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: ESR : «Nous n'avons plus besoin de la GPL.»

Posté par Cali_Mero (). Modéré le 01 juillet 2005.
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C'est du moins ce qu'affirme Eric S. Raymond, hacker bien connu de la communauté, dans une interview récemment publiée sur le site OnLamp. Il s'en explique ainsi :
Nous sommes en 2005, et plus en 1985. Nous avons beaucoup appris ces 20 dernières années. Les craintes qui ont engendré les clauses de réciprocité de la GPL n'ont plus lieu d'être aujourd'hui, à mon avis. Ceux qui commettent des actes prohibés par la GPL (comme des forks propriétaires de projets open source) ne causent du tort qu'à eux-mêmes : la compétition entre leur petite équipe de développeurs interne et celle bien plus importante du projet open-source initial les mène à l'échec.

> Lire la suite (150 commentaires, moyenne: 3,5).   [dépêche : 363 caractères]

Eric discute ensuite plusieurs questions liées à Linux, à la GPL, aux clauses de viralité, à la future v3 de la GPL, à l'ajout dans cette dernière de clauses concernant les brevets, et sur le business-model du logiciel libre.

Il nous détaille une vision actuelle du Libre, qu'on pourrait voir diamétralement opposée à celle de RMS, mais néanmoins intéressante.

Cette discussion est archivée, il n'est plus possible de laisser des commentaires.

Note : les commentaires appartiennent à ceux qui les ont postés. Nous n'en sommes pas responsables.

[+] À vos marques ...

Posté par L () le 01/07/2005 à 21:37. (lien). Évalué à -2.

Prêt ? Feu ? Partez !!!

A froid

Posté par skimmy () le 01/07/2005 à 21:42. (lien). Évalué à 3.

J'avoue que je n'ai pas encore lu l'article de E.S. Raymond, mais je pense que le libre murit tout juste d'un point de vue "vrai" defense. En disant cela, je pense notamment à X.org faisant appel à la S.F.L.C. http://lwn.net/Articles/141806/ , et au polémique concernant Maui X-Stream .

Le chemin parcourut est long, et la défense du code reste importante pour que ce que les codeurs ecrivent dans un esprit de partage reste la propriété de tout ceux à qui il le donne.

Nous ne sommes pas les seuls à avoir bien appris ces 20 dernières années

Posté par drmad () le 01/07/2005 à 21:43. (lien). Évalué à 9.

Nous ne sommes pas les seuls à avoir bien appris ces 20 dernières années, nos ennemis aussi, la preuve, pour nous contrer, ils essayent d'imposer les brevets logiciels sur l'europe. Sans la clause de réciprocité, nos ennemis risquent de déposer un brevet sur un concept contenu dans le code d'un logiciel GPL (c'est facile, ils n'ont qu'à lire le code) et ainsi nous voler le projet en nous faisant condamner si ça se trouve.
Aujourd'hui, le fait que les brevets n'existent pas en europe fait que en général, les brevets ne donne pas lieu à beaucoup de procès. Il en sera probablement tout autre quand on sera cerné par cette saloperie.

Mais nous on aime la GPL

Posté par Geoffrey Scoutheeten (page perso, ) le 01/07/2005 à 21:44. (lien). Évalué à 9.

Why did you say we don't need the GPL anymore?
It's 2005, not 1985 (...) People who do what the GPL tries to prevent (e.g., closed source forks of open source projects) wind up injuring only themselves. They trap themselves unto competing with a small in-house development group against the much larger one in the parent open source project, and failing"

J'estime qu'au contraire on voit plein de procès, en particulier aux États-Unis, sur la paternité des programmes et idées; et que la GPL est nécessaire si on veux protéger nos oeuvres.

Certes, un petit groupe créant une branche d'un projet open-source a peu de chances de survivre, mais où parle-t-on de la possibilité qu'un grand groupe reprenne du code open-source pour coller les morceaux moisis de l'application qu'il veux vendre.

Mouais

Posté par bmc () le 01/07/2005 à 21:48. (lien). Évalué à 10.

D'un naturel plutôt méfiant, je préfère blinder les protections plutôt que de reposer sur des principes au mieux idéalistes, au pire fumeux. À mon humble avis, la GPL protège d'un point de vue contractuel, ce qui est beaucoup plus solide que les caractéristiques actuelles de certains rapports de force.

Moi qui croyait...

Posté par Black Fox (page perso, ) le 01/07/2005 à 22:48. (lien). Évalué à 10.

Moi qui croyait que la GPL n'avait pas été faite pour contrer les forks ou autre. mais bien pour créer un modèle ou les personnes qui veulent avoir accès à la connaissance l'ont.

ESR oublie q'un soft sous BSD (Ou qui viole la GPL) quant il recoit des améliorations qui ne sont pas diffusés mais dont le produit final (binnaire) est diffusé prive les utilisateurs de leur accès à la connaissance de ce que fait le logiciel et empèche ses modifications / amélioration.

Bien sur si l'on oublit cet aspect de partage et que l'on ne vois dans la GPL que des règle commerciales pour empècher les forks proprio sans voir ce qu'il y as derière alors peut-être as t'il raison. Mais c'est priver la GPL de son but.

Le petit pois au pied du géant vert...

Posté par guerrier () le 01/07/2005 à 23:00. (lien). Évalué à 10.

Comme tente de l'exprimer le titre, c'est un peu mon état d'esprit en rédigeant ce commentaire sur l'article d'ESR. L'article en lui-même est très intéressant, et je suis en phase avec la plupart de ses propos.

Sur le point particulier de la licence GPL, j'aimerais vraiment qu'il ait raison, et que le logiciel libre soit devenu si "puissant" qu'on puisse se passer d'une obligation de redistribution, mais je suis persuadé qu'il a tort.

D'abord je fais parti du club de ceux qui n'aiment pas l'adjectif "viral". Personne n'est obligé de s'innoculer la GPL, on peut la toucher, l'étudier de près sans mettre de gants, et sans risquer d'être contaminé, à la différence d'un vrai virus qui ne demande pas la permission pour détourner les ressources de son hôte.

Ensuite son postulat qu'un fork propriétaire est voué à l'échec repose sur des bases erronées: ce n'est pas la qualité technique qui fait le succès d'un produit, si c'était le cas les cassettes VHS n'existeraient pas aujourd'hui. On peut donc parfaitement imaginer qu'un fork propriétaire, même si il est inférieur techniquement à son cousin libre s'impose.

Un exemple illustré: Imaginons que la prochaine GPL autorise le fork propriétaire, une société bien connue décide alors de sauter le pas et de sortir enfin SA distribution Linux. Ils l'ont modifiée en profondeur pour pouvoir exécuter nativement toutes leurs anciennes applis, évidemment les sources de ces modifications ne seront JAMAIS publiés. Impossible de savoir ce qu'il y a dans ce fameux vmlinuz.dll ... Exchange peut tourner en symbiose avec spamassassin, les drivers sont gentillement fournis sous forme de binaires par les fabricants, et tant pis si la console a disparue et qu'il faut une carte graphique 3D avec 128Mo pour avoir un login et un shell. A votre avis où iront les utilisateurs ? Même si ça ne tue pas le logiciel libre, même si la version libre continue d'évoluer pendant que la version proprio stagne, on repart pour au moins 20 ans.

Bon faut que je me réveille moi...

Logique

Posté par Guillaume Knispel () le 01/07/2005 à 23:14. (lien). Évalué à 9.

RMS et ESR ont des visions radicalement différentes du LL, donc pas étonnant que partant de prémisses différentes ils abouttissent à des conclusions différentes :

ESR pense que la supériorité technique est le but et l'organisation du bazaar le moyen ("I suspected that allegiance to the GPL is actually evidence that open source developers don't really believe their own story. That is, if we really believe that open source is a superior system of production, and therefore that it will drive out closed source in a free market, then why do we think we need infectious licensing? What do we think we gain by punishing defectors?")

RMS pense que la liberté du licencié est le but et doit etre protégé contre ceux qui veulent la supprimer. (inutile de venir dire que c'est une fausse définition de la liberté, les différentes vision qu'on peut en avoir sont uniquement une question et sémantique et non de philosophie... on devrait probablement inventer de nouveaux mot pour bien distinguer les 2 idées menant à la GPL / BSD, ca éviterait des frictions)

Miam

Posté par Psylo (page perso, ) le 02/07/2005 à 00:34. (lien). Évalué à 3.

"The technical culture of the Linux kernel group doesn't seem to me to be composed of licensing fanatics."
Ca se défend.

GPL-like vs BSD-like

Posté par THE_ALF_ () le 02/07/2005 à 02:41. (lien). Évalué à 10.

Attention, ceci n'est pas (comme le titre pourrait l'indiquer) une tentative de troll, mais une tentative de discussion sérieuse sur le sujet. Quel est l'intérêt d'une licence de type GPL sur une licence de type BSD?

Une licence BSD permet à tout le monde de récupérer le code, et d'en fair ce que l'on veut. Une licence GPL impose des restrictions, forçant au code GPL de le rester. Quelle est l'influence de ces restrictions (accusée de limiter la liberté du code GPL par les pro-BSD, et de garantir celle-ci par les pro-GPL) ?

Ces restriction permettent d'ajouter une valeur, un "prix" au code GPL. Le code BSD est véritablement gratuit: je le prends, j'en fait ce que je veux. Le code GPL n'est pas gratuit. Il y a un prix à payer pour l'utiliser, et c'est ce que certaines entreprises qui abusent du GPL n'ont pas compris, même si ce prix n'est pas monétaire: on est tenu de donner en échange le code que l'on aura construit autour*. Ce point est fondamental dans la philosophe du GPL, et ce qui fait sa véritable différence.

Cette philosophie est basée sur la philosophie de la recherche scientifique (je ne parle pas de recherche "technologique", qui est plutôt basée sur les notion de brevets, de secrets ultra-confidentiels, etc... qui seraient plutôt l'apanage des licences propriétaires). Tout résultat scientifique se doit d'être publié (et ne possède pas de valeur tant que non publié). Tout le monde à le droit (et est encouragé) à utiliser ces connaissances pour en tirer de nouveaux résultats afin de les publier à leur tour (et donc les rendre accessibles).
C'est un peu le principe du pot commun. Tout le monde à le droit de prendre librement ce qu'il y a dans le pot commun, mais est tenu de l'y remmettre après usage, et de placer dans ce pot commun ce que l'on en aura tiré.

En voici les conséquences directes:
1- Un système de code GPL est un système ouvert, dont le mode de fonctionnement implique un flux entrant d'information (code nouveau) tant qu'il est utilisé**, et limite le flux sortant d'information (sortie de code du "pot commun")
2- Un système de code BSD est un système ouvert permettant un flux entrant d'information, mais ne l'encourageant pas, et ne limitant pas les flux sortants.
3- Un système de code propriétaire est un système soit fermé, soit ouvert en acceptant à la rigueur un flux entrant d'information (à partir, par exemple, d'un système de code BSD).
Un système de code GPL va donc avoir tendance à grossir et évoluer de manière naturelle alors que les systèmes de type BSD et propriétaire vont nécessiter un mécanisme actif permettant de garantir un flux entrant d'information (et ceci explique a priori le succès des licences GPL). Par contre, les flux d'informations pouvant exister à sens unique entre un système de type BSD et un sytème propriétaire, les systèmes BSD ne peuvent exister de manière stable et efficace face au propriétaire.

Donc je dirais que _oui_, on a encore (et plus que jamais) besoin du GPL.

Que pensez vous de cette analyse ?


* oui, je simplifie un peu en passant rapidement sur la notion de "code construit autour du GPL", mais la signification précise de ce point est un autre débat
** Quand je parle d'utiliser le code, j'entends l'utiliser en tant que programmeur, pas l'utiliser en tant qu'utilisateur de logiciel.

--
L'univers de propensions qui est le notre est intrinsèquement créatif (K. Popper).

Eric Steven Raymond

Posté par GEDsismik (Jabber id, page perso, ) le 02/07/2005 à 10:06. (lien). Évalué à 2.

Pour ceux (comme moi) qui ne connaissent pas (on ne peut pas connaitre tous les acteurs du Libre, on est pas chez Microsoft : on est pas 100), voici un article sur le Wikipédia francophone : http://fr.wikipedia.org/wiki/Eric_Raymond.(...)

Il serait le cofondateur (avec Bruce Perens, connais po non plus) de l'OSI : Open Source Initiative (www.opensource.org) et participerait à beaucoup de projet Libre notamment de documentation.

Sources :
http://fr.wikipedia.org/wiki/Eric_Raymond(...)
http://linuxfr.org/2002/04/04/7826.html(...)
http://www.catb.org/~esr/projects.html(...)

(que quelqu'un corrige si j'me plante et ajoute si y'a des informations importantes que je n'ai pas apportées)

ESR fait chier

Posté par gc (page perso, ) le 02/07/2005 à 13:12. (lien). Évalué à 8.

De mon point de vue, ESR fait plus de tort que de bien à la communauté. Et franchement, on dit que RMS est dogmatique et ESR pragmatique, mais lequel des deux dit clairement que l'ennemi c'est le propriétaire et que "open-source" et "free software" sont dans le même camp ? C'est RMS.

Que ESR emploie ce genre de moyens détournés pour s'en prendre à nouveau à une licence dont lui et son mouvement ne sont pas à l'origine, je trouve ça pas très fair-play.

Pour moi c'est "ESR doesn't speak for me", hier comme aujourd'hui :

http://advogato.org/article/340.html(...)

Nous avons besoin de plus que la GPL

Posté par Patrix (page perso, ) le 02/07/2005 à 19:03. (lien). Évalué à 1.

Plus besoin de la GPL? Je pense au contraire que nous aurions aujourd'hui besoin de plus que la GPL. Vingt ans après, pourquoi est-ce que la plupart des auteurs de logiciels libres préfèrent encore utiliser cette licence? C'est parce qu'ils sont convaincus que la liberté ne vaut que si elle est partagée, et savent que la GPL garantit ce principe de partage, en empêchant toute appropriation. C'est ce qu'on appelle le copyleft, et c'est ce qui a fait la force du libre jusqu'à présent.

Mais qu'est-ce qui fait sa faiblesse? Pourquoi tant d'excellents projets libres stagnent-ils malgré leur grand nombre de contributeurs? C'est parce que ce principe de partage ne s'applique pas au plan économique. Celui qui contribue au code sait que son don profitera à tous, mais celui qui donne de l'argent ne sait en général pas où ira cet argent.

Bien sûr, on peut financer des projets libres de façon communautaire et transparente, tout comme on peut redistribuer à la communauté les sources d'un projet BSD dérivé, tout comme on peut avoir des armes à feu et ne tuer personne (voir plus haut). C'est la conception libertarienne de la liberté défendue par ESR. Mais le problème est que l'économie de la connaissance, basée sur la coopération, et l'économie capitaliste, basée sur la concurrence, fonctionnent sur deux modes opposés et largement inconciliables.

N'avons nous pas besoin d'un copyleft économique?

Violation de la GPL

Posté par yomguy (Jabber id, page perso, ) le 03/07/2005 à 16:09. (lien). Évalué à 4.

Salut,

A ce propos, j'aurais voulu savoir quels sont les recours les plus efficaces (hors judiciaires, pas le temps d'aller au tribunal international) pour dénoncer des boîtes qui violent la GPL...

Je viens d'en détecter une:
http://www.enfoldsystems.com(...) (Texas)

qui propose un très intéressant client/serveur pour plone mais dont la licence s'oppose bien à celle d'un module inséré dans la partie serveur qui est GPL.
La licence proposée par Enfoldsystems est en effet plus que restrictive, c'est carrément du foutage de gueule:

"
4. Restrictions.

4.1 No Copies. You shall not copy the Licensed Software.
If additional copies of the Licensed Software are permitted
within the Permitted Number, those additional copies must be
downloaded from one of Enfold's servers.

4.2 No Modification. The Licensed Software is licensed and
distributed by Enfold for Use only. You shall not modify,
adapt or translate the Licensed Software. You are not
authorized to integrate or use the Licensed Software with any
other software, to print the information contained within the
Licensed Software, employ the Licensed Software with a plug-in
or enhancement which uses or relies upon the Licensed Software.
"

Il y a bien http://gpl-violations.org,(...) mais ça na pas l'air très actif...
Merci, et KEEP FIGHTING !!

Nous n'avons plus besoin de ESR

Posté par oliv () le 04/07/2005 à 07:08. (lien). Évalué à 10.

ESR a eu son utilité au temps de l'explication du concept du bazaar, qui est maintenant compris même par Sun. Mais désormais, ESR est plus un frein (un boulet ?) pour les logiciels libres (et pour l'open source). Son côté redneck avec ses flingues, sa manie de toujours tout ramener à un combat personnel contre Richard Stallman (un reste de complexe d'Oedipe?), tout celà nuit à l'image de sérieux, de professionalisme, de communauté que véhiculent les logiciels libres.

Ce message d'ESR ressemble plutôt à un chant du cygne.

Nous n'avons plus besoin d'ESR...

lire l'histoire des projets bsd

Posté par - - () le 04/07/2005 à 09:04. (lien). Évalué à 4.

mettre le code en domaine public ne suffit pas.

il sera simplement repris et absorbé dans des projets propriétaires et on ne verra pas une goûte de contribution (ou minime) , peu importe les discours idéalistes de hackers passionnés.

la vision juridique et du secret des entreprises primera.

point. et c'est ce qui se passe concrètement. c'est pour cela qu'un développeur souhaitant contribuer du code à la communauté opensource et qui veut GARANTIR que son projet lui survive et continue à mûrir tout en restant libre a besoin d'un droit d'auteur FORT et d'une licence qui pose CLAIREMENT les règles.

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