Jehan a écrit 1669 commentaires

  • [^] # Re: équivalent à la biblio Python FTFY

    Posté par  (site web personnel, Mastodon) . En réponse à la dépêche Sortie de uchardet 0.0.8 pour la détection de codages de caractères. Évalué à 10. Dernière modification le 22 décembre 2022 à 18:31.

    Qu'est-ce qu'il se passe si je voulais vraiment écrire « ½uf » ?

    Si ton bout de texte, c'est juste "½uf", c'est clair que c'est pas assez et uchardet ne peut pas te sortir un résultat fiable (je vais même pas prendre la peine de tester; si c'est pour tester sur 3 octets, vous vous êtes trompé de logiciel; même si ça trouvait le bon résultat, j'attribuerais cela à la chance). Mais si ton texte est "Bonjour monsieur, pourriez-vous me servir 2 douzaines d'½ufs, une bouteille de lait, et une baguette s'il vous plaît", tu auras bien du mal à me convaincre (et "convaincre" uchardet) que c'est un décodage pertinent (en comparaison à: "Bonjour monsieur, pourriez-vous me servir 2 douzaines d'œufs, une bouteille de lait, et une baguette s'il vous plaît" puisque le concept est de comparer les scores, je le rappelle, comme techniquement le premier décodage est aussi valide, mais le texte lui ne l'est pas en français).

    Le test en réel avec uchardet 0.0.8:

    echo "Bonjour monsieur, pourriez-vous me servir 2 douzaines d'œufs, une bouteille de lait, et une baguette s'il vous plaît" | iconv -f UTF-8 -t ISO-8859-15 | uchardet 
    ISO-8859-15
    

    L'erreur dont tu parles se produit si uchardet se plante et retourne ISO-8859-1 (auquel cas, en recodant en UTF-8, tu obtiens ½ à la place de œ). Comme tu le vois, sur un vrai texte complet, uchardet ne se plante pas.

    Il peut y avoir des cas particuliers où tu voudrais vraiment dire "½uf", par exemple je pourrais imaginer un texte plus grand qui traite justement du sujet des codages de caractères et donne un exemple de décodage loupé. Mais dans ce cas, le texte est vraisemblablement bien plus long, du moins suffisamment pour justement faire pencher la balance vers le bon codage quand même (celui qui gardera "½uf" sur l'endroit où c'est ce que tu voulais et "œuf" sur les endroits où c'est ce que tu veux). De toutes façons, ce texte plus long, totalement hypothétique, ne sera ni en ISO-8859-15, ni ISO-8859-1 puisqu'aucun des 2 n'a les 2 caractères (donc tu ne peux traiter ce sujet dans un tel codage). Ce texte serait probablement en UTF-8.

    En gros, tu essaies de raisonner en terme de "comment arriver à tromper le système". Et oui, soyons clair, tu peux toujours tromper un système informatique, trouver des cas bizarres et extrêmes, surtout si le système est basé sur les statistiques. Il suffit par exemple de travailler dur pour produire un vrai texte en français en faisant exprès d'aller à l'encontre de toutes les statistiques habituelles de la langue française, en utilisant des tournures particulières, le maximum de mots peu usités, du franglais ou le plus de mots étrangers possibles (mais qu'on utilise quand même en France), etc. Oui tu pourras toujours me sortir un exemple qui pête un tel système. Parce que c'est pas un système fait pour déjouer les ruses, ce qui n'a aucun intérêt selon moi. C'est un système fait pour être utilisé dans la vie réelle, sur de vrais textes de diverses langues. Et dans ce contexte, uchardet fonctionnera 99,99% des fois sur les codages et langues prises en charge (statistiques tirées du chapeau mais franchement j'attends encore les contre-exemples de la vraie vie et pas créés spécifiquement pour ruser et tromper l'outil). 😇

    Pour moi, ton d'exemple (et "si je voulais vraiment écrire « ½uf »", je sais pas combien de fois dans votre vie, vous avez voulu écrire ce mot "½uf" si courant 🙄 dans notre langue, le mettre dans un fichier ou une base de donnée, sans aucun autre texte contextuel, juste ce mot et c'est tout, puis vous êtes demandés plus tard son codage! Moi perso: jamais! 😜) est à ranger dans la catégorie de ceux qui donne des bouts de 3 lettres aléatoires et s'étonnent qu'uchardet ne trouve pas le codage qu'ils avaient en tête: sauf qu'uchardet ne fait toujours pas de magie ni ne lit dans la tête des gens! 😛

    La détection de charset est très utile, mais ça devrait être du dernier recours quand tout à échoué. Ça marche très bien, mais ce n'est pas parfait.
    […]
    Cette négligence nous coûte de la complexité et les détecteurs de charset ont en effet encore de beaux jours devant eux. Je comprends bien qu'il y a des enjeux de rétrocompatibilité, mais il y a un moment où faut décider de corriger les choses, fournir des outils de compatibilité et arrêter les bêtises.

    Tout ce que tu dis, c'est comme dire que c'est nul qu'on soit pas encore tous passé à IPv6. Donc faut arrêter de faire en sorte que son logiciel fonctionne avec IPv4 parce que c'est le passé (soyez libre de ne pas prendre en charge IPv4 dans un logiciel réseau ahahah!) ou que Wayland est le futur, donc faut arrêtez de faire en sorte que nos logiciels marche avec X11 (on entend ça parfois; mais va dire aux développeurs de logiciel d'abandonner la majeure partie des utilisateurs sous Linux!), etc.

    Dans les faits, nous on veut juste que nos machines ou logiciels marchent. C'est tout. C'est pas être en désaccord que la nouvelle technologie X est peut-être vraiment meilleure ou pas que l'ancienne technologie Y. C'est juste que les problèmes d'Y existent encore et qu'on peut pas faire comme s'ils n'existaient pas. Typiquement pour en revenir à mon problème de sous-titres, j'allais pas dire "oooh comment il ose ce gus qui a fait gratuitement des sous-titres pour les donner à tous, et qui a même pas utilisé UTF-8 pour cela! Quel goujât! Pour la peine, je vais pas utiliser ses sous-titres!". Non je dis: "zut, j'ai vraiment envie de voir ce film mais on a besoin des sous-titres. Ce serait bien si mon lecteur vidéo était capable de détecter le bon codage sans que je m'en mêle!" Et donc je règle ce problème (je me suis arrangé pour que mon lecteur détecte au mieux le codage). Parce que je peux pas retrouver tous les gens sur internet qui font des sous-titres en hobby (et même si je le pouvais, aller leur faire la leçon sur le codage de caractère — un truc qu'ils ne comprendront sûrement pas de toutes façons parce qu'ils s'en fichent — n'est pas un truc que j'ai particulièrement envie de faire).
    La théorie est belle, mais bon… Perso je pense aussi que la détection de charset a encore de très beaux jours devant elle (comme la détection de langage, qui est le nouvel usage d'uchardet; j'en parlerai plus en détail à la prochaine sortie du logiciel) mais j'y mets aucun sentiment.

    Je comprends la frustration

    Ahahah. Je suis pas du tout frustré par la situation. J'ai plus l'impression que c'est toi qui est frustré sur le coup, non? 😉

    si ces outils n'existaient pas, peut-être que les logiciels qui produisent du contenu s'assureraient peut-être de standardiser sur un sous-ensemble utile de charset

    LOL Y a bien une trentaine d'années (probablement plus) d'histoire de l'informatique pour réduire à néant ta théorie. 😆

    Comme l'historique dans mon article le montre, ce type de logiciel de détection de codage a vraiment commencé à être utilisé vers 2015 (pour uchardet qui commence à être utilisé dans quelques logiciels à partir de 2015; puis le développement de CED dont le premier commit est de 2016; puis chardetng dont la première sortie est 2019…). La réalité, c'est juste que c'est encore très peu utilisé globalement et que donc les gens ont toujours constamment des problèmes de codage dans une majorité de logiciels. Donc dire que c'est la faute de ce type d'outil qu'on est dans cette situation, c'est complètement inverser les responsabilités et le cause à effet.

    La réalité est juste: (1) on est dans cette situation, c'est comme ça et c'est un fait; (2) ça s'améliore progressivement mais ça prend du temps et en attendant, c'est quand même mieux si on arrive à lire les fichiers sans problèmes de décodage bizarre et (3) même si un jour, tout le monde utilise UTF-8, ça n'efface pas magiquement le passé pour autant, ainsi que les milliards de fichiers et textes en base de données qui ont été créés depuis des décennies et dont une grosse partie va encore être utilisés quelques décennies de plus.

    Donc on est dans cette situation, c'est comme ça. Autant tirer le meilleur parti d'une situation bordélique plutôt qu'énoncer des "et si". 😁

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  • [^] # Re: Double décodage malencontreux

    Posté par  (site web personnel, Mastodon) . En réponse à la dépêche Sortie de uchardet 0.0.8 pour la détection de codages de caractères. Évalué à 6.

    Le but d'un projet comme uchardet, c'est d'éviter que ce genre de trucs se produisent (ce qui est en effet assez courant et justement pourquoi un projet tel qu'uchardet est nécessaire).

    Quand tu es déjà devant un fait accompli (ré-encodage cassé), j'ai l'impression que c'est plutôt le genre de projet dont quelqu'un parle plus haut (FTFY) dont tu as besoin. Note que j'ai jamais testé et n'ai aucune idée de son efficacité. Mais ce dont tu parles est exactement le cas d'usage qu'ils décrivent dans leur README.

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  • [^] # Re: équivalent à la biblio Python FTFY

    Posté par  (site web personnel, Mastodon) . En réponse à la dépêche Sortie de uchardet 0.0.8 pour la détection de codages de caractères. Évalué à 3.

    Corrigé, merci.

    Merci. Cependant il reste encore un bout sur la deuxième commande (elle commence par " et finit par  »). ;-)

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  • [^] # Re: Commande file

    Posté par  (site web personnel, Mastodon) . En réponse à la dépêche Sortie de uchardet 0.0.8 pour la détection de codages de caractères. Évalué à 10. Dernière modification le 22 décembre 2022 à 03:35.

    Ah en relisant ton commentaire, je découvre que tu mentionnes en fait une option -i particulière que je ne connaissais pas. Dans ce cas, je vois ça essaie en effet de donner un vrai nom de charset complet, mais c'est vraiment pas glorieux:

    $ file -i test/et/*
    test/et/iso-8859-13.txt:  text/plain; charset=iso-8859-1
    test/et/iso-8859-15.txt:  text/plain; charset=iso-8859-1
    test/et/iso-8859-4.txt:   text/plain; charset=iso-8859-1
    test/et/utf-8.txt:        text/plain; charset=utf-8
    test/et/windows-1252.txt: text/plain; charset=unknown-8bit
    test/et/windows-1257.txt: text/plain; charset=iso-8859-1

    À part UTF-8, pas une seule bonne réponse! (le nom du fichier est la réponse, comme on se l'imagine)

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  • [^] # Re: Commande file

    Posté par  (site web personnel, Mastodon) . En réponse à la dépêche Sortie de uchardet 0.0.8 pour la détection de codages de caractères. Évalué à 10.

    Mais file connaît quasi rien de la plupart des encodages, ou alors t'as une version spéciale! Tiens, je le lance sur un jeu de fichiers de test du dépôt d'uchardet:

    $ file test/et/*
    test/et/iso-8859-13.txt:  ISO-8859 text
    test/et/iso-8859-15.txt:  ISO-8859 text
    test/et/iso-8859-4.txt:   ISO-8859 text
    test/et/utf-8.txt:        UTF-8 Unicode text
    test/et/windows-1252.txt: Non-ISO extended-ASCII text
    test/et/windows-1257.txt: ISO-8859 text

    Il donne "ISO-8859 text" pour une majorité, ce qui veut pas dire grand chose (je connais au moins 15 IS0-8859-* codages et hormis la partie ASCII, ils sont tous vraiment vraiment différents (c'est même le but). En plus, il se plante dans un cas (WINDOWS-1257 aussi catégorisé en "ISO-8859 text"), et il sait pas dans un autre (WINDOWS-1252 qu'il dit juste être "Non-ISO", ce qui aide pas trop!).

    Dernier point: on n'est pas du tout sur les mêmes ordres de grandeur en terme de rapidité:

    $ time uchardet test/et/*
    test/et/iso-8859-13.txt: ISO-8859-13
    test/et/iso-8859-15.txt: ISO-8859-15
    test/et/iso-8859-4.txt: ISO-8859-4
    test/et/utf-8.txt: UTF-8
    test/et/windows-1252.txt: WINDOWS-1252
    test/et/windows-1257.txt: WINDOWS-1257
    
    real    0m0.008s
    user    0m0.004s
    sys 0m0.004s
    $ time file test/et/*
    test/et/iso-8859-13.txt:  ISO-8859 text
    test/et/iso-8859-15.txt:  ISO-8859 text
    test/et/iso-8859-4.txt:   ISO-8859 text
    test/et/utf-8.txt:        UTF-8 Unicode text
    test/et/windows-1252.txt: Non-ISO extended-ASCII text
    test/et/windows-1257.txt: ISO-8859 text
    
    real    0m0.044s
    user    0m0.036s
    sys 0m0.008s

    Parce qu'un outil comme file, en plus d'être faux ou imprécis, se traîne comme un escargot alors qu'uchardet est fait pour être rapide, juste et précis. 😜

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  • [^] # Re: équivalent à la biblio Python FTFY

    Posté par  (site web personnel, Mastodon) . En réponse à la dépêche Sortie de uchardet 0.0.8 pour la détection de codages de caractères. Évalué à 10. Dernière modification le 21 décembre 2022 à 19:16.

    C'est un concept dérivé, mais c'est pas du tout la même chose:

    Is ftfy an encoding detector?

    No, it’s a mojibake detector (and fixer). That makes its task much easier, because it doesn’t have to guess the encoding of everything: it can leave correct-looking text as it is.

    Encoding detectors have ended up being a bad idea, and they are largely responsible for creating the problems that ftfy has to fix.

    The text that you put into ftfy should be Unicode that you’ve attempted to decode correctly. ftfy doesn’t accept bytes as input.

    There is a lot of Unicode out there that has already been mangled by mojibake, even when decoded properly. That is, you might correctly interpret the text as UTF-8, and what the UTF-8 text really says is a mojibake string like “réflexion” that needs to be decoded again. This is when you need ftfy.

    En gros, ce projet (que je ne connaissais pas) part du principe que l'on ne va pas détecter correctement le codage d'origine (et qu'on travaille forcément en UTF-8 en codage final), et va essayer de corriger votre résultat de conversion erronée. En d'autres termes, on pourrait utiliser FTFY après avoir utilisé uchardet si ce dernier s'est planté.

    Évidemment je ne suis pas du tout d'accord avec leur "lemme" qui est qu'on ne sait pas faire de la détection de codage ("Encoding detectors have ended up being a bad idea"). J'ai mes nombreuses années de travail sur uchardet qui prouvent que ce lemme est faux. uchardet est vraiment vraiment bon. Je ne dis pas que ce projet (ftfy) est totalement inutile. Il peut l'être pour les rares cas où uchardet se plante. Mais leur argument de base est faux: si, de nos jours, on sait globalement très bien et très efficacement détecter le codage de flux de textes donc le codage d'origine est inconnu. Genre vraiment très bien. Essayer uchardet le prouve.

    Ensuite bien sûr qu'on peut encore améliorer l'efficacité, et des gens comme moi y travaillent (comme je le dis, même si je viens à peine de sortir la version 0.0.8, la future version 0.1.0 a déjà fait un bond d'efficacité avec des nouveaux concepts que j'expérimente; ça m'impressionne moi-même parfois). Et surtout il faut ajouter de plus en plus de prises en charge de langues et codages. J'en ai déjà ajouté plusieurs ces derniers jours. Je pense que je pourrai avoir quelques dizaines de modèles supplémentaires pour la prochaine version.

    P.S.: modérateurs de LinuxFr: un éditeur a dû être un peu trop zêlé avec une regexp:

    $ echo « Joyeux Noël et bonnes fêtes de fin d’année! » | uchardet -V
    []
    $ echo "메리 크리스마스! » | uchardet -V

    Ce sont des strings de lignes de commandes shell, donc c'est bien " et non «  ou  » qui doivent être affichés sur les 2 commandes! 😜

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  • [^] # Re: Sponsors institutionnels ?

    Posté par  (site web personnel, Mastodon) . En réponse à la dépêche GIMP fête ses 27 ans avec la version de développement 2.99.14. Évalué à 10.

    Il faudrait leur demander mais je ne pense pas que leur position ait changé (à propos, je crois avoir retrouvé le post en question, de 2016). En gros, là (dans cet article de Framasoft de ce mois-ci que tu postes) le ministère a financé directement une fonctionnalité de Peertube, d'ailleurs on ne nous dit pas comment. Peut-être ont-il payé des développeurs en interne. Peut-être ont-il fait un contrat de service avec Framasoft. Dans les 2 cas, il est fort possible que c'est le ministère qui les a contactés en premier d'ailleurs (même si ça ne changerait pas grand chose si c'était l'inverse).

    Quels que soient les détails, ce n'est de toutes façons pas la même chose que du "sponsor institutionnel". C'est un rapport plus proche soit de la contribution à un logiciel libre, soit de la fourniture de service. Ce qui est super cool déjà, dans les 2 cas, mais pas du tout la même dynamique.

    Ce dont je parle est vraiment un truc que beaucoup de ceux qui ont été très actifs dans une asso (étant moi-même actif dans plusieurs assos) connaissent: les assos qui s'épuisent à avoir du financement ou de l'aide de manière générale pour des activités de biens communs.

    Par exemple, une asso dans laquelle je suis administrateur, on a un compost de quartier et l'un des trucs qu'on aurait aimé, c'est de répandre le concept dans tous les quartiers de la ville. C'est écologique, pratique, moins odorant que ces poubelles de quartier qui sentent à 10m à la ronde, un bon moyen de faire vivre le quartier…
    Mais comme notre mairie n'est pas très ouverte à ce type d'arguments, on essaie aussi de faire valoir que le tri des biodéchets dans les foyers sera obligatoire en 2024. Si la ville est capable de généraliser un système basé sur le compost citoyen d'ici là, ce serait un énorme avantage économique. Mais ils ne font rien. Ça fait 2 ans qu'on pousse; même notre compost, ils étaient censé participer après installation (livrer la matière sèche notamment, installer des barrières à certains endroits, etc.) mais au final on doit tout faire nous-même, trouver des fournisseurs de matière sèche qui le font gratuitement (la mairie nous assurait que c'était impossible, qu'il faudrait faire des contrats, que ce serait très compliqué — en fait je crois qu'ils ont juste dit ça par habitude et qu'ils ont pas cherché, tout simplement —; au final c'est un instituteur seul dans son coin qui s'est démené et a prouvé que ce que disait la mairie était totalement bidon) notamment a été un énorme travail par un des administrateurs surtout, etc. Au final certains des membres les plus actifs du début s'épuisent et arrêtent. Et on sait bien ce qu'il va se passer en 2024: la ville va juste faire un gros contrat juteux avec une grosse entreprise (probablement Veolia) pour une collecte "biodéchets" séparée, monter les taxes des ordures ménagères pour pouvoir le payer, et dire que c'est pas leur faute ("c'est la loi!"). Alors qu'on aurait pu avoir une ville plus propre avec une gestion solidaire des biodéchets.

    L'asso locale de vélo (je n'y suis que simple membre), qui font vraiment un boulot extra, ont un gros local partagé de réparation gratuite et solidaire de vélo (avec du super matos), des permanences hebdomadaires pour aider les gens, poussent à avoir une politique de déplacement propre et une infrastructure sécurisée pour les vélos dans la ville, etc. Ils rencontrent les élus mensuellement (si je ne m'abuse) dans des réunions où ils consacrent énormément d'énergie, de temps et de compétence. Mais il se passe quasi rien en faveur du vélo ou de déplacements propres de manière générale (en fait, si il se passe tout juste assez pour faire des encarts dans les journaux locaux ou le magazine de la ville qui met la tête du maire à toutes les sauces; mais rien de ce qui est véritablement important n'est presque jamais mis en place). Financièrement aussi, on m'a dit qu'ils ont à peine quelques centaines d'euros annuels de subventions (si ma mémoire est bonne; mais même si c'est plus, je me souviens que c'était un montant ridicule par rapport à ce qu'ils apportent à la vie de société, écologiquement, etc.).

    Dans le monde du spectacle, j'ai connu de nombreuses petites compagnies qui s'épuisaient pour obtenir des subventions et au final abandonnaient quand ils se rendaient compte qu'ils passaient plus de temps à faire des dossiers qu'à préparer leurs spectacles. C'est à dire que même quand ça marchait "financièrement" parce qu'ils arrivaient enfin à trouver des financements d'organismes, ils se rendaient compte qu'ils n'arrivaient plus à faire ce qu'ils voulaient pouvoir faire dans la majorité de leur temps; c'est le genre de conclusion déprimante et un véritable cercle vicieux: soit on continue comme ça car on arrive à en vivre financièrement mais alors on se spécialise surtout dans le montage de dossier et les "relations" tout en produisant de la qualité médiocre, soit on abandonne. Beaucoup abandonnent.

    C'est ça qui arrive à beaucoup d'associations quand elles commencent à chercher de l'aide institutionnelle. En fait, ils en ont marre de courir après des chimères, de chercher à persuader les instances publiques de les sponsoriser ou même simplement de les soutenir (pas juste avec des mots dans des "tweets" mais en actes réels).
    En fait, je pense qu'on peut même dire que — avec la politique et l'organisation en France (c'est donc une constatation, non un but, car dans l'idéal, oui les projets clairs de biens communs devraient pouvoir être aidés par les instances publiques) — que chercher à tout prix des aides institutionnelles tue beaucoup d'activités associatives (soit parce les gens abandonnent et l'asso meurt; soit au contraire parce qu'elle réussit mais l'asso devient alors parfois un trou noir où une majeure partie du financement est mangé par le financement lui-même et on se rend compte que l'activité première de l'asso est devenue l'ombre de ce qu'on voulait qu'elle soit).

    Quand je lis l'article de Framasoft (je l'ai pas relu depuis sa publication y a quelques années, mais juste vaguement parcouru après l'avoir retrouvé), on voit clairement que c'était là leur propos, commun à de nombreuses autres associations. Ils ont donc changé leur logique et clairement on peut voir que ça leur a réussi (ils étaient surtout une asso francophone, maintenant ils ont une reconnaissance plus internationale et des financements participatifs vraiment d'un autre niveau). Le fait qu'un ministère va maintenant financer certaines fonctionnalités ne va pas du tout à l'encontre de cette nouvelle logique de fonctionnement. Au contraire, ça la valide.

    D'ailleurs la conclusion de cet article de 2016 le dit bien:

    Fermons-nous définitivement la porte à l’Éducation Nationale ? Non… nous inversons simplement les rôles.

    Pour autant, il est évident que nous imposons implicitement des conditions : les instances de l’Éducation Nationale doivent considérer que le logiciel libre n’est pas un produit mais que l’adopter, en plus de garantir une souveraineté numérique, implique d’en structurer les usages, de participer à son développement et de généraliser les compétences en logiciels libres.

    Ça me semble assez clair que c'est ce qu'il s'est passé. Ils n'essaient plus de courir après les institutions (que ce soit pour obtenir des aides financières ou autres, ou pour les persuader), c'est maintenant elles qui viennent à eux. Et ces institutions maintenant ne font plus juste des promesses sur le logiciel libre, ils "participe[nt] à son développement", très concrètement!

    Bien sûr, je peux me tromper et mal lire entre les lignes. Peut-être que Framasoft est effectivement dorénavant revenu dans une logique où ils vont courir après les institutions (perso j'en doute). Seul quelqu'un de Framasoft pourrait le confirmer ou l'infirmer.

    Mais quel que soit cette réponse, cela n'invalide pas que la recherche de soutien institutionnel est un vrai tueur d'associations de manière générale. Les blogs posts d'associations qui sont revenues de ce rêve sont légions sur le web (de même que ma propre expérience associative vérifie aussi ce prédicat).

    C'est là l'idée. Il faut juste arrêter d'espérer une aide quelconque des institutions, ce qui tue l'asso à petit feu. C'est pas juste nous (même si on a un peu essayé à nos débuts), c'est la conclusion d'une majorité des assos en France. Il faut faire notre truc à nous, et ne rien attendre des institutions. Et peut-être qu'ensuite, quand on aura vraiment réussi à atteindre une forme d'équilibre sans l'aide des institutions, celle-ci viendront d'elles-mêmes et participeront finalement (sauf qu'on n'aura plus à dépendre d'elles, donc en plus la relation est bien plus saine, beaucoup moins de rapports de force, sans aucun organisme qui se repose entièrement sur l'aval de l'autre).

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  • [^] # Re: Sponsors institutionnels ?

    Posté par  (site web personnel, Mastodon) . En réponse à la dépêche GIMP fête ses 27 ans avec la version de développement 2.99.14. Évalué à 8.

    Tu as raison, et c'est aussi ce que dit en un sens Pierre-Alain TORET dans le commentaire du dessus. C'est un système bien plus acceptable et proche de ce que je recherche. D'ailleurs j'en ai déjà fait (en quelque sorte) aussi. Quand j'ai accepté de travailler pour le CNRS notamment, c'était bien parce que je pouvais travailler sur GIMP.

    Ça reste néanmoins un truc qui peut potentiellement nous éloigner de nos plans. Quand une organisation nous demande une fonctionnalité précise, si on a de la chance, c'est quelque chose qu'on voulait vraiment faire nous-même de toutes façons. Mais peut-être pas, et alors, cela repousse de quelques semaines tout le reste. Potentiellement cela repousse la maintenance elle-même (si on a des deadlines avec des malus de retard, finir la fonctionnalité devient soudainement plus important que corriger les bugs ou faire la revue de code des autres contributeurs). Cela peut aussi repousser d'autant la sortie suivante du logiciel. À l'inverse, j'ai mis en pause plusieurs branches de fonctionnalités, certaines d'autres contributeurs et certaines de moi-même, alors que ce sont de vraiment super trucs que plein attendent; mais justement parce qu'à un moment, si on veut sortir GIMP 3.0, faut qu'on arrête de faire des à-côtés pour finir les bases (j'ai donc fait un choix sain de maintenance et de stabilité plutôt que de privilégier de nouvelles fonctionnalités à tout prix). Ce n'est pas quelque chose qu'on peut faire si on est payé pour bosser sur la fonctionnalité, qui retarderait toute une sortie pour des millions de personnes. Et aussi les choix techniques deviennent des choix commerciaux (ce qui pourrait même conduire à de mauvais choix dans les cas extrêmes).

    Alors je dis pas que c'est entièrement mal, et je suis prêt à refaire ce genre d'accord (par contre, uniquement si cela rentre dans la case des choix techniques acceptables). Mais cela reste tout de même bien moins sain que simplement "payer le développement car ça marche bien". Idéalement même faire les 2: payer des fonctionnalités en plus de financer en partie le développement courant (en fait l'idéal-idéal, c'est même: financer le développement courant + payer ses propres développeurs pour contribuer de nouvelles fonctionnalités adaptées à son business).

    C'est ce qu'on propose avec nos financements participatifs, c'est aussi ce que fait Blender (avec le succès que l'on sait depuis fin 2018, voire 2019, où a débuté une progression fulgurante de leurs financements). Ça peut donc exister puisque ça se fait déjà. Perso c'est ce que je veux pousser le plus. 😇

    Film d'animation libre en CC by-sa/Art Libre, fait avec GIMP et autre logiciels libres: ZeMarmot [ http://film.zemarmot.net ]

  • [^] # Re: Sponsors institutionnels ?

    Posté par  (site web personnel, Mastodon) . En réponse à la dépêche GIMP fête ses 27 ans avec la version de développement 2.99.14. Évalué à 10. Dernière modification le 15 décembre 2022 à 21:57.

    Tu avais mentionné une fois que Aryeom avait donné des ateliers Gimp dans une fac. Avez-vous exploré la piste de sponsors institutionnels ?

    Elle donne encore des cours (en vacataire), et ce toutes les années scolaires depuis 4 ans et il me semble bien que ça va faire sa cinquième année de cours universitaire d'affilées.

    Avez-vous exploré la piste de sponsors institutionnels ?

    Je crois qu'ils ont pas de sous. Enfin si, les institutions ont plein de sous pour des "appels d'offre", où on devrait être en compétition avec des SSIIs de taille gigantesque pour un projet irréalisable (les SSIIs s'en sortent car elles font ça mal, en payant mal des sous-traitants, et ont des contrats blindés où elles ont quasi aucun compte à rendre), et tout ça en nous éloignant de notre projet de base.

    Mais faire un truc simple, genre "vous utilisez du libre, que diriez-vous de financer ce dernier simplement et sainement?" Nope! Ça semble malheureusement impensable. Et comme ce serait donc vraisemblablement une donation, j'ai l'impression que ces organismes n'ont même pas les cases pour ça dans leur compta! Un projet à quelques millions avec appel d'offre ça oui les institutions peuvent l'expliquer; des licences de logiciels propriétaires, cette dépense aussi peut être expliquée; mais dépenser quelques milliers pour des logiciels libres (a.k.a. "gratuit" il faut croire pour ces institutions), j'ai l'impression qu'ils n'arrivent pas à en trouver l'explication comptable (et ce, même quand ils sont pro-libres — comme ce service universitaire pour lequel Aryeom travaille, c'est cool! — et en fait comprennent l'idéologie et en défendent l'idée et sont d'accord avec le fait que c'est normal que ces développeurs soient payés aussi; mais ils n'en financent pas pour autant les projets probablement car ils n'ont aucun pouvoir de ce côté là et ne vont pas se battre pour ça).

    J'ai aussi discuté avec des villes, notamment Lyon (il y a peu) car j'avais lu qu'ils étaient pro-libres sur le mandat en cours et faisaient des changements informatiques dans ce sens. On a eu un RDV avec un élu, gentil et qui s'est montré intéressé (il a posé pas mal de questions, clairement il était intéressé par comment était développé un tel logiciel), mais il nous a aussi très vite dit qu'ils n'avaient pas de service de développement, qu'ils n'avaient pas de sous, et que la seule chose qui s'en rapprochait était de répondre à des appels d'offre (mais il a lui-même vu que ce n'était pas ce qu'on recherchait et qu'on ne pourrait évidemment pas s'aligner face à des SSIIs spécialisés dans ce genre de dossier; honnêtement on savait pas trop nous même ce qu'on cherchait, c'était histoire d'avoir un contact et d'essayer de comprendre comment ils voyaient leur passage au libre et s'il y avait des choses envisageables à faire en lien avec eux). Encore une fois, je pense pas que c'est entièrement leur faute (ni de cet élu, ni des contacts à l'université). J'ai juste l'impression que le système entier sur lequel fonctionnent les institutions marche sur la tête. Tout simplement.

    En fait, je crois que trop de gens s'imaginent (parce qu'on lit régulièrement cette remarque) que c'est super facile et évident de trouver des sous, et que notamment les institutions en donneront. Mais si c'était si facile, ça se saurait! C'est pas impossible hein (enfin… peut-être?), mais encore faut-il accepter de passer son temps à faire cela.
    Et évidemment il y a aussi la question de savoir à quel point on accepte de faire des compromis sur ses valeurs. Je peux faire quelques compromis, mais il y en a certains, non. Par exemple, pas de pub. Aussi je refuse de travailler dans de mauvaises conditions ou de faire travailler autrui dans de mauvaises conditions (c'est à dire avoir un super salaire moi-même mais en exploitant une majorité de travailleurs). Ou de faire des coups bas pour un contrat. Ou de faire un truc nocif pour la planète ou pour les autres êtres vivants (animaux compris!). Etc. Malheureusement on se rend compte que dans ce monde, ça réduit drastiquement les possibilités d'obtenir de gros sous.

    Il y a aussi un autre point (ce n'est pas ce que tu dis, mais je rebondis dessus), qui est qu'il y a ce truc, pris pour acquis parmi les libristes, que le logiciel libre a un très bon business model avec du "service à côté du logiciel". Et le rare argent qu'on a des services publics ou des organismes de droit privé, c'est d'ailleurs par ce concept: on va bosser (par ex. donner des cours) personnellement, ou alors on fait une formation ou une conf payante au nom de l'asso, etc. Au final c'est du service autour de l'activité, qui nous fait perdre beaucoup de temps sur ce qu'on aimerait réellement faire.
    Tristement énormément de pro-libres semblent trouver cela super bien. Mais réfléchissons à ce que cela signifie: en vrai, ce qu'on dit aux gens, c'est que leur œuvre ne vaut rien, mais par contre, si vous nous l'installez, ou assurez du support, ou faites une formation (ou autre), alors là ça vaut quelque chose. Par contre, il faut bien sûr continuer à corriger les bugs et à faire évoluer le logiciel (c'est implicite!), sinon c'est absolument inacceptable (et possiblement peut induire une rupture de contrat du service). Donc on suppose encore et toujours que le développement logiciel est du travail gratuit. Et on nous demande de faire 2 ou 3 métiers à la fois (mais on ne nous paye que pour certains de ceux-ci).

    Perso j'aimerais être rémunéré pour coder sur GIMP et autres logiciels libres. Des dizaines de millions de gens utilisent notre code et le trouvent utile. Énormément de ces gens l'utilisent même professionnellement. J'ai pas envie de chercher des contrats de services (qui nous feront vivre mais nous empêcheront en fait d'améliorer GIMP ou de faire nos projets de films). Et donc le business model que je cherche, il se base sur ça: se faire payer pour le développement de communs logiciels et la production de communs artistiques.

    Ensuite je dis pas que c'est totalement impossible, mais à ce jour, le concept de "sponsor institutionnel" tient plus du rêve qu'autre chose pour nous (et certains en sont revenus; je me souviens — il me semble — d'un article de Framasoft qui disaient qu'ils en avaient marre d'espérer attendre quelque chose des services publics, et c'est à ce moment où ils ont changé leur manière de faire les choses et aussi qu'ils ont décollé en utilité et en reconnaissance internationale!). C'est sûrement possible pour ceux qui ont les "contacts" et "relations". Mais je viens pas d'une grande famille d'ingénieurs ou de politiciens, j'ai pas fait de grandes écoles, j'ai pas de potes parmi les dirigeants de ce monde. Pour nous, tous ces concepts de super sponsoring publics (ou privés), ce sont des trucs qu'on lit dans les journaux avec des gens de bonne famille, bien "entre soi", qui se donnent de l'argent entre eux. Pas la réalité des gens qui font des projets libres sans être "du milieu".
    Ensuite si ça change, soyez sûr que vous en entendrez parler sur Linuxfr. Si une institution décidait soudainement de nous soutenir avec du gros financement, je l'annoncerai fièrement haut et fort ici dans une news GIMP ou ZeMarmot!

    ps: la fondation Gimp a des sous, non ?

    Y a pas de fondation GIMP.

    (elle a une poignée de BTC en tout cas)

    Y a effectivement un portefeuille qui a débuté quand des gens ont insisté pour donner des bitcoins. Récemment ça a fait jaser quand certains se sont aperçus qu'on avait un million de dollars en bitcoin (c'était la période où c'était au plus haut; maintenant ce serait beaucoup moins). Depuis y a des gens qui croient qu'on est super riches et qu'on se la coule douce aux Bahamas (j'ai lu un commentaire, ou c'était un tweet peut-être, qui disait un truc du genre; limite d'après le message, on avait monté une grosse arnaque avec GIMP et les développeurs étaient super riches, en train de voler les gens; et c'est ainsi que les rumeurs commencent); certains ont aussi raconté qu'on faisait une sorte d'investissement bitcoin malhonnête (je sais plus le terme, mais y a un mot que certains ont sorti qui apparemment correspond à laisser des sommes dormir exprès pour de l'investissement, ou je sais plus quoi). Etc.

    La réalité, c'est juste qu'on sait pas comment utiliser cela. D'une part les bitcoins ne nous ont jamais intéressé (j'ai toujours eu une vision très mauvaise de ce système), donc on est vraiment très peu au fait des plateformes et de l'usage. L'entièreté du portefeuille nous a simplement été donnée par divers donateurs au fil des ans (et comme ça a commencé y a longtemps, sûrement à une époque où ça commençait à peine, avant que j'arrive moi-même, ça explique la somme). En second, aucun des organismes avec qui on est en relation ne sait quoi faire des bitcoins ni ne veut y toucher (et pas à cause des évènements récents! C'est un sujet qu'on a discuté depuis plusieurs années, on a essayé pas mal de se renseigner, on ne sait juste pas comment faire). Notre propre mini-asso, on ne va sûrement pas prendre de risque non plus, quand je vois que toutes les grosses fondations et assos refusent (nous on n'a pas de sous, pas d'avocats…). On ne va pas y balancer un million de dollars et se retrouver avec des histoires de détournement de fonds, blanchiment d'argent ou que sais-je que certains pourront inventer. Et personnellement, je vais pas mettre ça sur mon compte non plus, c'est sûr (même si j'aimerais bien! Ahaha). Faut dire ce qui est, c'est le genre de somme que j'ai jamais eu dans mon compte en banque! Et puis y a le fait que GIMP, c'est plus que quelques personnes. On fait quoi avec une telle somme tombée du ciel sans entité? On distribue ça chez les contributeurs? Franchement, tout ça, c'est la recette pour avoir des problèmes légaux, c'est tout.

    Les bitcoins, ceux qui sont dans le monde de la finance ou des gros sous, ils n'en ont pas peur et ils n'ont aucun problème à jouer avec. Peut-être même qu'ils trouveraient le montage financier à faire en 10 minutes. Mais le péquenaud moyen (je parle de moi et d'autres développeurs du logiciel), ce sont des trucs qui nous passent au dessus de la tête et nous font peur. L'argent qui tombe du ciel sans aucun cadre juridique, honnêtement, comment j'explique ça? Qu'est-ce que je mets dans ma déclaration d'impôts?

    Attention, je dis pas que c'est pas possible. Mais nous, on n'a trouvé personne pour nous expliquer comment faire (au "mieux", on trouve des gens qui nous disent "non mais c'est bon, t'auras pas de problème!", sans réellement se poser de question, sauf que c'est facile à dire quand c'est pas eux qui prennent les risques).

    Mais elle ne paie aucun développeur directement, c bien ça ?

    Pour payer un développeur, il faut une entité morale, des fiches de paie, ou des factures. Tu ne peux pas juste te virer des sous (ou les partager aux divers développeurs), de l'argent qui vient d'on ne sait où, et t'attendre à ce que tout se passera bien.

    Mais bon, c'est un sujet en discussion ou pas ?

    Il y a bien des discussions pour permettre du financement de développeurs. J'en parlerai s'il y a des choses concrêtes qui en sortent.

    En attendant, c'est déjà possible, juste sans point central. Il faut simplement donner aux financements existants (notre projet, ZeMarmot, pour tout notre travail sur GIMP (aussi sur Patreon), et le développeur de GEGL). Là ce sont des sommes bien fléchées, avec des entités légales, des procédures de rémunération dans les règles. Vous pouvez donner et être sûr que l'argent est utilisé pour ce pour quoi vous donnez. 😄
    Notons que c'est exactement la demande (payer le développement de GIMP) car vous financez bien le développement de GIMP avec ces 2 financements, même si ce n'est pas le nom de "GIMP" sur la devanture. C'est pareil car améliorer GIMP pour nos besoins professionnels fait partie intégrante du projet (et c'est pas du vent, on a toutes les années passées pour le prouver: on est responsable de la grosse majorité du code de GIMP depuis quelques années 😎).

    Ensuite on est conscient que certains veulent juste donner à GIMP, veulent absolument une entité centrale, et ne comprennent pas la décentralisation du financement. Donc on étudie la question. Mais il faut être clair: au final, on peut déjà financer le développement de GIMP.

    Merci à ceux qui le font d'ailleurs! 🤗

    Film d'animation libre en CC by-sa/Art Libre, fait avec GIMP et autre logiciels libres: ZeMarmot [ http://film.zemarmot.net ]

  • [^] # Re: Exemple : démarchage au CPF

    Posté par  (site web personnel, Mastodon) . En réponse au journal Piéger les démarcheurs abusifs. Évalué à 10.

    Ç'aurait été une arnaque selon les règles, mais non, c'était un peu plus honnête, il m'a juste demandé mon adresse électronique, celle inscrite sur le compte CPF, ce qui lui a suffit à me pré-inscrire à des formations.

    Au final tu lui as quand même donné ton adresse électronique. Ça m'aurait fait hésiter. En tous cas, c'est vraiment super, mais faut avoir un certain cran. Personnellement, jusque là, je me contente de leur dire que je suis pas intéressé, et je leur dis au revoir poliment (oui j'ai même du mal à ne pas être poli! C'est le niveau où j'en suis! Alors monter un piège aux arnaqueurs!…).

    Sinon 2 questions:

    1. C'était quand? On en parlait récemment après un article; et après une recherche rapide, j'ai pu confirmer qu'il y a une loi qui interdit tout démarchage pour une formation CPF, adoptée ce 8 décembre, avec 375 000 euros d'amende pour une personne morale (donc l'organisme de formation, mais aussi le sous-traitant? Ou l'un d'eux paye pour les 2? Ou ils partagent l'amende?). Par contre, je vois qu'il semblerait y avoir une troisième étape, non encore passée, "promulgation", qui d'après Wikipédia serait la mise en vigueur? Si c'est le cas, je suis un peu déçu, car ça veut dire que ce n'est pas encore applicable, ou je me trompe? (je ne suis pas le plus au fait sur le parcours d'une loi)

    2. Si ce n'est pas en vigueur, quelle est la base pour dire que c'est illicite? C'est parce que tu es sur Bloctel (le cas "automatiquement illicite" que tu cites)? Parce qu'hormis cela, il faudrait par exemple prouver qu'ils ont eu ton numéro de manière illicite (c'est à dire qu'un organisme leur a donné alors que tu avais explicité refusé, ou simplement rien accepté; mais comment prouver cela?).

    Sinon similairement à ǝpɐןƃu∀ nǝıɥʇʇɐW-ǝɹɹǝıԀ plus bas, il y a aussi la question de savoir s'ils auront vraiment une amende. Ils pourraient se retourner en disant qu'ils n'ont jamais appelé (c'est alors une parole contre une autre). Pour vérifier les dires, il faudrait qu'un juge acte pour avoir accès aux appels téléphoniques, mais le feraient-ils sur le signalement d'une personne seulement (je doute malheureusement que beaucoup signalent et au final, chaque organisme a probablement un ou 2 signalements à peine à leur actif)?

    D'ailleurs le fait d'utiliser (très vraisemblablement, comme tu le dis toi-même) des sous-traitants peut aider d'autant plus à brouiller les pistes puisqu'on ne trouverait aucun appel de leur part. Il faudrait alors regarder ta propre liste d'appel (mais tu en aurais été averti si un juge avait autorisé cela, je pense) pour retrouver d'abord l'intermédiaire, puis prouver le lien avec l'organisme de formation. Alors techniquement tout cela est très simple, et en fait c'est même super rentable (à la fin, 375k à la clé pour le gouvernement, ça vaut largement le temps du juge et de la police surtout que toute la procédure ne devrait pas prendre plus de quelques heures si faite efficacement). Sauf que dans les faits, on sait que ce genre de plaintes a plutôt tendance à faire lettre morte.

    Quand je vois le nombre d'arnaques qui se font impunément, où les arnaqueurs ne cherchent même pas à cacher leurs numéros de téléphone, et où la police ne fait rien (car chaque arnaque individuellement fait juste perdre quelques euros — voire rien du tout à l'individu dans le cadre des formations s'ils ont les droits suffisants! — donc la police estime qu'on est à peine lésé).

    Attention, j'ai l'air de faire l'avocat du diable, mais c'est uniquement que je suis blasé car — comme tu peux t'en rendre compte — je n'ai plus grande confiance en notre justice (j'ai eu un cas moi-même, rien à voir avec du démarchage, mais un cas tellement évident qui n'a pourtant mené à rien et sans jugement au final sur des points administratifs; et c'est là qu'on comprend que la justice ne marche pas pour les petits péquins comme nous). C'est juste les entreprises ou les riches qui font leurs arnaques au grand jour, qui ont des avocats, et qui en général s'en sortent par des procédures administratives.

    D'ailleurs y a-t-il le moindre suivi des réclamations que tu fais (tu l'as fait sur ton compte bloctel j'imagine)? Ou il n'y a plus aucune nouvelle après, notamment tu ne sais même pas si ça part dans /dev/null ou s'il y a eu la moindre action de faite?

    Quand je vois sur le site bloctel qu'ils mettent un gros bandeau pour se vanter d'une sanction de 11700 euros contre un organisme qui fait du démarchage, on se dit que ça doit être un fait super rare d'être réellement sanctionné, pour ainsi en mettre un seul en avant. Ce qui serait mieux serait plutôt un vrai fil de "news" et qu'on y voit sans arrêt passer des annonces d'arrêt de justice à l'encontre de contrevenants (y a largement de quoi quand je vois le volume; moi encore j'en ai peu, un peu toutes les semaines, mais j'ai quelqu'un de ma famille par exemple qui reçoit plusieurs appels par jour! C'est effarant quand je vais chez elle; je vais lui demander si elle s'est inscrite sur bloctel tiens!). Mais je me fais des illusions!

    Enfin bon, ça reste génial ton truc; je sais pas si j'aurai le courage de monter des "pièges" mais pour le coup, au moins tu m'as inspiré et je me suis inscrit sur bloctel à l'instant. Je vais m'empresser d'au minimum signaler les SMS de démarchage que j'ai reçus. J'y crois pas mais qui sait si j'arriverai un jour à être désillusionné de notre système de justice.

    D'ailleurs les arnaques évidentes (qui ne sont pas réellement du démarchage), je suppose qu'on ne doit pas faire doublon et ne pas les envoyer à bloctel. Par exemple ces derniers temps, j'ai reçu de faux SMS de livraison ou de faux SMS "votre carte vitale est prête" avec à chaque fois une URL sur un domaine évidemment monté pour l'occasion (qui va probablement vous demander plein de données perso; j'ai évidemment pas cliqué pour vérifier!). Perso je ne les rentrerais pas en démarchage illicite, ce sont des arnaques (on se fait passer pour autrui et on monte une histoire de toutes pièces) et donc à transférer au 33700.

    J'ai un dernier cas: des fois, on reçoit des appels et quand on répond, il n'y a rien. Personne parle. Ça m'arrive de temps en temps. Mais je ne saurais pas classer cela.

    En tous cas, merci pour le journal. C'était intéressant. 😄

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  • [^] # Re: Une petite question

    Posté par  (site web personnel, Mastodon) . En réponse au lien CPF et Qualiopi. Évalué à 10.

    Bah c'est comme toujours: des entreprises fraudent? Faisons payer les citoyens (donc les victimes dans les affaires de fraude citées)! Logique quoi! 🙄

    De toutes façons, l'article dit aussi bien que les fraudes, ce n'est que secondaire. Pour le gouvernement, c'est apparemment assumé de diminuer les dépenses en rendant moins attrayant de se former.

    Mais revenons aux fraudes. Franchement les démarchages de ces entreprises bidons, j'en ai aussi reçu pas mal, par SMS mais aussi par appel téléphonique. Ce ne sont pas des numéros cachés, tout le monde en reçoit (c'est d'ailleurs écrit dans l'article) donc c'est pas comme si ces arnaqueurs étaient bien cachés et pas faciles à débusquer. Et si… soyons fous! Et si on allait enquêter sur ces personnes qui appellent et envoient des SMS impunément? D'ailleurs l'article dit que c'est interdit maintenant (j'ai fait une recherche, c'est une loi adoptée depuis le 8 décembre apparemment avec de belles amendes à la clé! Au moins cet article m'aura appris une chose et la prochaine fois que je reçois un tel appel, je dirai à la personne qu'elle risque une amende de 75000 ou 375000 euros! Je me rappelle encore avoir été démarché y a une semaine, mais sûrement juste avant l'adoption de la loi). Mais même avant toute loi spécifique au CPF, il était évident que ce sont des sociétés qui s'assoient sur la loi car le démarchage en général est déjà bien réglementé et ne peut pas être fait n'importe comment. Si ces sociétés ont des numéros de téléphones tels le mien, alors que je refuse systématiquement les démarchages et le partage de mes coordonnées à des "sociétés partenaires", c'est bien qu'il y a anguille sous roche. Et puis soyons clair: une société qui a besoin de recourir à ce type de méthode n'est pas nette à la base (non, faire chier les gens qui n'ont rien demandé n'est jamais une bonne méthode; on le sait qu'au final ceux qui se font surtout avoir par ces méthodes de démarchage direct sont soit les personnes âgés — bon sûrement moins dans le cas de formations, mais je parle du démarchage en général — soit les jeunes encore incertains de l'avenir, donc finalement les personnes les plus affaiblies de la société).

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  • [^] # Re: Déjà dans la rubrique liens

    Posté par  (site web personnel, Mastodon) . En réponse au journal Office 365 et Google Workspace en difficulté chez l'école républicaine. Évalué à 6.

    Ahahah. Je peux toujours en faire un journal (enfin en poussant plus la réflexion et en mieux structuré; là pour moi, c'est vraiment juste un commentaire vite fait 😛) mais en même temps, si c'est juste pour parler sans action derrière, cela reste limité (ce pour quoi je fais un commentaire, comme on peut discuter et grommeler au café du coin quoi!). En général, mes journaux et dépêches, c'est plus pour les trucs où je fais activement quelque chose, pas des "conseils" dans le vent ("blowing in the wind" 🌬️ qu'il disait!).

    Pour tout dire, j'avais postulé à un poste au pôle logiciel libre de la DINUM l'an dernier (parce que justement, souffler dans le vent, ça m'intéresse pas; sauf si c'est dans un harmonica!). Justement il y a un an, je me disais qu'il pouvait être intéressant d'avoir un pied dans la porte (c'était pas un gros poste mais je pensais qu'une fois sur place, je pourrais comprendre mieux comment aller plus loin) et de là essayer de pousser vers des projets gouvernementaux plus actifs que juste de "conseiller" des listes de logiciel libre. J'ai eu un entretien, mais ce qui a surtout bloqué, c'est qu'il faut obligatoirement être sur Paris. Y avait bien une possibilité de télé-travail partiel, mais la règle, c'était genre 2 ou 3 jours max par semaine (et non, je ne vais pas aller à Paris toutes les semaines! Je veux bien rencontrer les équipes à intervalles réguliers ou pour des RDVs importants, mais le concept de devoir obligatoirement aller au "bureau" — juste y être pour y être — est un concept pré-historique d'après moi). Et pourtant c'était en pleine période des confinements COVID (ou juste après), mais bon faut croire que le gouvernement a encore beaucoup de mal à évoluer. 🤷 Après on s'étonne que les choses n'avancent pas si les seuls capables de travailler pour la France sont les parisiens (pas parce que les parisiens ne peuvent pas bien travailler, mais la France est plus grande que cette seule ville et il faut pouvoir intégrer toutes les parties d'un tout pour obtenir quelque chose de cohérent)…

    Personnellement ce qui m'intéresserait, ce serait surtout de pouvoir participer à ce genre de projet (logiciel libre dans l'administration avec de la fédération de développeurs, de la communication et du travail collaboratif entre les diverses administrations publiques à divers niveaux). Je serais heureux de former et diriger des équipes de développeurs, de créer une véritable dynamique nationale de contribution et de mise-à-niveau des logiciels libres, de même que d'adaptation aux usages des collectivités, de formation des fonctionnaires, communiquer et travailler avec les administrations locales, etc. Comme les gens ici le savent, j'ai largement l'expérience pour pouvoir mener à bien ce genre de projet (je sais que cela peut sembler présomptueux et je n'aurais pas dit cela y a 10 ans; mais beaucoup a changé depuis!), en tant que mainteneur de plusieurs projets de logiciels libres, dont l'un des plus gros avec facilement des dizaines de millions d'utilisateurs, et contributeur sur des dizaines de logiciels libres.

    À ce moment là, je pourrais même faire des dépêches car ce serait plus que juste en parler. 😉 Pour l'instant, c'est juste du vent et mes espoirs vains d'une nation qui comprenne enfin comment le milieu logiciel fonctionne (plutôt que de jeter des grands mots bidons de "startup nation", on pourrait être une vraie nation de coopération et d'échanges).

    Bien sûr, je jette ce petit message ici au cas où des gens du gouvernement lisent linuxfr (c'est donc pas innocent 😉). Histoire de dire que j'ai déjà essayé de rentrer à la DINUM par la petite porte et suis toujours potentiellement intéressé (sauf que maintenant je veux plus essayer de juste "postuler", je pense que ça n'a du sens que si j'ai une possibilité de faire des choses en plus grand) pour travailler avec la DINUM pour créer une telle dynamique.

    À vrai dire, maintenant je sais pas si j'aurais encore le temps (puisque depuis j'étais passé à autre chose bien entendu), mais y a peut-être des choses faisables quand même. À voir. Donc chers amis du gouvernement, faut pas hésiter à me contacter si vous voulez que les collectivités françaises rentrent finalement dans le 21ème siècle! 😜

    P.S.: et pour quiconque me dirait que la DINUM a déjà un truc similaire, le mode de fonctionnement actuel me semble surtout démontrer les nombreux problèmes de l'organisation de l'administration de nos jours, avec un marché public qui est toujours remporté par une grosse société de service (et qui clairement s'en fout du Libre, c'est pas dans leur "ADN" du tout et leur expérience avec les communautés du libre doit être quasi-inexistant; c'est aberrant que le contrat leur soit revenu), qui elle-même n'est qu'un intermédiaire avec de nombreux sous-traitants. Des systèmes malsains de dilution des responsabilité, de sommes prohibitives avec des sous-sous-traitants au final qui se tapent tout le travail dans de mauvaises conditions (cf. tous les systèmes de délais non-réalistes que je vois, et qui sont de toutes évidence pas tenus mais ça permet de pouvoir engueuler les sous-traitants; parce que travailler dans de bonnes conditions de travail, c'est vraisemblablement surfait dans l'esprit de nombreux décideurs! 🙄) et qui vraisemblablement ne marche pas tellement: à voir la liste des contributions faites au logiciel libre, soit la liste n'est absolument pas à jour, soit leur système ne fonctionne pas du tout! Je n'arrive pas à trouver l'info sur combien ce marché a coûté, mais il est évident que ça a coûté une fortune (une énorme boîte de services avec 7 prestataires dans un contrat gouvernemental) et il ont fait 55 patchs (dont une majorité semble juste être des mises-à-jour de dépendances) en un an et demi? À moi seul, j'en fais plus en un mois (et c'est pas du vent, j'ai mes dizaines de commits mensuels, mes dizaines de messages sur les systèmes de suivi de bug, mes discussions quotidiennes avec les développeurs de la communauté, tout ça pour le prouver; et pourtant maintenant je passe facilement plus de la moitié du temps à ne pas coder moi-même parce que j'ai trop d'autres responsabilités!)!

    En fait, pire, un résultat médiocre d'un tel contrat pourrait s'avérer vraiment contre-productif en donnant du grain à moudre à ceux qui disent que le logiciel libre ne peut pas marcher. Alors qu'en fait, c'est juste qu'ils n'apprennent pas et continuent encore et toujours les mêmes méthodes de sous-traitance à outrance de tout et n'importe quoi (parce qu'en fait, les exemples d'échec sont nombreux, il y en a encore eu un énorme récemment pourtant en bonne vieille logique de logiciel propriétaire; cet autre article est intéressant aussi car il cite plusieurs autres gros échecs logiciel de ces dernières années, toujours avec ces problèmes de sous-traitance; combien de développeurs de qualité auraient pu être rémunérés avec ces dizaines de millions d'euros!). Ce qu'il faut revoir, ce n'est pas juste la licence des logiciels utilisés mais aussi comprendre comment fonctionne le développement logiciel (libre comme propriétaire), revenir en arrière sur les politiques actuelles absurdes de financement de services privés qui ne fonctionnent simplement pas (et n'ont jamais fonctionné) hormis être des trous financiers, récupérer des compétences internes…

    Ce qu'il faut donc , ce sont de vrais équipes de développeurs, bien payés, en interne, formés de telle sorte qu'ils savent travailler avec les communautés du logiciel libre, et qui sont là pour réellement corriger et améliorer les logiciels, pas juste faire du remplissage. Clairement ce seront des choses qu'on aura jamais tant qu'on continuera de travailler sur ce mode de "on décentralise tout vers des boîtes de service à tarifs délirants".

    Ah et aussi il faut intégrer les collectivités locales. C'est un système où on sera fort si ce n'est pas juste le ministère dans son coin, les communes dans le leur, les régions dans le leur, les autres organismes publics dans le leur… mais bien tous ensemble pour développer nos logiciels en communs. Ne pas faire tout cela, c'est ne pas comprendre du tout le développement libre.

    Pour info, je trouve que c'est super qu'il y ait dorénavant un pôle logiciel libre à la DINUM et que le logiciel libre soit finalement pris en compte et au sérieux. Je suis sûr que ces personnes de la DINUM font leur possible et que beaucoup sont frustrés également d'ailleurs. Et c'est bien pour cela que je dis tout cela. Si on veut vraiment que les choses évoluent dans le bon sens, il faut changer bien plus que ce qui est fait à présent. Et surtout, il faut de vrais compétences de gens qui ont l'habitude en interne! Je parle même pas juste de moi. Il y a énormément de français dans le logiciel libre. On pourrait trouver des développeurs et chefs de projets intéressés si on le voulait vraiment. Continuer à parler de logiciels libres en finançant ceux qui n'ont fait pas, n'ont aucune habitude de le faire et clairement n'ont pas la moindre idée de comment contribuer efficacement, c'est ridicule. Alors qu'on pourrait engager ceux qui font déjà cela depuis des années.

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  • [^] # Re: Déjà dans la rubrique liens

    Posté par  (site web personnel, Mastodon) . En réponse au journal Office 365 et Google Workspace en difficulté chez l'école républicaine. Évalué à 10.

    Sommaire

    L'algorithmique et toute ça théorique, ça se fait sans ordinateur, en tout cas sans coder, donc sans problème avec un tableau noir et du papier.

    Pour être dans la partie, avec des élèves en NSI, je peux témoigner de la nécessité d'alterner pratique et théorique. Les élèves n'ont pas encore assez de recul pour se permettre d'apprendre uniquement le côté théorique. Pour que les concepts prennent forme dans leur mémoire, ils doivent expérimenter certaines choses.

    À l'université, y a 20 ans, en licence/master informatique, les cours d'algorithmiques se faisaient sans ordinateurs. Et on comprenait très bien. Alors je veux bien — pourquoi pas ! — rajouter un peu de TPs pour peut-être rendre certains aspects plus pratiques. Mais globalement, ces choses que j'ai apprises en algorithmique, je les avais bien comprises et je les ai encore dans mon esprit à ce jour.

    Sinon dans ce sujet de "l'informatique à l'école", il y a 2 sujets en fait: l'informatique au service des cours (donc l'usage d'ordis pour les élèves et apprendre une matière par le biais de logiciels libres ou non) et au service de l'infrastructure (l'administration, mais aussi les échanges entre élèves, profs et élèves, parents et profs/école, etc.).

    Informatique pour les cours

    Sérieusement, les connaissances de compétences de base que l'école est censée transmettre n'ont pas changé depuis cinquante ans, c'est toujours lire, compter, calculer, réfléchir, puis pour aller plus loin, étudier des textes littéraires, résumer, raisonner, avec des bases en diverses sciences. Que des trucs qui se faisaient très bien sans informatique, et qui peuvent toujours très bien se faire sans informatique.

    Je soupçonne même que ces trucs se feraient sans doute mieux sans informatique.

    Pour le premier sujet déjà, j'abonde totalement avec Tangui. Je trouve la "foire à l'informatique" de nos jours totalement aberrante. On enseigne aux jeunes à ne plus savoir rien faire sans ordi (que ce soit les gros, ou les minis dans la poche, qui servent accessoirement à téléphoner!). Mais le fait est que la plupart des choses se fait très bien sans ordi. Et même justement apprendre à faire les choses à leur base nous fait comprendre.

    Pour les quelques trucs où l'informatique reste tout de même très utile, on a vraiment tout ce qu'il faut en libre.

    Même si parfois certains logiciels propriétaires ont certaines fonctionnalités avancées qui pourraient ne pas exister ailleurs (ce que je mets d'ailleurs aussi en doute; non pas parce que c'est faux, mais parce que c'est en général vrai dans les 2 sens: oui chaque logiciels, libre comme propriétaire, a en général des points forts que l'autre n'a pas — mais passons et supposons ce cas extrême où il y aurait vraiment un logiciel propriétaire mieux en tous points), ce sont justement des fonctionnalités "avancées", ce qui veut souvent dire qu'elles ne sont finalement pas si utiles lorsqu'on parle d'école (où ce n'est pas l'efficacité qui doit primer mais l'apprentissage), voire même qui ne devraient surtout pas être utilisés dans un tel contexte. En effet, un truc typique que j'ai remarqué, c'est que les gens n'aiment pas comprendre et veulent des solutions "magiques". Mais comme on n'est pas à Poudlard/Hogwarts, on n'est pas censé apprendre la magie mais bien apprendre à apprendre, comprendre, réfléchir, se débrouiller par soi-même.

    En fait, en tant que développeur, pour être clair, je trouve cela peu responsable de plonger les enfants dès leur plus jeune âge dans les ordis. C'est une des nombreuses raisons pour lesquelles j'ai très tôt arrêter de travailler dans le secteur des "startups", après quelques années à peine dans ce monde et après avoir compris à quel point ce monde était tordu. En conséquence, je suis pas riche comme ceux qui ont continué auraient pu l'être mais je vis bien avec moi-même (que les gens qui développent des systèmes qu'ils empêchent leur propres enfants d'utiliser; voir le paragraphe suivant). Et je ne suis pas de ceux qui prônent une informatique omni-présente. Au contraire, il y a plein de cas où on peut et devrait s'en passer.

    Pour info, la question de l'informatique pour la formation/éducation des enfants existe depuis des années, et notamment le fait que les gros "pontes" du monde numérique envoient leurs enfants dans des écoles sans informatique, en fait au moins 11 ans dans la presse puisque les plus vieux articles sur le sujet que je trouve datent de 2011, notamment un article de 2011 du New York Times. Bien sûr ça a commencé avant, quand on voit notamment que l'une des plus citées de ces écoles, dans la Silicon Valley — Waldorf School of the Peninsula — fut créée en 1984. Et oui, tous les gens aisés de la Silicon Valley, tous les présidents de GAFAM et autres grosses entreprises du coin notamment, envoient leurs enfants dans ce type d'école ou d'autres similaires (article récent sur les enfants de Steve Jobs et Bill Gates éduqués avec le moins de technologie possible). On en parle depuis une dizaine d'années (le sujet revient dans des journaux depuis très régulièrement; une simple recherche web trouve des articles très récents) mais c'est plus vieux que cela.
    Pour moi, il ne faut même pas y chercher une forme de "théorie du complot" d'ailleurs, comme on lit souvent dans les explications. Ce n'est pas parce que les logiciels de ces GAFAMs sont faits pour vous rendre dépendants (flux de news constants, techniques de "rétention", notamment en jouant sur les instincts et émotions les moins nobles des humains…), même s'il y a forcément un peu de cela, mais bien parce que l'ordinateur est probablement le dernier outil à utiliser pour apprendre les bases de quoi que ce soit (on parle de l'école là, la formation la plus initiale qui soit). Non on n'apprend pas à écrire avec un traitement de texte (LibreOffice pas plus que MS Word), à compter avec une calculatrice, à dessiner avec un stylet et des filtres automatiques (que ce soit GIMP, Photoshop ou autre), à penser et exprimer clairement sa pensée en lisant ou écrivant sur Twitter (ou Mastodon), à sculpter en manipulant des objets 3D (Blender ou 3DS Max), etc. Pour moi, ce serait comme dire qu'on apprendrait à cuisiner avec un robot de cuisine, ou à piloter avec un Boeing 737 MAX, ou bien à planter un clou avec un marteau-piqueur (notons qu'il y a diverses catégories d'absurdités: dans certains cas, ce peut être inadapté notamment parce que la qualité n'est pas au rendez-vous, dans d'autres parce que c'est sauter des étapes voire qu'on utilise trop gros et inadapté pour un besoin simple; mais le point commun dans tous les cas est qu'on ne commence pas par apprendre les bases).

    Les outils libres que l'on fait sont utiles, mais il ne faut jamais oublier que ce ne sont que des outils, pour des usages avancés et particuliers, avec un focus souvent sur l'efficacité plus que l'apprentissage, etc. Il suffit de voir d'ailleurs tous ces gens qui se disent perdus (genre comme si cela touchait à leur métier) si jamais leur logiciel de prédilection devait changer, être racheté par une entreprise, ou disparaître. À quel point peut-on devenir dépendant d'un seul outil? Alors que si on apprend les concepts et qu'on "comprend" les choses, quoi qu'il arrive, on ne se sent jamais perdu.

    Informatique dans l'infrastructure/administration

    Pour le second sujet, à savoir l'infrastructure scolaire, il faut aussi arrêter de rigoler. On a tout ce qu'il faut pour les besoins et l'efficacité des services éducatifs. Que ce soit les logiciels bureaux comme serveurs ("cloud"), on a largement de quoi faire. Oui, on perd toujours quelques fonctionnalités en changeant de logiciels, mais on en découvre et gagne d'autres (ce qui fait que globalement on peut s'y retrouver). C'est toujours comme cela, ça n'a aucun rapport avec le fait d'être libre ou non, et le fait de réduire ces changements à ce point précis, c'est juste ne pas comprendre comment fonctionne le développement informatique.

    Mais surtout, et c'est là où les administrations publiques pourraient avoir un énorme coup à jouer: on gagne la possibilité d'influer les changements, notamment en rémunérant du développement soi-même! Énormément de gens se trompent complètement quand ils parlent de l'avantage principal du libre, du moins dans le contexte de l'usage en entreprise ou administration publique: ils vont vous dire "au moins on peut vérifier le code et s'assurer qu'il est exempt de bug". C'est en partie absurde pour un certain nombre de raisons même si c'est aussi en partie vraie (mais je vais pas épiloguer sur ce point). Le vrai gros pouvoir est de pouvoir changer les choses soi-même. Alors à ça, on aime bien rétorquer que "tout le monde n'est pas développeur". C'est vrai, mais là on parle de grosses entités (entreprises ou administrations publiques) qui, elles, pourraient tout à fait embaucher. Mieux, elles peuvent aussi se rassembler pour partager et réduire les dépenses. Par exemple, pourquoi ne pourrait-on pas avoir un service de développeurs gérés au niveau national qui serait à même de contribuer aux logiciels libres utilisés pour les collectivités? Cela pourrait être géré par la DINUM par exemple? Les collectivités pourraient faire des demandes de correction de bugs, des demandes de fonctionnalités, etc. Elles pourraient aussi faire des demandes de groupes (la plupart des changements sont utiles pour une grande quantité d'administrations). Au lieu de cela, chacun fait des appels d'offres dans leur coin, pour des logiciels que presque personne sauf eux va utiliser et qui coûtera 100 fois plus que de payer des développeurs compétents en CDI et avec des salaires décents.

    J'ai récemment été en contact avec la mairie de Lyon (qui est pro-logiciel libre dans le mandat actuel) et notamment j'ai demandé s'ils avaient des développeurs. J'ai donc été étonné d'apprendre qu'ils n'ont aucun développeur en interne! Pourtant c'est vraiment ce qui fait la force du libre. Pourquoi on utilise essentiellement du libre? Parce que quand on a testé initialement (pour voir ce qu'il se faisait hors monde Adobe, qui était ce qui avec quoi on enseignait aux artistes en université, et l'artiste avec qui on avait des idées de projets en commun, Aryeom, avait un esprit ouvert aux alternatives et s'intéressait à des logiciels plus proches de ses valeurs), il y avait plein de problèmes et que ce n'était pas utilisable dans notre cas d'usage (dans d'autres, ça l'était déjà, notons bien, car l'idée est justement que ça dépend des usages et donc des objectifs de chacun). Comme j'en avais l'habitude, j'ai contribué quelques patchs par ci par là, puis au bout de quelques années, on a testé dans des projets semi-pro, c'était déjà un peu plus utilisable. Puis on a insisté, jusqu'à ce que maintenant on soit plutôt content du résultat (loin d'être parfait, encore, mais un bond depuis nos débuts). Et tout ça avec un seul développeur (un seul focalisé sur nos besoins précisément, j'entends; ce dernier étant moi-même, vous l'aurez compris) qui a souvent fait d'autres choses, a eu d'autres emplois, a fait des patchs majoritairement "à côté". Imaginez s'il y avait des équipes de développeur payés pour cela?

    Autre exemple: Aryeom donne des cours à l'université depuis quelques années maintenant (avec GIMP, bien sûr! Il est loin le temps où elle était étudiante et qu'on lui imposait les produits Adobe!). Cette année, certains étudiants ont rencontré un bug. Le soir même, je l'ai corrigé dans notre code en développement. Essayez d'avoir des corrections de bug dans la journée avec Microsoft ou Adobe, pour voir!

    C'est pour moi le plus gros pouvoir du logiciel libre. Les économies, la souveraineté numérique, la possibilité de faire des audits de code, tout cela est vrai aussi. Mais croire que ce sont les avantages majeurs, c'est aussi prendre le risque d'être déçu ("quoi y a pas cette fonctionnalité?! Le Libre, c'est nul!"; "attends j'ai demandé cette fonctionnalité y a 10 ans et les 3 contributeurs pas payés qui font ça sur leur temps libre l'ont même pas encore mis en priorité 1? Ça prouve la supériorité du propriétaire (dont on peut même pas contacter les gens qui décident, donc au moins ils m'ignorent pas! CQFD!)!"; "ah y a des bugs! Votre logiciel est pas parfait! Le Libre, c'est trop nul!"…). Alors que si on se rend compte que si on peut implémenter les fonctionnalités soi-même et corriger des bugs immédiatement, d'un seul coup, on maîtrise entièrement ses outils de travail. On a un vrai contrôle pour rendre l'outil adéquat à ses besoins.
    Parce que le plus gros pouvoir du Libre, c'est pas d'avoir le droit de se plaindre publiquement parce que les discussions sont effectivement publiques, c'est de pouvoir prendre en main ses besoins.

    Conclusion

    Enfin bon en conclusion: l'informatique à l'école pour les enfants? Franchement, pas besoin dans la majorité des cas; l'informatique dans l'infra, l'administration, la communication? Absolument! Mais il faut aussi prendre le sujet à bras le corps et c'est là où ces administrations y trouveront tellement leur compte que revenir en arrière leur semblera une aberration tellement les avantages seront énormes.

    Il faut des développeurs. Et il faut aussi que les fonctionnaires soient formés à la remontée de bug et comprennent le concept de développement communautaire. En fait ce n'est simplement pas une logique à laquelle les gens sont habitués (puisqu'on les a habitué à attendre passivement qu'on les "nourrisse" et à se plaindre quand ça va pas), mais une fois qu'on a compris et qu'on est au milieu de tout cela, le développement communautaire est juste tellement puissant. Et le pire, c'est qu'il est déjà super puissant alors qu'on a à peine effleuré ses possibilités. On le dit assez, tellement de logiciels massivement utilisés sont développés par une poignée de développeurs à peine (voire souvent 1 ou 2 personnes seules et qui font ça en hobby). Imaginez alors si les administrations et entreprises décidaient réellement de "collaborer", de se rassembler et travailler ensemble. Les possibilités seraient presque infinies. Pour le logiciel, on a déjà tout ce qu'il faut pour que ce soit possible, et ça marche déjà à échelle réduite. Imaginez si les administrations jouaient le jeu plutôt que de jouer celui des GAFAM? Le résultat serait sans équivoque.

    Film d'animation libre en CC by-sa/Art Libre, fait avec GIMP et autre logiciels libres: ZeMarmot [ http://film.zemarmot.net ]

  • # TLDR; "oui"

    Posté par  (site web personnel, Mastodon) . En réponse au lien Do Users Write More Insecure Code with AI Assistants?. Évalué à 6. Dernière modification le 17 novembre 2022 à 15:55.

    Je pense qu'il est acceptable de copier juste le chapeau qui est sur la page de téléchargement et en "résumé" au début du papier de recherche:

    We conduct the first large-scale user study examining how users interact with an AI Code assistant to solve a variety of security related tasks across different programming languages. Overall, we find that participants who had access to an AI assistant based on OpenAI's codex-davinci-002 model wrote significantly less secure code than those without access. Additionally, participants with access to an AI assistant were more likely to believe they wrote secure code than those without access to the AI assistant. Furthermore, we find that participants who trusted the AI less and engaged more with the language and format of their prompts (e.g. re-phrasing, adjusting temperature) provided code with fewer security vulnerabilities. Finally, in order to better inform the design of future AI-based Code assistants, we provide an in-depth analysis of participants' language and interaction behavior, as well as release our user interface as an instrument to conduct similar studies in the future.

    En gros, donc la réponse est: oui, ceux qui utilisaient des systèmes d'AI et surtout faisaient confiance en de tels systèmes et croyaient faire du code plus "sûr" faisaient en fait du code moins sûr en général.

    Ça me paraît assez évident et j'avais déjà donné mon avis (j'ai l'impression de coller le lien de ce fil de discussion un peu trop régulièrement ces derniers temps! Ahahah 😅) sur cette étrange tendance à tout miser sur "l'IA" dernièrement, et comme quoi on est carrêment en train de faire du nivellement par le bas et de la baisse de qualité avec des idées foireuses (ou plutôt mal-comprises, car le champs d'étude de l'IA en soit n'est pas une mauvaise chose du tout!). Y en a qui n'ont pas compris que l'automatisation et l'IA avait pour but d'aider les humains en automatisant, simplifiant les tâches bêtes, répétitives ou complexes car techniques (précision, calcul…), pas en réfléchissant à notre place. Surtout que c'est un mensonge, ces systèmes n'ont aucune réflexion, quiconque a un peu étudié des algorithmes d'IA le sait (ou devrait le savoir car s'ils ne l'ont pas compris, alors il y a un autre problème).

    Ensuite c'est plutôt pas mal d'avoir des chiffres et stats pour appuyer ces dires. :-)

    Film d'animation libre en CC by-sa/Art Libre, fait avec GIMP et autre logiciels libres: ZeMarmot [ http://film.zemarmot.net ]

  • [^] # Re: quelques questions sur GIMP

    Posté par  (site web personnel, Mastodon) . En réponse à la dépêche Conférence "GIMP et ZeMarmot" à Vandœuvre-lès-Nancy. Évalué à 8. Dernière modification le 01 novembre 2022 à 15:26.

    Ne pouvez-vous proposer des trucs pas optimisés, disons en «pré-version», pour mettre l'eau à la bouche ?

    Le problème est que ça ne marche pas comme ça. Les gens sont juste déçus et nous engueulent comme un support client d'un produit qui ne remplit pas ses promesses (pas tous, mais il suffit de quelques uns pour que ce soit pénible).

    Et puis soyons francs, même pour nous, c'est décevant. On aimerait vraiment pouvoir utiliser ces outils sur nos images de tous-les-jours. GIMP n'est pas un jouet et on l'utilise vraiment nous-même, on veut pas perdre notre temps de mainteneurs à juste proposer des démos faites par des étudiants qui cherchent du boulot (ça ne serait qu'une "preuve" pour ces gens qui disent que le libre n'est qu'une vitrine de ceux qui veulent se faire des CVs; c'est une triste vision du libre!).

    Ce serait aussi mettre la pression sur les contributeurs qui ne voudraient peut-être pas laisser ce bout de code pas fini trainer sur la place.

    On n'a pas pour habitude de mettre la pression aux contributeurs! ;-)

    (ajout: et puis si on se pose la question autrement, quand t'as eu une fonctionnalité qui marchait pas dans un logiciel libre, tu es souvent allé en parler au contributeur précis? Est-ce que tu connais même un contributeur d'une fonctionnalité d'un logiciel? Non, si tu te plains, tu le fais sur le tracker pour toute l'équipe, et surtout les contributeurs core, ceux qui sont là en permanence, ce qui ne sera pas le cas de celui qui droppe du code et disparaît jusqu'au prochain drop; alors au final, qui la reçoit la pression du bout de code pas fini, à ton avis? 😵‍💫)

    Ma méthode de maintenance est que les contributeurs ont le droit de travailler sur ce qu'ils veulent. Pour moi c'est le meilleur moyen de les faire rester à long terme, en faisant en sorte qu'ils se plaisent et s'amusent à améliorer GIMP. En un sens, si vraiment quelqu'un se fait chier en codant GIMP et le fait juste pour sa vitrine personnelle, j'ai pas plus envie que ça que cette personne reste. Ça m'amuse pas plus d'avoir des contributeurs pas heureux (qu'eux de ne pas l'être). Et puis tant pis si on attend quelques années de plus pour l'outil rêvé.

    Surtout que je pense qu'optimiser du code est aussi une activité tout à fait sympathique. J'ai déjà travaillé sur des outils que j'ai passé un temps fou à essayer d'optimiser (par exemple la colorisation intelligente qui était un algo du CNRS originellement mais que j'ai rendu plus utilisable et surtout beaucoup plus instantané).

    Franchement c'est aussi jouissif d'arriver à soudain avoir une utilisation quasi temps réelle d'un outil qu'on attendait constamment que ça l'était d'obtenir un outil qui marche (lentement) lors de l'implémentation initiale. De même que ces derniers temps, Aryeom et moi avons fait beaucoup d'itérations pour maintenant améliorer l'interface de cet outil de colorisation et son utilisation (notamment la compréhensibilité des options). Ça aussi (travail UX) est super intéressant. Ce sont toutes des étapes différentes mais chacune vraiment prenante à sa façon. Peut-être qu'un développeur qui va jamais jusqu'au bout et veut juste la partie facile s'est trompé de voie? Je sais pas… je m'interroge (perso je ne fais pas partie des gens qui pensent que le travail est juste un "gagne-pain" en attendant la retraite; on y passe une majeure partie de sa vie, il faut y être heureux aussi). 🤷 En tous cas, on devrait pas avoir à leur mettre la pression, ça c'est certain!

    un ami bosse sur du code C ultra-optimisé (pour des chaines de fabrication de téléphone). Il me dit que ce savoir faire est recherché.

    Un petit détail sur ce point précis. On ne cherche pas particulièrement l'ultra-optimisation de code. J'ai déjà lu des articles de gens qui parlent de certaines techniques, et ce que je vois dans les articles, c'est que ça peut rendre parfois le code tellement imbitable que ça en serait in-maintenable. Rien n'est pire que le code qu'on ne comprend pas sans y passer des jours (les bugs y restent des années et des années parce que personne veut toucher ce code).
    Ensuite qu'on me fasse pas dire ce que je n'ai pas dit: bien connaître les structures de données, etc. c'est important. Mais parfois la lisibilité du code est bien plus importante que des centaines de micro-optimisations basée sur une connaissance avancée du langage.
    Disons juste qu'il y a un intermédiaire entre du beau code très simple (l'implémentation "naïve" qui est souvent la plus belle et compréhensible mais aussi parfois trop lente) et du code imbitable qui va utiliser des techniques obscures et inconnues de compilateurs ou des structures de données sous-jacentes.
    Ensuite je sais pas si c'est ce que ton ami appelle le C ultra-optimisé (ça m'a juste fait penser à des articles que j'ai lu, dont un y a vraiment pas longtemps, mais j'arrive plus à me rappeler où)! 😜

    En contre-exemple, j'explique un peu dans ce document comment j'ai fait évolué l'algorithme de colorisation intelligente de l'équipe G'MIC/CNRS, voire ai changé des morceaux ou bien ai utilisé des astuces d'interface pour l'améliorer: https://developer.gimp.org/core/algorithm/line-art-bucket-fill/

    On notera que pour toute la partie "optimisation", en plus des optimisations habituelle sur le code C lui-même (sans pour autant aller jusqu'à des techniques ultra-avancées en optimisation C), déjà j'ai fait évoluer l'algorithme lui-même (on y gagne 100 fois plus que toute "ultra" optimisation C). Par exemple pour l'étape 3 de "flooding", j'ai simplement utilisé un algo perso basé sur la connaissance qu'on avait déjà des traits et de leur épaisseur locale (info qu'on a calculée pour l'étape 2).

    En plus de l'amélioration algorithmique, j'ai travaillé sur des logiques de travail en "interface graphique", notamment le fait qu'on sait que le graphiste n'est pas aussi instantané qu'une machine et donc il y a du temps entre 2 clics. Donc autant simplement pré-calculer le plus possible dans ce "temps mort" dans des threads (quitte à faire parfois du calcul qui sera perdu comme tout pré-calcul qui est un pari sur l'avenir).

    Puis il y a plusieurs optimisations au niveau de l'UI et même la possibilité d'exclure explicitement (par les options) les parties complexes (ce qui implique pour l'artiste de comprendre un peu la logique interne de l'outil, mais c'est ce que les utilisateurs avancés font de toutes façons).

    Serait-ce intéressant pour des étudiants du Summer Of Code d'apprendre à optimiser ?

    Sincèrement pour les étudiants, déjà trouver ceux qui sont des développeurs sérieux tout court me semble une denrée rare. On en a eu un(e) cette année, qui en plus est très intéressé(e) (et intéressant!) et qui continue à contribuer! C'est d'ailleurs la raison pour laquelle on a fait le GSoC cette année, après 9 ans sans le faire. Cette personne nous avait en effet proposé d'y participer (après quelques patchs où elle a montré faire du bon travail), on s'est donc inscrit et répandu la nouvelle pour avoir potentiellement d'autres étudiants.
    Dans les autres propositions qu'on a reçues, presque aucun ne semble même avoir lu notre news, n'a tenté de corriger quelques bugs au préalable, ni n'a montré avoir même déjà compilé le code (on peut voir venir gros comme une maison de passer les 2 premières semaines à essayer d'expliquer comment compiler GIMP!). Ou simplement personne (enfin presque, y en a un autre en fait — je suis mauvaise langue — mais c'est pas allé loin!) n'a essayé de nous contacter pour discuter avec nous sur IRC. Je parle même pas d'être un développeur de génie (cela ne m'intéresse pas plus que ça), mais juste quelqu'un de curieux et qui intéragit avec nous.

    Donc avant de leur parler d'apprendre à optimiser, ou même d'apprendre à coder bien, ou autre truc avancé, faut déjà leur apprendre à discuter, prendre contact (comme le font les humains) et à apprendre à apprendre. Une chose que j'ai apprise en tant que développeur, c'est que rien n'est réellement difficile, par contre tout est simplement du boulot: ça prend du temps, on se torture les méninges, on est frustrés constamment… jusqu'au moment où on y arrive. Un bon développeur n'est donc pas celui qui est expert dans une technique particulière ou sait faire du code ultra-optimisé ou ceci ou cela. Il fait juste ce qu'il faut faire en fonction de la situation et s'adapte, en utilisant son cerveau pour décider. Et aussi rester toujours humble sur ce qu'on sait ou pas (sincèrement, y a tellement de sujet possibles, on apprend constamment).

    Donc non, on cherche pas forcément des experts de l'ultra-optimisation et je pense pas forcément que ce soit l'une des compétences les plus importantes à apprendre pour ces étudiants. Ce n'est pas ce qu'on leur demande. 😆

    Film d'animation libre en CC by-sa/Art Libre, fait avec GIMP et autre logiciels libres: ZeMarmot [ http://film.zemarmot.net ]

  • [^] # Re: quelques questions sur GIMP

    Posté par  (site web personnel, Mastodon) . En réponse à la dépêche Conférence "GIMP et ZeMarmot" à Vandœuvre-lès-Nancy. Évalué à 7. Dernière modification le 31 octobre 2022 à 23:52.

    Je parlais de certains cas extrêmes, mais les problèmes de ralentissement dont je parle sont visibles même sur des images de tailles tout à fait raisonnables pour du traitement d'image grand public de nos jours.

    En fait, très souvent, tu remarques que les démos sont sur des images basse qualité (en fait, non tu le remarques pas, car c'est rapide et on fait rarement attention à ce type de détails, sauf à prendre vraiment le pire du pire). Pour le Paint Select Tool, la "ruse" de la démo est de ne faire travailler l'outil que sur le "viewport", donc si on zoome, c'est plus rapide. Mais ça n'est pas une "solution".
    D'ailleurs pour en revenir à Stable Diffusion, ils expliquent que le modèle a été entraîné sur des images en 512×512 (tu peux produire d'autres tailles, mais la qualité en pâtira) et c'est donc ce qu'il produit. On est quand même loin du "ultra ultra ultra HD", même du FullHD. On se croirait revenu 10 ans en arrière avec ce type de dimensions. Quand je disais que l'effet "démo" suffit pour que les gens disent "waaa" mais que ce vers quoi on va, c'est de la diminution de qualité. :-) Sérieux, c'est marrant, dans les forums, les gens en sont à se conseiller de générer en 512×512, puis d'utiliser des upscalers AI pour agrandir sans rendre tout flou, et enfin d'utiliser encore d'autres systèmes d'AI pour ajouter des détails sur les versions agrandies. Je me demande où on va là! 😂

    Donc même si j'ai pris des exemples pour encore plus mettre en exergue le problème, il ne se produit pas que sur ces exemples extrêmes mais bien aussi sur des images de taille tout à fait raisonnable. Surtout que le nombre de pixel augmente au carré avec les dimensions (la même image 2 fois plus grande est en fait 4 fois plus grande en terme de pixels). Donc ça va vite en terme d'augmentation de complexité.

    Quant à la réflexion sur le besoin de l'instantané, tu as raison pour une action "certaine". Genre tu lances un filtre, tu sais exactement ce que tu veux, tu mets des valeurs, tu attends 5 minutes, et c'est bon. 5 minutes, c'est pas la mort. Sauf que tu sais rarement les valeurs que tu veux. Beaucoup d'algorithmes en traitement d'image sont utilisés par tâtonnements. Tu essaie une valeur, tu regardes le résultat, tu changes légèrement la valeur sur un curseur, un peu plus, tu reviens en arrière… Alors oui, tu peux faire tout ça en attendant 5 minutes à chaque changement, c'est bien ce qu'on faisait y a 30 ans (probablement qu'on attendait même bien plus que 5 minutes!), c'est vrai. Sauf que c'est quand même triste si on a des machines 100 fois plus puissantes et qu'on sait optimiser, utiliser du cache, utiliser des cartes 3D ou du multi-threading, qu'on a fait évoluer l'informatique comme pas possible (aussi bien hardware qu'en connaissances algorithmiques) mais qu'on serait pas capables de faire mieux qu'y a 30 ans! 😓

    Certains se plaignent souvent que le développement est devenu de pire en pire avec des codes de moins en moins optimisés, et même s'ils disent aussi des trucs ridicules car ils ne prennent pas du tout en compte des changements de contexte énorme (notamment, on travaille de nos jours sur des images bien plus grande, avec des canaux plus grands, et on fera beaucoup plus de calcul à chaque instant: dans l'imagerie, chaque transformation est accompagnée de calculs de colorimétrie pour des conversions interne, de l'affichage, parfois de la simulation…), il y a tout de même une part de vérité que certains se disent juste "c'est bon, les machines sont puissantes maintenant".

    Si tu lis un peu les avis des gens sur GIMP, l'un des trucs qui ressort très souvent, c'est que GIMP est très rapide. Ça marche même sur de vieilles machines, ça fait des calculs finalement impressionnants (quand on sait ce qu'il se passe derrière) très vite, etc. On a toujours fait attention à ne pas tomber dans ce travers (qui est d'autant plus présent en infographie où beaucoup de professionnels ont — il est vrai — du matos cher et performant; mais pour combien de petits "jeunes" qui apprennent ou de débutants qui veulent rentrer dans le métier sans pouvoir y mettre des fortunes?).

    Au final, on est capable de faire mieux. Pourquoi se contenter de faire vite et mal? 😁

    Film d'animation libre en CC by-sa/Art Libre, fait avec GIMP et autre logiciels libres: ZeMarmot [ http://film.zemarmot.net ]

  • [^] # Re: quelques questions sur GIMP

    Posté par  (site web personnel, Mastodon) . En réponse à la dépêche Conférence "GIMP et ZeMarmot" à Vandœuvre-lès-Nancy. Évalué à 6.

    bravo pour votre travail et persévérance.

    Merci.

    Aparté: sur LinuxFr, j'ai tendance à tutoyer, et surtout on s'est déjà parlé quelques fois en IM et aussi rencontré à des évènements physiques. Enfin bon, ça me dérange pas de vouvoyer, mais je pense qu'on peut se tutoyer. ;-)
    À moins que le "vous" s'adressait à l'équipe GIMP et/ou ZeMarmot!

    Je connais l'outil d'extraction de premier plan de GIMP qui fonctionne bien, mais on est à un niveau encore au dessus ici, pour une tâche très courante.

    Perso je ne trouve pas qu'il marche vraiment bien (notre outil d'extraction de premier plan). 😅
    En discutant avec des contributeurs qui connaissent mieux ce type d'algorithme, ce que je comprends, c'est que cet algorithme qu'on utilise n'est pas vraiment adapté à de l'extraction d'objet. C'est plus pour de la sélection de régions d'incertitude où chaque pixel peut partiellement appartenir en partie à l'objet à extraire et en partie soit au fond soit à d'autres objets. Typiquement sélectionner tout ce qu'en 3D, ils aiment appeler "particules", ou les cheveux, poils… Cet outil serait donc plus adapté pour de la finition d'extraction d'objet.
    Et en plus, y a de gros problèmes de mémoire qui peuvent parfois planter GIMP avec cet outil actuellement.

    On a un nouvel outil expérimental qui s'appelle le "paint select tool" et qui est vraiment assez impressionnant: https://www.gimp.org/news/2021/05/08/gimp-2-99-6-released/#paint-select-tool
    C'est je pense ce que tu cherches, non?

    Malheureusement il a encore des problèmes de performance et de stabilité et le contributeur fait des aller-retours. Donc je ne suis pas certain que l'outil sera réellement fini pour GIMP 3.0. C'est le problème du logiciel libre sur des outils de haut niveau technique. Il n'y a finalement pas tant de développeurs que cela capables de développer ces outils ou du moins de passer le stade de "preuve de concept" (qui est le stade où on a un outil qui marche mais qui souvent a plein de bugs et/ou des problèmes de performances qu'on remarque par exemple dès qu'on utilise des images de grande taille). Or en imagerie, on arrive très vite à des cas où certains vont traiter de très grosses données (en traitement photographique déjà, les dimensions "écrans" telles que FullHD ou 4K, sont dépassées depuis longtemps; on connaît aussi des gens qui travaillent sur des scans de dizaines de milliers de pixel de côté; même en illustration, si on travaille sur de grands formats ou dans certains cas, on a besoin de grosses densités de pixel; et je parle même pas des images scientifiques, médicales, microscopes, télescopes, etc.!) et c'est là qu'on voit très vite les limites des développement "démos" qui sont souvent faites sur de petites images. Dans un outil comme GIMP, on a besoin d'outils de travail réel (typiquement, si j'en crois git, l'outil de sélection de premier plan date de 2005, par un ancien mainteneur. Sauf que de nos jours, si quelqu'un contribuait cet outil dans son état actuel, je ne l'accepterais pas encore en version stable).

    On a déjà eu le cas avec des outils tels que le "seamless clone" notamment qui est aussi très impressionnant sauf que dès qu'on l'essaye sur des images de tailles plus réalistes (pour du travail pro), on déchante. Et donc cet outil aussi est dans notre bac à sable depuis que le contributeur l'a laissé ainsi en disant qu'il reviendrait bientôt pour optimiser (je me rappelle l'avoir rencontré à LGM, en 2014 je crois, et il disait qu'il pourrait accélérer l'outil par ×10! Malheureusement on n'a pas eu trop de nouvelles ensuite). Il me semble que les équipes GIMP qui me précèdent ont eu plusieurs fois ce type de mésaventures avec le GSoC et c'est en partie pour ce genre de raison qu'ils ont arrêté d'y participer (avoir des étudiants qui font des démos puis disparaissent, démos impressionnantes mais en fait inutilisable sur du travail réel du quotidien, c'est pas très utile). Souvent ce n'est même pas forcément que ces développeurs ne peuvent améliorer, mais soit à un moment donné, ça les ennuie (c'est un énorme travail d'optimiser et souvent les gens ne voient que le travail démo; je sais bien, en tant que mainteneur, je passe énormément de temps sur du nettoyage, corrections et optimisations de patchs; et je pense que dans pas mal de cas, j'y passe plus de temps que le contributeur du patch originel). En outre je pense que pas mal des bons développeurs se font ensuite embaucher grâce à leur développement libre donc même s'ils pourraient vraiment revenir optimiser, ben ils ont autre chose en tête ensuite. C'est bien sûr pas une critique, il faut bien vivre!

    Enfin bon, on verra pour le Paint Select tool. Je sais que le contributeur est vraiment bon et il est d'ailleurs revenu pour envoyer quelques patchs en début d'année. J'espère donc qu'il reviendra bientôt avec pour objectif de finir cet outil! 🙂

    Est-ce que ce genre d'outil est envisageable dans GIMP à plus ou moins long terme ?

    Donc la réponse est: oui. Y a même du développement en cours, comme t'as vu. Mais faut le finir et je peux pas te promettre quand!

    2) est-ce que vous avez vous-même joué un peu avec ça ? Est-ce que ça peut entrer dans votre processus de création ?

    Personnellement mon avis sur ces outils "IA", je l'ai donné là: https://linuxfr.org/users/hellpe/liens/matthew-butterick-veut-poursuivre-github-copilot-en-justice#comment-1904701

    3) est-ce que des choses sont envisagées dans le cœur de GIMP pour intégrer ces nouveau outils de machine learning ?

    Comme tu l'imagines avec ma réponse en 2), c'est pas moi qui pousserais mais je ne bloquerais pas un contributeur qui voudrait et contribuerait un bon patch.
    Sincèrement ça m'a l'air très simple à intégrer (mais moins pour faire ça bien, déjà en terme d'intégration technique de la dépendance et réfléchir comment faire cela proprement sans multiplier la taille des téléchargements par 20; ensuite pour faire une interface de qualité).

    Par contre, tu le notes toi-même, les divers plug-ins que certains ont déjà faits pour GIMP requièrent des comptes à des services tiers (je sais pas si on a regardé le même plug-in, mais j'en ai vu un, il fallait genre 3 ou 4 comptes sur des services différents!). Et ça oui, clairement je bloquerais. GIMP n'est pas une passerelle vers des services propriétaires (SaS), même gratuits. Jamais je n'accepterais un outil core qui impose d'avoir un compte sur un de ces services tiers pour fonctionner.

    Donc OK, si quelqu'un propose un patch où on embarque le tout (si ça fait une taille raisonnable ou bien avec une logique d'intégration, genre téléchargement au premier usage en expliquant que ça va télécharger quelques GiB de données, que ça prendra beaucoup de mémoire à l'usage et donc si on n'a pas une machine de guerre, ce sera dur, etc.), et que c'est que du libre, pourquoi pas. Mais pas les trucs que j'ai vu qui passent par des services tiers, ou un hardware particulier pour fonctionner. (notamment y a plein de tutoriels qui expliquent comment utiliser Stable Diffusion par un service Google qui permet apparemment de faire les calculs sur des serveurs Google; je suppose que c'est ça que tu as vu)

    Par contre, les gens sont libres de développer des plug-ins et d'installer ce qu'ils veulent sur leur GIMP. On vérifie pas derrière les gens et on juge pas. 😉

    Et puis réellement, alors que j'écris tout cela, en réfléchissant davantage, étant donné mes réticences quant à héberger de telles données, et même mes doutes sur la légalité (ce qui pourrait être confirmé par des procès; voir notamment ce qu'il se passe avec Github Copilot qui est dans une situation très similaire et se fait maintenant poursuivre en justice), je ne suis même pas sûr s'il serait vraiment une bonne idée d'accepter même un bon patch. Peut-être serait-il mieux de laisser cela aux plug-ins tiers (ce qui permettra aux gens d'utiliser la solution qu'ils préfèrent, tel que de passer par des services tiers s'ils veulent vraiment ça, et ainsi de générer des images commandées à partir de petites configurations hardware; l'expérience d'usage pourrait même être mieux pour le grand public, mais bien sûr au prix de donner ses données à encore d'autres plateformes SaS — au moins c'est eux qui choisissent!).

    c'est fascinant (et un peu flippant) de voir que des choses qui étaient réservées à la recherche il y a peu sont désormais accessibles.

    C'est effectivement fascinant et flippant (les 2). Je suis curieux de voir comment ça évoluera mais je ne suis pas particulièrement optimiste (comme le lien vers mon commentaire, que je donne plus haut le montre). Que ce soit d'un point de vue social (vision de l'art et vision des travailleurs de l'art) comme qualitatif (pour moi, c'est du nivellement par le bas, ça a beau avoir l'air impressionnant en essayant un peu — encore l'effet démo —, ce n'est absolument pas comparable à du vrai travail graphique et est vraiment du bas de gamme d'après moi; et le problème se posera vraiment quand les gens s'habitueront à cela et décideront que c'est la "norme"). Je ne suis absolument pas contre la machine qui remplace l'humain pour des tâches absurdes et répétitives. Dans un monde idéal, l'humain ne devrait pas avoir à travailler plus de 2 ou 3 jours par semaine. C'est d'ailleurs mon boulot de développeur d'aider l'humain à automatiser ces parties de leur travail.
    Par exemple, on va les aider à sélectionner un objet sur une photo facilement (ton exemple plus haut), un truc qu'un humain peut faire laborieusement mais qui en soit n'a pas de grande qualité artistique (mais technique oui). On peut aussi aider à détecter les traits pour faciliter la colorisation d'œuvres. On peut imaginer plein d'aides: des détections de lignes droites, des remises en perspective, annuler des déformations de lentilles, etc. Tout ça c'est des sujets techniques. Mais dessiner à la place de l'humain?

    Ces algorithmes d'IA essaient de remplacer la partie créative de l'humain, ce qui pour moi n'a aucun sens. Ça ne sera jamais possible et ça ne devrait pas l'être. Et non on n'a pas déjà réussi. Il suffit de voir toutes les erreurs des images générées: des mains à 6 doigts, des bras tordus, des visages déformés… toutes ces absurdités qui montrent bien qu'il n'y a vraiment aucune "pensée" ou "créativité" derrière ces images. C'est juste une forme évoluée de reproduction automatique sans la moindre "intelligence", basée sur des algorithmes d'apprentissage, et qui arrivent presque à faire croire à de la pensée. Mais l'IA ne pourra jamais t'expliquer les "choix" derrière chaque détail de l'image, si elle voulait faire passer certaines idées, certaines émotions, ou bien une composition ultra-réfléchie pour mettre en exergue un point particulier de l'image dans le contexte d'une plus grande œuvre, d'une histoire, d'autres images, une arrière-pensée philosophique… Enfin toutes ces choses que les artistes humains font constamment et cela depuis des siècles, voire millénaires!

    Ensuite on verra, je peux me tromper. 😛

    Film d'animation libre en CC by-sa/Art Libre, fait avec GIMP et autre logiciels libres: ZeMarmot [ http://film.zemarmot.net ]

  • [^] # Re: ZeMarmot, où en est ce très beau projet ?

    Posté par  (site web personnel, Mastodon) . En réponse à la dépêche Conférence "GIMP et ZeMarmot" à Vandœuvre-lès-Nancy. Évalué à 5. Dernière modification le 29 octobre 2022 à 21:32.

    Du coup, je me sens un peu nul de t’avoir poser ces questions-là :(

    Eh faut pas se sentir nul non plus! 🤗 Je comprends aussi tout à fait la question. J'en ai juste profité pour faire un petit résumé des difficultés qu'on a.

    Je pense que parler des erreurs d'un tel projet est parfois/souvent aussi important que de parler de ses succès. Surtout si on veut pousser d'autres à essayer quelque chose de similaire, faut qu'ils sachent pour se préparer mieux.

    En tous cas, depuis que je fais un projet financé de la sorte et que je suis développeur sur un gros projet libre, j'ai une toute autre perspective sur la question "ça sort quand?". D'ailleurs j'ai moi-même investi une somme importante (pour un particulier, j'entends) sur un autre projet financé participativement (la caméra de cinéma apertus° AXIOM) encore plus vieux que le notre (ce projet a eu beaucoup plus de sous, et même des sous européens, mais c'est aussi un plus gros projet, c'est du hardware!) et j'attends encore. J'ai surtout appris que pour que les choses puissent évoluer dans le bon sens, il ne sert à rien de mettre de la pression aux acteurs qui essaient (et qui feront aussi plein d'erreurs sur le chemin comme nous tous). Pas que j'entende par là que ce soit fait exprès, on ne s'en rend pas compte, mais c'est une question stressante (notamment parce que nous-même, on espérait finir bien plus tôt!); or c'est aussi la première que beaucoup de gens nous posent quand on leur parle pour la première fois.
    Je pense que c'est une question qui a dû faire pleurer énormément de gens dans le monde.

    Ensuite c'est vrai que ces derniers temps, je suis très fatigué donc ça amplifie la sensibilité à ce genre de questions. 😩
    Mais c'est pas de ta faute!

    Note bien que j’ai pas demandé « quand ça sort ? » :)

    Ahahah. En effet. 😉

    Tout ça pour dire que je te comprends parfaitement. Je voulais juste savoir si ça avançait et comment, où le savoir… :)

    Bon j'espère que tu as la réponse. On essaie constamment de mieux communiquer, et ça marche un peu mais aussi par période. Des fois, on essaie un nouveau truc qui marche pas mal, puis on lâche un jour lorsque c'est trop pesant; comme lorsqu'on a essayé de faire des vidéos régulières, ou lorsqu'on faisait du screencasting live de travail (ce qui était en plus plutôt lourd sur la machine d'Aryeom)…

    Portez-vous bien et prenez bien soin de vous. Vous êtes nos héros. Et nous devons vous soutenir, vous aider et vous chouchouter.

    Ahahah. Je sais pas si on est des héros, mais merci quand même! 🤗

    Film d'animation libre en CC by-sa/Art Libre, fait avec GIMP et autre logiciels libres: ZeMarmot [ http://film.zemarmot.net ]

  • [^] # Re: La rigueur est de mise...

    Posté par  (site web personnel, Mastodon) . En réponse au journal Comprendre les licences, mon impossible quête. Évalué à 10.

    Pour en finir, si tu ne vois pas en quoi ce que dit Lessig invalide ta position de principe sur un abus de langage courant, je ne peux te conseiller que de prendre du repos.

    Lawrence Lessig est juriste et professeur de loi (il est donc parfaitement au fait de ce qu'est le "copyright" et je doute que tu le verras souvent faire de "l'abus de langage" sur ce sujet; en tous cas, ce n'était pas le cas dans ta citation) et comme tu peux l'imaginer, on connaît bien son travail. Je suis à peu près sûr qu'on a des visions similaires et proches des problèmes du droit d'auteur actuel. :-)

    Résultat, à vous deux, vous avez rendu une très bonne question qui a invité des réponses intéressants, chacun disant ce qu'il comprenait du sujet en un truc un peu repoussant. Et ce genre de comportements asociaux, je commence personnellement à en avoir assez. Essayer d'être simple et clair sans tourner en boucle n'est pas qu'une faveur faite au lecteur mais la condition d'un échange futur possible.

    Sincèrement je voulais juste aider en répondant sur un sujet que je connais très bien (sur lequel je travaille, recherche et réfléchis depuis plus de 10 ans maintenant), comme souvent sur les discussions autour du droit d'auteur sur le site.

    Si on me considère toxique à cause de mes longs messages (oui, j'ai du mal à écrire court, c'est un de mes problèmes connus, et même devenu depuis une blague récurrente ici; j'y travaille…), là c'est autre chose. Discuter parce qu'on est en désaccord sur un sujet, c'est une chose (que je considère saine et utile), mais pour sûr si on considère que ça me rend toxique pour les lecteurs de LinuxFr, c'est autre chose que je ne veux absolument pas. Alors je vais prendre un peu de recul et éviter dorénavant de participer aux discussions ici. Après tout, LinuxFr était le dernier forum où je commentais encore régulièrement. Au moins, ça me libèrera du temps. 😕

    Enfin bon, désolé à toutes et tous. J'éviterai de répondre sur ce genre de sujet dorénavant. Je ne pensais pas qu'on voyait mes interventions ainsi.

    Film d'animation libre en CC by-sa/Art Libre, fait avec GIMP et autre logiciels libres: ZeMarmot [ http://film.zemarmot.net ]

  • [^] # Re: ZeMarmot, où en est ce très beau projet ?

    Posté par  (site web personnel, Mastodon) . En réponse à la dépêche Conférence "GIMP et ZeMarmot" à Vandœuvre-lès-Nancy. Évalué à 10.

    Salut!

    Bravo et merci à toute l’équipe. ZeMarmot est un magnifique projet, exemplaire !

    Merci encore! ;-)

    Où en est le projet ? Y a-t-il un jauge de progression quelque part ?

    Non. On aimerait mieux communiquer. On est juste nul pour ça. Aryeom a quasi fini toute la partie animation, y compris le montage, mais elle ajoute encore quelques inbetweens sur diverses séquences. Il restera la colorisation, les fonds, les effets…

    Sinon le compositeur (de l'AMMD: des gens qui font de la musique libre, avec du logiciel libre, beaucoup d'expérimentations artistiques mais aussi sociales; comme nous!) a commencé à travailler sur la musique. Il espère finir d'ici la fin d'année pour un enregistrement studio avec les musiciens vers fin janvier.

    D'ailleurs pouvoir financer d'autres artistes est un truc qui m'excite. On a toujours voulu que ce projet (de même que l'asso LILA) soit bien plus que 2 personnes. À terme, on aimerait tellement un jour être une grosse association qui puisse produire professionnellement de gros projets artistiques libres, en payant artistes et développement des outils libres. Ça reste un rêve pour l'instant (mais LILA paie quelques musiciens libristes, et déjà ça, ça nous rend heureux de pouvoir le faire).

    Sur Tweeter et Instagram, après quelques secondes la page se fige et je suis « invité » à me faire membre d’un club privé nord-américain :(

    Depuis un an, on a aussi un compte Mastodon qui va repartager un peu la même chose que Twitter.

    On a maintenant aussi un compte PeerTube (en plus du compte Youtube qu'on avait déjà) qu'on aimerait bientôt commencer à utiliser pour diffuser à nouveau des vidéos (mais c'est beaucoup de travail à faire, lequel s'additionne au travail plus concret de production). On a d'ailleurs aussi un compte Peertube pour GIMP maintenant (on l'annoncera plus tard, de même que le compte Peertube de ZeMarmot) qu'on aimerait aussi se mettre à utiliser pour diffuser des news plus visuelles.

    En fait, c'est étrange, car je ne comprends pas l'intérêt des réseaux sociaux moi-même et n'ai donc aucun compte perso sur ces plateformes (même Mastodon, libre ou non, ça ne m'intéresse que peu). Mais de nos jours, je co-gère (très mal!) des comptes Twitter, Mastodon, etc. (pour GIMP, LILA, ZeMarmot…). Ça aussi ça me fatigue. Chaque news doit être répliquée, chacune avec des formats légèrement différents en fonction de la plateforme.

    Sinon dans les autres endroits pour se tenir au courant, nos pages de plateformes de financement participatif (Patreon et Tipeee seulement, puisque Liberapay n'a pas de système de news… heureusement, un de moins!) ont aussi des news, mais beaucoup d'entre elles vont surtout rediriger vers les news sur gimp.org par exemple parce qu'on n'en pouvait plus de répéter les mêmes choses, juste sous un autre angle (dans les faits, depuis quelques années, c'est nous qui écrivons genre 90% du texte sur le site de GIMP de toutes façons; donc quand on re-présentait les news GIMP sous l'angle du projet ZeMarmot, c'était un peu comme ré-écrire la même news 2 fois, mais différemment).

    Sur le blog de production il y a une très belle image avec écrit “HAPPY NEW YEAR ! 2021”… et le dernier article date de 2019…

    Oui j'ai plein de problèmes avec ce blog, il est vieux et lent et tourne sur un serveur vieux et lent aussi et on se sent de moins en moins d'y écrire des blog posts. J'aimerais le transformer en blog statique (probablement Hugo), mais rien que l'idée de travailler à migrer les données me fatigue (je suis pas dev web, ce sont des sujets qui m'ennuient!). D'ailleurs même le domaine, on pense à le laisser tomber bientôt (dans les faits, il n'y a pas d'entité officielle nommée "Studio Girin"; au final, on est surtout l'association LILA, qui elle-même a ses news qu'on est en peine de mettre à jour: https://libreart.info/ (avant cette conf, notre plus récente news avait plus d'un an)). D'ailleurs même ce site LILA, on aimerait le changer (il est déjà statique mais généré avec des scripts persos que j'aimerais porter en Hugo pour ne plus avoir à m'occuper du développement de plateforme web) et l'améliorer.

    En fait on aimerait aussi migrer pas mal de trucs d'infrastructure (on a un bénévole qui veut m'aider, mais je suis pas sûr quand ça arrivera). Les emails par exemple, je gère mon propre serveur email (devenu depuis le serveur de l'association) depuis presque 2 décennies. Ben j'en ai marre. Je veux plus faire d'administration. Mais je veux pas non plus bouger nos emails sur un des gros fournisseurs. 🤷

    Le problème est que je fais une majorité moi-même depuis des années (développement, maintenance et revues de code GIMP, web et server admin, écriture de news sur tous les sites, réseaux sociaux…), et c'est un peu dur… 😓

    Et je parle même pas des problèmes de backup (on est de très mauvais élèves!). J'ai un projet de développement d'application pour améliorer ce point là pour notre usage principal de production d'œuvres, mais pour l'instant c'est en pause. Je prévois de travailler dessus après la sortie de GIMP 3.0.

    La couverture de presse est super sympa’ aussi :)

    Malheureusement, elle est aussi plutôt incomplète. Je mets très peu à jour le site de ZeMarmot aussi (que j'aimerais aussi réécrire — comme tout le reste! — parce que c'est un vieux truc totalement hardcoded; plus horrible à maintenir, y a pas! J'aimerais d'ailleurs aussi archiver la racine du domaine).
    Même la liste des sponsors est très incomplète et ça fait des années que je dis à certains sponsors que je dois la mettre à jour et rajouter leur nom (faudra bien que je le fasse au moins avant la fin du projet). D'ailleurs si certains de ceux là lisent, mes excuses à tous! En fait j'aimerais surtout faire un script qui récupère automatiquement les données Patreon, Tipeee et Indiegogo, fasse les calculs et génère le html des sponsors (de même pour le générique de fin qui listera les sponsors; générer du SVG pour ce cas là serait cool). Mais bon, regarder les APIs de toutes ces plateformes proprios n'est pas l'activité qui m'attire le plus quand je m'ennuie et sais pas quoi faire (dans ces moments là, c'est plutôt aller améliorer le code de GIMP qui m'excite!).

    En fait chacun de ces petits trucs sont pas énormes. Mais c'est juste des trucs qui s'additionnent, qui m'ennuient au plus haut point, et rien que de penser à "ah oui y a ça aussi à faire", ben ça me désespère. Et puis, c'est plein de petits trucs qui s'additionnent et correspondent en fait à au moins 5 ou plus métiers à temps plein différents en vrai!
    Le tout en n'arrivant toujours pas à avoir du financement raisonnable qui au moins me ferait dire "bon c'est mon boulot, je suis payé pour ça". Je pense que ce sont des symptômes précoce de burn-out en fait. 😰

    Et malheureusement Aryeom a des problèmes similaires proches du burn-out. Elle fait d'ailleurs aussi trop de boulots différents au sein même de ZeMarmot (je dirais facilement plus d'une dizaine même!). En fait ça crée même des problèmes inédits: puisque certaines tâches devraient normalement être faites en parallèle par des personnes différentes, normalement les problèmes sont rapidement découverts; or il lui arrive de faire des tâches entièrement pour finalement se rendre compte qu'elle doit en refaire une grosse partie en changeant de "chapeau", puisque c'est à ce moment là qu'elle découvre certains problèmes qui auraient pu être vus bien plus tôt ⇒ en conséquence, perte de temps et gros poids pour le moral et la motivation. Et il n'est pas toujours simple de switcher d'un rôle à l'autre car beaucoup de rôles demandent des perspectives complètement différentes de l'œuvre. Par exemple, le réalisateur ne voit notamment pas du tout le travail de la même façon que l'animateur, ni que le monteur, ou que l'intervalliste…

    On essaie de se ménager mais c'est pas facile (et c'est quand on le fait qu'on reçoit des remarques sur "quand ça sort ZeMarmot/GIMP 3.0? Pourquoi c'est si long? C'est les nouveaux 'Duke Nukem Forever'!" malheureusement 😩).

    Enfin bon, en conclusion, on y travaille. Et oui, on sait qu'on est vraiment nul pour toute la partie communication. On est malheureusement profondément conscient de ce fait. En fait, on a fait de nombreuses erreurs dans notre évolution de projet et c'est l'une de celles-là. Bien que pour cette erreur spécifique, même si c'était à refaire, je suis pas sûr comment on pourrait faire mieux sans simplement avoir plus (beaucoup plus, parce que je parle de pouvoir payer des gens pour communiquer) d'argent. :-/

    Mais bon, on essaie d'améliorer notre communication! 😬😋

    Et le projet avance tout de même à son rythme. C'est dur de donner une deadline mais ça avance. Je voulais contextualiser un peu la réponse car c'est vraiment la question la plus complexe (et pourtant la plus demandée probablement). Ça ne le serait pas si on était un gros studio qui pourrait se permettre de planifier avec des dates précises (en fait, qui n'a pas le choix et doit absolument le faire même, dans ce cas). Et pis on tient le coup globalement. 😆

    P.S.: oui tu as touché un sujet difficile! Le "quand est-ce que ça sort?" est une question difficile pour nous, et parfois un peu stressante, aussi bien pour "ZeMarmot" que GIMP d'ailleurs. 🥺

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  • [^] # Re: La rigueur est de mise...

    Posté par  (site web personnel, Mastodon) . En réponse au journal Comprendre les licences, mon impossible quête. Évalué à 10.

    donc pas de quoi donner dans la condescendance.

    Je ne crois pas avoir été condescendant. L'auteur du journal a du mal à comprendre le droit d'auteur et demande explicitement comment cela fonctionne, alors comme c'est l'un des travaux principaux de notre association (les licences libres, donc le droit d'auteur), ben j'explique. Si maintenant répondre à une question explicite sur un sujet qu'on connaît bien est appelé de la condescendance, alors je sais pas trop où on va! 🙄

    Pour le passage précis que tu cites, je me suis demandé si tu t'étais senti visé, alors j'ai regardé les autres messages et viens de trouver le tien. Pour info, je ne te visais absolument pas (ni ton commentaire).

    Pour ce qui est de la citation de Lawrence Lessig, je vois pas trop en quoi ça contredit quoi que ce soit parmi mes dires à propos. Il parle des "lois du copyright", ce qui est exactement ce que je fais et oui tout comme nous, il cherche à faire changer les choses. Toute personne qui suit un peu nos projets (production de "ZeMarmot", maintenance de GIMP, d'autres vidéos libres produites pour Framasoft, ou simplement mes messages et articles sur LinuxFr, etc.) sait pertinemment ce que je pense des ces ensembles de lois (aussi bien les droits d'auteur des divers droits européens que le copyright de common law d'ailleurs). Il n'empêche que ce sont nos lois actuelles et donc que la seule chose qu'on peut faire à l'heure actuelle est de travailler dans ce contexte avec nos moyens (licences libres, etc.).

    Enfin malgré le fait que la partie que tu sembles considérer la plus "condescendante" est l'usage du terme "élucubration" (d'après la mise en emphase), je maintiens ce terme. Ce n'est pas condescendant, c'est vrai. Dire qu'on est "pour" le copyright/droit d'auteur parce ce qu'on utilise des licences libres, lesquelles se basent effectivement sur ces lois est une logique juste ridicule. Déjà parce que suivre des lois ne signifie pas ni n'a jamais signifié être pour les dites lois. Ça n'implique absolument pas non plus donner son assentiment à cette loi. La seule chose que ça signifie est juste qu'on veut pas aller en prison, ou se prendre des amendes/procès! Et on le prouve assez par le fait d'utiliser des licences libres constamment dans le cadre de ces lois sans pour autant les apprécier!
    Donc oui, faire ce type de raccourci est une élucubration! Je signe et resigne.

    Au passage, je rappelle d'ailleurs que je n'ai jamais dit que c'était ce que ton message disait. Faut pas être parano!
    En tous cas, il n'y a vraiment pas besoin de prendre la mouche! 😜

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  • [^] # Re: Cela tient-il la route d'après toi ?

    Posté par  (site web personnel, Mastodon) . En réponse au journal Comprendre les licences, mon impossible quête. Évalué à 8. Dernière modification le 27 octobre 2022 à 17:05.

    En France la mention explicite est à peu près inutile, mais elle peut être utile (voire obligatoire) dans d'autre pays, où les règles d'attribution de copyright et/ou de charge de la preuve peuvent être très différentes.

    Certes. Ensuite ces pays me semblent très théoriques de nos jours. Petite recherche web, je trouve ça dans la FAQ de la "World Intellectual Property Organization" (gras ajouté par mes soins):

    What is the © symbol? Do I need to include it on my work?

    In the past, some countries had legislation in place that required the copyright holder to comply with certain formalities in order to receive copyright protection. One of those formalities was to include an indication that copyright had been claimed, such as by using the symbol ©. Currently, very few countries still impose formalities on copyright, therefore the use of such symbols is no longer a legal requirement. Nonetheless, many right owners still include the symbol © as a highly visible way to emphasize that that work is protected by copyright and that all rights are reserved, as opposed to a less restrictive license.

    C'est assez clair que c'est un peu un truc du passé et que les gens font juste ça par habitude. "Comme tout le monde le fait, c'est que ça doit être à faire!" 😅

    Ensuite, je dis pas aux gens de pas le faire. Chacun fait ce qu'il veut et ça fait pas de mal. Être redondant a d'ailleurs parfois son utilité (la citation plus haut le dit d'ailleurs que c'est utile pour "mettre en emphase" le fait que les droits sont réservés).
    D'ailleurs y a aussi des notices de copyright dans nos codes libres donc même moi il m'arrive de noter ce type de notice dans du code. Force de l'habitude. Personne a proposé à changer ça (et franchement ce serait inutile de le faire, juste de la perte de temps). Mais la question était "Est-ce nécessaire?". C'est ce à quoi je répondais. 😛

    En particulier, la mention explicite de copyright était obligatoire aux USA jusqu'au 1er mars 1989

    CQFD. Tu parles d'y a 33 ans là! 😉

    est encore très utilisée aujourd'hui

    Tout à fait: force de l'habitude comme je disais. Ça veut pas dire que c'est nécessaire.

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  • [^] # Re: Cela tient-il la route d'après toi ?

    Posté par  (site web personnel, Mastodon) . En réponse au journal Comprendre les licences, mon impossible quête. Évalué à 10.

    Pour compléter un peu ce que disent les autres: le copyright, c'est simplement la loi. Enfin en l'occurrence pour la France (et pas mal de pays européens), on appelle cela le droit d'auteur. "Copyright" est le terme utilisé dans les pays de "common law" (mais bon, c'est la même chose hein, n'en déplaise aux nombreux blogs qui aiment à asséner que le droit d'auteur, c'est trop bien comparé au copyright; les règles sont différentes bien sûr, mais comme elles sont aussi différentes entre 2 pays avec droits d'auteur: au final, les uns comme les autres, c'est juste le terme pour désigner comment on gère ce que les lois aiment appeler la "propriété intellectuelle").

    Donc dire être une alternative au droit d'auteur, c'est équivalent à dire que ce serait une alternative à la loi. Ce serait donc dire être hors-la-loi. Comme les gens aiment en général leur liberté, ils ont tendance à ne pas vouloir cela! 😜
    Donc on suit la loi (i.e. le copyright/droit d'auteur), simplement en suivant des logiques qui ne sont pas habituelles (puisqu'on va en général donner plus de droits dès le début alors que la logique la plus courante est de ne donner aucun droits par défaut, sauf contrat spécifique).

    Ma manière de rationaliser le truc, c'est de comprendre cela ainsi
    1. Séraphin possède le Copyright du contenu concerné

    Il possède les divers droits sur ses créations. Selon les pays, elles peuvent être un peu différentes et durer un temps différent. Par contre il peut céder certains de ses droits (pas tous) sous certaines conditions.

    1. Et parce qu'il possède ces droits, il peut décider de les mettre sous licence Creative Commons

    En fait c'est la cession dont je parle plus haut. Par une licence, Séraphin cède une partie des droits (en général certains des droits patrimoniaux, qui consistent en particulier au droit de représentation et au droit de reproduction) globalement.

    Il est aussi à noter que puisqu'on peut céder les droits, on peut aussi céder leur gestion en même temps (aux organismes agréés, dits "organismes de gestion collective des droits d'auteur"). C'est un point très important car lorsqu'on signe une convention avec un tel organisme, il y a parfois (souvent?) une clause qui interdit alors à l'auteur de gérer en même temps les droits gérés par l'organisme de gestion. Cela voudrait dire que dans certains cas, un auteur n'aurait plus le droit de mettre ses œuvres sous licence libre!

    L'exemple le plus connu est la SACEM, connue pour gérer des droits d'auteur de musique. Il faut bien savoir que quiconque signe avec la SACEM n'a plus le droit de mettre une licence à sa propre musique (passée et future! Ce qui normalement n'est pas possible en vertu de la loi mais l'est dans ce contexte particulier) ni de la diffuser soi-même sur internet. Pour suivre la mode, la SACEM avait finalement accordé une exception pour certaines licences CC non libres au cas par cas à titre d'expérimentation (je pense que c'est toujours en cours, même si j'ai pas vérifié).

    Il est donc important de comprendre qu'être auteur ne suffit pas pour avoir le droit de céder ou non des droits. Les contrats, licences et conventions passés influent et peuvent nous priver de certains des droits d'auteur.

    Et était-ce réellement utile/nécessaire de mentionner le Copyright ?

    Toute œuvre est sous copyright et/ou droits d'auteur et donc noter un "Copyright ©" ou "droits réservés" sur une œuvre est inutile et redondant. Ce n'est pas parce qu'une œuvre n'a rien d'écrit dessus ou à côté qu'elle n'a pas d'auteur ou d'ayant-droits et qu'on a le droit de faire ce qu'on veut avec (pas comme ça que ça marche!). Donc non, rien de nécessaire. Mais rien de faux non plus.

    Ensuite il est vrai que beaucoup des gens qui travaillent en licence libre trouvent les lois de copyright/droits d'auteur extrêmement mal fichues et aimeraient bien les faire changer. On a suffisamment d'exemple comme ça pour savoir maintenant que ces ensembles de loi, dans leurs versions actuelles (en tous cas dans les pays où on connaît un peu ces lois), ne sont absolument ni en faveur des auteurs, ni du peuple, mais des quelques mêmes intermédiaires, encore et toujours.

    Ah oui, et toutes les élucubrations sur le fait que les licences libres sont "basées" sur le copyright/droit d'auteur et sur le fait que ça prouve être "contre" ou "pour" ces droits ou je ne sais quoi, sont un peu ridicules. Bien sûr que c'est basé dessus, mais encore une fois, pas parce qu'on est contre ou pour, mais bien — comme j'ai dit — parce que les gens aiment en général leur liberté et ne veulent donc pas être hors la loi 🙄. Donc on suit la loi. Nul besoin d'insister pour y mettre une sorte de prise de position par le fait ou non d'utiliser ces lois. Bien sûr que tout le monde les utilisent. Ce n'est pas un choix, c'est comme ça que les lois fonctionnent!

    Plutôt que de voir les licences libres comme des "alternatives" au droit d'auteur (qui n'a donc aucun sens, comme je viens de le montrer), il faut juste voir cela comme une vision différente (par rapport à des visions plus historiques dans nos sociétés) de la relation entre les auteurs d'œuvres et leur public. En fait on peut même aller plus loin: puisque ces licences promeuvent le partage, la réutilisation dans d'autres œuvres, la redistribution, ça essaie de flouter ces limitations un peu trop carrées de ce que sont les catégories "auteur" et "public". Ça tend en effet à faire de nous tous des co-auteurs, des diffuseurs, et ainsi de suite. Ce n'est donc pas une histoire d'être pour ou contre, mais de voir le droit d'auteur autrement. Et oui, en faisant cela, on espère aussi influer des changements de loi qui iraient dans ce sens (comme devrait le faire tout citoyen d'un pays libre pour les lois sur les sujets qui les intéressent).

    Film d'animation libre en CC by-sa/Art Libre, fait avec GIMP et autre logiciels libres: ZeMarmot [ http://film.zemarmot.net ]

  • [^] # Re: "decentralized autonomous organization" ?

    Posté par  (site web personnel, Mastodon) . En réponse au lien Open source sustainment and the future of Gitea . Évalué à 10.

    An enhanced enterprise version

    Là je sens que ça va mal finir… Ça va finir par mettre des fonctionnalités de manière arbitraire dans une version payante :( Enfin, j'espère être pessimiste, tout simplement.

    Oui, tout le reste, pourquoi pas, mais le coup de la version entreprise, en général accompagné de double licence, c'est triste. D'ailleurs c'est marrant mais ils citent le passage de Blender à Gitea, clairement une Success Story dont ils sont très fiers (en tous cas, c'est la seule qu'ils citent), surtout quand tous semblent passer à Gitlab ces dernières années.

    Or si on lit le blog post de Blender mais surtout les commentaires ou les divers liens du post qui expliquent les raisons du choix, le fait que Gitea fait du tout-libre était clairement le gros point qui a fait basculer le choix. Ce n'est pas les fonctionnalités (même s'ils citent des fonctionnalités manquantes dans certains commentaires), car on voit clairement qu'ils n'ont pas peur de patcher si nécessaire. Par contre ils notent que certaines des fonctionnalités qu'ils veulent existent déjà dans la version "entreprise" et que ça veut dire qu'ils referont un travail en double, qui a peu de chance de se voir accepter dans la version communautaire (j'ai pas trop suivi, mais apparemment y a déjà eu ce genre de problème avec Gitlab qui veut garder sa version entreprise "attrayante") et ils devront donc maintenir un set de patchs à mettre à jour à chaque nouvelle sortir.

    En outre, ils répètent encore et toujours que leur but est d'améliorer l'écosystème FLOSS.

    Enfin bon, tout ça sont des raisons auxquels j'adhère à 100% aussi. C'est donc super dommage si Gitea se mettent à suivre la même voie (enfin pour nous du moins; pour eux, ça leur fera peut-être un financement plus durable; c'est juste dommage qu'ils n'aient pas réussi à trouver un modèle plus vertueux si vraiment le double édition/licence est ce vers quoi ils se dirigent).

    Film d'animation libre en CC by-sa/Art Libre, fait avec GIMP et autre logiciels libres: ZeMarmot [ http://film.zemarmot.net ]

  • [^] # Re: On pourrait faire la même chose pour l'art artificiel (AI art)

    Posté par  (site web personnel, Mastodon) . En réponse au lien Matthew Butterick veut poursuivre GitHub Copilot en justice. Évalué à 5. Dernière modification le 23 octobre 2022 à 14:35.

    Ce n'était peut-être pas très clair : je persiste à penser qu'il y a quelques usages pour lesquels un générateur (fondé sur une IA ou pas) et un humain ne sont pas vraiment en concurrence.

    Ah mais pour moi, il n'y a aucune concurrence et il n'y en aura jamais. C'est le fait de croire que ça pourra jamais l'être qui est absurde. Pour moi, ces gens ne comprennent simplement pas les métiers de développeurs (Copilot) ou d'illustrateurs (Stable Diffusion). En tant que développeur, ça me fait marrer de croire qu'en s'entraînant sur mon code (ou celui de quiconque), on pourra jamais reproduire ne serait-ce qu'un pouième de la qualité de mon code (ou de tout autre développeur). Avant d'en arriver à cette version finale, j'aurais souvent essayé plusieurs versions (pour les changements complexes), j'aurais réfléchi à la finalité de la fonctionnalité, à l'utilisabilité, j'aurai discuté avec des utilisateurs (rapports de bug, forums, ou l'utilisatrice assise dans le bureau à côté!), j'aurais éventuellement comparé la rapidité de plusieurs algorithmes (quand c'est un problème d'optimisation), j'aurais aussi essayé de faire un beau code et avec une logique visible dans sa structure pour la maintenabilité. Et ainsi de suite. Le code, c'est uniquement le résultat d'un long processus, le tout petit bout de l'iceberg. S'entraîner sur ce bout qui dépasse, c'est avoir rien compris.

    Quand Aryeom dessine, je la vois, elle fait pareil. Ce que certains croient être un simple trait, c'est en fait tout un processus que je peux admirer parfois par dessus son épaule. Pour en arriver à ce trait, elle peut en avoir fait et effacé des dizaines. Parfois, elle refait tout son dessin quand elle est vraiment pas contente du résultat. Et dans tous les cas, elle réfléchit vraiment au sens de chaque détail. Elle réfléchit si c'est le matin ou l'après-midi, si le soleil est haut ou pas et dans quelle direction, si le personnage est fatigué ou en forme, s'il faut chaud ou froid, aussi à ce qu'elle essaie de montrer avec son image (qui n'est pas forcément évident de premier abord), et ainsi de suite. En fait elle réfléchit à vraiment beaucoup de trucs qu'on ne voit même pas dans l'image mais qui pourtant auront amené au résultat final (le truc du soleil, c'est le machin bateau auxquels les gens pensent quand ils n'y connaissent pas grand chose, comme moi, mais y a vraiment des trucs bien plus inattendus).
    Pour l'animation, je l'ai vue refaire des séquences animées entières parce qu'elle se rend compte que le vol de l'oiseau ne correspond pas par rapport à une nouvelle vidéo qu'elle a trouvé pour cette espèce particulière d'oiseau.

    Donc concurrence? Nope. Ça c'est sûr. :-)

    Je ne parle aucunement de travail de haute qualité : là où je travaille (post-production, VFX), je vois passer des story boards ou du concept art fait à la main (crayon, aquarelle, ou de plus en plus directement en numérique), qui sont souvent magnifiques et pourraient être publiés. C'est des semaines de boulot et seulement une poignée de personnes les verront.

    En même temps, demande toi pourquoi ils font des illustrations si chiadées bien qu'ils savent pertinemment que presque personne ne les verront. 🙂
    C'est peut-être bien justement parce que c'est important et que non, ça ne pourra pas être remplacé par du généré (sinon les artistes aussi savent faire des gribouillis en 2 min; mais s'ils font pas, c'est qu'y a une raison).

    Puisque tu bosses dans le cinéma, tu sais probablement que le storyboarding, ça rentre dans la branche "réalisation" (en tous cas, dans la convention collective de production de films d'animation, c'est le cas; donc je suppose que dans d'autres branches cinématographiques, c'est aussi le cas; d'ailleurs VFX c'est pas aussi la même convention?). Quand tu fais un storyboard, tu es déjà en train de choisir la caméra (angle, ce qui rentre dans le champs, etc. donc ce que Wikipédia appelait la "composition" d'une image dans mon commentaire initial). Peut-être que ces choix caméras peuvent légèrement changer dans une petite production, très peu de chance dans une grosse (du moins sans repasser par la case réalisation). Bon encore une fois, c'est moins le cas hors animation (où déjà on fait pas toujours du storyboarding, et même lorsqu'il y a, les réalisateurs se permettent en général beaucoup plus de marge de manœuvre et d'improvisation au dernier moment puisque contrairement à l'animation, ça coûte pas cher de changer; pour eux le storyboarding, c'est parfois plus "histoire de", et encore… quand y a tout court). La VFX par contre, ils sont vraiment plus une branche de l'animation, il me semble. Pour eux, le storyboard, je pense aussi que c'est roi.

    Enfin bon, puisque tu parles de storyboarding donc, c'est une étape majeure de réalisation. Donc bien sûr que tu vas pas remplacer par du généré. Dans ces branches (et je suis persuadé que VFX, c'est pareil), c'est limite synonyme de dire qu'on va remplacer le réalisateur (ou l'équipe de réalisation) par une IA de dire qu'on pourrait faire le storyboard en généré. 🙄

    Dans le genre qui ressemble à un dessin vite fait mal fait, on peut citer Reiser, dont les dessins font passer une ambiance et une expressivité en seulement quelques traits. Du vrai boulot !

    Je connais pas plus que ça, mais encore une fois, demande toi si c'est réellement "vite fait mal fait" étant donné toute la description que tu en donnes après. Dans le dessin, il n'y a pas que ce trait final que tu vois. Loin de là.

    Enfin bon, cherche encore des exemples si tu veux. Je doute que tu en trouveras un de convenable. 😛

    C'est très simple: soit le rendu n'importe pas, et dans ce cas, je peux tout aussi bien faire le dessin moi-même. Ce seront des bonhommes de fil de fer, mais pas comme Reiser! Ce sera bien moche, peut-être qu'on rigolera un bon coup avec les gens à qui je le montrerai (on sent l'histoire vécu). Puis on ira au fond des choses et je passerai bien l'info que je voulais passer avec mon dessin moche (sans avoir besoin d'une illustration générée ultra-complexe).
    Soit il importe que ce soit une illustration de qualité, et dans ce cas ton truc généré sera hors propos. Il faudra un artiste qui sait ce qu'il fait (c'est à dire pourquoi il dessine, exactement ce qu'il veut dans le champs, comment il organise son image, le style précis et pas juste "style manga" ou "style SF", les positions précises, etc.).

    (note: je travaille dans le cinéma et ait travaillé dans le spectacle vivant, et j'ai beaucoup de proches qui sont décorateurs/trices ou illustrateurs/trices pour le ciné et le théâtre. Je n'ai aucun mépris pour ces métiers. Si c'est ce qui ressort de mon message, alors j'ai vraiment des progrès à faire en rédaction)

    Ce n'est pas ce qui ressort de ton message, ne t'inquiète pas. Je pense juste que tu cherches encore des raisons à ces logiciels d'IA. Parce que c'est vrai que ces logiciels sont impressionnants et tout le monde se dit que ce serait quand même dommage de jeter ça. Donc on cherche des raisons a posteriori. Et comme je suis pas d'accord avec ces raisons, j'essaie de te détromper. C'est tout.

    Et pis bien connaître un métier n'est pas suffisamment pertinent. Après tout, y a aussi des développeurs qui semblent trouver Copilot intéressant et de même des illustrateurs pour Stable Diffusion.

    Comme je disais dans un autre commentaire juste hier, ne pas être d'accord, c'est pas un problème et faut pas y faire rentrer les sentiments. En fait si j'avais perçu un sentiment de mépris dans ton commentaire, au contraire, il est possible que je n'aurais pas répondu. J'ai autre chose à faire dans ma vie que de participer à des discussions qui mettent en rogne ou mal à l'aise. 😜
    Donc aucun problème, et aucun sentiment désagréable n'émane de tes commentaires!

    Enfin bon, pour moi tous ces travaux d'IA font fausse route, et même le coup du "oui mais il y a des usages pour lesquels c'est bien", j'attends encore un exemple pertinent. Aucun de ceux que tu m'as donnés pour l'instant ne l'est pour moi. 🤪

    Film d'animation libre en CC by-sa/Art Libre, fait avec GIMP et autre logiciels libres: ZeMarmot [ http://film.zemarmot.net ]