Liorel a écrit 747 commentaires

  • [^] # Re: Point de détail et un peu de hors sujet

    Posté par  . En réponse au journal Tectonique de la pâte thermique (Linux Pratique). Évalué à 10.

    Oui, c'est comme le passage sur le cuivre parce que "si on en fait des stérilets c'est que c'est toxique" alors que c'est précisément le contraire : si on en fait des stérilets, c'est précisément parce que ça a un effet très spécifique, local (rappelons qu'un stérilet, ça se pose dans l'utérus, c'est pas pour rien) sur les spermatozoïdes et l'embryon.
    Il est vrai que la surcharge en cuivre est une pathologie en tant que telle, mais c'est précisément une question de quantité absorbée, ce n'est pas 3 microparticules dans l'air ambiant qui vont provoquer une surcharge (bah oui, une nanoparticule, c'est… petit, il y a pas 3 g de cuivre qui se baladent dans l'air ambiant à chaque poussée de seringue).

    En fait, si on ne se souciait pas de la toxicité des matériaux employés, on ferait directement des stérilets en iridium et plus de problème d'échec de stérilet !

    Bref, tout ça pour dire deux choses :
    - À s'improviser médecin, on prend le risque de dire des bêtises ;)
    - Si vous ne bouffez pas de pâte thermique et que vous vous lavez les mains après utilisation, il ne vous arrivera rien (merci Captain Obvious).

    Ça, ce sont les sources. Le mouton que tu veux est dedans.

  • [^] # Re: Faut juste bien l'appliquer [TM]

    Posté par  . En réponse au journal Tectonique de la pâte thermique (Linux Pratique). Évalué à 10. Dernière modification le 04 juillet 2018 à 10:34.

    Je n'arrive pas à savoir si c'est de l'incompétence ou de la malveillance que de balancer une image pareille. Enfin, pour que ce soit plus clair : la pâte thermique s'applique entre le processeur et le système de refroidissement, et pas du tout comme ce qui est indiqué à l'image.

    Sur l'image, on voit un bel exemple de ce qu'il ne faut surtout pas faire : la pâte thermique est appliquée sur les pins qui connectent le proc à la carte mère. Or la pâte thermique n'est pas qu'un bon conducteur thermique : c'est aussi un excellent conducteur électrique. Une seule application comme ça, et comme c'est non nettoyable, c'est une carte mère qui part à la poubelle et probablement le processeur avec.

    Ça, ce sont les sources. Le mouton que tu veux est dedans.

  • [^] # Re: Linux est il devenu un truc de vieux ?

    Posté par  . En réponse à la dépêche 20 ans de LinuxFr.org. Évalué à 8.

    Je ne vois pas très bien pourquoi Zenitram se fait inutiler là-dessus. Ce qu'il dit, avec raison, c'est ce qu'il a toujours soutenu, et avec raison : si on utilise Linux uniquement pour ses qualités techniques, alors on se dirige tout droit vers un échec patent du logiciel libre. Je voudrais citer une phrase qui a été en exergue sur le Framablog pendant des années :

    Mais ce serait peut-être le plus grand échec de notre époque si le logiciel libre ne libérait rien d'autre que du code.

    Le but du LL n'a jamais été de libérer des logiciels, mais des humains. Et quoi qu'on en dise, ce combat n'est pas moins pertinent aujourd'hui : il l'est de plus en plus. A l'heure où la moindre application est capable de récolter des données personnelles et de les envoyer Dieu sait où, où on n'a plus un mais 2 ou 3 ordinateurs par personne (un PC + un smartphone), où on contrôle de moins en moins qui sait quoi sur nous, on n'a pas besoin de Linux ou de Firefox : on a besoin des 4 libertés, et Linux et Firefox doivent être un moyen d'atteindre ce but. Or, actuellement, c'est exactement le contraire qui est en cours : les 4 libertés sont un moyen de produire Linux ou Firefox, pas une fin en soi.

    Ça, ce sont les sources. Le mouton que tu veux est dedans.

  • [^] # Re: Bravo et merci !

    Posté par  . En réponse au journal Tutoriel 3D - 2D découpe au laser, le retour du tux. Évalué à 10.

    FabLab Pau n'ont pas de découpeuse laser, nous on en a une…nananère !

    D'un autre côté, eux ils ont un plafond. C'est pas mal non plus.

    Ça, ce sont les sources. Le mouton que tu veux est dedans.

  • [^] # Re: Pas forcément commercial

    Posté par  . En réponse au journal Le logiciel libre dont on ne peut utiliser les libertés. Évalué à 3.

    Même en interne, il y a une raison d'obfusquer. Ça peut être d'avoir un point de négociation en cas de licenciement ("vous me virez, mais le logiciel XXX vous lâchera dès qu'il faudra le mettre à jour").

    C'est très égoïste, mais si la boîte a un gros turnover…

    Ça, ce sont les sources. Le mouton que tu veux est dedans.

  • # Une belle version alpha

    Posté par  . En réponse au journal Et numworks tu connais ?. Évalué à 10.

    La calculatrice est jolie. Elle est élégante, les couleurs sont belles, l'écran est beau, les caractères semblent lisibles à l'écran.

    Mais si je devais acheter une calculette à mon moi qui entrait en seconde en septembre 2000, en sachant ce que m'a apporté cette calculette, c'est bien simple : je n'achèterais jamais cette calculatrice en l'état actuel.

    Pour faire court : elle est plus chère qu'une Casio Graph 35, et présente moins de fonctionnalités.

    La fonctionnalité la plus évidente est l'autonomie. J'ai dit, dans le journal en lien, que j'avais codé un RPG sur Graph 35. Je vous laisse imaginer que ça a pris plus de 20 heures. Eh bien c'est simple : depuis que je possède cette calculette, j'ai changé ses piles une fois. Une seule. J'ai passé des partiels de stats avec cette calculette en 2015, c'est dire. Pour moi, une calculette qui présente un risque de s'éteindre en cours d'épreuve par manque de batterie, c'est hors de question.
    D'ailleurs, Une calculette avec batterie intégrée, c'est le meilleur moyen de se faire avoir : on peut toujours emporter des piles de rechange dans sa trousse et les changer en cours d'épreuve (j'avais des piles de rechange au cas où). Une batterie intégrée, c'est mort.

    Concernant les fonctions mathématiques, elle semble convenir à un élève de lycée qui n'ira pas en prépa. Sauf qu'une Casio a à peu près les mêmes fonctions (un peu plus) et coûte 10€ de moins à la Fnac.

    Concernant le langage de programmation, je ne comprends pas l'enthousiasme. Déjà, on ne peut pas transférer de données : ni entre deux calculettes, ni d'ordinateur à calculette, ni l'inverse (d'après l'article de nextinpact. Je n'ai pas pu tester, car le simulateur ne permet pas de simuler une connexion par câble USB). Ceci ose un premier problème : les programmes seront nécessairement tapés en intégralité depuis le clavier de la calculatrice. Ils sont de plus éphémères : en effet, le passage en mode examen a pour effet d'effacer la mémoire de la calculatrice, or, sans transfert possible vers un autre support, pas de sauvegarde possible.

    Mais le pire est à venir : Python est un très mauvais choix dans cette configuration ! En effet, le manuel utilisateur ne précise nulle part comment utiliser Python (je suppose que l'élève regardera sur Internet, où il trouvera des dizaines de tutoriels inutilement compliqués), ni même comment taper des lettres sur la calculatrice ! Or, sur la plupart des calculatrices, la touche ALPHA permet de taper une lettre tandis que la combinaison Shift-Alpha permet de ne plus taper que des lettres (et des espaces) jusqu'au prochain appui sur alpha. Ça pourrait permettre de pallier à l'absence de clavier 105 touches avec un peu d'habitude. Sauf que… Sur la Numworks, Alpha permet de taper une minuscule, Shift-Alpha de taper une majuscule, et le manuel utilisateur ne précise pas comment verrouiller le mode alphabétique. Il faut aller sur la FAQ sur le site. Pourquoi ne pas l'inclure dans le manuel ? Et d'ailleurs, pourquoi ne pas proposer une saisie assistée pour les commandes les plus fréquentes, ce qui est le cas de toutes les autres calculatrices programmables du marche ? En fait, d'après les screenshots, cette saisie assistée existe bel et bien. Elle n'est juste pas documentée dans le manuel.

    Ensuite, le langage en lui-même. Python est un très bon langage dans l'absolu. Cependant, les mises à jour citées dans l'article de NextInpact ajoutent la librairie random. La librairie random fait partie des bibliothèques de base de Python. Quelles autres librairies de base sont manquantes ? Faut-il procéder par essais et erreurs ?

    Enfin, Python est un bon langage à condition de savoir par où commencer. Si la marche de départ est trop élevée, l'élève ne saura pas par où commencer. C'est pourquoi le langage de la Casio Graph 35 était si approprié : il réutilise les objets de la mémoire de la calculatrice de façon intuitive, ce qui lui permet de facilement s'intégrer dans l'environnement logiciel existant, il propose suffisamment de fonctionnalités pour être utilisable mais pas trop pour ne pas perdre l'élève, et surtout, il est intégralement documenté dans le manuel.

    On pourrait tabler sur les mises à jour pour corriger tout ce que je viens d'évoquer. Sauf que les mises à jour sont en elles-mêmes un calvaire à réaliser.

    Bref, une calculatrice qui a du potentiel, c'est sûr, mais qui nécessite encore un gros travail d'ergonomie, de documentation, et à laquelle il manque encore pas mal de fonctionnalités, notamment en matière de connexion.

    Ça, ce sont les sources. Le mouton que tu veux est dedans.

  • [^] # Re: Pour moi, ce genre d'addon est vraiment nécessaire

    Posté par  . En réponse au journal tlimit: un addon de navigateur pour limiter le nombre de tabs ouverts. Évalué à 2.

    En fait, ton problème, c'est que si tu savais les gérer, tu serais content d'avoir plus de 10 onglets, mais que tu ne sais pas les gérer.

    As-tu regardé du côté des extension permettant d'avoir les onglets dans une barre verticale sur le côté plutôt qu'horizontalement en haut de l'écran ?

    Je m'explique : la plupart des écrans sont plus larges que hauts, et c'est encore plus vrai pour les écrans 16/10 modernes. Peu de sites utilisent toute cette largeur : il n'y a qu'à voir DLFP qui laisse deux bandes vides latérales dans la CSS par défaut.

    Il y a donc de la place pour un élément consommant de la largeur. Il se trouve qu'un onglet nécessite qu'on puisse au moins partiellement en lire le titre. Or, c'est rendu difficile dès qu'ils sont nombreux car la position par défaut de la barre d'onglets fait qu'au-delà d'un certain nombre d'onglets, la barre d'onglets est obligée de les réduire en largeur puis d'ajouter un ascenseur horizontal (et les ascenseurs horizontaux, c'est le diable).

    D'où la solution de mettre les onglets dans une barre verticale de largeur fixe ! Plus de problème de réduction de largeur, et les onglets sont tous visibles tout le temps (enfin, sauf si tu dépasses la hauteur de ton écran, mais scroller verticalement reste plus simple).

    Ça, ce sont les sources. Le mouton que tu veux est dedans.

  • [^] # Re: Les données du /home sont souvent les moins protégées

    Posté par  . En réponse au journal [MaVie] La grosse gaffe du jour ..... Évalué à 3.

    D'ailleurs, depuis que j'ai mes scripts Ansible, je ne m'embête plus à faire des upgrades de distro, ça prend moins de temps de tout reinstaller que de faire l'upgrade.

    En ce qui me concerne, depuis que je suis sous Archlinux… Ah mince, je vais passer pour pédant :P

    Ça, ce sont les sources. Le mouton que tu veux est dedans.

  • [^] # Re: Gag

    Posté par  . En réponse au journal [MaVie] La grosse gaffe du jour ..... Évalué à 8.

    J'en suis protégé par mon clavier bépo, et à te lire j'en suis bien content, c'est le genre de trucs qui aurait pu m'arriver…

    Ça, ce sont les sources. Le mouton que tu veux est dedans.

  • # Les données du /home sont souvent les moins protégées

    Posté par  . En réponse au journal [MaVie] La grosse gaffe du jour ..... Évalué à 10.

    Ca montre également qu'il n'y a pas qu'en tant que root qu'on peut faire de grosses erreurs.

    C'est même souvent le contraire. Le système de droits Unix est remarquablement efficace pour protéger le système, mais avec les distribs modernes, ce qui est précieux, ce sont les données utilisateur, car elles sont encore souvent non sauvegardées, et que la distrib se réinstalle en 20 minutes (plus si t'es sous Gentoo, mais c'est l'idée).

    Ça, ce sont les sources. Le mouton que tu veux est dedans.

  • [^] # Re: PKGBUILD

    Posté par  . En réponse au journal Construire des paquets DEB pour Debian (deuxième partie). Évalué à 2.

    En pratique :

    • J'ai archlinux.org dans mon lecteur de flux RSS
    • Avant chaque mise à jour, un coup d'œil rapide pour vérifier que je n'ai pas loupé une mise à jour du flux (c'est facile : s'il y a eu une mise à jour, le flux est affiché en gras)
    • Si action manuelle, une commande clé en main est généralement fournie
    • Ça prend environ 20 secondes par mise à jour

    Ça, ce sont les sources. Le mouton que tu veux est dedans.

  • # MITM

    Posté par  . En réponse au journal Autocrypt. Évalué à 10.

    Ça simplifie certes l'usage de la cryptographie (et c'est déjà un gros plus), mais ça ne résout pas la question d'un MITM dès le premier envoi.

    Prenons l'exemple d'Alice qui veut envoyer un message à Bob alors qu'Eve est au milieu et souhaite écouter la conversation :

    • Alice envoie un premier message (en clair) à Bob et y met sa clé publique dans l'en-tête ;
    • Eve intercepte ce message, édite l'en-tête à la volée et remplace la clé publique d'Alice par la sienne. Elle renvoie le message modifié à Bob ;
    • Bob reçoit le message modifié et enregistre la clé publique d'Eve comme étant celle d'Alice. Il répond avec un message chiffré avec la clé publique d'Eve qui contient sa propre clé publique ;
    • Eve intercepte le message, le déchiffre avec sa clé privée, remplace la clé publique de Bob par sa propre clé publique ; chiffre le tout avec la clé publique d'Alice et renvoie le message modifié à Alice ;

    À l'issue de cet échange, lorsqu'Alice croira parler à Bob, elle le fera avec la clé d'Eve qui pourra tout lire. Idem dans l'autre sens. À noter : ceci ne marche que tant qu'Eve est active. Si, pour une raison ou pour une autre, l'attaque MITM se terminait, elle serait immédiatement découverte.

    Ajouter une couche de signature ne change rien au problème : Eve n'aura qu'à retirer le bloc de signature, puis signer avec sa propre signature.

    Quelles solutions ?

    Une première solution est de disposer, pour le premier mail, d'un canal auxiliaire sûr permettant la transmission d'au moins une des clés publiques.

    Si Alice et Bob n'ont pas ce type de canal auxiliaire, ils peuvent utiliser un autre type de canal auxiliaire. Ils peuvent par exemple convenir d'une phrase de passe qu'Alice signerait avec sa clé privée, puis qu'elle retirerait du corps du mail. Bob pourrait alors ajouter cette phrase et contrôler la signature d'Alice.
    Une pratique courante est d'envoyer un mot de passe par SMS pour déverrouiller un fichier envoyé par mail ; l'hypothèse étant qu'un MITM sur le mail n'aura sans doute pas de MITM sur les SMS.

    En fait, le problème plus général du chiffrement, c'est que ça serait vraiment bien qu'il se démocratise, mais que le moindre faux pas dans son exécution le rend inopérant. C'est vraiment pas évident de concevoir des applications foolproof.

    Ça, ce sont les sources. Le mouton que tu veux est dedans.

  • # Dash

    Posté par  . En réponse au sondage Dans quel shell tapez-vous vos lignes de commandes ?. Évalué à -2.

    c'est bash, souvent parce-que c'est par défaut sur les distributions que j'utilise (Mageia & Debian)

    Bash a toujours été le shell par défaut de toutes mes distros

    C'est fou le nombre de gens qui croient utiliser bash par défaut, alors que sur Debian et ses dérivées, c'est généralement dash.

    Ça, ce sont les sources. Le mouton que tu veux est dedans.

  • [^] # Re: ça fait chef d'entreprise et pas président de la république.

    Posté par  . En réponse au journal Bookmark : Interview d'Emmanuel Macron sur l'IA dans Wired. Évalué à 2.

    Il y a encore plus d'axes que ça, comme l'axe écologique / économique, l'axe reflétant le rôle de l'état (fonctions régaliennes vs régulation économique).

    Oui, mais comme ils sont très bien corrélés aux précédents axes, on ne perd pas beaucoup d'info à les intégrer dans les 4 autres. A noter : le fait qu'il existe au moins 4 axes signifie aussi qu'on ne peut pas représenter finement les diverses convictions possibles avec moins de 16 partis.

    Ça, ce sont les sources. Le mouton que tu veux est dedans.

  • [^] # Re: ça fait chef d'entreprise et pas président de la république.

    Posté par  . En réponse au journal Bookmark : Interview d'Emmanuel Macron sur l'IA dans Wired. Évalué à 4.

    Je me demande si le principe du jugement majoritaire ne pourrait pas être étendu aux élections par liste

    Je n'ai pas vu d'article qui décrive comment, et encore moins d'article qui en explore les avantages et les inconvénients. Jusqu'à ce qu'on me prouve qu'une généralisation existe.. Elle n'existe pas ;)

    Je crois aussi beaucoup aux consultations "en ligne", ouverte

    J'y croyais aussi, jusqu'aux états généraux de la bioéthique qui sont en train de se terminer. On a une belle discussion en ligne, ouverte, mal connue sauf de certains groupes très polarisés et très organisés (coucou la manif pour tous) qui trustent les discussions sur la PMA et, dans une moindre mesure, la fin de vie. Le problème est toujours le même : une personne très polarisée, très convaincue, avec des positions extrêmes fera tout pour se faire entendre là où la majorité n'ira pas (surtout quand la consultation ne fait pas l'objet d'affiches en 4x3m dans le métro, ou quand il n'y a pas de métro dans ta ville). Les élections, où tout le monde vote avec le même poids, permettent, sinon d'éviter (il y a toujours de l'abstention), du moins de réduire cet écueil.

    Ça, ce sont les sources. Le mouton que tu veux est dedans.

  • [^] # Re: ça fait chef d'entreprise et pas président de la république.

    Posté par  . En réponse au journal Bookmark : Interview d'Emmanuel Macron sur l'IA dans Wired. Évalué à 2.

    Le "problème" avec la proportionnelle est évidemment l'impossibilité de dégager une majorité, ne fais pas semblant de ne pas le savoir. Plus tu mets de proportionnelle et plus tu auras de compromis, d'alliances contre-natures, de gens qui bouffent leur chapeau tous les jours parce qu'ils appliquent un programme avec lequel ils sont en désaccord.

    C'est un problème vieux comme le monde : comment représenter au mieux une opinion publique diverse, changeante et multidimensionnelle ?

    Multidimensionnelle au sens statistique du terme : aujourd'hui, les préférences politiques d'un individu ne s'alignent plus sur un unique axe gauche/droite, mais sur au moins 4 axes : progressiste/conservateur, restrictions ou non de la liberté d'entreprendre, ouverture au monde/fermeture, autoritarisme/libertés individuelles (pour ceux qui sont familiers de l'analyse en composantes principales, on peut peut-être réduire ces préférences à 3 axes à condition d'admettre qu'ils ne correspondent plus à aucune étiquette simple).

    Changeante, parce qu'au gré des événements, des attaques terroristes, de Facebook, de l'immigration, de l'évolution économique, les opinions des individus changent.

    Diverse, parce que les individus peuvent en venir à franchement se polariser sur certains sujets : ce n'est pas pour rien que les discussions politiques sont purement et simplement interdites dans certains contextes (elles ont tout de même lieu, parce que tout est politique, que l'individu s'inscrit toujours dans un collectif, et que par conséquent, ce qui affecte l'individu a souvent une dimension collective).

    Ça semble une tâche impossible, mais il existe des solutions. Déjà, la proportionnelle, ça marche quand même pas trop mal dans les pays où c'est en place depuis longtemps. Surtout, ça implique un changement culturel : ça oblige les politiques à dialoguer entre eux, or, bien souvent, la meilleure solution est celle qui émerge du consensus. Nous n'avons pas cette culture du dialogue en France.

    Si, vraiment, personne ne veut dialoguer, il existe des solutions plus radicales : limitation du nombre de mandats à 3 et pas un de plus, convocation automatique d'élections législatives si aucun gouvernement n'a été formé après 2 mois, vote d'une motion de censure entraînant la dissolution de l'assemblée nationale si la motion passe. Très vite, les parlementaires vont comprendre que s'ils veulent garder leur poste, ils ont intérêt à se mettre d'accord.

    Ça, ce sont les sources. Le mouton que tu veux est dedans.

  • [^] # Re: ça fait chef d'entreprise et pas président de la république.

    Posté par  . En réponse au journal Bookmark : Interview d'Emmanuel Macron sur l'IA dans Wired. Évalué à 2.

    C'est qui "ils" ?

    C'est une vraie question, car plusieurs partis soutiennent des idées différentes à ce sujet. Grossièrement, le président du Sénat est opposé à toute réforme et freine tout ce qu'il peut car on risque de lui casser sa machine à réélection, tandis que le MoDem et dans une moindre mesure LREM (surtout par alliance avec le MoDem) visent à plus de proportionnalité.

    Après, je reste sur ce que j'ai dit quelques commentaires plus haut : je ne connais pas de système simple qui permette l'élection d'un groupe de personnes et la prise en compte fine des préférences des électeurs. Quand on parle de préférences fines, je pense à n'importe quoi de plus fin que "Je vote Mélenchon". Je voudrais un système qui permette de hiérarchiser et de voter Mélenchon puis LREM puis MoDem mais pas LR ni FN, par exemple. Le jugement majoritaire permet ceci pour élire un individu. Je ne connais pas de mode de scrutin qui le permette pour en élire plusieurs (comme au Parlement).

    Ça, ce sont les sources. Le mouton que tu veux est dedans.

  • [^] # Re: ça fait chef d'entreprise et pas président de la république.

    Posté par  . En réponse au journal Bookmark : Interview d'Emmanuel Macron sur l'IA dans Wired. Évalué à 6.

    Oui, je suis assez d'accord. Il présente de plus l'avantage que, bien que nécessairement manipulable (d'après Gibbard-Satterthwaite), la manipulation est, en pratique, assez complexe et casse-gueule (ne pas oublier que manipuler un vote, c'est tenter de modifier le résultat en émettant un bulletin n'exprimant pas ses préférences. Le risque, c'est… que les préférences du manipulateur soient encore moins prises en compte que dans un vote sincère). Donc peu de rsque de vote utile.

    Après, je suis de plus en plus persuadé qu'un régime qui était adapté à une situation de quasi-guerre civile en 1958, avec un chef fort et des sous-fifres, a fait son job (permettre une réponse rapide et coordonnée sans trop virer à la dictature), mais échoue à représenter la diversité du pays. L'enjeu n'est pas tant, pour moi, la méthode de choix du Président que les pouvoirs qu'on veut bien lui accorder : une personne unique ne peut prétendre représenter la diversité actuelle des opinions.

    Pour moi, l'enjeu, c'est le Parlement, et le jugement majoritaire ne permet pas d'élire un groupe. Je n'ai d'ailleurs pas connaissance d'une méthode simple permettant à la fois d'élire un groupe d'individus et d'exprimer, du point de vue de l'électeur, un choix plus complexe que la première de ses préférences (l'électeur a le droit, par exemple, de vouloir "tout sauf Le Pen", "Macron ou le PS mais pas les autres"… Dans le système actuel, ce n'est pas pris en compte au-delà du premier choix. Dans le scrutin proportionnel non plus).

    Enfin, je suis curieux d'une méthode de dépouillement qui permette de contrôler toutes les étapes, manuellement, d'un jugement majoritaire. Pour le vote actuel, c'est assez simple : dans chaque bureau de vote, le nombre de bulletins par candidat est comptabilisé. C'est rapide, efficace, et on peut contrôler chaque échelon : les électeurs présents dans le bureau peuvent contrôler l'exactitude du compte-rendu de bureau de vote par rapport aux enveloppes de centaine, le compte-rendu d'une commune comprend les résultats bureau par bureau et sont publics, en sorte que n'importe qui peut reprendre les résultats et refaire les calculs. Autre point important : dépouiller un bulletin de vote prend 20 secondes. C'est important, parce que ce sont des électeurs bénévoles qui dépouillent, ce qui est intéressant tant d'un point de vue budgétaire qu'en termes de transparence du scrutin (je n'ose imaginer un scrutin municipal dépouillé par les employés de mairie !), et s'il faut subitement quadrupler le temps de dépouillement, on trouvera bien moins de monde pour dépouiller, ce qui ne fera qu'augmenter la charge sur les quelques bénévoles restants !

    Je m'interroge donc (sincèrement et sans a priori) sur la mise en pratique du jugement majoritaire, qui présente effectivement, au plan strictement mathématique, un certain nombre de propriétés qui devraient lui faire éclipser le scrutin uninominal à deux tours.

    Ça, ce sont les sources. Le mouton que tu veux est dedans.

  • [^] # Re: ça fait chef d'entreprise et pas président de la république.

    Posté par  . En réponse au journal Bookmark : Interview d'Emmanuel Macron sur l'IA dans Wired. Évalué à 5.

    on nous sert un mode de scrutin qui a fait la preuve qu'il était incapable de rendre compte de l'opinion des français tant il était sensible à des biais comme le vote utile.

    Si tu t'intéresses aux modes de scrutin, j'avais écrit un nourjal il y a quelque temps déjà à ce sujet, c'est par ici : De la démocratie et des systèmes de vote. Ça date un peu, et il faudrait que je me remotive pour en faire un, mais il m'avait pris un sacré paquet de temps à rédiger : je continue à procrastiner en me disant qu'il faudrait que je l'améliore un jour…

    Il existe malheureusement un théorème un peu similaire au théorème d'impossibilité d'Arrow cité dans mon journal, c'est le théorème de Gibbard-Satterthwaite. Ce théorème énonce que, dès lors qu'il existe plus de deux options, il n'existe pas de règle de vote qui ne soit manipulable, au sens où il existe toujours des cas de figures où tu as intérêt à voter pour un candidat autre que ton candidat préféré (sauf dans le cas, peu intéressant en démocratie, où un électeur unique décide de l'issue du scrutin

    Il est par exemple totalement insensé qu'en 2002, Le Pen se retrouve au second tour sous prétexte qu'il y a 11 partis de gauche qui se présentent sur 16 en lice.

    C'est une vraie faiblesse du système uninominal à deux tours : il n'est pas indifférent aux options non pertinentes. Malheureusement, il n'existe pas de système simple qui corrige cette faiblesse, et, ce qui est pire : en raison du théorème d'impossibilité d'Arrow, tout système qui corrige cette faiblesse serait alors :

    • Soit dictatorial
    • Soit à risque de présenter un état indéfini (pas de résultat électoral)
    • Soit capable d'élire, dans certaines configurations, un candidat qui est battu par tous les autres dans les préférences des électeurs.

    Ça, ce sont les sources. Le mouton que tu veux est dedans.

  • [^] # Re: Liste à puces

    Posté par  . En réponse au journal Bookmark : Interview d'Emmanuel Macron sur l'IA dans Wired. Évalué à 3.

    il y a pourtant la prévisualisation pour avoir une idée du rendu avant de pouvoir valider ?

    Oui mais j'ai déjà eu des cas de figure où le rendu en prévisualisation n'était pas exactement le même qu'une fois le post posté. C'était il y a un bout de temps et je ne me souviens plus exactement du cas de figure, mais du coup, j'ai naïvement supposé que ça allait être pareil, et puis en fait, non ;)

    Ça, ce sont les sources. Le mouton que tu veux est dedans.

  • [^] # Re: ça fait chef d'entreprise et pas président de la république.

    Posté par  . En réponse au journal Bookmark : Interview d'Emmanuel Macron sur l'IA dans Wired. Évalué à 3.

    Ils ont des bulletins de vote, c'est pas mal non plus.

    Ça, ce sont les sources. Le mouton que tu veux est dedans.

  • [^] # Re: moi j'adore

    Posté par  . En réponse au journal Bookmark : Interview d'Emmanuel Macron sur l'IA dans Wired. Évalué à 5.

    Pas besoin du camion normal, suffit d'être passager d'un camion automatique (sinon faudrait respecter les temps de pauses pour tout le convoi).

    Note après que cette mutualisation n'est possible que pour la partie commune du trajet, beaucoup de convois n'ont qu'un camion qui va du même fournisseur au même client.

    En fait t'es en train de réinventer le train.

    Ça, ce sont les sources. Le mouton que tu veux est dedans.

  • [^] # Re: moi j'adore

    Posté par  . En réponse au journal Bookmark : Interview d'Emmanuel Macron sur l'IA dans Wired. Évalué à 8.

    Il n'y avait pas de chômage au moyen-âge

    Il y avait des tas et des tas de "miséreux", "vagabonds" et tout plein d'autres mots pour désigner ceux qui n'ont pas les moyens de subvenir à leurs propres besoins par une activité économique. Par contre, il n'y avait pas de protection sociale, les soins étaient chers et inefficaces et les types étaient de toute façon vus comme indésirables, ce qui fait que lesdits miséreux avaient une espérance de vie qui se chiffrait en semaines. Bizarrement, quand tes chômeurs meurent très vite et que tu vires tous les chômeurs longue durée, tu observes bien moins de chômeurs.

    Bon après c'est un modèle de société, hein, on peut en discuter. Personnellement, je ne suis pas fan. Mais je suis ouvert au dialogue.

    Ça, ce sont les sources. Le mouton que tu veux est dedans.

  • [^] # Re: moi j'adore

    Posté par  . En réponse au journal Bookmark : Interview d'Emmanuel Macron sur l'IA dans Wired. Évalué à 5.

    Tu fais chier, à cause de toi j'ai compris pourquoi je me sentais en insécurité financière avec 3,6k€ nets mensuels (et une envie de plus en plus présente de changer de boulot, il est vrai) et pas de patrimoine. Du coup me voila obligé de te pertinenter. C'est malin.

    Ça, ce sont les sources. Le mouton que tu veux est dedans.

  • [^] # Re: Anglais

    Posté par  . En réponse au journal Bookmark : Interview d'Emmanuel Macron sur l'IA dans Wired. Évalué à 2.

    Et on ne pourrait pas imaginer qu'un journaliste étranger interroge le président français en français ?

    On pourrait tout à fait. Mais je ne pense pas que Wired ait de journaliste français. Note, d'ailleurs, que si ce qui est décrit dans l'interview est mené à bien, Wired aura besoin d'un journaliste français et la prochaine interview pourrait bien se dérouler en français. Après, quand un domaine est outrageusement dominé par les anglo-saxons, est-il stupide d'effectuer l'interview sur ce domaine dans leur langue ? Si Macron avait été interviewé par l'American Review of Cheese and Wine, peut-être qu'il aurait été interviewé en français. Mais voilà, on parlait de tech, et la langue de la tech, jusqu'à présent, c'est l'anglais.

    Ça a du sens politique, ce n'est pas juste une commodité

    C'est quand même une putain de commodité. C'est comme les standards : quand tu en as 3 qui se tirent dans les pattes, rien ne marche. On a le HTML pour le web, IP pour internet, il ne faut pas oublier que chacun de ces standards est né à une époque où ils proliféraient et s'est imposé pour des raisons plus ou moins bonnes. Pour la communication internationale, le standard, c'est l'anglais. Oui, ça avantage les anglophones d'avoir leur langue maternelle plutôt qu'une autre. Mais ça avantage aussi les non-anglophones d'avoir un standard plutôt que rien.

    Parce que quand un étudiant chinois choisi de venir en France, ce n'est pas pour parler anglais, mais français

    Ou alors pour bénéficier des frais de scolarité qui se chiffrent en centaines d'euros là où les les frais de scolarité anglo-saxons se chiffrent en dizaines de milliers d'euros. Les pays anglo-saxons, c'est effectivement pas ce qui manque, mais les pays anglo-saxons qui délivrent une formation de qualité à un prix abordable, ça, ça manque (et tant mieux pour les universités françaises !).

    Ça, ce sont les sources. Le mouton que tu veux est dedans.