Le Twitter d'il y a 10 ans, je t'aurais dit non sans aucune ambiguïté.
Le Twitter d'aujourd'hui, qui est devenu un regroupement de fachos, dirigé par un facho, où les bruits de bottes le disputent aux retweets de bots… Je serais beaucoup moins affirmatif, d'autant que des services alternatifs existent et que la seule valeur de Twitter, c'est son historique, historique qui est justement pollué par ce que je viens d'évoquer.
Par contre, assez paradoxalement, les questions de pédopornographie, pour lesquelles Twitter est actuellement poursuivi, me dérangent beaucoup moins. Si c'est pour partager des images générées par IA et qu'il n'y a pas de victime, alors je serais enclin à laisser les pédophiles tranquilles et je préfère qu'ils se soulagent sur de faux enfants que sur des vrais (je sais que la loi ne va pas dans mon sens, mais on doit pouvoir critiquer la loi, c'est l'essence de la discussion politique). Par contre, il faut impérativement vérifier qu'il n'y a réellement pas de victime.
Et ça n'excuse absolument pas les appels à la haine.
Ça, ce sont les sources. Le mouton que tu veux est dedans.
C'est aussi l'âge. Le milliardaire moyen est un homme de plus de 50 ans (il y en a de moins de 50 ans, mais ce sont des outliers). Pour une raison simple : dans un monde où la plus grande part de ton patrimoine est héritée, ça aide d'avoir des parents morts. Et pourquoi un homme ? Pour une raison simple : le parent milliardaire lègue en général sa fortune à celui qu'il juge le plus méritant (la notion de part réservataire n'existe pas aux USA), et c'est à peu près toujours un homme.
Oh, il y a aussi la petite part de self-made milliardaires : Bill Portes, Mark Pain-de-sucre… Mais vu qu'il est impossible d'acquérir un milliard de dollars via un travail honnête, la prime va à ceux qui savent le mieux tricher, poignarder les autres dans le dos et voler le fisc. Et à ce petit jeu-là, les hommes gagnent la main. Selon que tu es alt-right ou woke, tu expliqueras ça par la testostérone ou l'éducation différentielle, et la réponse juste est probablement un mix des deux.
En fait, je ne connais qu'un seul exemple de personne qui soit devenue milliardaire par son seul travail, sans voler et sans faire fructifier un patrimoine pré-existant, c'est Taylor Swift. Comme par hasard, c'est une femme.
Ça, ce sont les sources. Le mouton que tu veux est dedans.
J'aime bien la façon dont est rédigé l'article 4 de la déclaration des droits de l'homme et du citoyen : la liberté consiste à pouvoir faire tout ce qui ne nuit pas à autrui. La liberté d'expression est prévue à l'article 11, mais elle est déjà limitée : "sauf à répondre de l'abus de cette liberté dans les cas déterminés par la loi". Et comment on rédige la loi ? Facile, c'est prévu à l'article 5 : "La loi n'a le droit de défendre que les actions nuisibles à la société".
De tout ça, il découle assez naturellement qu'il est évident pour les révolutionnaires que la liberté d'expression peut tout à fait être employée de manière nuisible à autrui ou à la société (cette dernière n'étant d'ailleurs que le regroupement des autruis), et quand on voit le nombre d'exécutions pour des écrits contre-révolutionnaires, ils en ont bien tenu compte.
Alors, certes, la Révolution Française, c'était il y a 200 ans, mais il y a un principe qui n'a pas changé : l'essence du politique en démocratie, c'est d'arbitrer les cas de figure où les libertés des uns et des autres entrent en collision, et d'établir des priorités (en dictature c'est un poil différent). Or je ne vois pas très bien pourquoi la liberté d'expression, par exemple, devrait systématiquement primer sur toutes les autres. Il est évident qu'il faut la protéger et qu'il faut lui accorder une protection importante, voire très importante, mais pas absolue. Si je me sers de ma liberté d'expression pour appeler à la mort des juifs, des noirs ou au rétablissement de l'esclavage, j'entre clairement en collision avec les libertés d'autrui. Si, au prétexte de la liberté d'expression, je me fais passer pour un hôpital en cherchant à faire obstruction au droit à l'IVG, je nuis clairement aux libertés d'autrui. Et on évacue un peu vite une notion habituellement chère à la droite, la notion de responsabilité. Si ce sont les autres qui paient le prix de ma liberté d'expression et que ce prix est disproportionné, alors peut-être que c'est à moi d'en subir les conséquences.
Ça, ce sont les sources. Le mouton que tu veux est dedans.
Le premier commentaire est excellent et je le reproduirais in extenso si je n'avais pas peur des questions de droit d'auteur. Je le complèterais cependant en faisant remarquer que la "dématérialisation" d'un service s'accompagne souvent d'une dépersonnalisation, au sens où on réalise d'importantes économies de personnel en reportant en réalité le travail sur le client ou l'usager. Il s'ensuit un paradigme où l'usager, en lieu et place de droits, a surtout des contraintes pour faire valoir ces droits.
Je note aussi que, si les jeunes n'ont jamais été aussi connectés aux applis, ils n'ont jamais été aussi déconnectés du support, et même de certains concepts fondamentaux en informatique (comme la notion de fichier).
En effet, sous Linux, et depuis Unix, on est habitués au paradigme "tout est fichier". Ça reste assez vrai sous Windows. Mais sur un smartphone, le paradigme devient "tout est usage". À aucun moment, l'utilisateur d'un smartphone n'a besoin de s'intéresser au nom d'un fichier ou à l'arborescence du système de fichier. Tout est passé de façon transparente d'une appli à l'autre et cette transparence a un coût : elle ne sensibilise pas l'utilisateur à la nature des objets informatiques sous-jacents, ni, par ricochet, aux questions centrales de qui a la donnée et qu'est-ce qu'il peut en faire.
J'ai par exemple sur mon téléphone une application qui fait calculatrice scientifique, avec des fonctions usuelles comme log, sin, cos, élévation à une puissance quelconque et évaluation d'expression complexes comme . Cette application n'a aucun besoin de se connecter à Internet, tout est calculé en local. Mon premier réflexe a donc été de lui couper l'accès au réseau via l'OS, par sécurité. Mais pour être capable de tenir ce raisonnement, encore faut-il être capable de raisonner en termes de qui a quelles données et que peut faire un programme sans l'afficher. Et ça, aucune appli moderne pour téléphone ne permet de le comprendre si on ne l'a pas appris par ailleurs.
Ça, ce sont les sources. Le mouton que tu veux est dedans.
J'ai pas abordé le sujet parce que ce n'est effectivement pas le sujet, mais tu as effectivement raison de le souligner. C'est d'ailleurs pour ça que j'en parlais au passé ;).
Ça, ce sont les sources. Le mouton que tu veux est dedans.
Grossière intox. L'égalité en Droits, dont les Droits humains, les Droits civiques, etc, est très simple à définir, sauf pour les défenseurs des discriminations.
En droit, oui. Mais les inégalités ne sont pas que légales. Les femmes touchent en moyenne moins que les hommes. Les noirs ont en moyenne moins de patrimoine que les blancs, surtout en Martinique. Comment on adapte le droit pour corriger ces inégalités ? Faut-il les corriger ? Ce n'est pas une question légale, mais morale, au sens de définir ce qui est bien ou mal. Aux USA, l'affirmative action est clairement discriminatoire : est-elle une bonne ou une mauvaise chose ? Ça, ce n'est pas une question légale mais morale. Risque-t-elle d'être instrumentalisée par des racistes, voire de générer du racisme ? Clairement, mais certains américains ont considéré que les bénéfices en termes d'égalité dépassaient les risques et ont décidé de la mettre en place. D'autres non. C'est un débat légitime.
On ne débat pas avec l'extrême-droite.
C'est pratique, ces jugements à l'emporte-pièce, mais ce n'est pas opérationnel. On a justement besoin de pouvoir aborder ces sujets sans s'échauffer et sans postuler d'office que notre contradicteur est d'extrême droite.
Prenons l'exemple de l'affirmative action. C'est clairement un sujet adoré de l'extrême droite, mais on doit quand même pouvoir en débattre sereinement. L'idée de base est que les noirs ayant des taux d'admission plus bas que les blancs dans les universités américaines, on abaisse les seuils d'admission pour les postulants noirs.
Sur le papier, ça semble positif. En pratique, dès qu'on rentre dans les détails, ça devient très compliqué. Il est évident qu'un enfant de millionnaires noirs sera avantagé par sa naissance, bien plus qu'un enfant d'ouvriers blancs. Faut-il le faire bénéficier de l'affirmative action ? Encore plus complexe : les asiatiques ont en général des taux d'admission encore supérieurs à ceux des blancs, notamment en raison de l'extrême valorisation du travail personnel (et de la pression) dans les communautés asio-américaines. Faut-il leur appliquer des critères encore plus restrictifs, ce qui aboutirait, pour le coup, à une véritable discrimination, négative, envers les asiatiques ?
Et bien sûr que les progressistes doivent s'emparer de ces questions, les penser, et y apporter des réponses progressistes. Parce que sinon, ils laissent un boulevard intellectuel à l'extrême droite. Ce qui est exactement en train d'arriver dans le débat public tazunien.
Ça, ce sont les sources. Le mouton que tu veux est dedans.
Allez, il y a un plat, il serait dommage de ne pas mettre les pieds dedans ;)
Le fond du problème, à mon sens, est que tout racisme, et de manière générale toute essentialisation, provoque chez la personne qui le subit un réflexe de défense qui finit, de façon assez fréquente, par devenir à son tour un racisme. J'aimerais trouver une base théorique à ceci, pour le moment ça n'est que la théorie de Liorel sur le racisme, et c'est un peu léger.
Je vais prendre un exemple : mon grand-père. Il a été l'un des plus jeunes résistants de France, peut-être le plus jeune (c'est du moins ce qu'il racontait), embarqué par son propre père dans la Résistance à 13 ans (son père était commissaire de police à Alger, il est rentré en métropole pour s'engager dans la Résistance alors qu'il aurait très bien pu ne rien faire). Son frère a été torturé par les nazis. Lui-même en a vu des vertes et des pas mûres, a fait sauter des ponts, etc. Arrive la fin de la guerre, il rentre en Algérie, il fait ses études de médecine. Il est choqué par la discrimination subie par les Algériens. Il finit, en tant que Français, par se faire jeter par le FLN.
Il n'en a jamais voulu aux Algériens, il n'était pas raciste pour deux sous. Sauf à l'égard des Allemands. Depuis la guerre, et même largement après la réunification de l'Allemagne, l'Union Européenne et tout, il n'a pas pu voir un Allemand en peinture. Il savait bien que ce n'était pas rationnel, mais c'était plus fort que lui.
Prenons un exemple nettement plus polémique, parce que bon, mon grand-père, vous vous en foutez ;)
Les juifs ont subi, au cours de la seconde guerre mondiale, ce que le racisme pouvait produire de pire. Ils ont été méthodiquement exterminés parce que juifs, sans aucune autre raison que le racisme pur et dur. Ils ont réagi en formant un état juif, où ils seraient en sécurité : Israël. Problème : la zone était déjà habitée. Qu'à cela ne tienne, ils en ont délogé les habitants, et comme on était juste après la seconde guerre mondiale, et que ça faisait mauvais genre de virer des gens juste parce qu'ils étaient là, on leur a inventé toute une ribambelle de prétexte à les délégitimer. Résultat : des juifs, qui "ne pouvaient pas devenir racistes après la Shoah", se sont comportés de façon tout à fait raciste. Ce qui a généré en retour un racisme débridé chez les palestiniens… Eux-mêmes racisés ! La suite, on la connaît : 70 ans de discriminations contre les palestiniens, les attentats du 7 octobre, selon un mode opératoire dégueulasse mais prévisible, et une riposte tout aussi dégueulasse d'Israël.
Pourquoi dégueulasse ? Dans les deux cas, pour la même raison : parce que les auteurs de violences s'en sont pris à des civils, sans discrimination sur ce qu'ils faisaient, sans se poser de questions sur l'individualisation de l'agression. Les israéliens sont attaqués le 7 octobre parce qu'israéliens et donc coupables de tous les crimes de tous les israéliens. Les palestiniens sont massacrés par la riposte parce que palestiniens et donc coupables de tous les crimes de tous les palestiniens. L'essentialisation, c'est ça : englober un tout sans le dissocier en ses parties.
Bien sûr, ça dépasse complètement la question des israéliens et des palestiniens. On pourrait parler de l'esclavage dans le sud des USA et de son héritage actuel. On pourrait parler de l'esclavage en France, principalement aux Antilles, et de ses conséquences persistantes. On peut remarquer qu'il existe un courant (minoritaire) du féminisme qui revendique la détestation des hommes, soit de façon provocatrice mais sans réelle intention de nuire, soit de manière sincère. Un des problèmes de ce contre-racisme, ou de cette contre-essentialisation dans le cas plus général, est qu'il est systématiquement monté en épingle par d'authentiques racistes. Ce n'est pas si grave d'être sexiste, les féministes détestent bien les hommes ! On a bien raison de discriminer les palestiniens, regardez ce qu'ils nous font quand on leur laisse une once de liberté !
Alors qu'est-ce qu'on fait ?
Déjà, on lutte farouchement contre le racisme à visage découvert, y compris quand il survient en réaction à un racisme subi. Un racisme + un contre-racisme, ça ne fait pas 0 racisme, ça fait 2 racismes. On rappelle que les personnes ne sont pas des noirs, des blancs, des juifs, des arabes : ce sont des individus, et la différence entre deux juifs peut très bien être supérieure à celle entre un juif et un non-juif.
Ensuite, on exige des clarifications. Explicit is better than implicit, ça n'est pas spécifique à Python. Quand une personne sur Internet s'adonne au dogwhistling, on lui fait préciser. On demande des faits vérifiables et on les vérifie. C'est parfaitement exact que les Européens ont moins d'intolérance au lactose et plus de mucoviscidose que le reste de la population mondiale, c'est génétique, mais ça ne permet pas de fonder une discrimination. Affirmer qu'ils ont un QI plus élevé que le reste du monde… ne permettrait pas de fonder une discrimination, parce que chacun a un QI différent de toute façon. En plus, c'est faux. Et ainsi de suite. "Toutes les femmes aiment se faire emmerder par des gros lourds", c'est faux. "Tous les hommes sont des violeurs", c'est faux aussi (par contre, "face à un homme donné, il est impossible de savoir a priori si c'est un violeur ou non" est probablement exact mais ne permet pas de fonder une discrimination).
Une fois qu'on a fait ça, des allégations factuelles, exactes, et permettant de fonder une discrimination généralisée, il en reste extrêmement peu. La seule que j'aie en tête est "les hommes ayant des relations sexuelles avec des hommes ont une probabilité plus élevée d'avoir le VIH que les hommes non HSH". C'est vrai (d'un facteur 10 à 100, ce qui n'est pas négligeable) et ça a longtemps justifié de les exclure du don du sang puisque l'EFS part du principe qu'avec une proba 10 à 100 fois plus élevée a priori, même avec un test négatif, on garde une proba 10 à 100 fois plus élevée d'avoir un faux négatif (le niveau d'exigence de l'EFS est encore plus élevé que la marge d'erreur des tests disponibles et ce niveau d'exigence ne peut être atteint qu'avec des précautions en plus des tests biologiques). Mais donner son sang n'est pas un droit et ne confère aucun avantage puisque le don doit être gratuit et désintéressé.
Et après ? Il reste le racisme (ou l'essentialisation) "systémique", celui qui diffuse dans les comportements de la vie de tous les jours. Déjà, il faut remarquer que c'est un problème de riches : le problème du racisme de Trump ou du FN, ce n'est pas le racisme systémique, c'est le racisme à visage découvert ! Ensuite, généralement, le problème de ce type de racisme n'est pas tant dans son expression individuelle que dans ses conséquences à l'échelle globale, qui ne se voient que de manière statistique. Oui, les femmes font des études moins rémunératrices que les hommes, c'est une évidence au niveau statistique. Mais sur le terrain, il est impossible d'identifier, pour une femme donnée, si elle a ce diplôme parce qu'elle a été discriminée. Et il est très difficile de mettre en place des corrections ciblées et non discriminatoires. Et parfois, c'est une mauvaise idée. Les noirs sont plus pauvres que les blancs ? C'est exact, mais c'est aussi parce que les blancs héritent de parents plus riches et que l'héritage joue un rôle considérable dans la constitution d'un patrimoine. Peut-être que la solution est de gommer les inégalités d'héritage, solution qui bénéficierait d'ailleurs aux blancs pauvres. Les femmes font des études moins rémunératrices que les hommes ? C'est parfaitement exact, mais cette étude présente un argument intéressant : c'est surtout parce que les hommes ont plus de pression familiale au moment du choix d'orientation. Est-ce que la solution ne serait pas de laisser plus de liberté aux hommes et de moins les contraindre ?
Noter d'ailleurs que le racisme caché et le racisme systémique sont des moteurs importants du développement d'un contre-racisme : c'est parce qu'on suspecte tous les autres d'être racistes qu'on se défend contre tous et qu'on devient raciste. Les féministes qui ont développé et théorisé la misandrie ne sont pas majoritaires au sein du féminisme, loin de là : il s'agit d'une petite minorité qui considère que, parce qu'on ne peut pas savoir a priori si un homme est un violeur, il faut tous les considérer comme tels jusqu'à preuve du contraire (et le contraire n'est pas prouvable).
En guise de conclusion de mon pavé beaucoup trop long, l'égalitarisme est un objectif complexe, l'enfer est pavé de bonnes intentions, et il est facile de prendre un authentique égalitariste pour un immonde raciste, justement parce qu'il est difficile de définir l'égalité, et encore plus difficile de définir l'équité. Et d'ailleurs, il est tout à fait possible de démarrer égalitariste et de finir raciste : voir Caroline Fourest, Michel Onfray, la dynastie Klarsfeld. Mais lutter contre le racisme affiché est déjà un bon début, et obliger le raciste masqué à se démasquer une bonne continuation. Pour le reste, savoir où on met le curseur entre liberté, égalité, où s'arrête la liberté des uns et où commence celle des autres quand on a déjà posé ces bases-là… C'est l'essence du débat politique !
Ça, ce sont les sources. Le mouton que tu veux est dedans.
C'est marrant cette tendance de l'extrême droite à utiliser sa propre liberté d'expression pour intimer à tous les autres de se taire.
Donc, encore et toujours : oui, tu as une liberté d'expression. Scott Adams avait une liberté d'expression (je rentre même pas dans le débat "le racisme est pas une opinion c'est un délit", j'en ai pas besoin pour mon argumentation). Mais il y a une réciprocité. Si une personne se comporte comme un sale con raciste et revendique sa liberté d'expression, la mienne implique automatiquement que j'ai le droit d'exprimer publiquement que je le considère comme un sale con raciste.
Ce dont je ne vais pas me priver :)
Ça, ce sont les sources. Le mouton que tu veux est dedans.
Maintenant que tu le dis, je me souviens que la première fois que j'ai testé un Linux, c'était avec un liveCD d'Ubuntu, et je n'avais pas réussi à avoir un bureau : j'avais fini par trouver qu'il fallait éditer le xorg.conf avec nano.
J'avais été obligé d'imprimer la page de la doc parce qu'à l'époque, pas de smartphones donc le seul moyen d'y accéder (à la doc) était d'utiliser le boot qui marchait, Windows. Évidemment, c'était un liveCD, donc l'edit du xorg.cong n'était pas persistant : il fallait refaire le même edit à chaque boot.
Un type normal se serait dit "ça marche pas ce truc, je laisse tomber". Moi, je me suis dit que le meilleur moyen de le rendre persistant, c'était d'installer Ubuntu sur la machine.
Rétrospectivement, c'était très con. Ou un coup de génie. Peut-être les deux.
Ça, ce sont les sources. Le mouton que tu veux est dedans.
L'auteur nous sort un très long article pour attribuer la traversée du désert de Linux à Mac OSX, et sa "renaissance" de à Docker et consorts. C'est oublier que :
Le monopole écrasant, ça n'a jamais été OSX. C'était Windows. Et que si MacOS avait été aussi bon qu'il le prétend, il aurait dépassé Windows, ce qu'il n'a jamais fait, et de loin.
La renaissance, j'attends encore de la voir se concrétiser en chiffres.
De plus, l'auteur oublie un point : pour la plupart des utilisateurs, Flatpak, c'est justement un truc à apprendre ! Il le promeut comme ce qui marche out-of-the-box sans rien avoir à apprendre : je n'ai jamais vu un PC faire ça. Windows fait cette promesse, ça fait des machines cassées au bout de 6 mois. Un PC, c'est comme une voiture, une machine à laver ou un couteau de cuisine : ça s'entretient. Et un PC est un système complexe, où le vendeur ne sait pas ce que va vouloir l'utilisateur, donc il ne peut pas prévoir l'entretien à l'avance. L'utilisateur est obligé d'apprendre. Tout comme il a intérêt à apprendre à aiguiser un couteau et à curer l'évacuation de sa machine à laver.
Mais l'essentiel est ailleurs. L'auteur situe la renaissance de Linux au début des années 2020. Ça correspond à un moment bien précis : la fin de la présidence Trump, l'arrivée du Covid, la guerre en Ukraine. La présidence Trump a aiguisé l'appétit financier d'à peu près toutes les grosses boîtes de la Terre, les gros éditeurs logiciels ne faisant pas exception. C'est le développement d'une pratique jusqu'ici honnie : le rachat d'actions, qui permet de redistribuer beaucoup d'argent aux actionnaires, en payant assez peu d'impôts dessus. Corollaire : il faut réaliser de gros bénéfices. Coup de bol : le Covid et la guerre en Ukraine sont à l'origine d'un début d'inflation. De nombreuses boîtes vont alors communiquer comme quoi elles sont obligées d'augmenter leurs prix, elles en sont désolées… Et dans le même temps, leurs marges vont s'envoler. On a appelé cette inflation la "greedflation", et ce n'est pas pour rien.
Début des années 2020, c'est un moment où les prix ont pris un sacré coup, et les logiciels ne font pas exception. On passe du modèle One-time-payment à des paiements récurrents, à des logiciels chers, à des anti-features généralisées qu'on peut désactiver en payant. Et ça, les utilisateurs ne sont pas dupes : ils comprennent bien qu'un logiciel fait par et pour les utilisateurs les servira mieux. Et ce, pour les particuliers comme les pros : ma femme est autoentrepreneuse, elle en a pour 2000€ par an de logiciels, et même pas des logiciels très spécifiques : on parle de la suite Adobe ou d'Office 365 ! Juste pour continuer à utiliser les logiciels, alors que 5 ans auparavant, on payait une fois, et basta. Évidemment que dans ces conditions, l'open source / le libre devient tentant, même si pour le moment elle a peur de devoir tout réapprendre.
Donc si renaissance il y a, elle est autant sinon plus liée à la merdification des alternatives. Linux reste complexe, mais entre le logiciel qui te somme de payer sinon il déconne volontairement et le logiciel qui nécessite un apprentissage mais qui t'obéit sans réfléchir, les utilisateurs ont choisi.
Noter d'ailleurs que le paragraphe sur Steam est assez juste, mais que l'arrivée de Proton s'inscrit aussi dans une logique de guerre entre deux boîtes, Valve et Microsoft, dont aucune n'est toute blanche, même pas Valve.
Bref, qui vivra verra. Si le logiciel proprio continue de se merdifier à vitesse grand V, le Libre deviendra une alternative de plus en plus en plus séduisante et finira par le supplanter. Si les éditeurs proprios prennent conscience qu'ils sont en train de scier la branche sur laquelle ils sont assis, on peut espérer un assainissement de la situation. Dans les deux cas, les utilisateurs sont gagnants.
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Le moins qu'on puisse dire, c'est que la situation de l'opensource/libre, c'est pas beau à voir. Je peux passer une semaine complète de travail sans lancer un seul logiciel non-Microsoft.
Les outils web ? On est priés d'utiliser Edge, qui est "le navigateur de référence au sein du ministère". Firefox ? À éviter, au vu de la situation instable de la fondation Mozilla.
Le mail ? Outlook. Les réunions à distance ? Teams. La rédaction de procédures ? Word. La lecture de procédures ? Word aussi, la moitié des collègues négligent de passer la version finale en PDF. Les questionnaires structurés ? Des feuilles Excel. Je passe sur les inévitables Powerpoint…
Bon allez j'exagère, il y a un outil non-Microsoft, et même libre, que j'utilise : Keepass. Assez bizarrement, il est installable par la DSI, il n'y a même pas besoin de se battre, mais personne n'en fait la promotion alors qu'on a tous les ans des campagnes sur la cybersécurité.
Bref, j'espère qu'un jour les belles paroles de la DINUM concernant la pertinence du Libre au sein de l'État se concrétiseront en actes. Pour le moment, je n'en vois pas le début du commencement.
Ça, ce sont les sources. Le mouton que tu veux est dedans.
L'"entrave à la circulation", c'est une manif tout à fait banale. Et c'est là qu'on voit que c'est les Tazunis et pas l'Europe. Parce qu'en Europe, il y a un truc qui s'appelle la CEDH (cour européenne des droits de l'homme), qui fait appliquer un truc qui s'appelle la CEDH (convention européenne des droits de l'homme), et qui juge constamment que certaines activités qui seraient délictuelles dans d'autres contextes sont protégées lorsqu'elles sont une composante indissociable de la liberté d'expression. Ça a ses limites : tu n'as pas le droit de saccager un macdo ou une banque en marge d'une manif, mais tu as très clairement le droit d'entraver la circulation pour manifester. Et on le voit très régulièrement en France et personne ne pense à poursuivre. Et pourtant, l'entrave à la circulation, en théorie, c'est 2 ans de prison et 4500€ d'amende.
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Enfin on ne lui reprochera pas trop fort non plus : le mot est dans l'URL, qui est elle-même assez claire : il y a le média (le Monde Informatique), la catégorie d'article (édito), et même le titre de l'article.
Ça, ce sont les sources. Le mouton que tu veux est dedans.
On ne parle pas, mais alors pas du tout du même phénomène.
Dans l'exemple que tu cites, une grande quantité de graisse (mais ça pourrait être n'importe quelle matière organique) a été déversée ponctuellement. Elle a été consommée par les bactéries de l'eau, ce qui est, au passage, la définition de la biodégradation. Problème : le catabolisme des graisses nécessite de l'oxygène. Les bactéries ont donc épuisé l'oxygène dissout, ce qui est aggravé par le fait que l'oxygène est en fait assez peu soluble dans l'eau (c'est la raison pour laquelle nous avons de l'hémoglobine). Donc tous les animaux à branchies en aval (notamment les poissons, et plus spécifiquement les plus gros, car ce sont ceux qui ont le plus de besoins métaboliques) ont manqué d'oxygène et sont morts.
Dans le cas du plongeur, on parle de quelques grammes dilués dans un océan. Aucune chance que la biodégradation de ces quelques grammes de graisse aillent épuiser l'oxygène. Ils vont modifier très marginalement et très ponctuellement la concentration en oxygène dissout, de manière probablement imperceptible.
On parle donc ici d'une pollution fortement non linéaire, avec un effet de seuil assez marqué. Là ou 1g de plastique ou de mercure s'accumulera, et s'ajoutera à un autre gramme de la même substance, 1g de suif aura probablement un effet nul, alors qu'une tonne de graisse aura un effet non négligeable.
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Il s'agit d'un vaccin à virus vivant atténué. Comme tout vaccin à virus vivant atténué, il fonctionne en infectant avec une forme minimale, non grave, de la maladie. Cependant, tous les vaccins à virus vivant atténué exposent au risque de vraie grosse forme grave en cas d'immunodépression. C'est pour ça qu'on ne vaccine pas les femmes enceintes contre la rougeole alors même qu'une rougeole chez la femme enceinte est potentiellement gravissime (la grossesse occasionne une immunodépression transitoire, nécessaire pour ne pas attaquer le fœtus).
Dans le cas présent, on sait qu'une vache vaccinée peut développer la maladie si elle a été contaminée avant le vaccin, donc il est difficile de discerner une DNC authentique peu grave d'une DNC atténuée post-vaccinale. La gravité pour l'animal est la même (faible), mais pour le troupeau, c'est une autre limonade. Il existe un moyen de faire la différence : il faut prélever du virus, l'envoyer en PCR, séquencer le génome et voir si on est face à un virus vaccinal ou sauvage. C'est possible, on le fait chez l'humain face aux rougeoles atténuées post-vaccinales parce que l'enjeu de santé publique est élevé. Pour une vache, c'est 2000 aux frais de l'éleveur, il est moyennement motivé à payer.
L'absence de symptôme ne doit pas rassurer à tort car des DNC asymptomatiques (mais contagieuses quand même) ont été décrites.
In fine, la seule manière d'être sûr qu'un animal est sain, c'est de faire une PCR grossière et pas chère pour vérifier qu'il n'y a pas de virus (mais cette PCR sera positive indifféremment pour le virus vaccinal et le virus sauvage), et de coupler à une recherche d'anticorps : s'il n'y a pas d'anticorps, c'est que soit l'animal n'a jamais été exposé, soit il est en cours d'infection. Et s'il n'y a ni anticorps ni virus, on sait qu'il est safe.
Mais forcément, si tu mets du virus vivant atténué dans l'animal, tu fausses tout ça. Donc tu évites. On se retrouve dans un système d'injonction contradictoire où il vaut mieux être à risque mais chanceux que sans risque.
Ça, ce sont les sources. Le mouton que tu veux est dedans.
J'ai du mal à voir l'intérêt du paragraphe sur la propriété. Attention, pas le fait que tu l'aies écrit, la règle qu'il énonce.
Déjà, cette règle me semble de nature à provoquer plein de situations injustes ou simplement contraires au programme du parti (de droite) au pouvoir en Île-de-France :
Si je suis mineur, à l'ASE, et que l'ASE décide qu'elle n'a pas le budget pour que je fasse des études, Valérie Pécresse va venir aggraver les choses en me demandant de rendre mon laptop ?
Si j'ai passé mon bac à 15 ans, mais que c'est un peu jeune pour aller à la fac, Valérie Pécresse va venir me punir et me demander de rendre le laptop ?
Si, après mon bac, j'ai entendu le clairon qui sonne, et que je me suis engagé dans les forces armées pour défendre mon pays, Valérie Pécresse va me demander de rendre mon laptop ?
Si j'ai été malade, pauvre, ou malchanceux pour une raison quelconque, une double peine va-t-elle être appliquée ?
Ensuite, je ne vois pas très bien à quoi sert la règle. On te file un PC à la limite de l'obsolescence, et 4 ans après, on se propose de te le reprendre ? Mais pour en faire quoi ? Le reprêter à un élève de seconde ? Sur quel critère choisit-on l'élève qui sera puni d'un PC vieux de 4 ans ? A-t-on pensé au calvaire du support technique, qui devra gérer un parc de plus en plus hétérogène ? Le plus probable, c'est que le PC sera juste détruit. On se retrouve donc à dédier une logistique (et de l'argent public) juste pour vérifier que les élèves font des études, parce que sinon on vient leur détruire leur PC. On a le droit de penser qu'il existe un meilleur usage de l'argent public que la destruction pure et simple de valeur.
Ça, ce sont les sources. Le mouton que tu veux est dedans.
Je n'arrive pas aux mêmes chiffres que toi. Je pars des données suivantes :
180 M€ sur deux ans
72476 lycéens à un instant t
En partant du principe que sur 2 ans, il faudra fournir des laptops aux élèves de seconde nouvellement arrivés en année 2, et que le lycée dure 3 ans, on arrive à 72476 * 4/3 = 96634 laptops.
Bon, on a des redoublements, de la perte, on arrondit à 100000, soit 10⁵ laptops. Les collégiens ne sont pas équipés (sauf au moment de l'entrée au lycée).
Prix du laptop : 1,8*10⁸ / 10⁵ = 1800€ (ça semble un peu lourd de réfléchir en puissances de 10, mais c'est le moyen le plus simple que j'ai trouvé pour ne pas me planter d'un zéro).
Mais du coup, c'est complètement discordant avec le prix affiché de 400€/laptop. Donc je me dis qu'on a raté un truc : soit le contrat couvre plus de 2 ans d'équipement, soit il couvre autre chose… Soit le chiffre est faux. Ça vient d'où, ce chiffre de 180 millions d'euros sur 2 ans ?
Ça, ce sont les sources. Le mouton que tu veux est dedans.
Toi, t'es le genre à voir un pied, tirer dedans d'abord, et te demander ensuite pourquoi tu as mal, non ?
Je te refais la conversation :
Moi : Bonjour DLFP, il y a un problème politique, ça contrevient à [principe 1][principe 2].
totof2000 : On s'en fout sur DLFP, en plus tu es militant, tu es pas objectif
Moi : Non mais indépendamment de la question d'être militant, c'est quand même un sérieux problème, non ?
Toi : C'est quoi ton problème avec les militants ?
Ben mon problème avec les militants, c'est que si, à ce moment de la conversation, je dis "oui, je suis militant", c'est fini, je prête le flanc à une attaque ad hominem, plus personne ne m'écoute, merci, au revoir. Au moment où je réponds, totof2000 est noté à quelque chose comme +4/-0 et mon journal à -4.
De manière plus générale, le problème que j'ai avec les militants, c'est qu'à part une petite minorité capable de prendre du recul, la majorité baignent tellement dans leur milieu qu'ils sont les pires ennemis des causes qu'ils prétendent défendre. Quand tu parles à un militant assumé, tu as régulièrement droit à des phrases comme :
Il est évident que [théorie extrêmement complexe et manifestement issue d'une longue construction logique, qui n'est évidente que pour celui qui l'énonce et qui baigne dans ce milieu depuis dix ans]
Variante : Depuis les travaux de Jean-Michel Trucmuche, on sait bien que [théorie] : c'est qui Jean-Michel Trucmuche ? A-t-il contrôlé que les corrélations qu'il met en évidence sont bien des causalités ? Depuis quand on cite un travail universitaire sans détailler sa méthodologie ?
[Longue diatribe sur les méfaits du capitalisme, truffée de vocabulaire spécialisé, et le lien avec tel ou tel problème] : même si c'est juste, et parfois ça l'est, tu as perdu ton interlocuteur dès que ton vocabulaire t'a identifié comme non objectif.
Donc non, je ne suis pas militant. Ça ne m'empêche pas d'avoir des convictions, et de les défendre, et si tu comptes mes interventions sur ce nourjal, tu t'en rendras facilement compte. Mais je n'ai aucune intention de fournir le bâton pour me faire battre dès le deuxième commentaire, alors que mon journal est noté en négatif et que le premier commentaire est au vitriol.
Ça, ce sont les sources. Le mouton que tu veux est dedans.
Ah mais si on veut le faire, il faut le faire. Par contre, le deal, c'est que quand on sort de la sphère privée pour devenir une personne publique, on accepte la critique. Ce qui ne semble pas être le cas ici, pour rester poli.
Ça, ce sont les sources. Le mouton que tu veux est dedans.
En ce qui concerne Frédéric Henry, tu as sans doute raison. Mais concernant Phal, le réalisateur du documentaire, tu oublies une étape : il était le propriétaire et le webmaster du principal rézosocio francophone dédié au JdS de l'époque, à une époque où le web était beaucoup plus décentralisé et pas concentré sur Twitter, Facebook, Instagram et Reddit. Tric Trac, c'était le DLFP du jeu de société et il avait tout pouvoir dessus (renforcé par le fait que c'était à l'époque une entreprise, dont il était le gérant, donc adieu les contrepoids démocratiques).
Ça, ce sont les sources. Le mouton que tu veux est dedans.
Pour la petite histoire, j'ai rédigé ma première réponse avant de regarder la vidéo, puis j'ai cliqué sur le lien et j'ai vu ce commentaire, justement. J'ai été scotché par l'acharnement de ce type à donner raison à ceux qui le critiquent.
Du coup je n'arrive pas à savoir si les commentaires youtube, dithyrambiques, ne sont pas du second degré en référence à ce commentaire épinglé.
Ça, ce sont les sources. Le mouton que tu veux est dedans.
En fait, ça renvoie à la question bien plus générale de comment tu dépenses ton budget loisirs, qu'il s'agisse d'un budget en temps ou en argent.
Le jeu de société moderne, comme tout loisir, impose d'y consacrer deux ressources : de l'argent et du temps. Et ces deux ressources sont rares. Pire : le jeu de société impose d'y consacrer le temps des autres (et donc notre crédibilité en tant que prescripteur).
On peut jouer à Catane, adorer le jeu, et ne jouer qu'à Catane. Il y a des gens dont c'est le hobby et ça leur convient très bien. Tout comme il y a des gens qui vont jouer des dizaines voire des centaines de parties d'échecs, de go ou de poker. Avec une notion de progression personnelle qui rend l'activité comparable à un sport.
Ou alors, on peut faire 4, 5, 10 parties et avoir envie de neuf. Ou on peut vouloir continuer à jouer à un jeu mais avoir des copains qui eux ne veulent plus le voir sortir. Donc on va en trouver un autre. Avec l'ampleur de la production actuelle, la question devient très vite : lequel ? Sur quel jeu vais-je engager mon argent, mon temps et celui de mes amis ?
Là, déjà, ce n'est plus "des pions et des cartes". C'est du temps, de l'argent, c'est de l'investissement de ressources rares. Et là je ne me place que du point de vue du joueur ! Du point de vue de l'éditeur, c'est systématiquement un gros risque financier de lancer un jeu. Du point de vue de l'auteur, sortir un jeu, c'est offrir son ego en pâture. Un jeu, c'est une œuvre de l'esprit. Tous ceux qui ont mis leurs tripes dans un journal sur DLFP l'ont vécu, mais pour un jeu, on vise une audience considérablement plus large ! Noter que là, on est en plein dans la dérive progressive décrite par arnaudus.
Le résultat, c'est qu'assez naturellement, vont se développer des plateformes pour aider les joueurs à choisir le bon jeu pour eux. Bien sûr, le bon jeu pour une personne n'est pas le même que pour une autre, donc déjà, il n'existe pas de "bon jeu" dans l'absolu. Par contre, il en existe des mauvais. Dans une activité où on cherche à avoir un impact sur nos chances de réussite, un jeu de hasard pur est vite frustrant. Un jeu où un joueur démarre la partie avec des chances excessivement élevées de gagner quoi que fasse l'adversaire aussi. Or il en va des jeux comme des livres et des films : on ne peut juger de la qualité du produit qu'après l'avoir payé. On a donc assez facilement le sentiment de s'être fait arnaquer.
C'est exactement ce qui s'est passé pour Conan. Le jeu arrive via Kickstarter, à un moment dans l'histoire du JdS où les joueurs commencent à demander des jeux exigeants, engageants. Les éditeurs savent très bien que ce type de jeu correspond à une niche : tirage vraisemblablement faible (car peu de joueurs suffisamment passionnés), coût élevé en matériel et en temps de test. Tester un jeu complexe, c'est au moins 1000 parties, du coup ce n'est pas la même limonade si les parties durent 15 minutes ou 4 heures. Donc Kickstarter fournit l'outil parfait : on sait exactement, à l'avance, combien de copies on va vendre, on élimine le risque financier, et si le Kickstarter marche bien, on rajoute des copies au moment de la production pour vendre le jeu en boutiques.
Le Kickstarter de Conan, très visuel, très engageant, a super bien marché. L'éditeur a donc ajouté plein de copies à vendre en magasin. Problème : les copies Kickstarter ont été livrées avant les copies magasin (normal, par respect pour les soutiens Kickstarter, qui supportaient tout le risque), mais les joueurs ont été très déçus. Pour un jeu qu'ils avaient payé 135$ + frais de port et attendu plusieurs mois, le gameplay ne suivait pas, ils avaient l'impression que les joueurs n'avaient pas d'impact sur la partie : le jeu comprenait plusieurs scénarios, certains extrêmement déséquilibrés en faveur du groupe des aventuriers, les autres en faveur du joueur contrôlant les monstres (Conan est un jeu du type "tous les joueurs contre le MJ"). Les joueurs ne se sont donc pas privés de le dire un peu partout sur Internet, et la déception a été à la hauteur de l'attente. À tel point que le jeu s'est cassé la figure en boutique, une première pour un financement participatif de cette ampleur.
Alors, fallait-il partir en flamewars et en raids sur des forums ? On pourrait répondre non de principe. On pourrait aussi faire remarquer que ce type de réponse coordonnée est souvent la seule réponse offerte au consommateur face à la communication d'une entreprise qui, elle aussi, joue son avenir financier. Il est intéressant de comparer l'attitude de Monsieur Phal, critique de jeux et webmaster de Tric Trac. En tant que critique, il était toujours déférent envers les auteurs et les éditeurs. En tant que webmaster, il n'hésitait pas à être franchement cassant vis-à-vis d'un forumeur lambda. Forcément, le message que ça renvoie, c'est celui d'une collusion, au moins en apparence (je ne sais absolument pas s'il y avait réellement collusion). On se retrouve donc avec des joueurs déçus, qui se rendent bien compte qu'ils ne sont pas les seuls, et qui ont le sentiment que les critiques de jeu professionnels sont achetés. Forcément, la seule réponse possible était de sortir du cadre "institutionnel" classique.
In fine, quand une personne se sent lésée et que la réponse non-violente est indisponible, la solution violente devient tentante. Quand en plus c'est un groupe qui est lésé et qu'il est capable de s'identifier en tant que groupe, la réponse violente devient inévitable. Et ça, ce n'est absolument pas spécifique du jeu de société, c'est un mécanisme extrêmement général, et c'est devenu encore plus facile à l'ère de l'information.
Ça, ce sont les sources. Le mouton que tu veux est dedans.
[^] # Re: Préparez le pop-corn
Posté par Liorel . En réponse au lien Spain’s youth minister floats countrywide ban on X. Évalué à 7 (+6/-1).
Le Twitter d'il y a 10 ans, je t'aurais dit non sans aucune ambiguïté.
Le Twitter d'aujourd'hui, qui est devenu un regroupement de fachos, dirigé par un facho, où les bruits de bottes le disputent aux retweets de bots… Je serais beaucoup moins affirmatif, d'autant que des services alternatifs existent et que la seule valeur de Twitter, c'est son historique, historique qui est justement pollué par ce que je viens d'évoquer.
Par contre, assez paradoxalement, les questions de pédopornographie, pour lesquelles Twitter est actuellement poursuivi, me dérangent beaucoup moins. Si c'est pour partager des images générées par IA et qu'il n'y a pas de victime, alors je serais enclin à laisser les pédophiles tranquilles et je préfère qu'ils se soulagent sur de faux enfants que sur des vrais (je sais que la loi ne va pas dans mon sens, mais on doit pouvoir critiquer la loi, c'est l'essence de la discussion politique). Par contre, il faut impérativement vérifier qu'il n'y a réellement pas de victime.
Et ça n'excuse absolument pas les appels à la haine.
Ça, ce sont les sources. Le mouton que tu veux est dedans.
[^] # Re: en Allemagne également
Posté par Liorel . En réponse au lien L’Espagne s’apprête à interdire les réseaux sociaux aux moins de 16 ans. Évalué à 6 (+4/-0).
C'est aussi l'âge. Le milliardaire moyen est un homme de plus de 50 ans (il y en a de moins de 50 ans, mais ce sont des outliers). Pour une raison simple : dans un monde où la plus grande part de ton patrimoine est héritée, ça aide d'avoir des parents morts. Et pourquoi un homme ? Pour une raison simple : le parent milliardaire lègue en général sa fortune à celui qu'il juge le plus méritant (la notion de part réservataire n'existe pas aux USA), et c'est à peu près toujours un homme.
Oh, il y a aussi la petite part de self-made milliardaires : Bill Portes, Mark Pain-de-sucre… Mais vu qu'il est impossible d'acquérir un milliard de dollars via un travail honnête, la prime va à ceux qui savent le mieux tricher, poignarder les autres dans le dos et voler le fisc. Et à ce petit jeu-là, les hommes gagnent la main. Selon que tu es alt-right ou woke, tu expliqueras ça par la testostérone ou l'éducation différentielle, et la réponse juste est probablement un mix des deux.
En fait, je ne connais qu'un seul exemple de personne qui soit devenue milliardaire par son seul travail, sans voler et sans faire fructifier un patrimoine pré-existant, c'est Taylor Swift. Comme par hasard, c'est une femme.
Ça, ce sont les sources. Le mouton que tu veux est dedans.
[^] # Re: Préparez le pop-corn
Posté par Liorel . En réponse au lien Spain’s youth minister floats countrywide ban on X. Évalué à 5 (+3/-0).
J'aime bien la façon dont est rédigé l'article 4 de la déclaration des droits de l'homme et du citoyen : la liberté consiste à pouvoir faire tout ce qui ne nuit pas à autrui. La liberté d'expression est prévue à l'article 11, mais elle est déjà limitée : "sauf à répondre de l'abus de cette liberté dans les cas déterminés par la loi". Et comment on rédige la loi ? Facile, c'est prévu à l'article 5 : "La loi n'a le droit de défendre que les actions nuisibles à la société".
De tout ça, il découle assez naturellement qu'il est évident pour les révolutionnaires que la liberté d'expression peut tout à fait être employée de manière nuisible à autrui ou à la société (cette dernière n'étant d'ailleurs que le regroupement des autruis), et quand on voit le nombre d'exécutions pour des écrits contre-révolutionnaires, ils en ont bien tenu compte.
Alors, certes, la Révolution Française, c'était il y a 200 ans, mais il y a un principe qui n'a pas changé : l'essence du politique en démocratie, c'est d'arbitrer les cas de figure où les libertés des uns et des autres entrent en collision, et d'établir des priorités (en dictature c'est un poil différent). Or je ne vois pas très bien pourquoi la liberté d'expression, par exemple, devrait systématiquement primer sur toutes les autres. Il est évident qu'il faut la protéger et qu'il faut lui accorder une protection importante, voire très importante, mais pas absolue. Si je me sers de ma liberté d'expression pour appeler à la mort des juifs, des noirs ou au rétablissement de l'esclavage, j'entre clairement en collision avec les libertés d'autrui. Si, au prétexte de la liberté d'expression, je me fais passer pour un hôpital en cherchant à faire obstruction au droit à l'IVG, je nuis clairement aux libertés d'autrui. Et on évacue un peu vite une notion habituellement chère à la droite, la notion de responsabilité. Si ce sont les autres qui paient le prix de ma liberté d'expression et que ce prix est disproportionné, alors peut-être que c'est à moi d'en subir les conséquences.
Ça, ce sont les sources. Le mouton que tu veux est dedans.
# Le problème des usages
Posté par Liorel . En réponse au lien Illectronisme : les difficultés des jeunes face au numérique. Évalué à 7 (+5/-0).
Le premier commentaire est excellent et je le reproduirais in extenso si je n'avais pas peur des questions de droit d'auteur. Je le complèterais cependant en faisant remarquer que la "dématérialisation" d'un service s'accompagne souvent d'une dépersonnalisation, au sens où on réalise d'importantes économies de personnel en reportant en réalité le travail sur le client ou l'usager. Il s'ensuit un paradigme où l'usager, en lieu et place de droits, a surtout des contraintes pour faire valoir ces droits.
Je note aussi que, si les jeunes n'ont jamais été aussi connectés aux applis, ils n'ont jamais été aussi déconnectés du support, et même de certains concepts fondamentaux en informatique (comme la notion de fichier).
En effet, sous Linux, et depuis Unix, on est habitués au paradigme "tout est fichier". Ça reste assez vrai sous Windows. Mais sur un smartphone, le paradigme devient "tout est usage". À aucun moment, l'utilisateur d'un smartphone n'a besoin de s'intéresser au nom d'un fichier ou à l'arborescence du système de fichier. Tout est passé de façon transparente d'une appli à l'autre et cette transparence a un coût : elle ne sensibilise pas l'utilisateur à la nature des objets informatiques sous-jacents, ni, par ricochet, aux questions centrales de qui a la donnée et qu'est-ce qu'il peut en faire.
J'ai par exemple sur mon téléphone une application qui fait calculatrice scientifique, avec des fonctions usuelles comme log, sin, cos, élévation à une puissance quelconque et évaluation d'expression complexes comme
. Cette application n'a aucun besoin de se connecter à Internet, tout est calculé en local. Mon premier réflexe a donc été de lui couper l'accès au réseau via l'OS, par sécurité. Mais pour être capable de tenir ce raisonnement, encore faut-il être capable de raisonner en termes de qui a quelles données et que peut faire un programme sans l'afficher. Et ça, aucune appli moderne pour téléphone ne permet de le comprendre si on ne l'a pas appris par ailleurs.
Ça, ce sont les sources. Le mouton que tu veux est dedans.
[^] # Re: Totalement HS : l’EFS a revu sa position
Posté par Liorel . En réponse au lien Tolérer l’intolérance ? Comment gérer les intolérants dans une communauté ?. Évalué à 3 (+1/-0).
J'ai pas abordé le sujet parce que ce n'est effectivement pas le sujet, mais tu as effectivement raison de le souligner. C'est d'ailleurs pour ça que j'en parlais au passé ;).
Ça, ce sont les sources. Le mouton que tu veux est dedans.
[^] # Re: Gérer ?
Posté par Liorel . En réponse au lien Tolérer l’intolérance ? Comment gérer les intolérants dans une communauté ?. Évalué à 5 (+3/-0).
De nos jours, ça serait plus la baie vitrée d'Overton. Voire la véranda d'Overton. Et ça tend vers la serre d'Overton.
Ça, ce sont les sources. Le mouton que tu veux est dedans.
[^] # Re: Merci pour les exemples
Posté par Liorel . En réponse au lien Tolérer l’intolérance ? Comment gérer les intolérants dans une communauté ?. Évalué à 3 (+2/-1).
En droit, oui. Mais les inégalités ne sont pas que légales. Les femmes touchent en moyenne moins que les hommes. Les noirs ont en moyenne moins de patrimoine que les blancs, surtout en Martinique. Comment on adapte le droit pour corriger ces inégalités ? Faut-il les corriger ? Ce n'est pas une question légale, mais morale, au sens de définir ce qui est bien ou mal. Aux USA, l'affirmative action est clairement discriminatoire : est-elle une bonne ou une mauvaise chose ? Ça, ce n'est pas une question légale mais morale. Risque-t-elle d'être instrumentalisée par des racistes, voire de générer du racisme ? Clairement, mais certains américains ont considéré que les bénéfices en termes d'égalité dépassaient les risques et ont décidé de la mettre en place. D'autres non. C'est un débat légitime.
C'est pratique, ces jugements à l'emporte-pièce, mais ce n'est pas opérationnel. On a justement besoin de pouvoir aborder ces sujets sans s'échauffer et sans postuler d'office que notre contradicteur est d'extrême droite.
Prenons l'exemple de l'affirmative action. C'est clairement un sujet adoré de l'extrême droite, mais on doit quand même pouvoir en débattre sereinement. L'idée de base est que les noirs ayant des taux d'admission plus bas que les blancs dans les universités américaines, on abaisse les seuils d'admission pour les postulants noirs.
Sur le papier, ça semble positif. En pratique, dès qu'on rentre dans les détails, ça devient très compliqué. Il est évident qu'un enfant de millionnaires noirs sera avantagé par sa naissance, bien plus qu'un enfant d'ouvriers blancs. Faut-il le faire bénéficier de l'affirmative action ? Encore plus complexe : les asiatiques ont en général des taux d'admission encore supérieurs à ceux des blancs, notamment en raison de l'extrême valorisation du travail personnel (et de la pression) dans les communautés asio-américaines. Faut-il leur appliquer des critères encore plus restrictifs, ce qui aboutirait, pour le coup, à une véritable discrimination, négative, envers les asiatiques ?
Et bien sûr que les progressistes doivent s'emparer de ces questions, les penser, et y apporter des réponses progressistes. Parce que sinon, ils laissent un boulevard intellectuel à l'extrême droite. Ce qui est exactement en train d'arriver dans le débat public tazunien.
Ça, ce sont les sources. Le mouton que tu veux est dedans.
[^] # Re: Merci pour les exemples
Posté par Liorel . En réponse au lien Tolérer l’intolérance ? Comment gérer les intolérants dans une communauté ?. Évalué à 6 (+5/-1).
Allez, il y a un plat, il serait dommage de ne pas mettre les pieds dedans ;)
Le fond du problème, à mon sens, est que tout racisme, et de manière générale toute essentialisation, provoque chez la personne qui le subit un réflexe de défense qui finit, de façon assez fréquente, par devenir à son tour un racisme. J'aimerais trouver une base théorique à ceci, pour le moment ça n'est que la théorie de Liorel sur le racisme, et c'est un peu léger.
Je vais prendre un exemple : mon grand-père. Il a été l'un des plus jeunes résistants de France, peut-être le plus jeune (c'est du moins ce qu'il racontait), embarqué par son propre père dans la Résistance à 13 ans (son père était commissaire de police à Alger, il est rentré en métropole pour s'engager dans la Résistance alors qu'il aurait très bien pu ne rien faire). Son frère a été torturé par les nazis. Lui-même en a vu des vertes et des pas mûres, a fait sauter des ponts, etc. Arrive la fin de la guerre, il rentre en Algérie, il fait ses études de médecine. Il est choqué par la discrimination subie par les Algériens. Il finit, en tant que Français, par se faire jeter par le FLN.
Il n'en a jamais voulu aux Algériens, il n'était pas raciste pour deux sous. Sauf à l'égard des Allemands. Depuis la guerre, et même largement après la réunification de l'Allemagne, l'Union Européenne et tout, il n'a pas pu voir un Allemand en peinture. Il savait bien que ce n'était pas rationnel, mais c'était plus fort que lui.
Prenons un exemple nettement plus polémique, parce que bon, mon grand-père, vous vous en foutez ;)
Les juifs ont subi, au cours de la seconde guerre mondiale, ce que le racisme pouvait produire de pire. Ils ont été méthodiquement exterminés parce que juifs, sans aucune autre raison que le racisme pur et dur. Ils ont réagi en formant un état juif, où ils seraient en sécurité : Israël. Problème : la zone était déjà habitée. Qu'à cela ne tienne, ils en ont délogé les habitants, et comme on était juste après la seconde guerre mondiale, et que ça faisait mauvais genre de virer des gens juste parce qu'ils étaient là, on leur a inventé toute une ribambelle de prétexte à les délégitimer. Résultat : des juifs, qui "ne pouvaient pas devenir racistes après la Shoah", se sont comportés de façon tout à fait raciste. Ce qui a généré en retour un racisme débridé chez les palestiniens… Eux-mêmes racisés ! La suite, on la connaît : 70 ans de discriminations contre les palestiniens, les attentats du 7 octobre, selon un mode opératoire dégueulasse mais prévisible, et une riposte tout aussi dégueulasse d'Israël.
Pourquoi dégueulasse ? Dans les deux cas, pour la même raison : parce que les auteurs de violences s'en sont pris à des civils, sans discrimination sur ce qu'ils faisaient, sans se poser de questions sur l'individualisation de l'agression. Les israéliens sont attaqués le 7 octobre parce qu'israéliens et donc coupables de tous les crimes de tous les israéliens. Les palestiniens sont massacrés par la riposte parce que palestiniens et donc coupables de tous les crimes de tous les palestiniens. L'essentialisation, c'est ça : englober un tout sans le dissocier en ses parties.
Bien sûr, ça dépasse complètement la question des israéliens et des palestiniens. On pourrait parler de l'esclavage dans le sud des USA et de son héritage actuel. On pourrait parler de l'esclavage en France, principalement aux Antilles, et de ses conséquences persistantes. On peut remarquer qu'il existe un courant (minoritaire) du féminisme qui revendique la détestation des hommes, soit de façon provocatrice mais sans réelle intention de nuire, soit de manière sincère. Un des problèmes de ce contre-racisme, ou de cette contre-essentialisation dans le cas plus général, est qu'il est systématiquement monté en épingle par d'authentiques racistes. Ce n'est pas si grave d'être sexiste, les féministes détestent bien les hommes ! On a bien raison de discriminer les palestiniens, regardez ce qu'ils nous font quand on leur laisse une once de liberté !
Alors qu'est-ce qu'on fait ?
Déjà, on lutte farouchement contre le racisme à visage découvert, y compris quand il survient en réaction à un racisme subi. Un racisme + un contre-racisme, ça ne fait pas 0 racisme, ça fait 2 racismes. On rappelle que les personnes ne sont pas des noirs, des blancs, des juifs, des arabes : ce sont des individus, et la différence entre deux juifs peut très bien être supérieure à celle entre un juif et un non-juif.
Ensuite, on exige des clarifications. Explicit is better than implicit, ça n'est pas spécifique à Python. Quand une personne sur Internet s'adonne au dogwhistling, on lui fait préciser. On demande des faits vérifiables et on les vérifie. C'est parfaitement exact que les Européens ont moins d'intolérance au lactose et plus de mucoviscidose que le reste de la population mondiale, c'est génétique, mais ça ne permet pas de fonder une discrimination. Affirmer qu'ils ont un QI plus élevé que le reste du monde… ne permettrait pas de fonder une discrimination, parce que chacun a un QI différent de toute façon. En plus, c'est faux. Et ainsi de suite. "Toutes les femmes aiment se faire emmerder par des gros lourds", c'est faux. "Tous les hommes sont des violeurs", c'est faux aussi (par contre, "face à un homme donné, il est impossible de savoir a priori si c'est un violeur ou non" est probablement exact mais ne permet pas de fonder une discrimination).
Une fois qu'on a fait ça, des allégations factuelles, exactes, et permettant de fonder une discrimination généralisée, il en reste extrêmement peu. La seule que j'aie en tête est "les hommes ayant des relations sexuelles avec des hommes ont une probabilité plus élevée d'avoir le VIH que les hommes non HSH". C'est vrai (d'un facteur 10 à 100, ce qui n'est pas négligeable) et ça a longtemps justifié de les exclure du don du sang puisque l'EFS part du principe qu'avec une proba 10 à 100 fois plus élevée a priori, même avec un test négatif, on garde une proba 10 à 100 fois plus élevée d'avoir un faux négatif (le niveau d'exigence de l'EFS est encore plus élevé que la marge d'erreur des tests disponibles et ce niveau d'exigence ne peut être atteint qu'avec des précautions en plus des tests biologiques). Mais donner son sang n'est pas un droit et ne confère aucun avantage puisque le don doit être gratuit et désintéressé.
Et après ? Il reste le racisme (ou l'essentialisation) "systémique", celui qui diffuse dans les comportements de la vie de tous les jours. Déjà, il faut remarquer que c'est un problème de riches : le problème du racisme de Trump ou du FN, ce n'est pas le racisme systémique, c'est le racisme à visage découvert ! Ensuite, généralement, le problème de ce type de racisme n'est pas tant dans son expression individuelle que dans ses conséquences à l'échelle globale, qui ne se voient que de manière statistique. Oui, les femmes font des études moins rémunératrices que les hommes, c'est une évidence au niveau statistique. Mais sur le terrain, il est impossible d'identifier, pour une femme donnée, si elle a ce diplôme parce qu'elle a été discriminée. Et il est très difficile de mettre en place des corrections ciblées et non discriminatoires. Et parfois, c'est une mauvaise idée. Les noirs sont plus pauvres que les blancs ? C'est exact, mais c'est aussi parce que les blancs héritent de parents plus riches et que l'héritage joue un rôle considérable dans la constitution d'un patrimoine. Peut-être que la solution est de gommer les inégalités d'héritage, solution qui bénéficierait d'ailleurs aux blancs pauvres. Les femmes font des études moins rémunératrices que les hommes ? C'est parfaitement exact, mais cette étude présente un argument intéressant : c'est surtout parce que les hommes ont plus de pression familiale au moment du choix d'orientation. Est-ce que la solution ne serait pas de laisser plus de liberté aux hommes et de moins les contraindre ?
Noter d'ailleurs que le racisme caché et le racisme systémique sont des moteurs importants du développement d'un contre-racisme : c'est parce qu'on suspecte tous les autres d'être racistes qu'on se défend contre tous et qu'on devient raciste. Les féministes qui ont développé et théorisé la misandrie ne sont pas majoritaires au sein du féminisme, loin de là : il s'agit d'une petite minorité qui considère que, parce qu'on ne peut pas savoir a priori si un homme est un violeur, il faut tous les considérer comme tels jusqu'à preuve du contraire (et le contraire n'est pas prouvable).
En guise de conclusion de mon pavé beaucoup trop long, l'égalitarisme est un objectif complexe, l'enfer est pavé de bonnes intentions, et il est facile de prendre un authentique égalitariste pour un immonde raciste, justement parce qu'il est difficile de définir l'égalité, et encore plus difficile de définir l'équité. Et d'ailleurs, il est tout à fait possible de démarrer égalitariste et de finir raciste : voir Caroline Fourest, Michel Onfray, la dynastie Klarsfeld. Mais lutter contre le racisme affiché est déjà un bon début, et obliger le raciste masqué à se démasquer une bonne continuation. Pour le reste, savoir où on met le curseur entre liberté, égalité, où s'arrête la liberté des uns et où commence celle des autres quand on a déjà posé ces bases-là… C'est l'essence du débat politique !
Ça, ce sont les sources. Le mouton que tu veux est dedans.
[^] # Re: Et la dignité, bordel !
Posté par Liorel . En réponse au journal Scott Adams Bronsonisé. Évalué à 10 (+16/-6).
C'est marrant cette tendance de l'extrême droite à utiliser sa propre liberté d'expression pour intimer à tous les autres de se taire.
Donc, encore et toujours : oui, tu as une liberté d'expression. Scott Adams avait une liberté d'expression (je rentre même pas dans le débat "le racisme est pas une opinion c'est un délit", j'en ai pas besoin pour mon argumentation). Mais il y a une réciprocité. Si une personne se comporte comme un sale con raciste et revendique sa liberté d'expression, la mienne implique automatiquement que j'ai le droit d'exprimer publiquement que je le considère comme un sale con raciste.
Ce dont je ne vais pas me priver :)
Ça, ce sont les sources. Le mouton que tu veux est dedans.
[^] # Re: Follow the moula + 1
Posté par Liorel . En réponse au lien Après "l'âge d'or" et les "âges sombres", la "renaissance" du bureau Linux. Évalué à 4 (+2/-0).
Maintenant que tu le dis, je me souviens que la première fois que j'ai testé un Linux, c'était avec un liveCD d'Ubuntu, et je n'avais pas réussi à avoir un bureau : j'avais fini par trouver qu'il fallait éditer le xorg.conf avec nano.
J'avais été obligé d'imprimer la page de la doc parce qu'à l'époque, pas de smartphones donc le seul moyen d'y accéder (à la doc) était d'utiliser le boot qui marchait, Windows. Évidemment, c'était un liveCD, donc l'edit du xorg.cong n'était pas persistant : il fallait refaire le même edit à chaque boot.
Un type normal se serait dit "ça marche pas ce truc, je laisse tomber". Moi, je me suis dit que le meilleur moyen de le rendre persistant, c'était d'installer Ubuntu sur la machine.
Rétrospectivement, c'était très con. Ou un coup de génie. Peut-être les deux.
Ça, ce sont les sources. Le mouton que tu veux est dedans.
[^] # Re: Follow the moula
Posté par Liorel . En réponse au lien Après "l'âge d'or" et les "âges sombres", la "renaissance" du bureau Linux. Évalué à 2 (+0/-0).
Mon point, c'est justement que contrairement à ce qu'indique l'auteur, Mac OSX n'est pas la raison du non-décollage de Linux sur le desktop.
Donc argumenter qu'OSX était un concurrent médiocre à Windows va dans le sens de ma thèse et je t'en remercie :).
Ça, ce sont les sources. Le mouton que tu veux est dedans.
# Follow the moula
Posté par Liorel . En réponse au lien Après "l'âge d'or" et les "âges sombres", la "renaissance" du bureau Linux. Évalué à 7 (+5/-0).
Mouais, je suis pas convaincu.
L'auteur nous sort un très long article pour attribuer la traversée du désert de Linux à Mac OSX, et sa "renaissance" de à Docker et consorts. C'est oublier que :
De plus, l'auteur oublie un point : pour la plupart des utilisateurs, Flatpak, c'est justement un truc à apprendre ! Il le promeut comme ce qui marche out-of-the-box sans rien avoir à apprendre : je n'ai jamais vu un PC faire ça. Windows fait cette promesse, ça fait des machines cassées au bout de 6 mois. Un PC, c'est comme une voiture, une machine à laver ou un couteau de cuisine : ça s'entretient. Et un PC est un système complexe, où le vendeur ne sait pas ce que va vouloir l'utilisateur, donc il ne peut pas prévoir l'entretien à l'avance. L'utilisateur est obligé d'apprendre. Tout comme il a intérêt à apprendre à aiguiser un couteau et à curer l'évacuation de sa machine à laver.
Mais l'essentiel est ailleurs. L'auteur situe la renaissance de Linux au début des années 2020. Ça correspond à un moment bien précis : la fin de la présidence Trump, l'arrivée du Covid, la guerre en Ukraine. La présidence Trump a aiguisé l'appétit financier d'à peu près toutes les grosses boîtes de la Terre, les gros éditeurs logiciels ne faisant pas exception. C'est le développement d'une pratique jusqu'ici honnie : le rachat d'actions, qui permet de redistribuer beaucoup d'argent aux actionnaires, en payant assez peu d'impôts dessus. Corollaire : il faut réaliser de gros bénéfices. Coup de bol : le Covid et la guerre en Ukraine sont à l'origine d'un début d'inflation. De nombreuses boîtes vont alors communiquer comme quoi elles sont obligées d'augmenter leurs prix, elles en sont désolées… Et dans le même temps, leurs marges vont s'envoler. On a appelé cette inflation la "greedflation", et ce n'est pas pour rien.
Début des années 2020, c'est un moment où les prix ont pris un sacré coup, et les logiciels ne font pas exception. On passe du modèle One-time-payment à des paiements récurrents, à des logiciels chers, à des anti-features généralisées qu'on peut désactiver en payant. Et ça, les utilisateurs ne sont pas dupes : ils comprennent bien qu'un logiciel fait par et pour les utilisateurs les servira mieux. Et ce, pour les particuliers comme les pros : ma femme est autoentrepreneuse, elle en a pour 2000€ par an de logiciels, et même pas des logiciels très spécifiques : on parle de la suite Adobe ou d'Office 365 ! Juste pour continuer à utiliser les logiciels, alors que 5 ans auparavant, on payait une fois, et basta. Évidemment que dans ces conditions, l'open source / le libre devient tentant, même si pour le moment elle a peur de devoir tout réapprendre.
Donc si renaissance il y a, elle est autant sinon plus liée à la merdification des alternatives. Linux reste complexe, mais entre le logiciel qui te somme de payer sinon il déconne volontairement et le logiciel qui nécessite un apprentissage mais qui t'obéit sans réfléchir, les utilisateurs ont choisi.
Noter d'ailleurs que le paragraphe sur Steam est assez juste, mais que l'arrivée de Proton s'inscrit aussi dans une logique de guerre entre deux boîtes, Valve et Microsoft, dont aucune n'est toute blanche, même pas Valve.
Bref, qui vivra verra. Si le logiciel proprio continue de se merdifier à vitesse grand V, le Libre deviendra une alternative de plus en plus en plus séduisante et finira par le supplanter. Si les éditeurs proprios prennent conscience qu'ils sont en train de scier la branche sur laquelle ils sont assis, on peut espérer un assainissement de la situation. Dans les deux cas, les utilisateurs sont gagnants.
Ça, ce sont les sources. Le mouton que tu veux est dedans.
# En France, yadutaf
Posté par Liorel . En réponse au journal L'Europe collecte les retours d'expérience pour créer la future stratégie en matière d'Open Source. Évalué à 10 (+10/-0).
Comme déjà dit ailleurs, je bosse en ARS.
Le moins qu'on puisse dire, c'est que la situation de l'opensource/libre, c'est pas beau à voir. Je peux passer une semaine complète de travail sans lancer un seul logiciel non-Microsoft.
Les outils web ? On est priés d'utiliser Edge, qui est "le navigateur de référence au sein du ministère". Firefox ? À éviter, au vu de la situation instable de la fondation Mozilla.
Le mail ? Outlook. Les réunions à distance ? Teams. La rédaction de procédures ? Word. La lecture de procédures ? Word aussi, la moitié des collègues négligent de passer la version finale en PDF. Les questionnaires structurés ? Des feuilles Excel. Je passe sur les inévitables Powerpoint…
Bon allez j'exagère, il y a un outil non-Microsoft, et même libre, que j'utilise : Keepass. Assez bizarrement, il est installable par la DSI, il n'y a même pas besoin de se battre, mais personne n'en fait la promotion alors qu'on a tous les ans des campagnes sur la cybersécurité.
Bref, j'espère qu'un jour les belles paroles de la DINUM concernant la pertinence du Libre au sein de l'État se concrétiseront en actes. Pour le moment, je n'en vois pas le début du commencement.
Ça, ce sont les sources. Le mouton que tu veux est dedans.
[^] # Re: ???
Posté par Liorel . En réponse au lien Une hacktiviste supprime en direct des sites web suprémacistes blancs [trad. de l'allemand]. Évalué à 4 (+2/-0).
Enfin tu as la vidéo ici :
https://www.youtube.com/watch?v=dNxc8YKHlpw&t=1s
L'"entrave à la circulation", c'est une manif tout à fait banale. Et c'est là qu'on voit que c'est les Tazunis et pas l'Europe. Parce qu'en Europe, il y a un truc qui s'appelle la CEDH (cour européenne des droits de l'homme), qui fait appliquer un truc qui s'appelle la CEDH (convention européenne des droits de l'homme), et qui juge constamment que certaines activités qui seraient délictuelles dans d'autres contextes sont protégées lorsqu'elles sont une composante indissociable de la liberté d'expression. Ça a ses limites : tu n'as pas le droit de saccager un macdo ou une banque en marge d'une manif, mais tu as très clairement le droit d'entraver la circulation pour manifester. Et on le voit très régulièrement en France et personne ne pense à poursuivre. Et pourtant, l'entrave à la circulation, en théorie, c'est 2 ans de prison et 4500€ d'amende.
Ça, ce sont les sources. Le mouton que tu veux est dedans.
[^] # Re: X
Posté par Liorel . En réponse au lien Windows 12, l'OS de trop. Évalué à 5 (+3/-0).
Enfin on ne lui reprochera pas trop fort non plus : le mot est dans l'URL, qui est elle-même assez claire : il y a le média (le Monde Informatique), la catégorie d'article (édito), et même le titre de l'article.
Ça, ce sont les sources. Le mouton que tu veux est dedans.
[^] # Re: Ça et autre chose
Posté par Liorel . En réponse au journal L'IA va-t-elle tuer les réseaux sociaux ?. Évalué à 10 (+13/-1).
On ne parle pas, mais alors pas du tout du même phénomène.
Dans l'exemple que tu cites, une grande quantité de graisse (mais ça pourrait être n'importe quelle matière organique) a été déversée ponctuellement. Elle a été consommée par les bactéries de l'eau, ce qui est, au passage, la définition de la biodégradation. Problème : le catabolisme des graisses nécessite de l'oxygène. Les bactéries ont donc épuisé l'oxygène dissout, ce qui est aggravé par le fait que l'oxygène est en fait assez peu soluble dans l'eau (c'est la raison pour laquelle nous avons de l'hémoglobine). Donc tous les animaux à branchies en aval (notamment les poissons, et plus spécifiquement les plus gros, car ce sont ceux qui ont le plus de besoins métaboliques) ont manqué d'oxygène et sont morts.
Dans le cas du plongeur, on parle de quelques grammes dilués dans un océan. Aucune chance que la biodégradation de ces quelques grammes de graisse aillent épuiser l'oxygène. Ils vont modifier très marginalement et très ponctuellement la concentration en oxygène dissout, de manière probablement imperceptible.
On parle donc ici d'une pollution fortement non linéaire, avec un effet de seuil assez marqué. Là ou 1g de plastique ou de mercure s'accumulera, et s'ajoutera à un autre gramme de la même substance, 1g de suif aura probablement un effet nul, alors qu'une tonne de graisse aura un effet non négligeable.
Ça, ce sont les sources. Le mouton que tu veux est dedans.
[^] # Re: si elles ne sont pas vaccinées elles sont exportables ?
Posté par Liorel . En réponse au journal Dermatose nodulaire bovine. Évalué à 10 (+13/-0).
Il s'agit d'un vaccin à virus vivant atténué. Comme tout vaccin à virus vivant atténué, il fonctionne en infectant avec une forme minimale, non grave, de la maladie. Cependant, tous les vaccins à virus vivant atténué exposent au risque de vraie grosse forme grave en cas d'immunodépression. C'est pour ça qu'on ne vaccine pas les femmes enceintes contre la rougeole alors même qu'une rougeole chez la femme enceinte est potentiellement gravissime (la grossesse occasionne une immunodépression transitoire, nécessaire pour ne pas attaquer le fœtus).
Dans le cas présent, on sait qu'une vache vaccinée peut développer la maladie si elle a été contaminée avant le vaccin, donc il est difficile de discerner une DNC authentique peu grave d'une DNC atténuée post-vaccinale. La gravité pour l'animal est la même (faible), mais pour le troupeau, c'est une autre limonade. Il existe un moyen de faire la différence : il faut prélever du virus, l'envoyer en PCR, séquencer le génome et voir si on est face à un virus vaccinal ou sauvage. C'est possible, on le fait chez l'humain face aux rougeoles atténuées post-vaccinales parce que l'enjeu de santé publique est élevé. Pour une vache, c'est 2000 aux frais de l'éleveur, il est moyennement motivé à payer.
L'absence de symptôme ne doit pas rassurer à tort car des DNC asymptomatiques (mais contagieuses quand même) ont été décrites.
In fine, la seule manière d'être sûr qu'un animal est sain, c'est de faire une PCR grossière et pas chère pour vérifier qu'il n'y a pas de virus (mais cette PCR sera positive indifféremment pour le virus vaccinal et le virus sauvage), et de coupler à une recherche d'anticorps : s'il n'y a pas d'anticorps, c'est que soit l'animal n'a jamais été exposé, soit il est en cours d'infection. Et s'il n'y a ni anticorps ni virus, on sait qu'il est safe.
Mais forcément, si tu mets du virus vivant atténué dans l'animal, tu fausses tout ça. Donc tu évites. On se retrouve dans un système d'injonction contradictoire où il vaut mieux être à risque mais chanceux que sans risque.
Ça, ce sont les sources. Le mouton que tu veux est dedans.
# La propriété
Posté par Liorel . En réponse au journal Retour sur les laptops Unowhy Y13 2020-2022 fournis aux lycéens d'Île-de-France. Évalué à 8 (+6/-0).
J'ai du mal à voir l'intérêt du paragraphe sur la propriété. Attention, pas le fait que tu l'aies écrit, la règle qu'il énonce.
Déjà, cette règle me semble de nature à provoquer plein de situations injustes ou simplement contraires au programme du parti (de droite) au pouvoir en Île-de-France :
Ensuite, je ne vois pas très bien à quoi sert la règle. On te file un PC à la limite de l'obsolescence, et 4 ans après, on se propose de te le reprendre ? Mais pour en faire quoi ? Le reprêter à un élève de seconde ? Sur quel critère choisit-on l'élève qui sera puni d'un PC vieux de 4 ans ? A-t-on pensé au calvaire du support technique, qui devra gérer un parc de plus en plus hétérogène ? Le plus probable, c'est que le PC sera juste détruit. On se retrouve donc à dédier une logistique (et de l'argent public) juste pour vérifier que les élèves font des études, parce que sinon on vient leur détruire leur PC. On a le droit de penser qu'il existe un meilleur usage de l'argent public que la destruction pure et simple de valeur.
Ça, ce sont les sources. Le mouton que tu veux est dedans.
[^] # Re: C'est méga cher non ?
Posté par Liorel . En réponse au journal Retour sur les laptops Unowhy Y13 2020-2022 fournis aux lycéens d'Île-de-France. Évalué à 4 (+3/-1).
Je n'arrive pas aux mêmes chiffres que toi. Je pars des données suivantes :
En partant du principe que sur 2 ans, il faudra fournir des laptops aux élèves de seconde nouvellement arrivés en année 2, et que le lycée dure 3 ans, on arrive à 72476 * 4/3 = 96634 laptops.
Bon, on a des redoublements, de la perte, on arrondit à 100000, soit 10⁵ laptops. Les collégiens ne sont pas équipés (sauf au moment de l'entrée au lycée).
Prix du laptop : 1,8*10⁸ / 10⁵ = 1800€ (ça semble un peu lourd de réfléchir en puissances de 10, mais c'est le moyen le plus simple que j'ai trouvé pour ne pas me planter d'un zéro).
Mais du coup, c'est complètement discordant avec le prix affiché de 400€/laptop. Donc je me dis qu'on a raté un truc : soit le contrat couvre plus de 2 ans d'équipement, soit il couvre autre chose… Soit le chiffre est faux. Ça vient d'où, ce chiffre de 180 millions d'euros sur 2 ans ?
Ça, ce sont les sources. Le mouton que tu veux est dedans.
[^] # Re: On s'en fout ici sur Linuxfr.
Posté par Liorel . En réponse au journal Mais qui a éteint les Lumières ?. Évalué à 6 (+4/-0).
Toi, t'es le genre à voir un pied, tirer dedans d'abord, et te demander ensuite pourquoi tu as mal, non ?
Je te refais la conversation :
Moi : Bonjour DLFP, il y a un problème politique, ça contrevient à [principe 1][principe 2].
totof2000 : On s'en fout sur DLFP, en plus tu es militant, tu es pas objectif
Moi : Non mais indépendamment de la question d'être militant, c'est quand même un sérieux problème, non ?
Toi : C'est quoi ton problème avec les militants ?
Ben mon problème avec les militants, c'est que si, à ce moment de la conversation, je dis "oui, je suis militant", c'est fini, je prête le flanc à une attaque ad hominem, plus personne ne m'écoute, merci, au revoir. Au moment où je réponds, totof2000 est noté à quelque chose comme +4/-0 et mon journal à -4.
De manière plus générale, le problème que j'ai avec les militants, c'est qu'à part une petite minorité capable de prendre du recul, la majorité baignent tellement dans leur milieu qu'ils sont les pires ennemis des causes qu'ils prétendent défendre. Quand tu parles à un militant assumé, tu as régulièrement droit à des phrases comme :
Donc non, je ne suis pas militant. Ça ne m'empêche pas d'avoir des convictions, et de les défendre, et si tu comptes mes interventions sur ce nourjal, tu t'en rendras facilement compte. Mais je n'ai aucune intention de fournir le bâton pour me faire battre dès le deuxième commentaire, alors que mon journal est noté en négatif et que le premier commentaire est au vitriol.
Ça, ce sont les sources. Le mouton que tu veux est dedans.
[^] # Re: Mouais
Posté par Liorel . En réponse au journal Charge mentale et réseaux sociaux: un docu sur le jeu ou sur la sale ambiance des forums. Évalué à 2 (+0/-0).
Ah mais si on veut le faire, il faut le faire. Par contre, le deal, c'est que quand on sort de la sphère privée pour devenir une personne publique, on accepte la critique. Ce qui ne semble pas être le cas ici, pour rester poli.
Ça, ce sont les sources. Le mouton que tu veux est dedans.
[^] # Re: Mouais
Posté par Liorel . En réponse au journal Charge mentale et réseaux sociaux: un docu sur le jeu ou sur la sale ambiance des forums. Évalué à 3 (+2/-1).
La meilleure façon de le protéger, ça aurait été de ne pas réaliser ce doc en premier lieu, et de ne pas rallumer une flamewar éteinte depuis 10 ans.
Ça, ce sont les sources. Le mouton que tu veux est dedans.
[^] # Re: Mouais
Posté par Liorel . En réponse au journal Charge mentale et réseaux sociaux: un docu sur le jeu ou sur la sale ambiance des forums. Évalué à 4 (+2/-0).
En ce qui concerne Frédéric Henry, tu as sans doute raison. Mais concernant Phal, le réalisateur du documentaire, tu oublies une étape : il était le propriétaire et le webmaster du principal rézosocio francophone dédié au JdS de l'époque, à une époque où le web était beaucoup plus décentralisé et pas concentré sur Twitter, Facebook, Instagram et Reddit. Tric Trac, c'était le DLFP du jeu de société et il avait tout pouvoir dessus (renforcé par le fait que c'était à l'époque une entreprise, dont il était le gérant, donc adieu les contrepoids démocratiques).
Ça, ce sont les sources. Le mouton que tu veux est dedans.
[^] # Re: Mouais
Posté par Liorel . En réponse au journal Charge mentale et réseaux sociaux: un docu sur le jeu ou sur la sale ambiance des forums. Évalué à 3 (+1/-0).
Pour la petite histoire, j'ai rédigé ma première réponse avant de regarder la vidéo, puis j'ai cliqué sur le lien et j'ai vu ce commentaire, justement. J'ai été scotché par l'acharnement de ce type à donner raison à ceux qui le critiquent.
Du coup je n'arrive pas à savoir si les commentaires youtube, dithyrambiques, ne sont pas du second degré en référence à ce commentaire épinglé.
Ça, ce sont les sources. Le mouton que tu veux est dedans.
[^] # Re: Mouais
Posté par Liorel . En réponse au journal Charge mentale et réseaux sociaux: un docu sur le jeu ou sur la sale ambiance des forums. Évalué à 9 (+7/-0).
En fait, ça renvoie à la question bien plus générale de comment tu dépenses ton budget loisirs, qu'il s'agisse d'un budget en temps ou en argent.
Le jeu de société moderne, comme tout loisir, impose d'y consacrer deux ressources : de l'argent et du temps. Et ces deux ressources sont rares. Pire : le jeu de société impose d'y consacrer le temps des autres (et donc notre crédibilité en tant que prescripteur).
On peut jouer à Catane, adorer le jeu, et ne jouer qu'à Catane. Il y a des gens dont c'est le hobby et ça leur convient très bien. Tout comme il y a des gens qui vont jouer des dizaines voire des centaines de parties d'échecs, de go ou de poker. Avec une notion de progression personnelle qui rend l'activité comparable à un sport.
Ou alors, on peut faire 4, 5, 10 parties et avoir envie de neuf. Ou on peut vouloir continuer à jouer à un jeu mais avoir des copains qui eux ne veulent plus le voir sortir. Donc on va en trouver un autre. Avec l'ampleur de la production actuelle, la question devient très vite : lequel ? Sur quel jeu vais-je engager mon argent, mon temps et celui de mes amis ?
Là, déjà, ce n'est plus "des pions et des cartes". C'est du temps, de l'argent, c'est de l'investissement de ressources rares. Et là je ne me place que du point de vue du joueur ! Du point de vue de l'éditeur, c'est systématiquement un gros risque financier de lancer un jeu. Du point de vue de l'auteur, sortir un jeu, c'est offrir son ego en pâture. Un jeu, c'est une œuvre de l'esprit. Tous ceux qui ont mis leurs tripes dans un journal sur DLFP l'ont vécu, mais pour un jeu, on vise une audience considérablement plus large ! Noter que là, on est en plein dans la dérive progressive décrite par arnaudus.
Le résultat, c'est qu'assez naturellement, vont se développer des plateformes pour aider les joueurs à choisir le bon jeu pour eux. Bien sûr, le bon jeu pour une personne n'est pas le même que pour une autre, donc déjà, il n'existe pas de "bon jeu" dans l'absolu. Par contre, il en existe des mauvais. Dans une activité où on cherche à avoir un impact sur nos chances de réussite, un jeu de hasard pur est vite frustrant. Un jeu où un joueur démarre la partie avec des chances excessivement élevées de gagner quoi que fasse l'adversaire aussi. Or il en va des jeux comme des livres et des films : on ne peut juger de la qualité du produit qu'après l'avoir payé. On a donc assez facilement le sentiment de s'être fait arnaquer.
C'est exactement ce qui s'est passé pour Conan. Le jeu arrive via Kickstarter, à un moment dans l'histoire du JdS où les joueurs commencent à demander des jeux exigeants, engageants. Les éditeurs savent très bien que ce type de jeu correspond à une niche : tirage vraisemblablement faible (car peu de joueurs suffisamment passionnés), coût élevé en matériel et en temps de test. Tester un jeu complexe, c'est au moins 1000 parties, du coup ce n'est pas la même limonade si les parties durent 15 minutes ou 4 heures. Donc Kickstarter fournit l'outil parfait : on sait exactement, à l'avance, combien de copies on va vendre, on élimine le risque financier, et si le Kickstarter marche bien, on rajoute des copies au moment de la production pour vendre le jeu en boutiques.
Le Kickstarter de Conan, très visuel, très engageant, a super bien marché. L'éditeur a donc ajouté plein de copies à vendre en magasin. Problème : les copies Kickstarter ont été livrées avant les copies magasin (normal, par respect pour les soutiens Kickstarter, qui supportaient tout le risque), mais les joueurs ont été très déçus. Pour un jeu qu'ils avaient payé 135$ + frais de port et attendu plusieurs mois, le gameplay ne suivait pas, ils avaient l'impression que les joueurs n'avaient pas d'impact sur la partie : le jeu comprenait plusieurs scénarios, certains extrêmement déséquilibrés en faveur du groupe des aventuriers, les autres en faveur du joueur contrôlant les monstres (Conan est un jeu du type "tous les joueurs contre le MJ"). Les joueurs ne se sont donc pas privés de le dire un peu partout sur Internet, et la déception a été à la hauteur de l'attente. À tel point que le jeu s'est cassé la figure en boutique, une première pour un financement participatif de cette ampleur.
Alors, fallait-il partir en flamewars et en raids sur des forums ? On pourrait répondre non de principe. On pourrait aussi faire remarquer que ce type de réponse coordonnée est souvent la seule réponse offerte au consommateur face à la communication d'une entreprise qui, elle aussi, joue son avenir financier. Il est intéressant de comparer l'attitude de Monsieur Phal, critique de jeux et webmaster de Tric Trac. En tant que critique, il était toujours déférent envers les auteurs et les éditeurs. En tant que webmaster, il n'hésitait pas à être franchement cassant vis-à-vis d'un forumeur lambda. Forcément, le message que ça renvoie, c'est celui d'une collusion, au moins en apparence (je ne sais absolument pas s'il y avait réellement collusion). On se retrouve donc avec des joueurs déçus, qui se rendent bien compte qu'ils ne sont pas les seuls, et qui ont le sentiment que les critiques de jeu professionnels sont achetés. Forcément, la seule réponse possible était de sortir du cadre "institutionnel" classique.
In fine, quand une personne se sent lésée et que la réponse non-violente est indisponible, la solution violente devient tentante. Quand en plus c'est un groupe qui est lésé et qu'il est capable de s'identifier en tant que groupe, la réponse violente devient inévitable. Et ça, ce n'est absolument pas spécifique du jeu de société, c'est un mécanisme extrêmement général, et c'est devenu encore plus facile à l'ère de l'information.
Ça, ce sont les sources. Le mouton que tu veux est dedans.