Zatalyz a écrit 559 commentaires

  • [^] # Re: Un problème politique

    Posté par  (site web personnel) . En réponse au journal Gratipay ferme ; l'avenir du financement du libre. Évalué à 10.

    Si tu enlève le loyer, oui, 800€ par mois c'est correct. Mais encore faut-il pouvoir enlever le loyer. Sinon, suivant où tu es contrains de vivre (pas toujours possible d'habiter où les loyers sont peu chers, surtout si on veut se passer d'auto/trouver un boulot), le loyer réduit ça à la portion congrue. En fait, même avec un loyer pas cher, tu as au minimum la moitié qui va partir dedans : les logements à moins de 400€/mois c'est généralement des cages à poules sordides. Pas toujours, mais souvent.

    "Plus les aides", ça présuppose un revenu de base qui offre des prestations sociales en plus ? Pour comparer, une personne seule aujourd'hui qui n'a pas de revenu, si elle rentre bien dans les bonnes cases et est prête à tenir quelques mois sans ressources (le temps que les dossiers se fassent), va toucher pour le RSA 545-75=470€ (il y a une déduction forfaitaire quand tu touche les APL)+257€ d'APL (en zone 2, là où les loyers sont pas chers tout en ayant quand même accès à des trucs), ce qui fait un "revenu" à 727€, et c'est tout : je ne vois pas d'autres prestations sociales à ajouter à l'horizon, sauf, peut-être, la possibilité de négocier une facture de gaz/d'électricité dans l'année (une seule par an, et ensuite vu que tout ça est long à mettre en place, ton fournisseur te met sur la liste noire et va être beaucoup moins coulant quand tu as 3 jours de retard sur un paiement), et le droit d'aller à la banque alimentaire (moins de 6mois par an, nourriture industrielle souvent passée de date, de qualité variable suivant les lieux, de "acceptable" dans les petits villes à "même mon chien n'en veut pas" dans les grandes villes) ou aux restos du coeur. Je dois dire que c'est le genre d'expérience amusante qui aide aussi à se sentir bien dans sa vie.

    Pour ce prix là (les 727€ tout compris), voici comment se décompose la facture mensuelle de quelqu'un qui réussit à avoir un logement en HLM, donc prix plancher :
    - loyer de 364€
    - Abonnement internet : 30€ (je ne sais pas si c'est du confort ou si c'est nécessaire, vu que toutes les démarches administratives demandent un accès internet)
    - Assurance 60€ (tant que tu n'es pas trop vieux ; après ce qui fait monter la facture c'est la voiture mais… vu le loyer, on se doute que le transport en commun n'est pas une option, hein ?)
    - forfait mobile à 2€ parce que c'est pratique le téléphone
    - frais bancaire à 2€, avec une carte bancaire ça fait partie des meilleurs tarifs du marché
    - mutuelle à 30€, oui, bon, ça c'est un confort à virer, la CMU-C c'est plus de paperasse, moins de trucs remboursés, mais c'est gratuit

    Ce qui fait 488€ dans les frais fixes. Ajoute l'electricité/le gaz, pour chauffer tout l'hiver à 16°C (oui, je sais, c'est du confort : 12°C c'est bien suffisant ; par contre les HLM c'est pas super isolé…), qui fait une facture annuel d'environ 960€ soit 80€ par mois, les 80€ en question t'es donc pas sensé les dépenser mais les mettre de côté tant que les factures d'hiver ne tombent pas, ça fait un total de 568€, ouf.

    727-568 = 159€ qui restent chaque mois pour se nourrir et se déplacer. Si tu as envie de trouver un job ou d'avoir une vie sociale, faut bouger, mais si on reste à la maison, ça fait plus de sous pour manger. Bon, ça va, ça fait environ 5€ par jour… Donc si tu n'as aucun loisir payant, pas de petit ciné parce que ça te coute 2 jours de revenu, pas de kebab parce que c'est vraiment trop cher, mais surtout que tu n'as aucun incident, parce que tu ne pourras pas racheter ce que tu casse, à plus forte raison si c'est la voiture (mais quelle idée d'avoir une voiture.. ha oui y'a pas de transport en commun), à plus forte raison si c'est un imprévu de type santé parce que la sécu, elle va pas tout te payer (heureusement y'a la mutuelle… ha non ça marche pas pour tout non plus, c'est vrai qu'on a un système formidable mais quand tu choppe une maladie qui ne rentre pas dans les cases basiques, les examens et les soins, c'est pas remboursé, peu importe comme ça t'handicape dans la vie).

    159€ par mois, ça va bien les premiers mois, quand tu as encore un peu de sous de côtés. Mais à moins d'être un ermite, y'a un moment où quelqu'un que tu aime a un anniversaire, ou un truc bête comme Noël arrive, et là tu cherche comment faire un cadeau pas trop pitoyable pour moins de 10€ (des biscuits, c'est pas mal), parce qu'il n'y a jamais qu'une seule personne à qui tu aurais envie d'offrir un truc dans l'année et qu'il faut mensualiser. Il y a toujours un moment où tu as besoin de dépenser un peu plus, comme par exemple le jour où tu te rends compte que tous tes pantalons sont tellement élimés qu'on voit le jour au niveau des fesses, et que tu dois aller à un rendez-vous qui va peut-etre te permettre de gagner des sous, mais si on te donne le job parce qu'on voit tes fesses c'est pas terrible, donc hop à emmaus chercher une tenue, même si c'est pas cher, ça creuse le budget… Et chaque mois il y a un truc comme ça, les économies fondent, il vient un moment où les 80€ que tu es sensé mettre de côté pour payer le gaz/l'electricité sont passés dans un truc de ce genre, et tu te retrouve comme un con devant une facture que tu ne voie pas comment payer.

    Brancher son cerveau ? Des dépenses de confort ? Oui c'est clair qu'il faut que j'arrête de fêter Noël, c'est clair qu'il faut aller plus souvent aux restos du coeur, c'est clair aussi qu'il faudrait que je me résigne à l'humiliation régulière de la CMU-C plutôt que de continuer à payer cette mutuelle (qui de toute façon ne me permet pas plus de me soigner).

    Ce "confort", c'est généralement les reliquats que les gens essaient de mettre en place pour sauver un peu de dignité, pour avoir l'impression de vivre et non de survivre, parce que tout ce qu'il faut faire pour s'assurer de survivre quand on est dans ce genre de situation émousse jour après jour l'estime de soi et les relations sociales. Au fond, je pourrais réparer mes pantalons au niveau du fessier en cousant une pièce de tissu prise à un autre pantalon élimé, les jambes sont moins usées (j'y pense, j'y pense), mais ce genre de bidouille, ça finit par user, pas juste les vêtements mais aussi l'énergie qu'on peut avoir. Oui, c'est une somme suffisante pour survivre, mais c'est tout ce que ça permet de faire, à moins d'avoir des bons plans genre "j'ai déjà une maison payé" ou "j'ai des plans pour me faire des sous au noir". C'est super d'avoir quand même ça pour tenir, mais cela ne permet pas d'avoir une vie décente. Et quand t'es dans ce genre de vie, à 100€ prêt, tout change. J'ai eu la chance de gagner le SMIC à un moment de ma vie (après les études, avant les ennuis…) et c'était effectivement royal : comment si peu d'argent en plus arrive à faire la différence ? Parce qu'on passe cette barrière de la survie pour arriver au moment où on vit. Ces effets de seuil sont différents suivant les gens ; pour un de mes amis qui n'a aucune vie sociale, qui accepte de vivre dans un clapier minuscule où il entends les voisins gueuler (c'est sûr que ça vaccine contre la vie sociale), qui se nourrit quasi exclusivement de conserves et qui ne chauffe pas de tout l'hiver, avec cette somme il arrive à mettre un peu de sous de côté et va se faire quelques restos chaque mois. Mais sa vie, peu de gens souhaitent la vivre.

    Quand tu prends le temps de regarder la réalité de ce que chacun vit, tu te rends compte que ce n'est pas aussi simple qu'une question de "confort" et de brancher son cerveau, qu'il y a autant de cas particulier que d'humains, que pour une personne qui s'en sort, il y en a une autre qui crève, et qu'elles ont toutes les deux des bonnes raisons de le faire. Ce genre de phrases désobligeantes, ça présuppose que tout le monde a eu les mêmes chances à la base aussi, que chacun a la possibilité de faire des choix éclairés sans être influencé, au hasard, par une société qui te martèle "consomme" à chaque coin de pub, que ta santé et tes compétences te permettent de faire d'autres choix aussi (vivre dans les bois, ça marche aussi, du moins tant que tu es en bonne santé et que tu sais à quoi ressemble une amanite).

  • [^] # Re: Hein ???

    Posté par  (site web personnel) . En réponse à la dépêche Seconde mise en demeure pour l'association LinuxFr. Évalué à 2.

    Ou une blague du vendredi. Parce que bon, on est quand même vendredi. Hasard ? Coincidence ?

  • [^] # Re: Mon commentaire

    Posté par  (site web personnel) . En réponse au journal Gratipay ferme ; l'avenir du financement du libre. Évalué à 8.

    L'anonymat sur Liberapay est un aspect assez fondamental, pour diverses raisons, dont une en particulier : il empêche tout travail déguisé. Les dons sont anonymes et sans contreparties -> ce sont vraiment des dons, avec tout ce que ça implique dans les déclarations aux impôts, à l'URSSAF etc. Cela peut être le bazar à gérer côté admnistratif, car la notion de "don" est moins bien incluse dans le système français qu'une notion de "prévente" comme il peut y avoir avec un crowfunding. Je ne sais pas ce que ça donne dans d'autres pays. Mais c'est une volonté de notre part.

    Pour les contreparties, je pense que c'est un effet délétère des plate-formes type Tipeee, Patreon… Car dans le cas du Libre, le don initial, c'est le code ou l'art que le créateur offre aux communs ; le fait qu'on lui donne des sous pour ça est le contre-don. S'il nous redonne un cadeau en échange, l'échange n'est plus équilibré. Sans compter le temps que cela demande aux créateurs de gérer ces contreparties, temps qui n'est pas passé sur leur travail principal. Je sais que ce principe de contrepartie est vendeur mais pour moi, c'est un effet de gloutonnerie.

    Par contre, pour ce qui est de remercier les gens qui nous donnent et de communiquer vers eux, c'est dans les projets de Liberapay, avec des interrogations sur comment faire, des idées de mise en place de la feature. Cela fait partie des choses dont nous discutons de temps à autre, mais ça ne fait pas partie des choses les plus urgentes et donc ça ne se fait pas… Un des freins que nous avons est l'envoi de mail ; nous ne gérons pas ça (c'est du boulot pour ne pas être en spam, on se concentre sur d'autres aspects) et l'envoi de remerciements serait forcément gérer avec Liberapay en intermédiaire, afin de préserver l'anonymat des donateurs. Ensuite il faudrait de toute façon coder la feature.

    Pour les reçus de don, la problématique est un peu différente (référencée ici). Comme nous sommes en contact avec des organisations (dont Framasoft ;) ), cette question a déjà été abordée et pour le moment nous n'avons pas de solution simple. Peut-être lever l'anonymat dans certains conditions, typiquement pour les personnes morales dont le statut permet de délivrer des reçus ? Ici, le risque de travail déguisé n'existe plus.

    Pour la page des derniers inscrits en recherche de dons, cela existait au début mais ça pose des soucis car certains inscrits ne font pas l'unanimité (dès qu'on touche à des questions politiques, religieuses, d'expression de genre etc…). Le but n'étant pas de mettre en avant des extremistes ou de mettre en danger des militant-e-s, nous avons enlevé ça. Il reste possible de naviguer dans la liste des inscrits, des communautés… Mais je suis d'accord, il manque quelque chose. Cela fait partie des aspects auxquels nous réfléchissons actuellement dans l'évolution de Liberapay, personnellement je serais pour avoir un espace "Liberapay les aime !" sur laquelle nous mettrions en avant des personnes/projets correspondant à notre "cible" (c'est à dire les libristes et les créateurs ; on est ouvert à tous, mais c'est surtout pour cette population-là qu'on bosse…). Mais ça demanderais la rédaction d'une charte (ce qui fait de toute façon partie des travaux à faire, ce qu'on a actuellement n'est pas assez clair pour tout le monde), ce qui demande aussi du boulot et, ben, il manque encore le temps pour ça.

  • [^] # Re: Modèle économique

    Posté par  (site web personnel) . En réponse au journal Gratipay ferme ; l'avenir du financement du libre. Évalué à 2.

    Oui, c'est ce genre de chose, qui, je pense, pourrais prendre plus d'ampleur. Les fondations sont plus adaptées pour aller chercher des sous, organiser la répartition (quitte à passer par des systèmes comme Liberapay, ça me va très bien !), promouvoir des projets au sein d'un écosystème. Si je ne me trompe pas, c'est aussi ce que fais la Fondation Linux, comme autre exemple. Bref, cela existe déjà, mais ça pourrait sans doute se généraliser et s'appliquer à plus de projets.

  • [^] # Re: Pas évident, non

    Posté par  (site web personnel) . En réponse au journal Gratipay ferme ; l'avenir du financement du libre. Évalué à 2.

    Merci :) et pour le lojban, j'ai mis ça de côté pour le moment… c'était en trop dans mon agenda, hélas !

    Pour la culture libre, la problématique est un peu différente du logiciel libre. C'est un peu comme pour les licences, y'a des points communs, mais ça demande aussi des approches spécifiques. Je bosse en lien avec Yann Kervran sur la question, avec la volonté de trouver comment rémunérer les artistes libres, y compris des auteurs. On se rend bien compte que certains contenus sont plus faciles à monétiser car les mécènes peuvent obtenir des goodies, parfois uniques (typiquement les graphismes), ou qu'il est possible d'organiser des évènements monétisables (concerts), alors que pour d'autres (les écrivains…) ce n'est pas évident de voir quoi "vendre", le contenu est moins dans l'immediateté, quelque soit la qualité et de l'œuvre, et de la communication. Neil Jomunsi (pas toujours libre) est un bon exemple : il gère bien sa com, il fournit un travail de fou, le résultat est très sympa, et il n'en sort pas de salaire. Yann Kervran en est un autre, même si le passage d'une partie de son œuvre sous licence libre est récent : il a une communauté importante, depuis de nombreuses années, il fournit un travail régulier et de qualité, et pourtant cela ne lui permet pas de dégager de revenu (en espérant que le passage au libre change la donne pour lui).

    Ce genre de constat vaut pour la culture libre comme la non-libre, même si cette dernière a déjà un business model en place, qui rémunère quelques stars et beaucoup d'intermédiaires non créatifs. Mais des deux côtés, la grande majorité des artistes ne gagnent pas un smic (ou même l'équivalent d'un rsa) avec leur seule production.

  • [^] # Re: Elementary OS AppCenter "Pay What You Want"

    Posté par  (site web personnel) . En réponse au journal Gratipay ferme ; l'avenir du financement du libre. Évalué à 3.

    Pour moi, cela fait partie des nombreuses réponses possibles, donc oui, pourquoi pas, d'autant que le prix libre marche dans une certaine mesure. Ce qu'il ne faut pas perdre de vue, c'est qu'actuellement, quelqu'un qui veut gagner des sous en proposant son travail en libre accès doit cumuler les systèmes pour avoir une chance de récolter quelque chose, parce que cela repose sur la bonne volonté des mécènes et qu'il faut donc maximiser la possibilité qu'ils se disent "tiens, si je payais ?".

    Pour le créateur il y a aussi des choix éthiques : utiliser une méthode plutôt qu'une autre. La pub est-elle acceptable par exemple ? Un popup qui appelle au don ? Et passer par des plate-formes propriétaires ? Pour moi c'est toujours du cas par cas, suivant qui est le public.

    Dans le cas des App, je trouve le modèle économique de Conversations très intéressant au niveau éthique par exemple : leur app est disponible sur le Google Store de façon payante, gratuite sur FreeDroid ou si on compile soit-même, avec plusieurs possibilité pour donner sur leur site (Flattr, Paypal, Bitcoin). Est-ce que ça leur permet de dégager un revenu ? Je n'en sais rien.

  • [^] # Re: Modèle économique

    Posté par  (site web personnel) . En réponse au journal Gratipay ferme ; l'avenir du financement du libre. Évalué à 3.

    Oui, c'est dans ce sens où un système de "fondation" pourrait probablement apporter des réponses plus globales (du moins tant qu'on ne change pas de société) : de gros organismes qui centraliseraient la recherche de financement, que ce soit auprès de particuliers ou d'entreprises, puis redistribueraient ensuite aux divers projets d'un même ecosystème. Le système existe déjà, d'ailleurs, ce qui permet de voir aussi ses limites, dont Nadia Eghbal parle dans son ouvrage. Il y a probablement quelque chose à creuser de ce côté.

  • [^] # Re: Merci

    Posté par  (site web personnel) . En réponse au journal [Bookmark] Python 3 : des fondamentaux aux concepts avancés du langage. Évalué à 9.

    Tu peux aussi t'inscrire sans faire le MOOC : tu as ensuite accès à tout le cours, dont les vidéos, sans limite de temps sur la plateforme. Ce qui est limité dans le temps, c'est les périodes où on peut s'inscrire à un MOOC et la période où les évaluations sont notés/corrigées.

  • # Un beau projet

    Posté par  (site web personnel) . En réponse à la dépêche Movim 0.12 — Lovejoy. Évalué à 5.

    Merci pour tout le boulot accompli !

    Ça fait un moment que j'ai un compte sur Movim, jusqu'ici avec une utilisation en pointillée car… je trouve que c'est plus adapté quand on a déjà des amis sur place. Pourtant à chaque fois que je passe, je trouve l'interface adaptée à procrastiner : c'est beau, c'est fluide, ça donne envie de rester… J'apprécie l'interface pour poster mes propres trucs, c'est complet. Je sens bien le potentiel, il me manque juste les gens avec qui tester. Mais ça va changer, puisque je commence à avoir des contacts XMPP :) D'ailleurs, merci pour la passerelle vers IRC, c'est un facteur qui aide à la migration : je continue de papoter avec les amis d'IRC, tout en vantant les nombreuses fonctionnalités en plus sur Movim et/ou Gajim.

    Je trouve aussi que Movim réussit un truc rare : proposer une interface ergonomique, moderne, adapté à un débutant, tout en étant libre. Je vois souvent passer les critiques comme quoi "le libre, c'est moche", là c'est un bon contre-exemple.

  • [^] # Re: Khaganat ?

    Posté par  (site web personnel) . En réponse au message Graphiste cherche projet. Évalué à 1.

    Nous sommes en CC-BY-SA pour tout le contenu qui n'est pas du code : le détail de nos licences. Et je vois à cette occasion qu'il faut que je reprenne un peu tout ça. Pas les licences elles-mêmes, mais la présentation, l'attribution et la mise en avant : c'est un peu le bazar. Merci pour le lien de TuxFamily, cela va nous aider.

  • # Khaganat ?

    Posté par  (site web personnel) . En réponse au message Graphiste cherche projet. Évalué à 3. Dernière modification le 02 novembre 2017 à 12:22.

    Dans les jeux vidéos libres/univers fantastique qui manquent de graphismes, je vais prêcher pour ma paroisse : Khaganat ! On est toujours heureux d'accueillir des personnes sachant dessiner (trop peu nombreux hélas dans le monde du libre…). Le projet étant vaste, il y en a pour tous les goûts : réaliser des concepts art, des illustrations pour donner vie à l'univers, nous aider à améliorer le design tout moche du site, réaliser des éléments de l'interface de jeu (2d). Côté 3D, pour le moment nous sommes un peu bloqué par le pipeline graphique, sur lequel nos dev bossent (si vous aimez python et blender, venez aidez ;) ), si bien que ce qui est modélisé peut surtout être vu en jeu sous deux formes : soit des objets statiques (bâtiments, éléments de décor), soit des objets tenus en main. Les autres assets réalisés en 3d finiront par pouvoir être implémentés aussi mais impossible de savoir quand les outils du pipeline seront finis.

    Niveau ambiance graphique, l'idée est de sortir du déjà vu, donc pas vraiment de med-fan… on parle parfois d'alchemy punk ! Comme il s'agit d'illustrer un monde, dans les faits, il y a des ambiances vraiment différentes, des mangroves aux cultures chamaniques, des déserts avec un goût de far west, des cavernes habitées avec une technologie assez SF… Le monde de Khanat a sa propre technologie, ses diverses cultures, notre but est, à terme, de donner à voir un véritable autre monde.

    Et sinon, pour trouver un projet, il y a jeuxlibres.net, la plupart des jeux encore en activité sont en demande de soutien graphique.

    Par ailleurs, pas mal de projets libres peuvent être intéressés par un logo, un peu d'aide sur le design graphique (y compris des bons conseils). Demande à ton ami quels logiciels libres il aime et allez voir si un peu de graphisme pourrait aider les projets en question à avoir l'air plus glamour :)

  • [^] # Re: Petit retour sur Gandi

    Posté par  (site web personnel) . En réponse au message cherche bon registrar + hébergement mail corrects. Évalué à 1.

    J'ai mes mails gérés par Gandi, j'apprécie leur service. L'offre de base n'est pas trop chère et déjà bien suffisante, en payant un peu plus j'ai aussi une offre qui me permet d'avoir des mails avec joker, bien pratique pour filtrer/voir de qui viens le spam. Mais je suis sur l'ancienne offre et ils sont en train de tout bousculer…

    Je n'envoie pas énormément de mail, visiblement ils arrivent à leurs destinataires, c'est rare qu'ils soient classés en spam (dans les retours que j'ai).

  • # Pas si long

    Posté par  (site web personnel) . En réponse à la dépêche Améliorons l’expérience utilisateur de LinuxFr.org !. Évalué à 10.

    Pour recueillir un maximum d'informations pertinentes sans harrasser les participants, nous avons pris le soin de trier les questions par ordre décroissant d'intérêt. Hélas, FramaForms ne permet pas de soumettre des résultats partiels, alors si vous en avez vite marre, il faudra faire "suivant/suivant/…" jusqu'à atteindre le bouton soumettre !

    Le formulaire n'est pas si long. En lisant le paragraphe cité, je m'attendais à devoir prendre quelques heures pour répondre. En fait c'est vraiment vite fait, même en répondant à tout.

    Bon courage pour le dépouillement !

  • [^] # Re: Merci

    Posté par  (site web personnel) . En réponse au journal Wiki Ubuntu-fr: réunion de la dernière chance lundi 26 juin 2017. Évalué à 10.

    Je connais mieux Dokuwiki que Mediawiki, c’est le premier que je maitrise au quotidien. J’administre depuis 2013 des fermes de wiki basé sur Dokuwiki. Une précision, je n’ai aucune formation informatique à la base, j’ai appris sur le tas, je fais parfois de grosses bêtises parce que je n’y comprends rien… Donc ce que je raconte est à prendre en tant qu’avis d’utilisatrice mais pas d’experte :)

    Dokuwiki est très souple, parfois un peu trop, ce qui fait que sans une politique de rédaction un peu rigoureuse ça peut vite devenir un bon bazar. Bien qu’il n’utilise pas de catégorie par défaut, le système de tag permet d’arriver à un comportement similaire, et je trouve ça plus pertinent que les namespace puisqu’un même article peut être associé à plusieurs tags. Ce plugin est sacrément puissant et souvent sous-exploité : typiquement, c’est rare que je prenne le temps de personnaliser la page autogénérée qui liste un tag, alors que c’est possible et plus élégant. Les plugins permettent d’augmenter les fonctionnalités et il y en a assez pour couvrir la plupart des usages ; pour ce qui manque, c’est du php donc pas trop compliqué et la doc de Dokuwiki est très bien faite.

    Dokuwiki a le mérite d’être facile à prendre en main, administrer et personnaliser même par des gens ayant très peu de connaissances informatiques : vu que j’aime bien, j’en fais facilement la promotion et chaque fois que l’un de mes proches tente l’aventure, il est très rapidement opérationnel. C’est toujours un bon point pour le renouvellement des forces au sein d’une structure bénévole.

    Bon, je pourrais passer des heures en louange sur ce CMS, mais ça ne servirait pas à grand-chose : il fait son taf, de même que Mediawiki. Je n’aime pas trop Mediawiki qui m’a donné plus de fil à retordre côté administration, ceci dit ça remonte à plusieurs années, le logiciel a dû évoluer depuis. Il y a deux ans, j’ai un peu bataillé avec un admin qui avait son wiki sous mediawiki afin qu’il installe un plugin pour prendre en compte le multilingue et encore à ce moment, j’ai trouvé qu’installer un plugin n’avait pas l’air d’être super facile, mais je n’avais pas la main pour tester moi-même, et peut-être aussi que ce plugin n’était pas le plus facile ; il y a aussi quelques plugins obsolètes sur Dokuwiki qui peuvent causer des soucis ! Mais, là encore, chacun ses préférences et lorsqu’on maitrise un des systèmes, forcément passer à une autre façon de faire demande une adaptation.

    Cependant, indépendamment des qualités et défauts de chacun de ces logiciels, le point compliqué c’est le transfert. Nous avons adapté un script ici (code vieillot vu que le projet a été arrêté il y a un moment, sources là pour ne pas tout refaire de zéro), au temps où nous pensions encore qu’il était humain de copier une partie de la doc d’un de nos wikis (en dokuwiki) vers celui de Ryzom (en mediawiki). Comme il n’était pas prévu de tout transférer on utilisait ce genre d’outil, c’est tout aussi simple de tout scripter dans une grosse moulinette pour transférer tout le wiki, puisque le plus long c’est de trouver les expressions régulières, mais… ce n’est pas ça le souci.

    Une fois passé à la moulinette, les articles n’étaient pas encore directement bons dans mediawiki. Il faut aussi transférer les images dans le système de média de mediawiki, elles sont appelées d’une façon différente dans les articles et c’est un peu le bordel (encore qu’il ne doit pas y en avoir trop sur Ubuntu ?). Ensuite il y un gros travail autour des étiquettes et catégorisations, il faut créer et gérer les modèles, puis les appeler dans les pages… Sans compter toutes les fois où une expression régulière nous avait échappés parce qu’il s’agissait d’une syntaxe rarement utilisée…

    C’est un travail de fourmi. Le faire, quand on démarre un wiki, ça va, parce qu’on crée les choses au fur et à mesure, mais sur un wiki déjà existant, ces modifications structurelles prennent du temps et ne sont pas passionnantes. Enfin, chacun ses goûts… Mais entre Khaganat et Ryzom, malgré le fait que nous ayons automatisé une bonne partie des choses au fur et à mesure et malgré une communauté qui peut se mobiliser quand elle en a envie… nous n’avons pas réussi à garder les bénévoles motivés sur ce genre de tâche et nous avons fini par jeter l’éponge. Enfin, si un jour quelqu’un se pointe avec l’envie de le faire, ce sera possible, mais pour le moment, c’est au point mort. Je tiens à préciser que côté Ryzom, l’un des administrateurs du mediawiki était quelqu’un d’expérimenté, contributeur de Wikipédia depuis longtemps donc connaissant bien toutes les particularités du logiciel et plus informaticien que moi, tandis que de mon côté je maitrisais assez dokuwiki, et que nous avons travaillé ensemble un bon moment avant de craquer. Le défi est moins technique que dans les forces des bénévoles.

    Je ne sais pas combien vous avez de pages sur le wiki d’Ubuntu, mais à moins d’avoir une armée de gens super motivés pour un gros travail de relecture et de fignolage, c’est un coup à se retrouver avec un wiki bancal, avec des articles où la syntaxe cafouille, où la mise en page est étrange. Catégoriser vos articles au sein de Dokuwiki sera déjà un travail assez intense…

    J’insiste bien là-dessus : le transfert d’un système à un autre sera d’abord une question de moyens humains. Et si vous avez les moyens humains, est-ce là dessus qu’ils seront le mieux employés ?

    Un autre point important : définissez bien vos besoins plutôt que de regarder les features fabuleuses qui sont proposés (ça vaut pour les deux systèmes). C’est un piège qui fait aussi perdre du temps, de vouloir un truc qui a l’air cool et qui finalement ne servira à rien. Une fois que les besoins sont définis, on peut regarder comment adapter ce qu’on a déjà ou si ça vaut vraiment le coup de passer à autre chose qui répond mieux au cahier des charges. Vu la masse de plugins sur Dokuwiki et vu la simplicité à le modifier, c’est vraiment important. Là aussi… faut pas regarder les plugins en se disant "ho ça va être chouette", sinon ça deviens vite lourd. Je n'ai pas constaté de ralentissement lié à l'installation de tonnes de plugin mais certains sont parfois en conflit dans leur fonctionnement.

    Je vais faire un tour sur le forum, et voir si j’arrive à être là le 26 :)

  • # Merci

    Posté par  (site web personnel) . En réponse au journal Wiki Ubuntu-fr: réunion de la dernière chance lundi 26 juin 2017. Évalué à 10.

    […] et passer de dokuwiki à mediawiki.

    Surtout pas ! C'est tellement cool Dokuwiki ! Et surtout transférer tant de doc de Dokuwiki vers Mediawiki c'est un gros boulot, même si on peut scripter pas mal de choses, il y a toujours des tas de petits détails à reprendre. Pour avoir navigué entre les deux systèmes, je déconseille fortement l'aventure, c'est chronophage au possible pour un intérêt finalement assez maigre : les deux systèmes sont très biens mais changer, c'est la galère et ça n'apporte rien d'énorme.

    Je profite du journal pour remercier chaleureusement tous les contributeurs et mainteneurs de cet extraordinaire wiki, qui me sert régulièrement ; je ne suis plus sous Ubuntu depuis longtemps mais il y a une telle masse de connaissances sur les sujets les plus variés que je finis toujours par revenir au wiki. D'ailleurs, je trouve plus souvent les détails qui me servent sur la version française que sur la version anglaise, c'est assez rare pour être signalé.

    J'espère que vous n'allez pas changer trop en profondeur… Parce que je l'aime vraiment bien comme ça, ce wiki :)

  • [^] # Re: une autre cible ?

    Posté par  (site web personnel) . En réponse au journal Et si l'open hardware démocratisait l'usage d'ordinateurs recertifiés (v2). Évalué à 5.

    Odoo utilise l'infra d'OVH et leur but est de fournir un service, pas de l'hébergement. Donc à mon avis ils passeront leur chemin.

    À voir… Je ne sais pas ce qu'il en est d'Odoo en particulier, mais ce n'est pas parce qu'une organisation fournit principalement du service qu'elle ne peut pas être intéressée par la gestion de sa propre infrastructure.

    Au sein de Khaganat (ok on est minuscule mais notre but n'est pas l'hébergement non plus), nous avons régulièrement évoqué la possibilité de gérer notre propre matos. Ce qui nous arrête à chaque fois est le prix et entre autre l'achat des serveurs : comparé aux offres des hébergeurs, c'est difficile de faire aussi bien pour un prix similaire, et c'est logique. Avoir sa propre infrastructure c'est des contraintes en plus sur certains points, des avantages sur d'autres points, et cela permet aussi de faire des choix éthiques différents : relocalisation, favoriser le recyclage et l'augmentation de la durée de vie des serveurs… Toutes les entreprises ne raisonnent pas en terme d'éthique, bien sûr, c'est pas franchement nécessaire pour qu'une boîte tourne, mais ça reste un argument dans certains cas.

  • [^] # Re: poids de l'histoire

    Posté par  (site web personnel) . En réponse au journal Lennart a encore frappé !. Évalué à 6.

    La question était "Existe t-il des distros qui ne fournissent pas de package pulseaudio et qui ne le proposent pas avec le desktop par défaut ?" et la réponse est oui. Qu'il soit bien packagé ou non, c'est une autre question et là, je n'ai absolument pas les compétences pour juger. Quand au côté vague de ma description, je ne fais pas un rapport de bug et je ne vais pas réinstaller pulseaudio pour vérifier son comportement aujourd'hui. Il m'a laissé à chaque fois une impression plus que désagréable, c'est tout. Et c'était il y a moins de 5 ans, mais plus d'un an. Donc, ça a peut-être bien évolué depuis. Ou non. En tout cas, je ne testerais pas si je peux l'éviter, et je ferais ce que je peux pour l'éviter…

  • [^] # Re: poids de l'histoire

    Posté par  (site web personnel) . En réponse au journal Lennart a encore frappé !. Évalué à -2.

    Je ne l'ai pas par défaut avec Archlinux et LXDE et je veille bien à ne pas installer d'application qui me mettrait cette horreur sans nom sur mon ordi. Ce qui n'est pas toujours évident. Je ne sais pas si ça fait des années que les problèmes sont réglés, en tout cas la dernière fois que je m'y suis frotté (ce qui remonte à un an ? deux ans ?), ça m'a juste mis du bazar partout, des comportements indésirables, quelques jours à me prendre la tête avant de désinstaller pulseaudio et le logiciel qui le demandait. Je n'aime pas pulseaudio, c'est l'inverse même de ce que je veux avoir sur mon ordinateur : un truc qui essaie de faire le café alors que je n'aime pas le café. J'aime les petits modules simples, comme alsa (qui n'est déjà pas si simple que ça mais qui "juste marche" et c'est le principal).

  • [^] # Re: utilisateur le plus problématique aussi le plus gros utilisateur

    Posté par  (site web personnel) . En réponse à la dépêche La première année de Liberapay. Évalué à 3. Dernière modification le 07 février 2017 à 22:39.

    Non, ça aurait été plus simple de le virer pour une histoire de ce genre, le blanchiment d'argent est clairement illégal et cela fait partie des procédures de surveiller ce genre de choses. Il faut voir qu'on ne peut pas verser plus de 100€ par semaine à une personne et que si c'est anonyme du côté des utilisateurs, ça ne l'est pas du côté du système, on peut retracer qui verse quoi et à qui (ce qui a permis de rembourser les donateurs sur cette histoire). Bref, le blanchiment sur Liberapay… honnêtement il y a des moyens bien plus efficaces et éprouvés pour ça.

  • [^] # Re: Merci LinuxFR!

    Posté par  (site web personnel) . En réponse à la dépêche Meilleures contributions LinuxFr.org : les primés de novembre 2016. Évalué à 1.

    Je plussoie, merci, c'est super sympa :)

  • [^] # Re: [HS] Arrêtez les erreurs d'interprétation / préjugés.

    Posté par  (site web personnel) . En réponse à la dépêche ZeMarmot : compte‐rendu de fin 2016 et appels aux dons. Évalué à 4.

    Ok, mea culpa, je n'ai effectivement pas tout compris. Ton intervention m'a amené à chercher un peu plus sur internet, et ça se confirme : je n'y comprends rien, et je ne suis pas la seule, parce qu'on trouve tout et son contraire. Quand à lire à la source… le langage bancaire est pour moi d'un trop haut niveau, je n'ai pas les compétences. Au moins, grâce à toi, je ne propagerais plus l'erreur que c'est dans la loi. Donc merci pour la précision.

    Je retiens juste que chez certaines banques, c'est gratuit, chez d'autres, c'est payant, et que c'est différent suivant si on fait ça par internet, en agence, avec un contrat ou un autre. Et que j'ai la chance d'avoir une banque qui ne me fais pas payer mes virements :)

  • [^] # Re: Financement participatif: frais des plateformes ?

    Posté par  (site web personnel) . En réponse à la dépêche ZeMarmot : compte‐rendu de fin 2016 et appels aux dons. Évalué à 7.

    C'est intéressant de voir la justification des choix et les difficultés que ça peut amener. Je n'avais pas pensé au temps que ça prend de faire les news sur Patreon et Tipeee, par exemple (normal, les projets que je porte ne sont pas vraiment adapté à ces formats) ; typiquement le genre de truc qui est vite lassant quand on multiplie les plateformes. Je peste déjà assez quand je dois adapter mes annonces sur Diaspora, Movim, Facebook et Twitter, ou poster une vidéo sur 3 plate-formes différentes… Et pourtant je réduit vraiment au minimum, entre autre en faisant un texte super court qui renvoie vers notre site où là, il y a un billet plus long. Mais il faut quand même, à chaque fois, prendre un peu de temps pour la syntaxe du lien et de l'image puisque chaque plate-forme a sa façon de gérer ça. Dans le cas des plate-formes de dons, il y a forcément un peu plus d'attente qu'un simple renvoi vers un article de blog.

    Donc : je compatis vraiment sur l'aspect com. Je rêve de trouver des marketteux qui, pour le loisir, viendraient aider les projets libres… parce qu'il y a un paquet de bons projets où l'aspect "com" est trop léger et où ça retarde la venue de contributeurs et donateurs.

    Concernant les plate-formes pour recueillir les contributions monétaires, j'avais été touchée par l'article de Ploum : La liberté de soutenir. Pour résumer : plus on donne de possibilité aux gens, plus il y a de chance qu'il y ait au moins une des ces possibilités qui leur parle. C'est un peu de travail à mettre en place et il y a encore des choix à faire (au niveau éthique, ou bien à propos du travail régulier que ça demande) mais en tant que donatrice ponctuelle, c'est vrai que je préfère passer par certains moyens de contributions et que d'autres ne m'attirent pas du tout. Ça n'est pas une énorme barrière, mais c'est parfois ce qui fait la différence entre "je sors la carte bleue" ou non. Il n'y a pas de statistiques pour dire si la réflexion est fondée ou non, je ne prétendrais pas que ça marche forcément, mais personnellement je trouve la réflexion pertinente.

    Là-dessus, je vois un problème sur le site de ZeMarmot. C'est justement cette volonté d'inclure les 2 plate-formes, Tipee et Patreon, "partout". Ce serait plus clair que sur le menu du haut, il y ait le lien "Soutenez-nous" (un seul lien, pas 2 liens vers chaque plate-forme), qu'il soit aussi répété sur la page principal, avec cette adorable marmotte "I want you", et que cela redirige vers une page de donation listant tous les moyens qu'on peut utiliser, de façon simple : patreon, tipee, virement bancaire, bitcoin, etc. Déjà, ça ne fait qu'une seule page vers laquelle rediriger tout le monde, plutôt que de donner le lien de chaque plate-forme dans les communications ; bien plus pratique sur twitter en particulier ! Ensuite, cela liste vraiment tout, de façon claire. Par exemple, je n'avais pas bien compris, avant de lire ton commentaire, qu'en faisant un don à LILA cela allait nourrir Zemarmot. Ce n'est d'ailleurs pas complètement clair quand on est sur les divers sites. Je laisse en exemple la page que j'ai réalisé pour Khaganat : elle n'est pas parfaite, en particulier parce que j'ai moi-même la flemme d'inclure plus de façons de payer et que j'attends que quelqu'un me dise "j'aimerais donner via telle plateforme", mais depuis qu'on l'a mise en place, les gens qui s'intéressent à notre projet donnent plus facilement, sans même que j'agite trop la sébile. C'est évidement pas au niveau de ce que Zemarmot a besoin pour fonctionner mais dans notre cas, ça paie nos frais annuels, donc l'objectif est rempli :)

    Une fois qu'une page comme ça est en place, ajouter un moyen de paiement en lien est rapide. Ensuite, il y a clairement deux modes de financement via le mécénat :
    - la solution qu'on configure une fois, et ensuite on laisse le lien agir (type paypal, virement, flattr, Liberapay, bitcoin etc). Le boulot régulier à faire est, de temps en temps, de tout rapatrier sur le même compte, faire les comptes, et voir si dans certains cas il faut citer les donateurs. Avec Paypal et les virements on peut facilement savoir les gens qui ont donné, même si je conseille de demander s'ils veulent être cités comme mécènes : en fait, tout le monde n'a pas forcément envie d'avoir son nom au générique, un certain nombre de personnes préfèrent donner en tout anonymat…
    - la solution qui demande à être alimenté en news régulières (type patreon, tipeee, crowfunding…) : ça demande du travail de com, mais c'est vrai que sur un projet comme le votre, un certain nombre de personnes donneront pour avoir les retours en avant-première et quelques goodies.

    Autant le premier type, on peut en mettre autant qu'on veut, ça ne demande pas beaucoup de travail ensuite, autant pour le deuxième type, je suis d'accord qu'il vaut mieux limiter à moins d'avoir un fana de la communication dans l'équipe, car chaque nouvelle à poser demande du travail. Pour autant, à moins qu'une des deux plate-formes ne rapporte vraiment plus rien, je pense que c'est important pour un projet comme le votre d'avoir une visibilité sur ces deux-là, parce que c'est justement assez utilisé et que les gens qui donnent par ce biais ne sont pas forcément évident à déménager : ils ont un compte, ils donnent à plusieurs personnes par ce biais, ils n'ont pas forcément envie de gérer un autre compte. Les donateurs sont aussi fainéants que les porteurs de projets quand il s'agit de multiplier les plate-formes :P

    Concernant les virements, une petite précision : la loi dit qu'effectivement, les virements qui ont lieu dans l'espace SEPA sont gratuits. Certaines banques jouent le jeu. D'autres… non : soit elles font payer directement les virements (sous prétexte que c'est ponctuel/régulier), soit elles font payer l'ajout de bénéficiaires. Cela me semble attaquable par une association de consommateur mais en attendant, un certain nombre de gens évitent de passer par un virement parce que ça leur coûte des sous. Proposer les virements est quand même intéressant, parce que pour certains ce sera effectivement la solution la moins coûteuse.

    Le fait de proposer différent type de paiements permet aussi de toucher des donateurs très différents. Tout le monde n'a pas les mêmes motivations pour soutenir un projet. Dans le cas des crowfunding, les gens sont motivés par un échange : je donne, je reçois personnellement quelque chose. Mais il peut y avoir d'autres motivations : la satisfaction personnelle et intime d'avoir contribué à un beau projet, l'envie de voir ce dernier aboutir… Dans ce genre de cas, il n'y a pas forcément besoin d'échange direct, le donateur se récompense lui-même en faisant son acte de donation. Personnellement, je sais que je préfère donner "comme ça" et rester dans l'anonymat : j'aimerais juste avoir assez de sous pour arroser largement pleins de projets ! En proposant des moyens variés de participer, on augmente les contributions.

    De façon plus générale, je pense qu'il serait intéressant de travailler sur les moyens de motiver les mécènes dans le monde de la culture libre… On a clairement des choses à améliorer et des boîtes à outil à créer. "Yakafokon" : j'en discute régulièrement avec divers acteurs du monde de la culture (libre ou non, d'ailleurs) mais nous avons tous tant de projets que l'aspect rébarbatif qui consiste à récupérer des sous ne motive pas grand monde ;)

  • [^] # Re: Manque de diplomatie detected.

    Posté par  (site web personnel) . En réponse au journal Faut-il renoncer à se rétribuer quand on produit un bien commun ?. Évalué à 2.

    Loin de moi l'idée de faire une attaque contre les bisounours naïfs : déjà parce que je pense qu'on a besoin de bisounours, et que j'espère bien en être une de temps en temps. Power to bisounours ! :P Pourquoi les gens pensent que faire l'apologie d'un monde idéal est une tare ?

    Au contraire, je pense que les licences complètements libres, type BSD, sont importantes et utiles, justement parce qu'elles créent du bien commun à 100%. Plus il y en a, meilleur c'est. Il m'arrive d'ailleurs de mettre certaines des choses que je fais sous ce genre de licence (je varie, car chaque travail a besoin de "sa" licence suivant le but visé). Vraiment, j'aimerais que l'augmentation du patrimoine des biens communs devienne la norme.

    Mais cela n'empêche pas les mauvaises pratiques. C'est ce que j'entends par "prendre plus que sa part du gâteau". Certes, quand on décide de mettre son œuvre sous BSD ou CC0, on accepte le principe que quelqu'un réutilise ça dans un projet fermé, où il ne contribueras pas à l'origine : cela fait partie du jeu. Tant que ça reste en de justes proportions, ça ne me dérange pas plus que ça. Mais je regrette que certains profitent largement de la générosité des autres sans jamais rien donner en retour. Tout est dans une histoire de limites personnelles. Cela n'enlève pas la base, qui reste dans le bien commun, mais cela n'enrichit pas non plus cette base. C'est ce que je regrette : ça n'appauvrit pas mais n'implique pas forcément un enrichissement non plus (du moins pour les biens communs). Là, c'est mon côté bisounours (et utopiste, et anarchiste) qui ressort : j'aimerais bien, moi, que tout le monde partage ce qu'il fait, que tout soit disponible pour tous. Je reprend ce que j'ai écrit plus haut en précisant : il y a des effets extrêmement positifs aux licences les plus libres, et il y a aussi quelques effets que je considère comme négatifs, parce que ce monde n'est pas aussi sucré que je l'aimerais.

    Une licence de ce genre ne garantit pas que les gens vont reprendre le travail en ayant de bonnes pratiques ; elle ne garantit même pas de bonnes pratiques à la base, et elle n'a pas vocation à le faire. Elle offre une liberté sans garde-fou. Libre à chacun de vouloir des garde-fous ou non !

  • [^] # Re: Manque de diplomatie detected.

    Posté par  (site web personnel) . En réponse au journal Faut-il renoncer à se rétribuer quand on produit un bien commun ?. Évalué à 2.

    Relit, tu es en plein contresens de ce que j'ai marqué.

  • [^] # Re: Manque de diplomatie detected.

    Posté par  (site web personnel) . En réponse au journal Faut-il renoncer à se rétribuer quand on produit un bien commun ?. Évalué à 1.

    Oui, ce n'est pas encore la liberté absolue pour toutes les copylefts, puisque ça oblige à redistribuer sous la même licence. Je les aime bien quand même, parce qu'elles empêchent justement que le travail soit privatisé par la suite. Je peux parfaitement entendre les arguments disant qu'elles ne sont pas assez "libres" du coup, même si je pense qu'empêcher la restriction des libertés est une forme de défense de la liberté. Bref ça deviens vraiment idéologique et le rationnel recule dans ce genre de débat.

    pour mieux lire le Zenitram< dans le texte, il faut le prendre au niveau mathématique

    Comme je ne suis pas mathématicienne, forcément je ne peux pas le suivre sur cette voie-là :D

    Pour les licences open, type BSD, c'est bien de la liberté absolue, qui peut être extrêmement positive dans un monde de gentils anarchistes où chacun va participer au pot commun et prendre uniquement ce dont il a besoin, mais qui a aussi des conséquences moins reluisantes dans notre monde bien réel où certains veulent plus que leur part de gâteau. D'où certaines mauvaises pratiques, et pourtant c'est libre ! Je ne pense pas que ça remette en cause les licences elles-mêmes, plutôt leur adéquation dans un monde où liberté rime chez certains avec "pour moi, pas pour les autres".

    Ce qui est intéressant, c'est qu'on en viens rapidement au débat plus général sur "qu'est-ce que la liberté et comment garantir la même liberté pour tous", ce qui dépasse largement le cadre du logiciel. Il ne s'agit pas juste de l'outil, mais de la façon dont on a le droit de se servir de l'outil. Si on en restait à l'outil, le prémisse de Zenitram serait juste : on a quelque chose à la place de rien. Mais ça, c'est tant qu'on n'a pas de notion de licence.