que ça te demande un numéro de téléphone. Il faut hélas lui donner, sinon ça va bloquer.
J'imagine qu'une autre solution est d'installer l'appli sur smartphone, de tout faire par ce biais, et de la désinstaller après quelques semaines. Ça doit bien marcher, mais cela me semble exposer un peu trop l'ordiphone aux crasses de Meta.
Il est aussi probable que les premiers posts soient un peu plus analysés. Ou pas. Avec Instagram, je me faisais bannir avant même d'avoir personnalisé un avatar. Là je crois que j'avais réussi à débloquer en créant et paramétrant le compte avec les deux astuces du début : ip résidentielle et chrome vierge. Mais ça date un peu, je ne sais plus (et si ça se trouve depuis le compte est de nouveau bloqué :D ).
Bon courage. Chaque interaction avec ce genre de service me fait soudain considérer qu'en fait, dans le libre, l'ergonomie et le design sont au top. C'est plonger dans un enfer où chaque clic te demande de vendre ton âme, où chaque mouvement de souris semble déclencher des apocalypses. C'est une expérience intéressante mais éreintante.
Bonne chance pour la promotion de ton livre ! Il a l'air sympa :)
Je sais, ce n'est pas une distribution. Mais visiblement avoir KDE installé aide à ce que ça marche bien. J'ai eu des soucis jusqu'à installer cet environnement de bureau (mais je n'était pas avec un environnement très classique par ailleurs).
Par ailleurs Steam a son SteamOS basé sur Archlinux donc dans l'absolu les dérivés d'Archlinux devraient passer crème. Mais je te déconseille Archlinux "pur" si tu n'es pas déjà à l'aise avec Linux. C'est mon OS de tout les jours et c'est génial quand on aime comprendre comment ça marche et tout configurer aux petits oignons, mais justement on a droit à plein de bizarreries suivant ce qu'on a configuré. À la limite voir des distributions dérivées comme Manjaro, par contre je n'ai pas de retour dessus.
J'ai des amis qui sont sous Debian et KDE et n'ont aucun souci avec Steam ; Debian-facile.org me semble être la meilleure ressource francophone pour une installation aux petits oignons qui "juste marche".
Dans l'ensemble les retours sont plutôt bons pour l'usage de Steam sous Linux. Il faut forcer les jeux windows à pouvoir s'installer (il y a une option pour ça quelque part dans l'interface de Steam) et ensuite c'est rare qu'un jeu aie des soucis.
C'est sûr qu'on change d'époque. Il y a plus d'informatique partout, mais du coup aussi plus de boites "à la con", là où il y a une vingtaine d'année on trouvait une plus grosse proportion d'enthousiastes (parfois foutraques, ce qui est un autre sujet). Pour moi c'est un peu les dérives habituelles du capitalisme : on affine les process, encore et encore, et parfois ça fait des économies d'échelles, mais souvent aussi ça génère pas mal de non-sens, de frictions humaines, et ça conduit à perdre la saveur qu'un chouette travail peut amener. Ya sans doute des managers qui kiffent à mort, là, à faire des programmes de séminaires et des réunions à la chaine, qui ont l'impression de faire des choses biens. J'espère pour eux, même si j'ai un peu un doute…
Je pense qu'il y a toujours un certain nombre d'entreprises où on peut faire un job comme ce que tu décris ; il faut juste les trouver au milieu des autres. Ce qui est devenu aussi compliqué que de trouver une page web sur un sujet précis, qui n'aie pas été bullshité par une IA. J'ai même la croyance qu'il n'y en a pas moins de "biens" (des entreprises comme des pages web), sauf qu'elles sont perdues dans un océan toujours plus vaste de trucs moches.
Il me semble que quand on ressent ce que tu décris, pour ne pas devenir maboul, faut trouver de quoi vibrer "autrement". Je ne suis pas un exemple, j'ai eu tendance à quitter mes jobs dès que je m'y ennuyais. J'ai exercé des métiers variés, prenant plaisir à découvrir, mais il y a toujours un moment où ça devient routinier, où je n'ai plus à réfléchir à ce que je fais, dans quel sens, comment améliorer mes gestes etc, bref mon esprit décroche et assez rapidement je vais ailleurs. Ça me fait un CV absolument foutraque qui faisait ouvrir de grands yeux aux formateurs lors des stages "apprendre à faire un CV" (le pire étant que je sais très bien reformater ça pour me faire embaucher ensuite, ces formations obligatoires sont une telle perte de temps).
Je comprends aussi qu'on reste dans un job dont le fond est devenu ennuyeux, mais dont les à-côtés sont confortables. Sans parler de la difficulté à trouver un autre job correspondant à nos autres critères, mais avec le fun en plus. Dans ce cas, acter que le job est devenu d'un ennui total, voir ce qu'on peut négocier là dedans, voir même si on ne peux pas se libérer du temps (bosser un jour de moins ? Dans une autre équipe ? Disparaitre discretos durant les séminaires imposés après avoir émargé ? Prétendre prendre des notes en réunion alors qu'on écrit des poèmes d'amours à son algorithme préféré ?). Et surtout trouver à côté, dans le reste de sa vie, de quoi se nourrir. Généralement en trouvant des projets sympas où participer bénévolement.
Perso je suis vraiment adepte de la méthode "tout cramer" (repartir sur des bases saines étant un peu en option). J'ai quitté des jobs, des apparts, des compagnons, tout un tas de situations confortables, pour aller galérer comme pas permis. Mais je ne me suis pas ennuyée, ça c'est sûr !
Par ailleurs ça peut être utile de faire un vrai bilan. Pas juste de compétences, mais de voir ce qui est important et ce qui l'est moins. Tu as su refuser un poste de manager, donc j'imagine que le fait de monter les échelons n'était pas très haut sur ta liste de priorité ;) Parfois on peut trouver un job bien plus sympa, mais en acceptant de gagner beaucoup moins, par exemple. Ou de déménager (ce qui peut être compliqué si on a une famille, une maison etc). Où sont les marges de manœuvres ?
Dans ton travail, as tu encore le sentiment d’exercer une véritable intelligence? Pas simplement celui de résoudre des tickets, ou d’interfacer un formulaire avec une base de données. Mais bien cette sensation rare, précieuse, d’avoir compris un problème de fond, d’en avoir extrait une solution élégante, inattendue, juste? Ce moment de clarté, où tout s’aligne, où l’on sent que quelque chose s’est éclairé?
C'est un sentiment que je vis régulièrement dans ma vie. Pas dans un job salarié, parce qu'handicap et travail rémunéré, c'est parfois trop compliqué. Mais ce bonheur, ce flow, quand les choses s'alignent et que je comprends comment tout s'emboite, comment mettre les choses en place, oui. Je ne sais pas comment on peut tenir le coup si on n'a pas ce truc régulièrement. Donc je te souhaite vraiment de retrouver comment mettre ça dans ta vie.
Oui, Chaton/associatif ça a les mêmes limites que leur intérêt : l'humain est au centre. Du coup ça veut dire… plus de discussions et plus de charge mentale, soit une relation qui n'est pas celle du client qui a juste son produit et migre le jour où les conditions ne vont pas. Il faut plus de d'échanges, ce qui peut être sympa, mais on n'a pas toujours le temps justement, et cela n'enlève pas la nécessité de vérifier les petits détails du contrat même si ce dernier est négociable plus facilement qu'avec une entreprise.
De mon côté il m'est arrivé de renvoyer des assos vers Infomaniak ou Hertzner parce que je savais qu'on ne pouvait pas leur offrir le cloud qui les intéresse, que c'était aussi "plus simple" par rapport à leur besoin exprimé, notre rôle d'accompagnement se limitant alors à former leurs membres sur "ce qu'on met sur un cloud non chiffré et les infos qu'on évite d'y laisser trainer". J'ai eu de bons retours "pratiques" sur les solutions de ces entreprises, par contre je n'ai pas du tout creusé l'aspect privacy. Je me disais juste que ce serait moins pire que Google.
Si tu te sens de nous faire un retour (voir un journal !) sur le résultat de tes investigations, ça m'intéresserait, histoire aussi de pouvoir mieux orienter d'autres personnes dans un besoin similaire par la suite :)
Pour le marché/agora chatons, en dehors du forum, je ne vois pas… Mais je n'en suis pas membre active, je suis de loin en loin ce qui s'y passe, donc j'ai pu louper un truc.
Pour maintenir un service similaire (pas Chatons, parce que pas assez d'énergie sur les aspects administratifs/communautaires), je sais que par défaut on propose peu d'espace de stockage (enfin, bien moins que ce qui est demandé) mais pour proposer un prix "bas" et sensibiliser les gens à la pertinence de stocker en cloud. Maintenant si quelqu'un nous propose de payer 237€ TTC/an contre cet espace disque, pour seulement 3 utilisateurs, je réfléchirais avant de dire non…
Bref les métriques affichées sont sans doute négociables chez les Chatons si tu es prêt à payer le service. Oui les Go coûtent des sous sur les serveurs, mais si c'est payé, c'est une charge de travail qui s'absorbe assez vite dans une infra bien faite. Donc peut-être poser une annonce sur leur forum ? Possible que certains répondent positivement.
Merci, ça me donne d'autres pistes pour mes expérimentations. Mon ordi va clairement limiter mes tests (je n'ai "que" 16 Go de Ram, le reste est à l'allant, ce qui suffit par ailleurs donc je ne vais pas upgrader pour le moment), mais c'est assez pour comprendre peu à peu comment tous ces trucs s'articulent. Vu les retours ici, faut que je teste llama.cpp :)
Avec l'enshittification des recherches web, je n'ai pas vraiment trouvé de bons tutos pour mettre ce genre de truc en place, je tâtonne pas mal. Typiquement, quel modèle tester, avec quel outil… Comme souvent quand on est néophyte, la difficulté est d'acquérir suffisament de vocabulaire et de référence pour savoir ensuite quoi creuser ; lire la doc, ok, mais laquelle ? Là je commence à être au niveau où "Q4_K_M" et "le nombre de tokens" ont un peu de sens pour moi mais il y a encore du taf avant que je comprenne les détails. Si on trouve des modèles à 7B voir 1.5B c'est que ça doit avoir une utilité, par exemple, mais jusque là mes tests avec ces modèles me donnent l'impression que n'importe quel Eliza est plus efficace (et moins compliqué à faire tourner).
Voir vos retours avec des 30B qui sont utilisables, c'est plus encourageant. Et savoir sur quelles machines ça tourne… ok, ce n'est pas pour moi pour le moment mais j'ai quelqu'un dans mon entourage qui a ce genre de machine, je lui emprunterais à l'occasion :D
Merci pour ces retours instructifs. Par curiosité, quelle config matérielle vous avez pour arriver à faire tourner ces trucs ? Et les résultats sont globalement suffisament pertinent ?
J'ai fait quelques expériences avec Ollama, sans arriver à obtenir des réponses vraiment satisfaisantes, et tout ça en freezant l'ordi… je n'ai pas fini d'expérimenter mais j'en suis à me demander si le souci vient de mes choix (de modèles, de logiciels, de tout ce que je n'ai pas compris), s'il faut forcément un ordi de folie pour arriver à quelque chose, et si on peut réellement espérer approcher "en local" le niveau de réponse des géants des LLM. Je suis donc hyper intéressée par les retours d'autres utilisateurs.
J'ai toujours du mal à comprendre comment ce genre de projet peut être concilié avec le principe de secret de la correspondance, qui est un droit pourtant assez bien retranscrit ici et là dans les pays démocratiques. J'ai même un vague souvenir que ce genre de valeur fait partie des trucs signalant qu'on est ou non dans un état totalitaire.
Je n'ai évidement aucun doute sur le souhait d'un certain nombre de politiques de passer au totalitarisme tant que c'est bien eux au sommet, certes. Et je trouve effrayant à quel point ces désirs sont décomplexés et s'affichent haut et fort, mais il y a quand même un sacré arsenal juridique à détricoter pour que ce genre de mesures soient applicables, non ? Donnez moi un peu d'espoir…
En fait, des systèmes résultant d’apprentissage stochastique libres et qui ne crament pas la planète ça existe déjà (en tant que chercheureuse par exemple on peut s’amuser à entraîner un modèle de A à Z) ; évidemment c’est moins “puissant” qu’un truc du type ChatGPT mais la bonne question qu’il faut, je pense, se poser, c’est « puissant pour quoi faire ?".
A-t-on vraiment besoin de tels outils ? Pour quel usage ?
Ce sont les bonnes questions. Et ce qui m’ennuie, c’est que oui, il y a des usages où je vois l’intérêt. Le plus facile étant les traducteurs automatiques. L’apprentissage des langues demande un certain nombre de privilèges, la démocratisation de ces outils a permis d’accéder à des connaissances et des échanges qui étaient inenvisageables avant.
À titre personnel cela m’aura permis de me former sur des ressources qui n’existaient pas dans ma langue, de discuter avec des gens qui me seraient restés incompréhensibles sinon (et encore, il restait la distance culturelle à franchir) et mine de rien, à apprendre aussi d’autres langues. Faire tomber la montagne que cela représentait d’essayer de “comprendre” a rendu l’apprentissage possible. Certes, je ne paie pas de traductrices depuis que j’utilise Deepl. Mais de toute façon je n’ai jamais eu les moyens de le faire.
Et dans mes divers tests avec les LLM, il y a plein d’usages que je trouve douteux, où ils sont inutiles voire contre-productifs, mais il y a aussi plein de situations où cela m’a débloqué, là où aucun humain n’allait daigner m’aider. Par exemple, quitte à me fâcher avec les techbros (on est là pour ça non ? :P ) : les LLM sont d’une patience infinie pour rendre le fucking manuel plus digeste, là où les vraies puristes croient que lire le man suffit. Certes, si nous étions dans une société bienveillante où les débutantes seraient accompagnées avec patience, sans jugement et sans sous-entendu sexistes, c’est sûr que je n’aurais pas autant apprécié la reformulation offerte par les LLM et que j’aurais pu m’en passer.
J’aurais des tas de sujets sur lesquels j’ai trouvé que oui, certains outils répondaient à des besoins, exprimés depuis longtemps mais où je n’avais pas les “privilèges” pour y répondre… jusqu’à avoir accès à ces trucs. J’ai parfois eu la tentation de faire quelques journaux sur mes expériences “LLM” mais vu comme le débat est polarisé, je n’ai pas eu la foi de me confronter aux retours violents de certains… pourtant pouvoir échanger sur les qualités et limites des divers outils pourrait vraiment être cool, histoire de mieux comprendre les enjeux. Parce que chaque fois que je trouve un usage “utile”, il vient forcément des questions sur ce que ça implique derrière. Déjà j’ose participer un peu dans la conversation ici, mais je stresse en postant mes commentaires. Alors, faire des journaux… je resterais sur des sujets plus consensuels.
Outre le côté éthique/écologique, peut-on encore qualifier de “Libre” un outil qui nécessiterait de posséder un data center (et les capacités énergétiques, les ressources en eau…) associées pour le créer / le faire tourner ? Peut-être dans un système où les data centers seraient un commun, mais dans notre système ?
L’entraînement des gros modèles demande des ressources qui me semblent difficiles à trouver dans les communs, mais tu dis que c’est possible, je te crois : je ne suis pas compétente, et je trouve la nouvelle rassurante !
Faire tourner les outils qui en découlent est possible “facilement” dans une optique mutualisée, sauf qu’on ne peut pas évacuer si facilement le côté éthique/écologique, et puis si le modèle n’est pas entraîné sur des données libres, de toute façon on ne peut pas prétendre que le produit final l’est. Je me suis tâtée à héberger un LLM “maison” pour ma bande d’amis, histoire qu’au moins les infos persos n’aillent pas nourrir les grosses entreprises. Je n’ai toujours pas tranché si c’est pertinent ou non ; je n’ai pas non plus la machine qui le permet bien qu’elle n’est pas « hors de portée ». Sauf qu’il y a ici pour moi aussi le questionnement écologique qui freine à mort : je suis plutôt à réemployer des vieux coucous qu’à acheter (et donc cautionner la création) de matériel neuf.
Je fais un petit détour sur la question du travail. Primo, le fait qu’une population a été exploitée pour construire les modèles de données. Oui, ça on ne va pas le nier. Mais l’esclavage moderne des populations les plus paupérisées fait partie du fonctionnement du capitalisme, et ce sont des groupes similaires qui vont faire nos habits (l’industrie textile est ignoble), trouver les matières premières qui font tout notre confort moderne (personne ne peut rêver de bosser dans une mine d’un pays pauvre, à moins d’avoir comme alternative de crever de faim), et autres jobs foireux. Je ne dis pas que cela est justifiable. Juste que c’est tout aussi peu éthique que la majorité des choses qu’on utilise au quotidien. Pourquoi cet argument devrais avoir plus de poids dans l’usage des IA que dans l’habillement ? Parce que je doute très fortement que les critiques de l’IA utilisent uniquement les vêtements transmis par leurs aïeuls ou ceux qu’ils ont eux-même tissés. Je précise bien qu’il ne s’agit pas de nier la pénibilité du travail accompli, juste que si on veut utiliser cet argument pour « ne pas utiliser l’IA », il faut être cohérent et ne pas utiliser de nombreuses autres choses, ce qui mène forcément à s’exclure de la société dans le monde occidental. Ou être conscient qu’on reste un esclavagiste, même si on n’aime pas ça et qu’on dit que c’est mal.
Secundo sur « automatiser des jobs auparavant épargnés, pour précariser encore un peu plus les travailleureuses ». Le problème, ce ne serait pas surtout d’avoir besoin d’un job aliénant pour survivre ? Peu importe qu’il soit sympa ou pas. Sans questions à se poser sur la survie, je pourrais faire de l’art, ou coder, ou tout autre travail utile ou non (si possible : pas nuisible !), et même avec ou sans IA : tout cela dépendrait uniquement de mes envies.
Pour préciser un peu d’où je parle : je viens plutôt de là où les jobs sont remplacés depuis longtemps, régulièrement, par des machines. Et ça m’agace très fortement d’entendre les bourgeois s’autocongratuler de supprimer les métiers “pénibles” mais qui permettaient de survivre, et commencer à pousser des hauts cris quand c’est à leur accès aux ressources qu’on touche. Oui, faire caissière en supermarché ou sur une autoroute, c’était un métier de merde : mais on pouvait le faire même sans avoir eu la chance d’accéder aux grandes études. Maintenant, supprimons toutes les situations de cumul des ressources, permettons à chacun de vivre dignement, et voyons si ça reste un souci que les IA « volent le travail ». Je dirais même : les IA vont permettre que des personnes sans accès aux formations puissent retrouver du job, en tant que baby-sitter, puisque hop, plus besoin de compétences. Non, ok, je trolle là, je sais que ça va juste continuer à enrichir une minorité toujours plus réduite, et augmenter toujours plus la quantité de population qui galère à juste survivre. Mais que la classe moyenne et CSP+ perde ses jobs, honnêtement je ne vois pas le problème : si ça les motivait à repartir couper des têtes, ce serait même bénéfique. Oui, oui, je sais, ça ne suffira pas, cette colère sera juste détournée pour taper encore plus sur les pauvres et les étrangers, mais ma propre colère ne m’aide pas à faire preuve de compassion sur ce point précis.
Par conséquent, pour moi, le “hack”, ce serait déjà de ne pas se faire avoir quant à ce que sont réellement ces outils. Ce serait de documenter leurs failles. Étudier leurs biais. Faire un travail d’éducation critique auprès du grand public comme on a pu le faire concernant les outils des GAFAM : c’est en fait leur nouvel avatar.
Là, 1000 fois oui. Avec la précaution que « documenter les failles » demande d’être conscient de ses propres failles, ses propres biais. Y'a qu’à : D (et à ma modeste échelle, j’essaie d’aller dans cette voie).
Et qu’il ne s’agisse pas d’être uniquement dans une posture jugeante. De même qu’harceler les gens pour leur faire installer Linux et quitter Google est contre-productif : on sait qu’il faut avant tout écouter leurs besoins, voir où le Libre peut y répondre “mieux” (ou moins pire) que les GAFAM, accompagner en douceur vers l’émancipation. De même, au-delà de documenter tout ce qui ne va pas avec l’IA, il faut aussi écouter ce que le grand public va y chercher, pourquoi, et proposer des alternatives qui soient “souhaitables”. Il y a des trucs qui demandent des sacrés changements dans la société, il ne suffira pas de refuser l’IA.
Un exemple sur un truc dont le traitement m’insupporte : les divers articles sur les dangers de l’IA sur « la santé mentale ». Qui se terminent invariablement par des poncifs du type « allez voir des professionnels, ne faites pas confiance aux IA ». Quels professionnels ? Je ne sais pas s’il y a des pays où ce n’est pas la misère, mais en France en tout cas, c’est sûr que pour trouver 1) un professionnel 2) compétent (on exclue… vraiment beaucoup de monde en fait, y compris parmi ceux qui ont un diplome, tant ce qui est enseigné en France est obsolète) 3) accessible sans revenus conséquents : il y a plus de chance de trouver un trèfle à 4 feuilles. Alors qu’est-ce qu’on fait quand on a des soucis psy ? On fait ce qu’on peut, voilà, c’est tout. Et on teste tout et n’importe quoi, avec dans le lot plein de trucs qui sont de mauvaises idées, et un certain nombre qui peuvent nous faire disjoncter méchamment (les solutions foireuses potentiellement explosives incluant les psychologues diplômés qui continuent à déblatérer sur Freud et à induire des souvenirs). À tout prendre, l’alcool est plus problématique que les IA dans la plupart des troubles mentaux. Le souci est essentiellement politique, mais le traitement reste sensationnaliste.
J'ai beaucoup aimé ta conférence sur l'IA aux JDLL. Merci de l'avoir retranscrite au passage, ce qui m'a permis d'y accéder.
J'avais un questionnement à sa lecture, qui se réactive ici : je comprends bien la détestation de l'IA en tant que projet politique, mais j'ai l'impression que tu ne l'applique pas forcément à tous les outils placés sous le nom "d'IA". S'il y a des modèles réellement libres qui émergent, c'est à dire avec des données acquises en respectant les licences, est-ce que tu considèrerais ça comme acceptable ? Encore que, il faudrait sans doute que cela se place aussi dans un projet politique suffisamment "à côté" aussi : s'il faut bétonner et faire des centrales nucléaires en plus pour un LLM libre, je ne sais pas trop s'il serait fondamentalement différent des autres.
De même que le copyleft est effectivement basé sur le copyright pour le détourner de son objectif initial, est-ce que tu envisages que les outils et algorithmes associés à "l'IA" puissent être détournés pour un usage profitable ?
À titre personnel je me questionne beaucoup. J'explore et expérimente (comme j'ai pu le faire avec d'autres produits capitalistes et d'autres copies de produits), pour essayer de comprendre les possibilités et limites. Il y a des aspects où c'est juste effrayant, comme les GAFAMS peuvent l'être. Une couche au dessus même, parce que le potentiel de destruction est exponentiel. Il y a aussi des usages possibles des outils (LLM et autres) qui peuvent être plutôt positifs, et d'autres enfin où s'en interdire l'usage risque de donner un avantage à un certain type de monde, et pas le meilleur à mon goût. Je n'ai vraiment pas de réponse à tout ça, il me faudra une dizaine d'année encore au moins pour me faire un avis tranché, mais ta lecture de tout cela m'intéresse et m'aide à comprendre certains mécanismes.
[^] # Re: reprendre la base d'une piratebox
Posté par Zatalyz (site web personnel) . En réponse au message RaPi comme un réseau social local temporaire et déconnecté d'internet. Évalué à 3 (+1/-0).
Yep et le côté "tout compris", à l'époque, avait été pour moi plus un frein qu'un avantage.
C'est pour cela que j'étais partie d'une debian pure, adaptée pour proposer un point d'accès et portail captif. À vu de nez je sais qu'il y a des trucs à adapter dans mon tuto (le nom des interfaces, peut-être que je n'utiliserais pas iptable aussi) et il doit y en avoir d'autres, mais la logique reste la même : tu installe une base ultra-légère, tu configure pour proposer le portail captif, puis tu met les logiciels web adaptés à ton usage. Peut-être que l'un des logiciel "box" encore en vie va répondre à tes besoins, mais sinon cette logique "OS+point d'accès+services sur mesure" reste pertinente et pas si complexe à mettre en place :)
[^] # Re: reprendre la base d'une piratebox
Posté par Zatalyz (site web personnel) . En réponse au message RaPi comme un réseau social local temporaire et déconnecté d'internet. Évalué à 4 (+2/-0).
Yep, faut chercher du côté des piratebox et projets similaires. Je veux dire, j'ai bien noté "pas de fichiers (ce n'est pas une piratebox)" mais la logique de base est là ; une fois le Raspberry configuré pour faire serveur et réseau local, tu décide des logiciels à mettre dessus, de ce qui est accessible, comme tout serveur web.
J'avais fait ça il y a quelques années, et documenté mon processus. C'est vieux, certains trucs sont sans doute obsolète, c'était pour un raspberry de première génération, mais c'est une base. Il y a pas mal de liens dans ma doc, avec un peu de chances ils fonctionnent encore et amènent vers d'autres ressources qui pourront t'être utile.
Pour l'alimentation : les Raspberry consomment peu, avec une simple powerbank le mien faisait le week-end sans souci. Je ne sais pas pour ton modèle, faudra vérifier, mais en théorie je dirais que ça reste valable. C'est le plus simple. Tu peux aussi envisager un panneau solaire portable en plus mais je suis beaucoup plus dubitative sur la qualité de l'électricité délivrée, ces petits machins pas très chers me semblent un peu craignos dès qu'on sort de l'alimentation de guirlandes de led.
Le chat, tu trouveras des logiciels qui ne consomment pas trop, il y a pléthore de choix. Le whiteboard je suis plus dubitative, mais les Raspberry que j'ai eu entre les mains étaient très très limités, même servir un dokuwiki était "trop". Or, pour avoir aussi testé des whiteboard sur serveur, ces logiciels demandent en général plus de ressources en ram/cpu.
Je serais curieuse d'avoir ton retour sur la mise en place de tout ça, si tu arrive au bout, de voir le détail à l'usage. Un journal à l'occasion ? ;)
De mon côté, j'ai adoré faire ce genre de projet, mais j'ai constaté que les gens ne s'en emparent pas plus que ça. Aux évènements loin des claviers, il n'y a que les geeks les plus forcenés qui testent l'expérience. Ma pibox a tourné sur des fêtes familiales (pour récupérer les photos entre autre) et quelques évènements libristes (capitole du libre, jdll), même sur ces derniers, l'usage restait hyper limité. Je crois que j'étais tombée dans le piège de la tech qui a un joujou et qui n'a pas pensé que ça ne répondait pas vraiment aux besoins des gens ;)
[^] # Re: ???
Posté par Zatalyz (site web personnel) . En réponse au lien Scandale des nus générés par Grok: Elon Musk a trouvé sa solution.... Évalué à 10 (+8/-0).
Si explication il y a, ce n'est pas du côté de la rationnalité ou de la légalité. Même le journaliste de BFMTV semble galérer à trouver comment présenter ça autrement que comme un festival d'absurdité, avec la petite cerise sur le gâteau de la déclaration du ministre français qui a eu besoin de dire tout haut qu'il était un idiot.
Je savourerais presque le pop-corn si ce n'était si tragique. Mais clairement, le but n'est pas de régler un problème, juste de faire n'importe quoi pour faire causer (et faire du pognon). Et ça marche.
[^] # Re: Bayésien
Posté par Zatalyz (site web personnel) . En réponse au journal le code EST politique. Évalué à 6 (+4/-0).
Il y aura forcément un biais, justement parce que tu as compris que c'était politique. Le truc est de choisir ton biais et d'essayer de l'appliquer après en avoir fait des règles. Lors du filtre, ça peut être "je rejette tout ce qui vient de comptes suivis par plus de X personnes" => ça c'est pour désamorcer l'effet hit parade (et tu le fais déjà en partie si je me souviens ?). Mais ça peut aussi être "est-ce que ça vient d'un compte qui a l'air csp+ ?" (au passage, y'a-t-il vraiment autre chose sur ces réseaux ?), ce qui sera effectivement décelable par un humain au début (toi) même si peut-être qu'un filtre bayésien finit par filtrer. J'extrapole un peu sur ce que j'ai lu de tes errances, mais en fait tu as surtout une première phase d'introspection à faire : c'est quoi, ton projet politique sur ce bot ? Qu'est-ce que tu as envie qu'il relaie réellement et qu'il ne relaie pas ? Parce que ce n'est pas complètement clair dans ce que tu exprime, ce qui fait que c'est difficile à utiliser pour alimenter les filtres.
Enfin bon, tout ça pour dire : assume tes biais, forcément il y en a, quand ils sont vus c'est mieux ;)
En tout cas ta démarche essai/erreur est intéressante à lire, avec toutes les questions que ça amène.
[^] # Re: Ça et autre chose
Posté par Zatalyz (site web personnel) . En réponse au journal L'IA va-t-elle tuer les réseaux sociaux ?. Évalué à 3 (+2/-1).
Attention, il risque d'avoir autant de succès que celui sur la poudre verte ou sur la méthode R.A.C.H.E. C'est comme ça qu'on révolutionne le monde de l'industrie capitalistique, avec ce genre d'idée disruptive 4.0.
Tu pourrais même prétendre avoir la première véritable AGI avec ça !
[^] # Re: Tant pis pour lui
Posté par Zatalyz (site web personnel) . En réponse au lien Aspirateur, nuage et poubelle, les joies des objets connectés (Mastodon). Évalué à 10 (+10/-2).
En tant que personne handicapée, ce genre d'outil me permet tout simplement de regagner un peu d'autonomie.
Parce que le ménage, c'est peut-être bon pour la forme, mais quand on n'est pas, de base, en bonne santé, et qu'assumer les tâches les plus basiques est terriblement coûteux (en énergie, en complexité, etc), toute assistance est bienvenue.
Ceci dit les miens ne sont pas connectés, parce que je ne veux pas être dépendante d'un cloud, mais bon c'est aussi parce que je connais le piège et que je peux faire autrement.
Et oui, c'est terriblement douloureux pour la dignité de se rendre compte qu'un truc "simple" comme "passer le balai" (ou faire la vaisselle, ou se faire à manger, ou se tenir debout, tous ces trucs qui vous semblent tellement évident) est en fait pas simple du tout et demande des aménagements, à la fois de l'environnement, mais aussi de ses propres attentes. En fait ma vie est en bonne partie conditionnée à faire des choix comme "je mange, ou je prends un peu d'énergie pour discuter avec un humain ?", tout en sachant que je fais partie des privilégiés (je suis encore en état de me déplacer, j'ai deux personnes qui m'aident à l'occasion, j'ai l'AAH, et j'ai donc pu m'acheter quelques robots qui réduisent la charge). D'autres meurent, littéralement, parce les solutions ne se mettent pas en place. Non, il n'y a pas toujours des humains pour prendre le relai. Alors bon, à un moment, la dignité, on s'asseoit dessus, et on accepte de reconnaitre qu'un bot qui nettoie mal le sol est préférable à un sol sale, parce que non, passer le balai n'est pas facile, pas pour tout le monde.
Les arguments validistes du type "bon pour la forme" ou "cela ne consomme aucune énergie", ils me sortent un peu par les yeux, pour tout dire.
Ce qui est facile, c'est de juger et croire qu'on sait mieux que les autres. Là dessus, tout le monde semble assez égaux (ouais, moi comprise).
[^] # Re: J'avoue
Posté par Zatalyz (site web personnel) . En réponse au lien "OpenAI est le prochain Netscape, condamné et en pleine hémorragie de cash". Évalué à 5 (+3/-0).
J'avais retenu "clickbait", mais il parait qu'il y avait aussi une offense, et je ne sais plus laquelle. Et Wikipédia dit "piège à clic" pour la langue locale.
[^] # Re: qui gère le service mail ?
Posté par Zatalyz (site web personnel) . En réponse au journal Migration de Scaleway vers Infomaniak. Évalué à 2 (+0/-0).
Pour le coup, Infomaniak a un outil plutôt bien fichu pour récupérer l'ancienne boite. Je ne sais pas ce que ça donne en partant de Scaleway, mais côté Infomaniak il y a plein de petits outils qui facilitent la migration. J'avais transféré la gestion mail de Gandi à Infomaniak pour une de mes assos (trop de volume pour que je prenne le risque d'y gérer moi !) et ça a été super efficace.
Par ailleurs le protocole mail est hyper redondant, donc même si "tout va mal" et que tu a plusieurs heures "sans mail", ces derniers seront délivrés dès que ce sera possible. Au pire du pire quelques correspondants auront un message comme quoi le mail ne peut pas être délivré, mais… vraiment, le risque est infime.
[^] # Re: Et pour rappel...
Posté par Zatalyz (site web personnel) . En réponse au lien Piratage : le cas des blocages DNS en France peut-il "casser internet" ?. Évalué à 9 (+7/-0).
Je plussoie et j'abonde, fais-nous un journal sur le sujet :)
Pour le moment, les DNS, ça reste un truc que je comprend "en gros", mais que je n'ai jamais pris le temps de creuser. J'ai quand même paramétré mon ordi pour passer par des DNS neutres (type FDN), mais c'est tout. Si je peux tout avoir à la maison sans complexifier trop la maintenance, c'est encore mieux.
Donc oui, raconte nous tout en détail \o/
# Linuxfr et l'IA
Posté par Zatalyz (site web personnel) . En réponse à la dépêche Nouvelles sur l’IA de octobre 2025. Évalué à 6 (+4/-0).
Merci, à nouveau, pour ce bilan, qui permet de suivre les grandes lignes autour de l'IA. Je découvre des choses à chaque fois :)
Pour la partie sur Linuxfr (journaux et liens), ça donne un autre aperçu des dynamiques autour de l'IA dans la communauté. Vu les réactions aux journaux et les thématiques de certains liens, j'aurais tendance à dire qu'il y a une part assez marquée de gens qui rejettent l'IA avec plus ou moins de virulence, mais dans le même temps, qu'est-ce qu'on en cause :D Je n'avais pas pris conscience de la quantité de liens liés à ça…
[^] # Re: C'est un travail pour Ruffle !
Posté par Zatalyz (site web personnel) . En réponse au journal Étude ArkéoLogique des tuxeries. Évalué à 4.
Est-ce qu'une solution serait de trouver quelqu'un ayant ces logiciels, donc pouvant ouvrir les fichiers et les convertir dans Adobe vers un autre format, ou est-ce que les logiciels en questions ne vont gérer que des formats fermés ? Est-ce qu'on perds trop d'infos avec les autres formats ? Ton lien cite mp4 et mov, ça en théorie on peut les manipuler avec des outils libres, mais ça serait fonctionnel ?
Je ne sais pas non plus si un logiciel moderne peut gérer ce format. Parce que ça doit être possible de trouver quelqu'un qui a la suite Adobe (sans doute plus avec un appel sur un réseau social fermé que sur Linuxfr), mais encore faut-il que ça marche. Wikihow semble laisser espérer que ça pourrait passer, mais je ne serais pas surprise d'apprendre que des vieux formats ne sont plus supportés, et que ça demande d'installer la version d'il y a 20 ans.
En tout cas, pour l'opération Steve Austin, il me semblerait assez logique de faire alliance avec un sorcier vendu aux Forces du Mal, histoire qu'il ouvre les portes de l'Enfer pour laisser s'échapper ces pauvres
âmesmedias. C'est moins coûteux que d'acheter le logiciel pour le faire soi-même (même s'il me semble raisonnable d'offrir une libation au sorcier qui fera le fastidieux travail "d'ouvrir-enregistre sous").# Ou comment arrêter de bouger
Posté par Zatalyz (site web personnel) . En réponse au lien Le paiement ouvert : prendre les transports sans appli / sans ticket. Évalué à 9.
Depuis quelques années, j'annule régulièrement des déplacements parce que je n'ai aucune idée de comment me déplacer une fois sur place (à part à pied, mais c'est pas toujours gérable). Je ne met pas d'appli sur mon ordiphone (qui de toute façon est décorrelé de tout moyen de paiement, vu son âge) et je n'ai pas de "sans contact" depuis que j'ai eu un paiement non maitrisé (au moins si je rentre mon code, je suis sûre que c'est parce que j'ai donné mon accord). Les distributeurs de tickets papiers sont donc généralement la bonne solution pour une voyageuse occasionnelle comme moi, sauf qu'il faut les trouver et suivant les villes, trouver "où" acheter les billets (pas à bord du transport, pas forcément de borne à tous les arrêts, parfois il faut se rendre au service client et attendre au milieu d'usagers qui ont des soucis plus concrets à gérer). Sans parler de certaines villes dont la complexité tarifaire fait que je n'ai aucune idée de comment m'en débrouiller, de quelle solution trouver (coucou Paris).
La complexité générale de tout ça, la galère à trouver les infos à distance, sans parler du fait que de toute façon rejoindre une grande ville est une misère quand on vient d'un coin de campagne déshérité… Je renonce. Pas le courage de me battre durant des heures pour trouver la solution à un problème qui devrait être simple (aller du point A au point B), pas les moyens de payer une amende en cas de contrôle, donc je cède à la volonté politique qui est que je ne sorte plus des quelques communes autour de la mienne.
Je regrette un peu parce que ces déplacements me permettaient de croiser des gens sympas, de faire des connaissances, de papoter en direct, et c'est sympa aussi le contact humain ! Heureusement qu'il y a encore internet, sinon il me resterais à papoter logiciel libre avec les troupeaux de vaches une fois les 3 potes locaux saoulés.
Bref… c'est très cool de permettre de payer sans contact, pour ceux qui utilisent ça, mais ça a tendance à se faire au détriment de solutions encore plus simple, comme à tout hasard des transports gratuits. Ce serait tellement subversif de pouvoir se déplacer sur le territoire sans péages permanents…
[^] # Re: précautions aux antipodes des exigences FB
Posté par Zatalyz (site web personnel) . En réponse au journal Créer un compte facebook sous Linux, une sinécure !?!. Évalué à 8.
Sans présupposer pour tkr (chacun a ses raisons) je constate autour de moi que plusieurs personnes refusent l'ordiphone/s'en débarrassent. Pas la majorité, mais ce n'est pas complètement anecdotique non plus. L'argument qui revient souvent est de limiter la dépendance à un outil qui est toujours connecté et auquel on recourt même quand on pourrait s'en passer. Ça aide finalement à être plus dans l'instant présent, et moins "connecté". Plus de notifications en tout genre, plus de tentation de prendre des photos de choses sans grand intérêt plutôt que de les vivre pleinement, etc.
De mon côté j'oublie l'ordiphone régulièrement, je refuse d'y installer certaines appli qui justement poussent à être trop connectées (les mails, les flux rss, les messageries en tout genre), et je dois quand même reconnaitre que l'appareil prendre parfois beaucoup de place. La tentation de regarder la carte sur le gps, plutôt que de se perdre (j'aime me perdre pourtant). Aller voir la réponse à une question sur internet, plutôt que de réfléchir un peu plus voir de vivre la frustration de ne pas savoir. S'occuper avec un jeu (libre, certes :p) en salle d'attente plutôt que de rester seule avec mes pensées.
Bref ; il y a, je pense, des bonnes raisons à avoir un ordiphone, mais aussi des bonnes raisons de se méfier de toutes ces bonnes raisons, au delà même des questions de vie privée et de rapport aux gafams. Ceci dit je vais continuer à garder mon ordinateur de poche, tant que j'arrive à ne pas en être trop esclave :D
[^] # Re: précautions aux antipodes des exigences FB
Posté par Zatalyz (site web personnel) . En réponse au journal Créer un compte facebook sous Linux, une sinécure !?!. Évalué à 5.
Dans l'absolu, tellement. Mais il arrive qu'il faille passer par ces canaux pour certaines infos. Ce qui est désespérant mais parfois on a besoin de négocier. Dans mon cas, Facebook me sert pour certaines infos d'entreprises locales. Dont un resto que j'aime bien mais qui met sa carte et ses horaires à jour uniquement sur FB, et sans compte, on est parfois bloqué dans la consultation avant d'avoir eu l'info utile.
Par ailleurs, je trouve difficile d'aider les gens à sortir des GAFAMs sans comprendre ce qu'ils vivent/pourquoi ils y sont. Je ne prétendrais pas que je fais un effort durable pour tout comprendre, mais c'était typiquement ce qui m'avait motivé à aller sur Instagram : une amie qui se servait uniquement de ce canal pour promouvoir les activités de son asso, qui rencontrait des soucis, et ça me semblait difficile de lui proposer "autre chose" alors que je n'avais jamais regardé comment fonctionnait Instagram. Ce qui a été un échec total de ma part d'ailleurs, ce truc m'a donné trop de boutons pour que j'arrive à réellement l'explorer, mais j'ai quand même essayé… Parfois c'est plus efficace, j'ai une autre asso que j'ai réussi à faire migrer vers du nextcloud à la place de leur google doc, elle a son propre site, son propre mail. Mais encore FB parce que pour le coup ce réseau leur convient réellement pour toucher leur public cible, et ça on ne le solutionnera pas (dans ce cas très précis) avec les réseaux libres.
Après, au quotidien, je me passe effectivement de ce genre de compte et je refuse systématiquement de m'en servir pour "garder le contact". C'est mieux pour mon équilibre mental !
# Imiter autant que possible le profil cible de Facebook
Posté par Zatalyz (site web personnel) . En réponse au journal Créer un compte facebook sous Linux, une sinécure !?!. Évalué à 10.
J'ai eu des soucis de ce genre (avec Instagram, donc Meta aussi ; avec Twitter aussi y'a longtemps, quand ça s'appelait encore Twitter).
De ce que je comprends, ces petits sagouins polluent le web mais aimeraient éviter qu'on fasse de même avec eux. Donc ils ont diverses détections automatique de tout ce qui peut ressembler à un "bot" (même si on n'est pas un bot).
Sans garantie, ce que j'ai pu repérer qui compte réellement, c'est l'ip et le navigateur. Linux n'est pas forcément le souci (ouf).
L'IP là pas de doute, c'est un critère important pour certaines boites (Meta, Stripe : j'en suis certaine). Si tu as des services auto-hébergés à la maison (donc des noms de domaine associés à ton IP) ou si tu passe par un FAI qui n'a pas ses IP en "résidentiel", ça va coincer. Le plus simple consiste à utiliser la connexion d'un téléphone pour créer le compte et pour les premières interactions. Les IP données par les antennes téléphoniques sont acceptées, parce que la plupart des gens vont sur internet depuis leur téléphone.
Le navigateur ensuite… Lorsque j'ai besoin d'interragir avec les Gafams, je finis souvent par utiliser un Chrome vierge. L'horreur absolue ! Mais Chrome sera vu comme acceptable, et l'absence de bloqueurs en tout genre va aider aussi. Par contre faut évidement pas naviguer avec ce navigateur ailleurs que sur les 3 gafams avec lesquels on veut négocier.
Ensuite, il peut y avoir le mail d'inscription. J'ai gardé des mails chez les principaux opérateurs (google, microsoft), qui ne servent vraiment que lors de mes phases de tests de services à la noix de ce genre. Y'a pas à dire, ça passe mieux quand on utilise un gmail.com qu'un domaine personnalisé pour s'inscrire. Note que ça se change au besoin par la suite, sans déclencher forcément trop d'alertes. Si tu n'as pas de mail chez un gafam, bon courage : créer un compte est devenu aussi une vraie plaie avec le temps, et c'est quasi obligatoire de donner son numéro de téléphone.
Enfin, sur Facebook j'avais remarqué qu'il fallait lui donner quelque chose comme "nom prénom". Leur politique est de forcer les gens à donner leur identité autant que possible, alors forcément ils n'aiment pas les pseudos ni même les noms de personnes morales. Mais tu peux lui donner "Jean Nérienabraire" : ça lui semble assez "réel", vu que c'est géré par des automatismes qui restent assez basiques. Le compte doit ressembler à celui d'une vraie personne inculte en informatique, pas d'un geek qui ne veux pas montrer ses fesses sur la place publique.
Il est aussi possible que ça te demande un numéro de téléphone. Il faut hélas lui donner, sinon ça va bloquer.
J'imagine qu'une autre solution est d'installer l'appli sur smartphone, de tout faire par ce biais, et de la désinstaller après quelques semaines. Ça doit bien marcher, mais cela me semble exposer un peu trop l'ordiphone aux crasses de Meta.
Il est aussi probable que les premiers posts soient un peu plus analysés. Ou pas. Avec Instagram, je me faisais bannir avant même d'avoir personnalisé un avatar. Là je crois que j'avais réussi à débloquer en créant et paramétrant le compte avec les deux astuces du début : ip résidentielle et chrome vierge. Mais ça date un peu, je ne sais plus (et si ça se trouve depuis le compte est de nouveau bloqué :D ).
Bon courage. Chaque interaction avec ce genre de service me fait soudain considérer qu'en fait, dans le libre, l'ergonomie et le design sont au top. C'est plonger dans un enfer où chaque clic te demande de vendre ton âme, où chaque mouvement de souris semble déclencher des apocalypses. C'est une expérience intéressante mais éreintante.
Bonne chance pour la promotion de ton livre ! Il a l'air sympa :)
# KDE
Posté par Zatalyz (site web personnel) . En réponse au message Linux - Gaming. Évalué à 3.
Je sais, ce n'est pas une distribution. Mais visiblement avoir KDE installé aide à ce que ça marche bien. J'ai eu des soucis jusqu'à installer cet environnement de bureau (mais je n'était pas avec un environnement très classique par ailleurs).
Par ailleurs Steam a son SteamOS basé sur Archlinux donc dans l'absolu les dérivés d'Archlinux devraient passer crème. Mais je te déconseille Archlinux "pur" si tu n'es pas déjà à l'aise avec Linux. C'est mon OS de tout les jours et c'est génial quand on aime comprendre comment ça marche et tout configurer aux petits oignons, mais justement on a droit à plein de bizarreries suivant ce qu'on a configuré. À la limite voir des distributions dérivées comme Manjaro, par contre je n'ai pas de retour dessus.
J'ai des amis qui sont sous Debian et KDE et n'ont aucun souci avec Steam ; Debian-facile.org me semble être la meilleure ressource francophone pour une installation aux petits oignons qui "juste marche".
Dans l'ensemble les retours sont plutôt bons pour l'usage de Steam sous Linux. Il faut forcer les jeux windows à pouvoir s'installer (il y a une option pour ça quelque part dans l'interface de Steam) et ensuite c'est rare qu'un jeu aie des soucis.
# Problème de fond
Posté par Zatalyz (site web personnel) . En réponse au journal Et l’intelligence humaine, alors ?. Évalué à 10.
C'est sûr qu'on change d'époque. Il y a plus d'informatique partout, mais du coup aussi plus de boites "à la con", là où il y a une vingtaine d'année on trouvait une plus grosse proportion d'enthousiastes (parfois foutraques, ce qui est un autre sujet). Pour moi c'est un peu les dérives habituelles du capitalisme : on affine les process, encore et encore, et parfois ça fait des économies d'échelles, mais souvent aussi ça génère pas mal de non-sens, de frictions humaines, et ça conduit à perdre la saveur qu'un chouette travail peut amener. Ya sans doute des managers qui kiffent à mort, là, à faire des programmes de séminaires et des réunions à la chaine, qui ont l'impression de faire des choses biens. J'espère pour eux, même si j'ai un peu un doute…
Je pense qu'il y a toujours un certain nombre d'entreprises où on peut faire un job comme ce que tu décris ; il faut juste les trouver au milieu des autres. Ce qui est devenu aussi compliqué que de trouver une page web sur un sujet précis, qui n'aie pas été bullshité par une IA. J'ai même la croyance qu'il n'y en a pas moins de "biens" (des entreprises comme des pages web), sauf qu'elles sont perdues dans un océan toujours plus vaste de trucs moches.
Il me semble que quand on ressent ce que tu décris, pour ne pas devenir maboul, faut trouver de quoi vibrer "autrement". Je ne suis pas un exemple, j'ai eu tendance à quitter mes jobs dès que je m'y ennuyais. J'ai exercé des métiers variés, prenant plaisir à découvrir, mais il y a toujours un moment où ça devient routinier, où je n'ai plus à réfléchir à ce que je fais, dans quel sens, comment améliorer mes gestes etc, bref mon esprit décroche et assez rapidement je vais ailleurs. Ça me fait un CV absolument foutraque qui faisait ouvrir de grands yeux aux formateurs lors des stages "apprendre à faire un CV" (le pire étant que je sais très bien reformater ça pour me faire embaucher ensuite, ces formations obligatoires sont une telle perte de temps).
Je comprends aussi qu'on reste dans un job dont le fond est devenu ennuyeux, mais dont les à-côtés sont confortables. Sans parler de la difficulté à trouver un autre job correspondant à nos autres critères, mais avec le fun en plus. Dans ce cas, acter que le job est devenu d'un ennui total, voir ce qu'on peut négocier là dedans, voir même si on ne peux pas se libérer du temps (bosser un jour de moins ? Dans une autre équipe ? Disparaitre discretos durant les séminaires imposés après avoir émargé ? Prétendre prendre des notes en réunion alors qu'on écrit des poèmes d'amours à son algorithme préféré ?). Et surtout trouver à côté, dans le reste de sa vie, de quoi se nourrir. Généralement en trouvant des projets sympas où participer bénévolement.
Perso je suis vraiment adepte de la méthode "tout cramer" (repartir sur des bases saines étant un peu en option). J'ai quitté des jobs, des apparts, des compagnons, tout un tas de situations confortables, pour aller galérer comme pas permis. Mais je ne me suis pas ennuyée, ça c'est sûr !
Par ailleurs ça peut être utile de faire un vrai bilan. Pas juste de compétences, mais de voir ce qui est important et ce qui l'est moins. Tu as su refuser un poste de manager, donc j'imagine que le fait de monter les échelons n'était pas très haut sur ta liste de priorité ;) Parfois on peut trouver un job bien plus sympa, mais en acceptant de gagner beaucoup moins, par exemple. Ou de déménager (ce qui peut être compliqué si on a une famille, une maison etc). Où sont les marges de manœuvres ?
C'est un sentiment que je vis régulièrement dans ma vie. Pas dans un job salarié, parce qu'handicap et travail rémunéré, c'est parfois trop compliqué. Mais ce bonheur, ce flow, quand les choses s'alignent et que je comprends comment tout s'emboite, comment mettre les choses en place, oui. Je ne sais pas comment on peut tenir le coup si on n'a pas ce truc régulièrement. Donc je te souhaite vraiment de retrouver comment mettre ça dans ta vie.
[^] # Re: Idées d'hébergement cloud
Posté par Zatalyz (site web personnel) . En réponse au message Nextcloud managé en France. Évalué à 6.
Oui, Chaton/associatif ça a les mêmes limites que leur intérêt : l'humain est au centre. Du coup ça veut dire… plus de discussions et plus de charge mentale, soit une relation qui n'est pas celle du client qui a juste son produit et migre le jour où les conditions ne vont pas. Il faut plus de d'échanges, ce qui peut être sympa, mais on n'a pas toujours le temps justement, et cela n'enlève pas la nécessité de vérifier les petits détails du contrat même si ce dernier est négociable plus facilement qu'avec une entreprise.
De mon côté il m'est arrivé de renvoyer des assos vers Infomaniak ou Hertzner parce que je savais qu'on ne pouvait pas leur offrir le cloud qui les intéresse, que c'était aussi "plus simple" par rapport à leur besoin exprimé, notre rôle d'accompagnement se limitant alors à former leurs membres sur "ce qu'on met sur un cloud non chiffré et les infos qu'on évite d'y laisser trainer". J'ai eu de bons retours "pratiques" sur les solutions de ces entreprises, par contre je n'ai pas du tout creusé l'aspect privacy. Je me disais juste que ce serait moins pire que Google.
Si tu te sens de nous faire un retour (voir un journal !) sur le résultat de tes investigations, ça m'intéresserait, histoire aussi de pouvoir mieux orienter d'autres personnes dans un besoin similaire par la suite :)
Pour le marché/agora chatons, en dehors du forum, je ne vois pas… Mais je n'en suis pas membre active, je suis de loin en loin ce qui s'y passe, donc j'ai pu louper un truc.
[^] # Re: Idées d'hébergement cloud
Posté par Zatalyz (site web personnel) . En réponse au message Nextcloud managé en France. Évalué à 4.
Pour maintenir un service similaire (pas Chatons, parce que pas assez d'énergie sur les aspects administratifs/communautaires), je sais que par défaut on propose peu d'espace de stockage (enfin, bien moins que ce qui est demandé) mais pour proposer un prix "bas" et sensibiliser les gens à la pertinence de stocker en cloud. Maintenant si quelqu'un nous propose de payer 237€ TTC/an contre cet espace disque, pour seulement 3 utilisateurs, je réfléchirais avant de dire non…
Bref les métriques affichées sont sans doute négociables chez les Chatons si tu es prêt à payer le service. Oui les Go coûtent des sous sur les serveurs, mais si c'est payé, c'est une charge de travail qui s'absorbe assez vite dans une infra bien faite. Donc peut-être poser une annonce sur leur forum ? Possible que certains répondent positivement.
[^] # Re: LocalLLaMA
Posté par Zatalyz (site web personnel) . En réponse au message Quels outils utilisez-vous pour générer du code rapidement grâce à l’IA ?. Évalué à 2.
Merci, ça me donne d'autres pistes pour mes expérimentations. Mon ordi va clairement limiter mes tests (je n'ai "que" 16 Go de Ram, le reste est à l'allant, ce qui suffit par ailleurs donc je ne vais pas upgrader pour le moment), mais c'est assez pour comprendre peu à peu comment tous ces trucs s'articulent. Vu les retours ici, faut que je teste llama.cpp :)
Avec l'enshittification des recherches web, je n'ai pas vraiment trouvé de bons tutos pour mettre ce genre de truc en place, je tâtonne pas mal. Typiquement, quel modèle tester, avec quel outil… Comme souvent quand on est néophyte, la difficulté est d'acquérir suffisament de vocabulaire et de référence pour savoir ensuite quoi creuser ; lire la doc, ok, mais laquelle ? Là je commence à être au niveau où "Q4_K_M" et "le nombre de tokens" ont un peu de sens pour moi mais il y a encore du taf avant que je comprenne les détails. Si on trouve des modèles à 7B voir 1.5B c'est que ça doit avoir une utilité, par exemple, mais jusque là mes tests avec ces modèles me donnent l'impression que n'importe quel Eliza est plus efficace (et moins compliqué à faire tourner).
Voir vos retours avec des 30B qui sont utilisables, c'est plus encourageant. Et savoir sur quelles machines ça tourne… ok, ce n'est pas pour moi pour le moment mais j'ai quelqu'un dans mon entourage qui a ce genre de machine, je lui emprunterais à l'occasion :D
[^] # Re: LocalLLaMA
Posté par Zatalyz (site web personnel) . En réponse au message Quels outils utilisez-vous pour générer du code rapidement grâce à l’IA ?. Évalué à 3.
Merci pour ces retours instructifs. Par curiosité, quelle config matérielle vous avez pour arriver à faire tourner ces trucs ? Et les résultats sont globalement suffisament pertinent ?
J'ai fait quelques expériences avec Ollama, sans arriver à obtenir des réponses vraiment satisfaisantes, et tout ça en freezant l'ordi… je n'ai pas fini d'expérimenter mais j'en suis à me demander si le souci vient de mes choix (de modèles, de logiciels, de tout ce que je n'ai pas compris), s'il faut forcément un ordi de folie pour arriver à quelque chose, et si on peut réellement espérer approcher "en local" le niveau de réponse des géants des LLM. Je suis donc hyper intéressée par les retours d'autres utilisateurs.
# Secret de la correspondance
Posté par Zatalyz (site web personnel) . En réponse au lien Chat Control - L'Europe veut scanner tous vos messages privés dès octobre. Évalué à 10.
J'ai toujours du mal à comprendre comment ce genre de projet peut être concilié avec le principe de secret de la correspondance, qui est un droit pourtant assez bien retranscrit ici et là dans les pays démocratiques. J'ai même un vague souvenir que ce genre de valeur fait partie des trucs signalant qu'on est ou non dans un état totalitaire.
Je n'ai évidement aucun doute sur le souhait d'un certain nombre de politiques de passer au totalitarisme tant que c'est bien eux au sommet, certes. Et je trouve effrayant à quel point ces désirs sont décomplexés et s'affichent haut et fort, mais il y a quand même un sacré arsenal juridique à détricoter pour que ce genre de mesures soient applicables, non ? Donnez moi un peu d'espoir…
[^] # Re: Où placer la subversion ?
Posté par Zatalyz (site web personnel) . En réponse au journal Libre est Queer. Évalué à 10.
Ce sont les bonnes questions. Et ce qui m’ennuie, c’est que oui, il y a des usages où je vois l’intérêt. Le plus facile étant les traducteurs automatiques. L’apprentissage des langues demande un certain nombre de privilèges, la démocratisation de ces outils a permis d’accéder à des connaissances et des échanges qui étaient inenvisageables avant.
À titre personnel cela m’aura permis de me former sur des ressources qui n’existaient pas dans ma langue, de discuter avec des gens qui me seraient restés incompréhensibles sinon (et encore, il restait la distance culturelle à franchir) et mine de rien, à apprendre aussi d’autres langues. Faire tomber la montagne que cela représentait d’essayer de “comprendre” a rendu l’apprentissage possible. Certes, je ne paie pas de traductrices depuis que j’utilise Deepl. Mais de toute façon je n’ai jamais eu les moyens de le faire.
Et dans mes divers tests avec les LLM, il y a plein d’usages que je trouve douteux, où ils sont inutiles voire contre-productifs, mais il y a aussi plein de situations où cela m’a débloqué, là où aucun humain n’allait daigner m’aider. Par exemple, quitte à me fâcher avec les techbros (on est là pour ça non ? :P ) : les LLM sont d’une patience infinie pour rendre le fucking manuel plus digeste, là où les vraies puristes croient que lire le man suffit. Certes, si nous étions dans une société bienveillante où les débutantes seraient accompagnées avec patience, sans jugement et sans sous-entendu sexistes, c’est sûr que je n’aurais pas autant apprécié la reformulation offerte par les LLM et que j’aurais pu m’en passer.
J’aurais des tas de sujets sur lesquels j’ai trouvé que oui, certains outils répondaient à des besoins, exprimés depuis longtemps mais où je n’avais pas les “privilèges” pour y répondre… jusqu’à avoir accès à ces trucs. J’ai parfois eu la tentation de faire quelques journaux sur mes expériences “LLM” mais vu comme le débat est polarisé, je n’ai pas eu la foi de me confronter aux retours violents de certains… pourtant pouvoir échanger sur les qualités et limites des divers outils pourrait vraiment être cool, histoire de mieux comprendre les enjeux. Parce que chaque fois que je trouve un usage “utile”, il vient forcément des questions sur ce que ça implique derrière. Déjà j’ose participer un peu dans la conversation ici, mais je stresse en postant mes commentaires. Alors, faire des journaux… je resterais sur des sujets plus consensuels.
L’entraînement des gros modèles demande des ressources qui me semblent difficiles à trouver dans les communs, mais tu dis que c’est possible, je te crois : je ne suis pas compétente, et je trouve la nouvelle rassurante !
Faire tourner les outils qui en découlent est possible “facilement” dans une optique mutualisée, sauf qu’on ne peut pas évacuer si facilement le côté éthique/écologique, et puis si le modèle n’est pas entraîné sur des données libres, de toute façon on ne peut pas prétendre que le produit final l’est. Je me suis tâtée à héberger un LLM “maison” pour ma bande d’amis, histoire qu’au moins les infos persos n’aillent pas nourrir les grosses entreprises. Je n’ai toujours pas tranché si c’est pertinent ou non ; je n’ai pas non plus la machine qui le permet bien qu’elle n’est pas « hors de portée ». Sauf qu’il y a ici pour moi aussi le questionnement écologique qui freine à mort : je suis plutôt à réemployer des vieux coucous qu’à acheter (et donc cautionner la création) de matériel neuf.
Je fais un petit détour sur la question du travail. Primo, le fait qu’une population a été exploitée pour construire les modèles de données. Oui, ça on ne va pas le nier. Mais l’esclavage moderne des populations les plus paupérisées fait partie du fonctionnement du capitalisme, et ce sont des groupes similaires qui vont faire nos habits (l’industrie textile est ignoble), trouver les matières premières qui font tout notre confort moderne (personne ne peut rêver de bosser dans une mine d’un pays pauvre, à moins d’avoir comme alternative de crever de faim), et autres jobs foireux. Je ne dis pas que cela est justifiable. Juste que c’est tout aussi peu éthique que la majorité des choses qu’on utilise au quotidien. Pourquoi cet argument devrais avoir plus de poids dans l’usage des IA que dans l’habillement ? Parce que je doute très fortement que les critiques de l’IA utilisent uniquement les vêtements transmis par leurs aïeuls ou ceux qu’ils ont eux-même tissés. Je précise bien qu’il ne s’agit pas de nier la pénibilité du travail accompli, juste que si on veut utiliser cet argument pour « ne pas utiliser l’IA », il faut être cohérent et ne pas utiliser de nombreuses autres choses, ce qui mène forcément à s’exclure de la société dans le monde occidental. Ou être conscient qu’on reste un esclavagiste, même si on n’aime pas ça et qu’on dit que c’est mal.
Secundo sur « automatiser des jobs auparavant épargnés, pour précariser encore un peu plus les travailleureuses ». Le problème, ce ne serait pas surtout d’avoir besoin d’un job aliénant pour survivre ? Peu importe qu’il soit sympa ou pas. Sans questions à se poser sur la survie, je pourrais faire de l’art, ou coder, ou tout autre travail utile ou non (si possible : pas nuisible !), et même avec ou sans IA : tout cela dépendrait uniquement de mes envies.
Pour préciser un peu d’où je parle : je viens plutôt de là où les jobs sont remplacés depuis longtemps, régulièrement, par des machines. Et ça m’agace très fortement d’entendre les bourgeois s’autocongratuler de supprimer les métiers “pénibles” mais qui permettaient de survivre, et commencer à pousser des hauts cris quand c’est à leur accès aux ressources qu’on touche. Oui, faire caissière en supermarché ou sur une autoroute, c’était un métier de merde : mais on pouvait le faire même sans avoir eu la chance d’accéder aux grandes études. Maintenant, supprimons toutes les situations de cumul des ressources, permettons à chacun de vivre dignement, et voyons si ça reste un souci que les IA « volent le travail ». Je dirais même : les IA vont permettre que des personnes sans accès aux formations puissent retrouver du job, en tant que baby-sitter, puisque hop, plus besoin de compétences. Non, ok, je trolle là, je sais que ça va juste continuer à enrichir une minorité toujours plus réduite, et augmenter toujours plus la quantité de population qui galère à juste survivre. Mais que la classe moyenne et CSP+ perde ses jobs, honnêtement je ne vois pas le problème : si ça les motivait à repartir couper des têtes, ce serait même bénéfique. Oui, oui, je sais, ça ne suffira pas, cette colère sera juste détournée pour taper encore plus sur les pauvres et les étrangers, mais ma propre colère ne m’aide pas à faire preuve de compassion sur ce point précis.
Là, 1000 fois oui. Avec la précaution que « documenter les failles » demande d’être conscient de ses propres failles, ses propres biais. Y'a qu’à : D (et à ma modeste échelle, j’essaie d’aller dans cette voie).
Et qu’il ne s’agisse pas d’être uniquement dans une posture jugeante. De même qu’harceler les gens pour leur faire installer Linux et quitter Google est contre-productif : on sait qu’il faut avant tout écouter leurs besoins, voir où le Libre peut y répondre “mieux” (ou moins pire) que les GAFAM, accompagner en douceur vers l’émancipation. De même, au-delà de documenter tout ce qui ne va pas avec l’IA, il faut aussi écouter ce que le grand public va y chercher, pourquoi, et proposer des alternatives qui soient “souhaitables”. Il y a des trucs qui demandent des sacrés changements dans la société, il ne suffira pas de refuser l’IA.
Un exemple sur un truc dont le traitement m’insupporte : les divers articles sur les dangers de l’IA sur « la santé mentale ». Qui se terminent invariablement par des poncifs du type « allez voir des professionnels, ne faites pas confiance aux IA ». Quels professionnels ? Je ne sais pas s’il y a des pays où ce n’est pas la misère, mais en France en tout cas, c’est sûr que pour trouver 1) un professionnel 2) compétent (on exclue… vraiment beaucoup de monde en fait, y compris parmi ceux qui ont un diplome, tant ce qui est enseigné en France est obsolète) 3) accessible sans revenus conséquents : il y a plus de chance de trouver un trèfle à 4 feuilles. Alors qu’est-ce qu’on fait quand on a des soucis psy ? On fait ce qu’on peut, voilà, c’est tout. Et on teste tout et n’importe quoi, avec dans le lot plein de trucs qui sont de mauvaises idées, et un certain nombre qui peuvent nous faire disjoncter méchamment (les solutions foireuses potentiellement explosives incluant les psychologues diplômés qui continuent à déblatérer sur Freud et à induire des souvenirs). À tout prendre, l’alcool est plus problématique que les IA dans la plupart des troubles mentaux. Le souci est essentiellement politique, mais le traitement reste sensationnaliste.
J’arrête ma tartine ici :D
# Où placer la subversion ?
Posté par Zatalyz (site web personnel) . En réponse au journal Libre est Queer. Évalué à 8.
J'ai beaucoup aimé ta conférence sur l'IA aux JDLL. Merci de l'avoir retranscrite au passage, ce qui m'a permis d'y accéder.
J'avais un questionnement à sa lecture, qui se réactive ici : je comprends bien la détestation de l'IA en tant que projet politique, mais j'ai l'impression que tu ne l'applique pas forcément à tous les outils placés sous le nom "d'IA". S'il y a des modèles réellement libres qui émergent, c'est à dire avec des données acquises en respectant les licences, est-ce que tu considèrerais ça comme acceptable ? Encore que, il faudrait sans doute que cela se place aussi dans un projet politique suffisamment "à côté" aussi : s'il faut bétonner et faire des centrales nucléaires en plus pour un LLM libre, je ne sais pas trop s'il serait fondamentalement différent des autres.
De même que le copyleft est effectivement basé sur le copyright pour le détourner de son objectif initial, est-ce que tu envisages que les outils et algorithmes associés à "l'IA" puissent être détournés pour un usage profitable ?
À titre personnel je me questionne beaucoup. J'explore et expérimente (comme j'ai pu le faire avec d'autres produits capitalistes et d'autres copies de produits), pour essayer de comprendre les possibilités et limites. Il y a des aspects où c'est juste effrayant, comme les GAFAMS peuvent l'être. Une couche au dessus même, parce que le potentiel de destruction est exponentiel. Il y a aussi des usages possibles des outils (LLM et autres) qui peuvent être plutôt positifs, et d'autres enfin où s'en interdire l'usage risque de donner un avantage à un certain type de monde, et pas le meilleur à mon goût. Je n'ai vraiment pas de réponse à tout ça, il me faudra une dizaine d'année encore au moins pour me faire un avis tranché, mais ta lecture de tout cela m'intéresse et m'aide à comprendre certains mécanismes.
[^] # Re: Étonnant outil techno-solutionniste
Posté par Zatalyz (site web personnel) . En réponse au lien Motivator 3000, l’IA au service de la recherche de stage. Évalué à 3.
C'est vrai, ça se cumule :D